SENS CONTRE IMPERMANENCE D’UNE NATION :EXEMPLE, OU CAS, DE LA CATALOGNE

« Quel Pays peut être indépendant ? … titre le Monde diplomatique en août 2022 page 9, article de Jean-Arnault Dérens. Les cas (dans l’ordre d’apparition dans l’article) du Kosovo, de la Catalogne, du Donetsk et du Loubansk, de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, de la Crimée, du Sahara occidental, de Gibraltar, de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française, de la Tchécoslovaquie, de la Yougoslavie, de l’Érythrée, du Timor-Leste, du Soudan du Sud, sont évoqués. Bien entendu, tous les autres cas (nous pensons à l’Écosse, au Québec …), si nombreux, pourraient l’être mais, ce qui importe là derrière les dialectiques des cas développés dans l’article, ç’est le point d’interrogation. Si une réponse était concevable (doutons-en), sur quel registre ?

La Charte des Nations-unies (unies ?) repose sur deux principes contradictoires en regard de la réalité des « terrains » : celui de la souveraineté des États et de leur intégrité territoriale d’une part, celui du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes d’autre part ! De plus, la Charte prévoit la catégorie spécifique des « territoires sous tutelle et territoires non autonomes » (dix-sept actuellement dont le Sahara occidental, Gibraltar et la Nouvelle-Calédonie …).
Dans la réalité, les cartes continuent sans cesse d’être rebattues tant en Europe (qui comme chacun sait va de l’Atlantique à l’Oural) qu’en Afrique et en Asie et Indonésie. Les avenirs sont incertains, tant en principe que par les faits. La vie n’est jamais figée, toujours évolutive d’un instant au suivant. L’impermanence est un des traits ontologique ( du point de vue de l’être en tant que soi), essentiel, en toutes choses, du plus petit au plus grand, du battement des ailes d’un papillon aux plus étendus et puissants des États.

En décembre 1991, la commission internationale pour la paix, présidée par Robert Badinter, a posé le principe qu’en Yougoslavie, seules les anciennes républiques fédérales pouvaient « prétendre » à l’indépendance, mais pas les entités de « rang » inférieurs (régions, provinces, territoires autonomes). Très vite, la réalité a balayé cela, par exemple avec le cas du Kosovo, imposé par l’OTAN ; mais le cas Kosovo a été validé côté Occident par « la violente répression menée pat le pouvoir Serbe !? Ainsi, là comme en tant d’autres lieux, l’usage de la force (bombardements de l’OTAN) a fondé le droit. Les cas comparables sont multiples ; chacun en connaît plusieurs.
Concernant le Kosovo, nombreux sont celles et ceux qui savent que l’État espagnol ne l’a pas reconnu, pour éviter de se trouver contraint du parallèle avec la Catalogne. Trait mineur « piquant » : quand le Monténégro a arraché son indépendance en 2006, la proclamation à Cetinje s’est faite avec une forêt de drapeaux catalans, les indépendantistes catalans ayant apporté leur soutien à une sécession démocratique et pacifique (mais au sortir de quelle guerre civile en Yougoslavie) ! Tant mieux pour les monténégrins, pour qui l’un des principes fondamentaux de l’ONU a fonctionné, l’UE se voyant obligée de s’incliner (55,4 % de oui par une participation de 86,5 %), quand le referendum de l’1-O a donné certes 90 % de oui mais par seulement 42 % des inscrits.

