De gigantesques parties de Go planétaires à venir

Elles sont en cours : le climatique et les COP successives (cette fois, fin 2019, il paraitrait que personne ne peut plus échapper aux constats et que les États vont bien devoir sortir des discours d’intention pour agir plus radicalement ?), la suite des embrasements et redistribution de cartes au Moyen-Orient (dont personne ne peut encore escompter les conséquences pour tous ?), …

Sur ce blog figure aujourd’hui un nouveau texte de fond consacré à la montée en première puissance de la Chine avec l’hypothèse que ce jeu géopolitique planétaire exceptionnel tient à la pratique, naturelle pour les chinois, du jeu de GO. Ce long texte a servi de base à conférences.

Puisque la Chine, avec notamment l’installation des nouvelles routes de la soie, installation planétaire bien au delà de sa confrontation en cours avec les States, a engagé cette globale partie de Go, c’est que les autres acteurs, dont les européens, y sont aussi engagés. Car la note sur la Chine dit bien qu’au delà de l’économique et la logistique commerciale, c’est une partie au niveau de la civilisation qui est engagée.

La Chine part sur un considérable avantage, c’est qu’elle est homogène en tant qu’acteur de la partie, alors que, nous, sommes dispersés. D’autant que la Chine a des alliés sur les bords du go-ban (le damier), notamment la Russie.

Pourquoi ne nous mettons-nous pas en ordre de bataille pour continuer la partie ? Quelles sont (et non seraient) les conditions pour restructurer nos marges de manœuvre ? Car ne l’oublions pas, dans l’esprit stratégique du Go, vers la fin d’une partie, les deux acteurs ont TOUS DEUX évolués dans leur identité. Ayant réalisé par le jeu chacun leur dessein au mieux, la configuration résultante ne correspond jamais au projet initial de chacun, … et tous l’acceptent car c’est !

Mais, là comme pour tant d’autres enjeux majeurs, les européens (la Russie de l’Ouest est en Europe) auraient besoin d’être passés d’une CE des nations exclusivement néolibérale ouverte à tous les vents à une Europe Fédérée des Régions (en fait autant d’État tout comme ceux constituant les States ou les Lands allemands par exemple). À quand la prochaine Greta pour nous dire cela en pleine figure ? Combien de morts à payer pour y aboutir ?

Car, tous les traits qui font la puissance actuellement bridée partant réduite de l’Europe (dont la Russie de l’Ouest, la Chine se chargeant déjà de la Sibérie), traits dont la gouvernance chinoise actuelle a bien compris les potentiels, ne demandent qu’à s’exprimer, refleurir. Les peuples « en ont marre » du système occidental actuel qui épuise les mondes.

Alors pourrions-nous voir la sagesse du Tao se marier à l’humanisme d’un Érasme, d’un Llull, d’un Spinoza, d’un Jung, d’une Arendt, d’une Klein, d’un Morin …? Et l’athéisme de rigueur au PCC actuel être remplacé par la laïcité d’ici, tolérante et ferme à la fois.

Michel André Vallée, 3 décembre 2019

DIADA du 9 novembre 2019 à Perpinyà, après le verdict du 14 octobre

La Diada de 2019 marque les 360 ans de signature entre les Rois de France et d’Espagne du Traité des Pyrénées, par lequel le Roussillon, le Vallespir, le Conflent, le Capcir et la moitié de la Cerdagne passent sous couronne française. Acte illégal car sans consulter les Corts Catalanes, et illégitime car contre la volonté des catalans. À partir de quoi les deux États mettent en œuvre des politiques de colonisation et de répressions des identités et structures catalanes, notamment dans la réduction de l’usage de la langue, tant administrative qu’au quotidien. Le dictateur Franco a préparé avant sa mort une monarchie parlementaire qui n’a que l’apparence d’une démocratie européenne, quand les structures militaires, judiciaires et de police n’ont été adaptées qu’en apparences ; ce sont ces mêmes structures qui assurent la répression actuelle contre la Catalogne au sud des Pyrénées.

Et aujourd’hui, en octobre-novembre 2019 ?