Mais est-il correct de comparer des cas aussi différents que le Kosovo et la Catalogne ? Évidemment non, quand les réalités historiques, culturelles, socio-économiques,…, géographiques, n’ont rien de comparables. Au plan géopolitique, la majorité des Pays d’Afrique, d’Asie et d’Amériques latines, ainsi que cinq Pays européens, ne reconnaissent pas le Kosovo. Regardant bien plus loin sur cette planète, comparer la Catalogne au Tibet ou au Xinjiang serait-il même pensable ? Que l’on s’abstienne de sourire sur ce trait car, si les véritables détenteurs du juridictionnel suprême en Espagne se trouvaient toujours dans un contexte européen dominé par Hitler et Mussolini, et si la « neutralité » de l’Espagne d’alors n’arrangeait pas les « équilibres » voulus par les USA, qu’en serait-il ? Les traitements des leaders indépendantistes et les persécutions (car elles le sont) poursuivies systématiquement sur plus de 5000 personnes correspondent bien au maximum que le juridictionnel espagnol actuel peut se permettre. S’il pouvait aller plus loin, ce serait fait. Que la Slovénie, la Belgique (pas la CE à Bruxelles), le Danemark, le Québec, l’Écosse, la Suisse, la Finlande, plusieurs Lands allemands, l’ONU à au moins deux reprises dont ces tout derniers jours … dénoncent voire condamnent cet état de fait, … s’en fouten.
IMPERMANENCE.

Quel Pays peut être indépendant ? Si pour d’autres cas cités, la question puisse être fondée, comment la poser pour l’aspiration à l’indépendance de la Catalogne, clairement exprimée par la moitié de sa population ? Car enfin, L’histoire de la Catalogne en tant que Nation connue et reconnue tant elle-même sur place que dans toute l’Europe remonte au XIIème siècle. L’État sous forme de royaume et de Generalitat, la bannière, une culture spécifique connue et reconnue sont partie de l’histoire de l’Europe. La langue structurée comme langue à part entière tout autant que les autres langues internationales, porte depuis des siècles une philosophie propre et une riche littérature. Son économie est mondialement respectée depuis des lustres, et le demeure malgré les exorbitantes ponctions fiscales et le brimage des investissements orchestrés par l’Espagne, à preuve la qualité des investissements de l’étranger. Tant à souligner encore, mieux présenté qu’ici par tant d’auteurs de qualité experts en leurs domaines !

Nous n’insisterons pas ici sur les attitudes, les jeux de palais d’une soi-disante élite, d’une partie de la classe politique catalane depuis l’1-O, quand l’essentiel de la population reste consciente et attachée à tout ce que ci-dessus. De grands éditorialistes, tel un Vicent Partal de Vilaweb le font de façon impeccable, travaillent tant le détail significatif que le regard géopolitique à un niveau méta, l’un ou l’autre toujours correctement instruits. Par contre presque toujours en catalan, ce qui continue de poser problème de connaissance et de compréhension « à l’extérieur » ; insister pour s’exprimer exclusivement en catalan se comprend quand on supporte depuis si longtemps l’interdiction puis les tentatives de réduire et éradiquer, … mais demeurer dans le pré carré a toujours été nuisible, sauf à choisir le sacrifice d’honneur du « dernier carré » (mais alors à quel prix). Ce sont les deux pratiques de front qui sont justes (ouverture aux mondes) et efficaces ( pérennité de la présence de sa propre nature).

Donc ce ne sont ni le droit international (la Société des Nations n’a en rien freiné l’arrivée de la seconde guerre mondiale introduite par la guerre d’Espagne), ni les grands principes d’annonces plus ou moins négociatoires, qui comptent vraiment.

Ce qui fait défaut à notre époque, ici comme ailleurs, c’est le SENS non seulement d’un projet mais de toute une Nation parmi les autres Nations. Plus d’assoir le sens sur l’assiette de son RAPPORT DE FORCE..
Nous traversons, au moins en Occident, un temps de délitement des valeurs, des idéologies. Derrière les belles paroles « politiquement correctes », seuls semblent demeurer les rapports de force, crus, cruels, réalistes. Un rapport de force peut exister en plein (puissance militaire effectivement actée avec intensité) ou en creux (détermination collectivement structurée solide du peuple kurde sur ses quatre territoires).
En fait, dans les deux contextes qui viennent d’être cités, le sens existe oh combien derrière le rapport de force posé : la perduration du mythe-volonté d’être le gendarme économique et moral du monde pour les USA, la restauration complète de son statut d’Empire du Milieu pour la Chine, l’évidence intrinsèque et partagée de la communauté d’être et de vivre respecté pour cette réalité par les kurdes (leur reconnaissance a été trahie au moins deux fois au plan international mais ils ne se sont pas laissés noyer dans l’individualisation).

La réponse à « Quel Pays peut-être indépendant ? est là : LE SENS APPUYÉ PAR SON RAPPORT DE FORCE. Et en rien dans le droit international, une fois de plus théorique bafoué par toutes les parties dans l’exemple de l’Ukraine.
Un rapport de force n’est pas théorique, mais une force telle qu’elle amène l’autre, les autres, à se trouver contraint de l’accepter partant agir suffisamment dans le sens souhaité, concrètement et durablement.
Dans le cas d’une Nation, le rapport de force doit exister simultanément sur les principaux domaines qui en font l’identité, ce qui implique de mobiliser en cohérence stratégique et tactique de nombreuses personnes de toutes qualités ; par contre le commandement politique ne peut qu’être homogène. En Suisse, seul Pays capable de mobiliser si nécessaire sa population en 24 heures à cette échelle géographique, un général est élu, pour le temps de la guerre (à la fin de la guerre il reprend un statut « habituel »).
Sens et rapport de force en synergie nécessitent absolument liens opérationnels avec des alliés, solides, à l’extérieur.

Qu’en est-il, au dernier trimestre de 2022, du sens et de son rapport de force, pour le projet indépendance de la Catalogne ?

Le sens ? Il reste partagé par plus d’une bonne moitié de la population dorénavant (récents sondages), et ce malgré les persécutions actées pour être démotivantes. Cependant ici comme dans tout le monde « occidental », l’individualisation, plus grande victoire actuelle de la pensée unique néolibérale mondialisée, impacte. L’intégralité des populations « occidentales » sont affaiblies. Par contre, si les temps faciles génèrent des hommes faibles, les temps durs génèrent des hommes forts.
La dureté même d’aujourd’hui, dans le contexte de la Catalogne encore traitée en colonie par l’Espagne, paradoxalement ouvre en soi de l’espoir, mais … à la condition de retrouver des porteurs, des leaders, crédibles, au sens.

L’autorité reconnue est à re-construire, non pas à re-installer avec la même caste, mais à créer de nouveau. Et ce sans peur, sans craindre le conflit et ses âpretés, ses épreuves, qui malheureusement peuvent aller jusqu’au prix du sang. La non-violence pratiquée droit dans ses bottes (derrière l’apparence populaire pacifique du symbole du rouet) par un Gandhi n’y a pas échappée.

Une négociation n’a de pertinence qu’au terme de démonstrations de rapport de force qui modifient les cartes, tant celles du minimum envisageable durablement que celles du maximum souhaitable à l’idéal (lequel ne se réalise jamais). Ployés sous les bombes, les vietnamiens ont dignement négocié la forme de la table avant de s’attabler aux contenus.
La « résistance active », c’est le minimum qui permette de retisser lien dans la durée de re-construction du rapport de force nécessaire.

Alors, comme le demande Vicent Partal : que veut le peuple ? Foin de toutes autres tergiversations.

Pendant ce temps, encouragements à celles et ceux qui entretiennent la culture partagée, traditionnelle comme renouvelée.

Ce qui est vu là pour l’exemple Catalogne tient évidemment pour de nombreux autres cas.

Michel André Vallée 1er septembre 2022

Hormis le traditionnel trimillénaire « L’art de la guerre » de SUN TZU chez Flammarion (1972 et 2017), quelques références récentes :
Sun Tzu ou l’art de gagner des batailles, Bevin Alexander, Éditions Tallandier, 2017.
La Catalogne et l’Espagne les clefs du confliit, Ss la direction de Dominique Petitdemange et Marie-Christine Jené, Balzac éditeur, 2018.
Nou homenatge a Catalunya, Vicent Partal, Pausa, 2018.
Le dernier carré Combattants de l’honneur et soldats perdus de l’Antiquité à nos jours, BUISSON Jean-Christophe & SÉVILLIA Jean, PERRIN, 2021.
Vendre la guerre, Conessa Pierre, Éditions de l’aube, 2022.
Il faut une Révolution Politique, Poétique, Philosophique, BARRAU Aurélien, Éditions ZULMA les apuléennes, 2022.