Lorsqu’un système, un État, sont sur le point de vivre une transformation radicale, une Révolution, l’histoire montre qu’il se produit toujours un moment, un évènement clé, d’une importance significative, à partir duquel toute la donne change, puis ce qui est à venir devient inéluctable. C’est ce que Vicent Partal a expliqué par son éditorial exceptionnel du 13 octobre, la veille du verdict, dans Villaweb. Dans la démarche d’indépendance de la Catalogne se libérant de l’Espagne, le moment-clé a été le verdict du Suprem au terme du procès des prisonniers politiques sur toute cette année 2019. À partir de ce moment, pour un État devenu, au fil de dégradations successives, totalement fondé sur l’empilement de couches  de mensonges visant à se couvrir l’une l’autre, explosera un déséquilibre tel que cet État ne peut que s’effondrer, … comme un château de cartes.  

Au terme de ce procès, il s’est avéré impossible au Suprem de démontrer la rébellion. Il essaie alors de se légitimer en inventant des prétextes de sédition, contre de toute évidence l’absence d’objet réel, tant aux yeux de la population catalane et d’une partie de la population espagnole, qu’au yeux de l’essentiel de la communauté internationale, … si on met de côté les silences de la CE et de la France, ou l’avis de la Turquie dictatoriale. Il a été démontré que pas un seul euro sur les budgets de la Generalitat ni aucun budget public espagnol n’a été dépensé pour financer le referendum 1-O de 2017. Donc aucun objet à ce procès.

L’opinion internationale regarde incrédule cette sentence du 14 octobre en pleine Europe, et ne comprend pas encore vraiment ce qui se passe. Elle ne voit pas encore clairement les enjeux pour la Catalogne, pour l’Espagne, pour l’Europe. Les enjeux ? : la Catalogne ne va pas seulement recouvrer de nouveau dignement sa liberté, se libérer d’être la dernière colonie de l’Espagne, la Catalogne indépendante sous forme de République, proclamée de fait le 27 octobre 2017 par le Président Puigdemont, va être un exemple et un phare d’une nouvelle forme de démocratie dynamique, au cœur de l’Europe à reconstruire.

Le moment clé ayant donc eu lieu le 14 octobre, la marche vers l’issue est en route et ne s’arrêtera plus.

Le 18, le succès de la grève générale  a été un tremplin définitif vers l’objectif ; ce succès, avec toutes les marches, les rassemblements-manifestations constants, l’occupation d’El Prat, et milles autres initiatives dans toutes les villes de Catalogne, y compris Catalunya Nord, … maintient le Pays dans l’esprit du 3-O.

L’idéal, selon le choix de non-violence active des catalans, aurait été l’acceptation par l’Espagne d’un referendum d’indépendance, mais  …

  • L’État espagnol a brulé toutes les possibilités de négociation pour y mener, ne mettant en œuvre que la répression gratuitement violente. Il n’a jamais compris que la Catalogne indépendante aurait pu être son meilleur allié.
  • A la différence du 3 oct 2017, la plupart des gens pensent actuellement que ni le gouvernement ni la classe politique sont exactement en phase avec la réalité historique de ce qui est en cours. Les manœuvres politiciennes ne sont plus crédibles que pour une minorité, la grande majorité est devenue méfiante au vu de ce qui s’est passé depuis deux ans.
  • Aussi la grève générale a aussi pour objectif de sortir la classe politique de ses atermoiements, les élever et booster dans la réalité, les replacer en relation avec la rue, indépendamment des petits enjeux d’élections imminentes en Espagne.

Après depuis un et deux ans l’appui de nombreux Pays (Belgique, Finlande, Danemark, Portugal, Écosse, plusieurs Lands allemands, Suisse, Slovénie, Québec, Irlande, Islande…) et de nombreux collectifs d’experts de haut niveau (géopoliticiens, sociologues, économistes, philosophes, juristes …), dont l’ONU, même le Financial Times « explique », encore cette semaine, que les sentences d’emprisonnement ne peuvent résoudre la « crise » catalane !