Un sage : Aurélien Barrau

Une amie vient de me passer un interview d’un astrophysicien français, dont chacun pourra aisément trouver plusieurs interventions sur le net, MAIS pas exclusivement d’astrophysique. Celui-ci, en l’occurrence sur France inter (pourquoi pas ?), est centré sur un thème, sinon le thème majeur de notre temps, soit non pas le climatique, mais globalement l’effondrement du vivant, … qui englobe le thème climatique tout comme le thème surpopulation, … entre autres « urgences » avancées par nos autorités, nos médias …

Aurélien Barrau intervient comme un citoyen du monde, certes très informé car curieux au bout du bout, et mettant en pratique le sens critique global qui devrait être enseigné à tous nos jeunes.

Ce billet pour vous encourager, ami lecteur, à consacrer une demi-heure en vous rendant sur le lien :  » https://youtu.be/94IxSYo5wtM « , car cet homme-là arrive à poser nettement, en si peu de temps, la globalité de la problématique de notre temps, ici et maintenant. Il est rarissime que je me trouve en accord à 100 % avec une position méta de cette qualité, et l’essentiel y est bien mieux exprimé que je ne le pourrais.

Bien entendu, puisque nos autorités diverses sont en retard avec les mesures qui auraient dû être prises depuis les alertes telles celles du club de Rome il y a plus d’un demi-siècle, et que, avec la complicité confortable (pour encore quelques temps) des populations qui se croient privilégiées, le constat global, méta, est bien au-delà de dramatique, les mesures encore envisageables, tant qu’il nous est encore possible, sont radicalement révolutionnaires. Cette fois, TINA (There Is No Alternative) prend du sens, ce qui ici et maintenant manque le plus.

Aurélien Barrau et ses amis se présentent comme ouvreurs de pensée, une pensée du déraillement des actuelles doxa « en vigueur », pensée se déclinant par une refondation radicale de nos valeurs.

Ouvrage avec pour titre  » Il faut une révolution politique, poétique et philosophique » (Éditions Zulma). Certains dressent immédiatement le sourcil en lisant « poétique » ! Et oui, … mais allez écouter comme il l’entend. D’autant que la révolution proposée met de côté les stratégies et pratiques de non-violence, malheureusement certes , mais trop tard, principe de réalité. La reconstruction nécessaire, immédiatement, ne peut être que radicale. Face aux dénis et atermoiements, absurdes en regard de l’état des connaissances, la brutalité est inévitable ; certes douloureuse mais faute de quoi nous continuons tout droits aveugles volontaires dans une extermination massive.

Les avancées en physiques font parties « évidemment » du tableau , notamment la réalités des « multivers », soit la coexistence intriquée de plusieurs univers aux lois d’espace-temps différentes, derrière l’apparence de notre univers, … qui pourrait d’ailleurs être en recomposition en cours quelque part au cœur d’un gigantesque « trou noir ».

Mais en attendant, ici et maintenant, Aurélien Barrau inclut dans la radicalité de la reconstruction une toute nouvelle Constitutionnalité politique. Du concret.

Au travail, hauts les cœurs, et fort l’honneur.

Michel André Vallée 7 juillet 2022

Quand même ravi de trouver là des éléments de réponse au prochain ouvrage, probablement d’ici la fin de cette année 2022, sur le thème « Ombres, individuelles et collectives ». Un peu d’oxygène fait du bien.

OUI, L’1 D’OCTUBRE EST UNE DATE CLEF dans l’histoire de la Catalogne –


Billet à l’occasion de la Diada du 11 septembre 2021. La Diada est la principale journée de l’identité et du souvenir pour les populations des Pays catalans.
Consultons les tout derniers éditoriaux de Vicent Partal, de la newsletter catalane quotidienne VilaWeb. Car ils sont cohérents avec tous les précédents des mois précédents (et des années précédentes en fait).