La grève générale et ses suites sont une démonstration de la disposition du peuple à résister à quelque agression que le système en place à Madrid continue à faire, tous les jours.

Pour Elisenda Paluzie, Présidente de l’Assemblea (ANC), Jordi Sanchez étant en prison, l’État espagnol et la police sont responsables, concrètement sur les terrains, des violences, blessés, depuis le verdict. Avis aisément vérifié avec le recoupement de tous les témoignages, vidéos…, qui mettent bien en évidence : qui attaque, comment, avec quels moyens.

Déjà une semaine après le verdict (mais cette triste liste continue de s’allonger) :

  • 579 blessés. Attitude ultra-violente de la police notamment toutes les nuits.
  • 4 personnes ont perdu un œil.
  • 179 personnes sont détenues.
  • 28 sont emprisonnées.

Pendant ce temps :

  • la Présidente du Parlement Carme Forcadell et le vice-Président Oriol Junqueras restent emprisonnée.
  • de même plusieurs membres du gouvernement.
  • les dirigeants de l’Assemblea et de l’Omnium cultural, Jordi Sanchez  et Jordi Cuixart , de même.
  • 7 membres des Comités de Défense de la République sont détenus sans preuves.
  • le Président Puigdemont et plusieurs conseillers sont encore forcés à l’exil.

La Catalogne vit au jour le jour un état d’urgence démocratique.

Encore ces derniers jours, l’État espagnol continue de poser ses pions sur tous les champs :

  • pression sur le Tsunami democratic, tenter de le fermer après l’avoir qualifié de « terrorisme ».
  • fermeture de l’exposition « 55 photos pour la Liberté » à Tortosa. Un État qui a peur de l’Art !
  • le décret « de sécurité » du Premier ministre PSOE Sanchez, véritable acte de dictature.
  • injonction de la vice-Présidente d’Espagne à la Belgique de livrer Carlos Puigdemont ! Acte qui atteste du dédain de la séparation des pouvoirs ! Injonction liée à reconnaître la « démocratie » espagnole en l’état, alors que cette Constitution est inachevée, violée, et ce que l’on sait de ses graves dysfonctionnements. Injonction assortie d’une menace contre un des Pays de l’Union, ignorant que dans ce Pays les trois régions le composant sont et se vivent à égalité de statut. C’est là un acte qui signe la perte de contrôle de l’exécutif espagnol actuel, et qui devrait achever de ridiculiser ce gouvernement et ses alliés, de quelque orientation qu’ils soient, aux yeux de tous les institutionnels sérieux.

Depuis cette première semaine, le peuple est dans le bon sens en profitant des départs de la police pour occuper en permanence la rue, mettre en évidence l’injustice de la sentence et de tout ce que les gens ont vu, pour défendre leurs enfants, réclamer la libération de tous ceux qui ont perdu la liberté.

Car la rébellion efficace contre la répression, le questionnement systématique du pouvoir de l’État, la critique sans faiblesse de la tentative de criminaliser l’indépendantisme … invalident de fait la stratégie répressive de l’État

Fin octobre, un sondage basé sur un échantillon de 1200 personnes donne les partis indépendantistes majoritaires tant en voix (58 % en ne tenant pas compte des abstentions) qu’en sièges.

L’État espagnol continue dans sa mentalité d’inquisiteur.  C’est sa nature comme le scorpion qui pique à mort la grenouille ; il ne peut pas s’en empêcher. Après 2 ans de répression, constatant qu’ils n’ont fait que renforcer la détermination des catalans, les Partis non-indépendantistes se concertent sur le moyen de réduire l’autonomie de la Catalogne dans les mois qui viennent : retour au 155 ou même état d’exception ? Ils vont tenter de tout diriger  directement depuis Madrid :

  • l’école publique
  • les délégations extérieures
  • TV3
  • L’intégralité des Mossos d’esquadra
  • … tout

… en supprimant le Parlement, le gouvernement, le Président.