01/09 > mise en net que non seulement les indépendantistes, mais les catalans en général, « sont l’ennemi historique», vu des castillans conservateurs, cas d’évidence récents à l’appui. Vicent Partal conclue pointant que, si cet état est clair pour le Pape François (quand on sait lire entre les lignes), l’est-il aussi clair pour « nous » (le peuple catalan tant en Espagne qu’à l’extérieur) ?
31/08 > constat par un observateur « américain » présent à une manifestation publique à Barcelone que la capacité à débattre ainsi en public du fond des choses, sans peur, serait unique au monde. Pas peur de créer (là dans le débat public) sur une feuille blanche. Il s’agit d’instituer une Catalogne qui ne soit pas une Espagne en petit !


29/08 > ne pas se laisser leurrer par le piège que le conflit serait interne à la Catalogne et non international entre la Catalogne et l’Espagne, marqué depuis des décennies et siècles dans l’histoire. Vicent Partal rappelle des séries d’assassinats politiques sans appel. On comprend que la perte de la dernière « colonie » serait, aux yeux de l’Espagne conservatrice, pire que toutes les dictatures et guerres civiles passées ! Et ce, même pour le Parti social-démocrate actuellement au pouvoir.
26/08 > le concept de frontière inamovible serait absurde, mais est devenu un tabou dans les idées reçues internationales actuelles. L’histoire de la définition des frontières d’une Pays tient le plus souvent à des enjeux qui n’ont que peu à voir avec les réalités des populations,… et qui aboutissent trop souvent à des incongruités. Incongruités génératrices à terme de conflits. Légitime de reconsidérer les frontières en fonction des réalités historiques, culturelles et socio-économiques des peuples concernés.


24/08 > rappel du principe de base en démocratie de la séparation des pouvoirs dans un Pays (si le choix du peuple est effectivement la démocratie, « le moins pire des systèmes » selon Winston Churchill). Rappel de la réalité dramatique de confusion des pouvoirs dans le cas de l’Espagne (ce sur quoi l’actuelle UE se contente d’admonestations). Compte tenu de la réalité du « fait » espagnol, un fonctionnement correct du judiciaire impliquerait donc un État de Catalogne indépendant (comme pour tant d’autres dimensions de gouvernance). Bien entendu, une phase de Constituante est, donc sera, nécessaire, sur ce champ fondamental aussi ; … entre autres y sera posée la question de l’élection ou non et comment des juges.
23/08 > à partir de propos tenu à L’Universitat Catalana d’Estiu de Prada, et ailleurs, se pose la question, essentiellement grave du sens et de la pertinence de la stratégie d’unilatéralité (soit la mise en action de fait de l’indépendance par la population et ses corps constitués, après des décennies d’offres de négociation dans la non-violence sans résultat autre que la politique systématique judiciarisée d’élimination menée depuis l’1 d’octobre 2017).


Et là arrêtons de remonter les excellents éditoriaux quotidiens de VilaWeb, que chacun peut retrouvée facilement (mais en langue catalane). Car, après les questions clés de la réalité de la confrontation à l’Espagne, de la dimension non uniquement interne mais d’abord internationale de cet état des choses (clairement développé dans l’ouvrage en français d’un collectif d’auteur « La Catalogne et l’Espagne Les clefs du conflit »), de la fausse inamovibilité des frontières, de la séparation des pouvoirs, … ce trait évoqué effectivement à l’UCE de cette année 2021, mais objet de débats et « jeux » désolants voire inattendus chez certains depuis des mois (allusion aux tractations de palais d’une partie des leaders de deux des Partis indépendantistes), est bien, concernant l’actualité du Mouvement Catalogne, le doute semé sur l’unilatéralité.