Dans ce cas, si l’État espagnol peut effectivement pendant un temps récupérer l’administration, il n’aura ni la confiance ni l’adhésion de la grande majorité, … car plus de 80 % de la population du Sud souhaite un referendum sur l’indépendance reconnu légal, dans les règles.

Continue la multiplication des actes concrets et symboliques dans plusieurs provinces d’Espagne :

  • manifestations pro-indépendantistes à Madrid et plusieurs autres grandes villes.
  • bannières espagnoles retirées en Pays basque, et manifestation monstre à Bilbao.

… et en Catalogne même :

  • Succès du Tsunami démocratique. Vers une succession d’occupations dynamiques des places, des avenues, des routes, des aéroports, des voies de chemin de fer, des bâtiment logistiques et/ou symboliques. Il importe de continuer à rendre visible la révolte contre la tyrannie et la détermination de vouloir un autre futur immédiat.
  • Auto-institutions de municipalités en Consells locaux pour la République, affirmant que leur territoire est une partie de la République catalane, libre et souveraine.
  • À Barcelone et d’autres villes de Catalogne, sur l’initiative de l’Omnium cultural, des centaines de personnes se présentent au juge pour s’auto-inculper de sédition, déclarant avoir voté le 1er octobre 2017,  en solidarité avec la condamnation des « prisonniers politiques ». Des queues entières dans la rue. Précédent du 9-N où des milliers de personnes avaient fait de même pour « désobéissance ».
  • Manifestations collectives des maires de la majorité des communes, cette dernière semaine encore a Palau

Les efforts durs et difficiles de la majorité des gens pendant deux ans ne peuvent mener le peuple à accepter la reddition. Les États qui se reposent sur une telle stratégie visent à forcer les citoyens à se soumettre à la Loi, la justice servant alors le pouvoir exécutif. Il s’agit de priver les populations de la gestion de la démocratie, pour en attribuer l’exclusivité au système en place. Et réduire de plus en plus les libertés.

Le système en place tente d’instituer ce « respect » du pouvoir de la Loi, et le lie dans les médias à la répression autoritaire.

Il est donc important que la classe politique catalane, appuyée par les associations civiles qui maillent le territoire, surpasse la « légitimité » constitutionnelle actuelle par le Consell de la Republica.

Le Conseil compte actuellement 75000 inscrits.

Il est important que la population catalane, occupant la rue et tous les espaces publics, reconnaisse la légitimité du Consell, pour assurer la transition de l’installation de la République. C’est le peuple qui dicte aux politiques.

L’État espagnol se trouvera alors devant un « partenaire » avec les mains complètement libres, d’égal à égal, hors de son contrôle… et non plus une institution vidée maintenue en dépendance par la force.

Ces derniers jours, multiplication des prisonniers politiques et des perquisitions au domicile, toujours sur des prétextes.

Et ensuite, même s’il y a des morts, arrivera un moment où l’État espagnol ne pourra faire plus. Il reste peu à ajouter pour y être. La confrontation frontale sera alors inévitable ?

Que va-t-il se passer ? Faire occuper le Pays par l’armée ? Dans d’autres zones de cette planète, on constate que c’est ce qui se passe, ainsi actuellement en Syrie. Mais en Europe de l’Ouest, ce serait le chaos à Bruxelles et à Strasbourg.

Le peuple lui, visiblement, n’a pas peur, et va mettre en place la République.

Et quel va être le devenir de l’Espagne ? Le New York Times, pas n’importe quel journal de fond, s’interroge, ainsi que de nombreux autres acteurs politiques et socioéconomiques dans le monde, devant le constat de 4 votes en 4 ans !

L’histoire a plusieurs fois fait exemple : comme nous l’a rappelé Vicent, quelques évènements sur peu de temps pour l’effondrement du monde ancien.

Sempre endavant.

Comitè de Solidaritat Catalana de Perpinyà

Michel Vallée 1er novembre 2019

Moments-clés signes du basculement d’un système

Un nouveau texte de fond est disponible en PDF sur le côté de la page d’accueil de ce blog. Il s’agit de la traduction du catalan en français de l’éditorial du dimanche 13 octobre de Vicent Partal sur le journal internet Villaweb. Effort de traduction en français car ce texte est une référence géopolitique, en ce sens qu’il met en évidence plusieurs enseignements majeurs des dynamiques de long terme.

Toute puissance est appelée à disparaître ou à être réduite à peu en regard de son temps de gloire, qu’elle se délite sur une longue durée tel le cas bien connu de l’Empire romain, ou qu’elle s’effondre comme un château de cartes tel le cas lui aussi bien connu de l’Union soviétique (soit une autre identité que celle de la Russie). Vicent Partal met en évidence que pour chaque bouleversement de cette ampleur, chaque changement radical de système, un moment clé, un évènement tout autant concret que symbolique, en signe l’imminence. Il explique que pour l’Union soviétique, ce moment a été Tchernobyl (ainsi que Gorbatchev l’a reconnu depuis). Pour le système nazie, c’est Stalingrad. Pour l’Empire romain, nombreux sont les historiens qui identifient la conversion de Constantin (peu avant de mourir de cette vie-ci). Pour l’Espagne actuelle, ce sera le verdict condamnant les « prisonniers politiques catalans », innocents.

Autre trait majeur significatif, un régime, quelle qu’en soit la puissance apparente, au-delà d’un certain seuil de dégradation interne, se trouve structuré sur le mensonge, les mensonges successifs couvrant, aux yeux de l’interne encore plus que de l’externe, les mensonges précédents. L’évènement clé va précipiter la révélation de la carapace de mensonges intriqués entre eux, … la chute est alors inéluctable.

Cette longue note du 13 octobre, veille du verdict prononcé officiellement le 14, développe ces enseignements. Les connaître et comprendre pour lire ce qui se passe depuis et va se passer.

29 octobre 2019

Passages vers l’ère à venir

Cher lecteur, vous trouvez sur le côté de la page d’accueil l’accès au format pdf de l’essai que je viens de publier hier, 23 octobre 2019, avec le titre ci-dessus. Ce nouvel essai complète « Élargir notre conscience au Multivert » (publié début 2013). Le mot le plus significatif de ce titre est PASSAGES. En voici la première page, de repères, et le « programme »:

QUELQUES REPÈRES AVANT LE « PROGRAMME » DE CE TRAVAIL

Nous sommes en 2019, la cause est entendue et se confirme dorénavant  année après année, presque mois après mois : le genre humain, sur cette planète Terre, traverse une mutation de civilisation, bien au-delà d’une crise, depuis au moins les années 1990.

Des auteurs de renom en diverses disciplines, s’exprimant dans ce sens, se complètent ces récentes années : Ervin Laszlo en 2009 avec L’Expérience akashique, Joseph Stiglitz en 2010 avec Le Triomphe de la cupidité, Edgar Morin en 2011 avec La Voie, Hervé Kempf en 2013 avec Fin de l’Occident naissance du monde puis en 2017 avec Tout est prêt pour que tout empire, Naomi Klein en 2015 avec Tout peut changer, Pablo Servigne et Raphaël Stevens en 2015 avec Comment tout peut s’effondrer, Michel Onfray en 2015 avec Cosmos, puis en 2017 avec Décadence, puis en 2019 avec Sagesse, Jean_Pierre Chevènement en 2016 avec Un défi de civilisation, Paul Jorion en 2017 avec Survie,  Hubert Védrine en 2018 avec Compte à rebours, Bernard Stiegler en 2018 avec Qu’appelle-t-on panser ?, Yuval Noah Harari en 2018 avec 21 leçons pour le XXIe siècle (après Sapiens en 2015 et Home deus en 2017), Barbara Stiegler en 2019 avec Il faut s’adapter, Kai-Fu Lee en septembre 2019 avec I.A. la plus grande mutation de l’histoire, Jeremy Rifkin en octobre 2019 avec New Deal Vert mondial.