Dans l’environnement catalan qui m’a accueilli depuis maintenant six ans ici en Catalunya Nord, quelques-uns s’en réjouissent ( « tout va bien « ), mais d’autres n’y comprennent rien. Car pour toutes et tous celles et ceux engagés dans ce Mouvement depuis au moins le début de ce siècle, qui ont pris la peine d’étudier l’histoire ancienne comme récente, la réalité du fait castillan est évidente. Il reste pourtant utile au bien commun d’encore et encore l’expliciter. Par ailleurs si une des principales erreurs de 2017 a certes été de mésestimer les postures et attitudes de l’UE, c’est là un enseignement à intégrer sans devoir altérer le Mouvement, celui de plus de la moitié d’un peuple debout malgré les exactions, devenu exemplaire aux yeux de tant d’autres, en Europe et au-delà. Ailleurs au sein de cette UE les regards évoluent en plusieurs Pays au constat de ses égarements et insuffisances. Il en résulte, au plan statégique, que « toute négociation entre la Catalogne et l’État espagnol est, en l’état, inenvisageable, techniquement tout autant que moralement. Même si, la culture catalane étant traditionnellement conciliante, Ramon Llull n’a-t-il pas écrit au XIIIème siècle « Livre de l’Ami et de l’Aimé », l’intérêt marqué pour la lutte non-violente y est en quelque sorte naturel. Mais nous traversons une période où les stratégies non-violentes ont presque partout faillies à moyen et long terme (ainsi Gandhi a-t-il été assassiné et le KKK « tourne » toujours au Sud des États-Unis). C’est toute une transmutation des « ennemis » qui est nécessaire (principe de réalité), ce qui demande du temps.


Aussi abstenons-nous d’évoquer les engagements qui, avec l’expérience de négociations et conflits (mais ailleurs en Europe), peuvent paraître adéquats. Car, comme l’a expliqué un ami catalan de souche d’ici qui connaît bien l’histoire et les coutumes et les enjeux, « si nous faisions cela, nous perdrions la Generalitat ».
Le mieux est probablement de reprendre les deux derniers paragraphes de l’éditorial de Vicent Partel du 23 Août « l’indépendantisme kidman. Oui, le 1er octobre a été un jour clef.


Michel André Vallée 3 septembre 2021, corrigé le 25.


NB : ne dénier en rien qu’il est de très belles réalités en Espagne, en poésie, en musique … des contrées et villes splendides. Federico Garcia Lorca a été exécuté en Andalousie, par une caste, pas par le peuple espagnol.

SER LLIURE

Premiers jours de juin 2022, trois éditoriaux de Vicent Partal marquent un terme à quatre ans et demi de persécutions en Catalogne « espagnole », et ouvrent un nouveau temps long pour le mouvement d’Indépendance de cette Nation-Région d’Europe.
Rappel que Vicent Partal anime et dirige l’excellent journal internet VilaWeb, en catalan bien entendu, de dimension internationale, et en est le premier éditorialiste. VilaWeb est explicitement engagé dans la cause de l’Indépendance de la Catalogne, Sud et Nord, et depuis ses débuts assure un travail sans faille d’objectivation, tant sur les événements et faits des Paisos Catalans, au Sud comme au Nord, que sur tous les aspects socio-économiques et culturels des choses de la vie qui peuvent être éclairants (en rapport avec la vie de la Catalogne) en regard de l’Espagne, de l’Europe, de ce Monde. Toujours en appuyant l’objectivation sur une argumentation précise et claire, enrichie d’une réflexion de fond à la portée de tous.

Dans ces trois éditoriaux successifs « I perque no » N° I, II, et III, au terme de « quatre anys d’infern » ( depuis octobre 2017) Vicent achève d’expliciter l’analyse de la dégradation progressive des »grands » Partis indépendantistes depuis le départ du Président Quim Torra, leurs mouvements de palais et collaborations de plus en plus nettes à plusieurs titres avec le gouvernement social-démocrate espagnol.
Pendant ces quatre ans et demi, après les plus de 1000 bléssés du fait des actes de la Guardia Civil espagnole l’1 d’Octubre, plus de 5000 catalans ont été poursuivis par la justice et le fisc espagnols sans fondements, par une tactique de judiciarisation et une rigueur hors de mesure, des peines absurdes disproportionnées, … et le cauchemard continue.
Les prises de position claires de plusieurs autres Pays européens, de l’ONU et plusieurs autres instances internationales, de multiples personnalités et experts d’orientations très diverses, pour dénoncer les violations des droits de l’homme et des peuples à décider d’eux-mêmes (nous sommes en Europe quand même), … rien n’y a fait. Dans un déni et un dédain fascinants, les instances et clans conservateurs réactionnaires castillans poussent ce qu’il a fallu finalement accepter de voir comme une guerre, jusqu’au bout. Il est donc devenu net que, là où l’Espagne en reconnaissant de bonne grâce la volonté d’indépendance de la majorité exprimée des catalans, aurait pu renforcer son meilleur allié, la réaction néo-franquiste espagnole ( car plusieurs Régions d’Espagne sont impliquées) est « l’ennemi ». La fracture, comme tant d’autres en cette période sur cette planète, sera longue à se cautériser. Si elle peut se cautériser un jour, car le conflit remonte loin dans l’histoire.
Lire, outre les nombreux ouvrages en catalan tels « Nou homenatge a Catalunya » de Vicent Partal, l’excellent ouvrage en français « La Catalogne et l’Espagne Les clés du conflit » sous la direction de Dominique Petitdemange et Marie-Christine Jené.