J’aurai pu remonter bien avant dans le temps. La plupart des ouvrages cités sont en langue française, mais en d’autres langues (anglais, allemand, russe, espagnol, probablement chinois), les ouvrages abondent de même, si l’on en croit plusieurs newsletters et revues. Bien entendu, si ces ouvrages ont été publiés ces dix dernières années, c’est qu’il ont été écrits avant, donc pensés et préparés encore avant, donc les constats qui les ont fait germer encore auparavant, ce qui nous mène bien aux années 1990.

En toute humilité (comparé à ces grands auteurs), l’essai Élargir notre conscience au Multivert , que j’ai publié gratuitement sur Internet début 2013, je l’ai écrit de 2007 à 2012 à partir de constats remontant à 1983, … quand une synchronicité d’évènements (dont le revirement politique en France mais simultanément d’autres bouleversements) ont générés un élargissement considérable des regards sur « les choses de la vie ».

En préface de cet essai figure un rappel du synopsis d’introduction de l’essai Multivert. Ce titre Multivert se voulait correspondre à la complémentarité des physiques reçues, ou « dures », d’avec les physiques de plus en plus subtiles qui peuvent nous mener jusqu’à l’énergie infinie primordiale. Cette complémentarité est symbolisée par une représentation de nos ancêtres celtes, qu’ils appelaient Multivert. Soit « Multi » pour les « multivers » intriqués tels que les appellent dorénavant les astrophysiciens, et « Vert » en reconnaissance et respect de la Nature dont nous sommes.

Chaque partie ou chapitre ne prétendront bien entendu pas à l’exhaustivité sur son thème ni sur les exemples cités, loin de là. À ce jour, il est impossible de trouver une source ou un auteur pertinent capable de prédire de façon instruite à quoi ressemblera la civilisation À VENIR, alors que nous venons d’entrer dans le chaos. Aussi cet essai tente de proposer une trame qui essaiera de faire sens, sens qu’y verra chacun par son tissage de fils choisis. Cette trame comprend des PASSAGES pour traverser ce temps de mutation, au moins s’y préparer.

Bien entendu, les échanges et débats auxquels il pourra ouvrir sont bienvenus. Plusieurs canaux figurent en fin d’ouvrage. On y trouvera aussi l’intégral de l’essai Multivert.

PROGRAMME    cet essai va tenter de suivre la progression suivante :

LES PRÉALABLES

Retour sur le synopsis d’introduction de Multivert  (2012-2013)

AVANT … L’EN COURS

– 2 millions d’années en arrière

– Perturbateurs endocriniens et Quotient Intellectuel (Q.I.)

– Perte de l’effort et dégradations

LE CHANGEMENT DE CIVILISATION … EN COURS

– En France, des chocs qui réveillent

– « État de la nation » (de cette planète, notre « village »)

ATTITUDES RECOMMANDÉES

– Éviter le «  bisounours », et le côté obscur de la pensée positive

– Intégrer, plutôt que (et au-delà de) réguler

 COMPRENDRE

Face à Gaïa, l’écosystème, dont climatique, seul thème global

– Au cœur du désastre, quelles sorties ?

– Violence ? , violences ?

– Rejet-haine du « juste »

– L’épisode pré-1789 et pré-1905 des Gilets Jaunes en 2018-2019

 VOULOIR

– Changement de paradigme

– Synchronicité globale de synchronicités 

 AGIR

– À quoi joue donc « l’énergie » ?

– Mythe du phœnix, la résilience, … et pourtant, …

– Identification de PASSAGES

– Aux plans politiques à CMT, la Chine, les intégrismes, l’Europe

– Et, juste après le moyen terme

EN LIEU ET PLACE DE CONCLUSION

– Quelques traits de la prochaine civilisation ?

– La prédiction d’un prophète du siècle dernier

– L’accélération du tempo de la musique

Présences au fil de cette vie-ci

Sources

Bibliographie succincte

ISBN 978-2-9544891-1-7

L’hymne de Catalogne, Els Segadors, est totalement d’actualité

Reprenons le trait principal des trois couplets de la version actuelle des Segadors ( les faucheurs).

Le premier couplet dénonce “aquesta gent tan ufana i tan superba” (ces gens si orgueilleux, vaniteux et si hautains, si arrogants). De fait, depuis la nuit des temps, la dominance castillane traite toutes les autres entités ainsi, les traite en colonies considérées comme soumises, ce qui est exactement le traitement fait à la Catalogne, en tous domaines, tant culturels qu’économiques … Il est bien naturel et légitime que, porteuse d’une histoire démocratique et riche d’un millénaire, elle demande, exige, pose son indépendance.

Le second couplet encourage le peuple à rester en éveil “ara es hora d’estar alerta” ( il est temps de rester vigilant, en garde). L’arrestation puis l’emprisonnement de sept membres des CDR, une des associations civiles des catalans (avec l’Assemblea, l’Omnium, l’Association des Maires) cette semaine, pour terrorisme quand il n’y a pas un cheveu à leur reprocher, après les centaines d’exactions menées ces dernières années depuis le recul de Madrid sur les avancées en autonomie, … action violente gratuite, montre bien que le peuple catalan se doit de rester en état d’alerte. Les abus et dénis de droit sont tels que la Catalogne vient de renter en “désobéissance civile” ; c’est de bon et plein droit.

Le troisième couplet met en garde la gouvernance devant la force latente, potentielle, là, représentée par la bannière “Que tremoli l’enemic” (que l’ennemi tremble), … il annonce honnêtement la couleur, met en garde. Les ex-partenaires auxquels étaient tendue la main pour négocier se sont placés dans leur morgue, eux-mêmes, en ennemis. Les capacités de la Catalogne à assurer quoiqu’il lui soit asséné ne sont plus à démontrer ; tant de puissances politiques, économiques, sociales, culturelles, juridiques (puisqu’ils y tiennent tant) … en témoignent. Les 500 Guardia civils envoyés, depuis hors de Catalogne (!) pour arrêter sept hommes constitue un signe évident de peur. Me fait penser à la Grande Armada espagnole, la plus puissante flotte d’alors, orgueilleuse et sure de son succès éclatant, pour occuper l’Angleterre d’Elisabeth Ière. Elle a été décimée en moins d’une semaine par une petite flotte de plus petits navires corsaires d’hommes du peuple à la fois marins et soldats. Aussi, effectivement, que le pouvoir castillan prenne garde, car les catalans sont “comme des poissons dans l’eau” tout en brandissant l’ “ensenya”.

Quand au refrain “bon cop de falç” (un bon coup de faucille), il est à considérer non seulement dans le contexte actuel Catalogne/Espagne, mais d’autres Pays tant en Europe qu’au delà. La mutation de civilisation est engagée.

Michel André Vallée 27septembre 2019

Deux messages sur mon mur de Facebook ce mardi 24 septembre 2019 : lien entre les deux ?

Premier de ces messages :

La chute de Thomas Cook … !
La presse verse des larmes de crocodiles pour les 600000 touristes à rapatrier. Certes très désagréable pour toutes celles et ceux qui sont piégés par la faillite du plus ancien voyagiste britannique (178 ans). Mais l’analyse économique de la mondialisation du tourisme aurait dû prévoir ce type d’évènement. Ce n’est que le début du renversement de l’iceberg. MAIS, quoi dire de toutes les populations sur toute cette planète qui ont tout misé sur le tourisme de masse low cost ou pas low cost pour un peu mieux vivre. Ils seront abandonnés pour la plupart, avec la non-éthique des gouvernances actuelles. C’est la mondialisation néo-libérale « décomplexée » qui une fois de plus est en cause.

Second de ces messages :

L’affaire Greta Thunberg ?

Il est des contextes dans l’histoire où un personnage inattendu sur un contexte global entendu amplifie toutes réactions, quelle qu’en soit l’orientation. En l’occurrence, toutes les diverses réactions sont plus ou moins émotionnelles, car effectivement TOUT est en jeu, et chacun est consciemment ou subconsciemment touché. Aussi les diverses réactions sont toutes intéressantes en ce sens que l’amplification explicite des signatures. C’est éclairant, et chacun peut plus aisément identifier les uns et les autres, et soi-même.

Lien entre les deux ? :

De mon point de vue bien entendu, … chacun peut y trouver autre chose. Dans les deux cas, un phénomène majeur, tant immédiat qu’à terme, ne ressort dans les grands médias, au-delà des supports spécialisés, académiques, d’historiens, de prospectivistes, qu’à l’opportunité d’un acte nettement décalé par rapport à l’habitude. C’est si souvent trop le cas, avec une si faible préparation d’esprit critique (en baisse comme on le reconnaît enfin récemment).

Dans les deux cas, l’événement se situe aux débuts de tendances lourdes, en cohérence avec le « bouquet » si chargé de tendances lourdes significatives de notre état global de déjà entrés en mutation de civilisation.

Dans les deux cas, tant aux jeunes éveillés qu’à celles et ceux des adultes qui restent sensibles, il est devenu évident qu’il n’est plus temps au discours « politiquement correct », mais qu’il est temps de la parole et de l’action directes et claires.

Pourquoi ces deux cas là, car ils sont d’actualité d’aujourd’hui et de demain.

Même s’il est tant d’autres « objets » de fond qui nous concernent toutes et tous, à propos de tous ces objets, le tryptique « Comprendre – Vouloir – Agir »  se complète avec « Échanger – Se coordonner – Se préparer ». Le courage va être nécessaire.

Michel André Vallée          

Quand même un peu d’espoir

Hier soir et cette nuit (17/09/19), les dossiers du mardi de ARTE ont donné trois documentaires hors pairs (et pourtant ces dossiers du mardi sont habituellement bons surtout dans l’objectivation).

Le premier de 20H50 à 22 H20 : “BlackRock”, soit, il semble bien, la plus grande puissance financière au monde, qui n’est pas une banque (donc nettement moins surveillée que les banques), mais gestionnaire d’actifs (6000 MM de $), des plus grands (les GAFA) aux plus petits cherchant une sécurité de placement depuis 2008. Je parle assez souvent dans mes articles du Deep power ; en voilà un, bien entendu au niveau de ses grands actionnaires ET décideurs. Cette structure, basée à New York, influence les gouvernements des principaux pays “occidentaux” et d’autres. C’est un des marionnettistes. Vaut donc vraiment la peine de visionner pour “comprendre”.

Le second de 22 H 25 à quasiment minuit : “Sacrée croissance”, qui commente la cassure entre les décideurs politiques et une partie des populations. Il le fait en témoignant de plusieurs réalisations de productions autonomes “à la base”, “locales”, vraiment “écologiques”, de collectifs sur des territoires à Toronto, en Argentine, dans le Nordeste du Brésil, au Bhoutan, en Bavière … Ce qui frappe, c’est que ces réalisations en vrai grandeur depuis en moyenne une décennie réussissent, perdurent, à la satisfaction évidente de leurs acteurs. ET, elles ne sont pas “réduites” par le Deep power. Elles témoignent, dans des contextes très divers, qu’une tout autre pratique individuelle et collective de consommation, en décroissance, est possible. L’outrancier “il n’y a pas d’alternative” est une mystification, … et de nombreux chemins peuvent être pris.

Le troisième de 0 H 00 à 1 H 35 : “System Error”, qui déroule clairement la mise en évidence que les fameux algorithmes de nos systèmes d’IA décident eux-mêmes selon des logiques implacables, sans que nous autres humains qui les avons conçus et mis en route interviennent, … en l’occurrence en matière financière !

Le premier et le troisième dossier témoignent de l’actuelle puissance financière, quand il n’y a plus (au moins en Occident et alliés) de volonté politique consciente, des enjeux actuels globaux de notre planète et de notre humanité, assez puissante pour Agir. Peut-être la Chine, … les toutes prochaines années nous le diront. Le second film (Sacrée croissance !) permet donc quand même un peu d’espoir.

Alors, comme l’un des “”ploucs” qui s’exprime dans cette démonstration d’autres voies le démontre clairement : il faut arrêter de discuter, mettre en œuvre. Mais après “Comprendre”, pour “Agir”, il est indispensable de “Vouloir” !

Michel André Vallée       18 septembre 2019