Tout cela est connu ; les sources, multiples, sont disponibles aisément.

Ce que propose, en cohérence avec le repositionnement des grandes sociétés civiles catalanes, Vicent dans les trois « I perque no », c’est bien d’enregistrer-accepter-introjecter l’état « abimé » du mouvement de l’Indépendance, de ne plus tenir compte des soi-disant grands Partis indépendantistes, de se fier et fonder de nouveau sur le peuple, par le peuple, pour le peuple. Partant, de reconstruire une démarche et une stratégie nouvelle, éclairée, adaptée, véritablement démocratique, engagée. Soit de comprendre, vouloir et agir de nouveau selon le temps long. Car, sociologiquement et culturellement, les signes de l’engagement observables de toutes parts parmi les catalans ne manquent pas. Les alliés et appuis à l’étranger sont nombreux, dans de nombreux Pays et instances, dynamiques.

Oui, le mouvement indépendantiste n’était pas suffisamment préparé autant que ses animateurs le pensaient et prétendaient juste avant le 1er octobre 2017, tel que nous avions pu l’entendre aux plénières de l’Universitat Catalana d’Estiu à Prades l’été 2017. Dans l’illusion des postures supposées a priori des autorités de l’UE, où seule la Cour de Justice se comporte correctement, quand la CE s’est systématiquement mise la tête sous le sable, et a choisie comme Ministre des Affaires Étrangère un social-démocrate espagnol fade qui s’est laissé humilier à Moscou. Dans l’incapacité d’occuper le territoire dont les frontières, et de tenir tête frontalement (à l’époque les Mossos d’Esquadra n’étaient pas récupérés par les autorité espagnoles comme depuis). Dans l’incapacité d’annoncer au Monde un programme fort porté par un gouvernement homogène, occupant ainsi le terrain politique, et obligeant l’Europe à se poser.

Dans l’immédiat, au vu de l’attaque systématique néo-franquiste récente sur le programme éducatif d’immersion linguistique, on comprends encore plus à quel point la promotion (au-delà de défense) de la langue catalane est primordiale. C’est évidemment une démarche de temps long.

Si je peux me permettre, je terminerai ce billet en mettant en doute, stratégiquement et tactiquement, le choix de la non-violence. La référence, dans les formations à la non-violence, de l’acte de cette jeune femme « de couleur », qui a refusé de laisser sa place dans un bus d’un État du Sud des USA (largement présenté sur ARTE), tente de prouver que cet acte (en fait soigneusement préparé puis valorisé en communication par le « Mouvement Civique ») a permis une avancée significative. Certes les avancées sont là, en regard de l’état des pratiques après-guerre, … mais qu’en est-il aux USA aujourd’hui, autant fracturés que juste avant le guerre de Sécession ? Certes, nous savons que la non-violence est dans les gènes de la société catalane. Mais justement, le fond de violence du paradigme culturel castillan est aussi profondément intriqué, systémique et historique que le fond de violence inter-racial aux USA. TINA (there is no alternative). Puis-je ici me permettre d’évoquer qu’il convient de changer de stratégie ?

Ser lliure veut dire « être libre ». À suivre…

Michel André Vallée 4 juin 2022

LE REJET DE MOURIR … ET POURTANT

Tout l’Occident s’émeut depuis trois semaines devant l’attaque de l’armée russe en Ukraine, les sanctions économiques décidées dans l’urgence par les autorités politiques des États de l’Ouest sont (ou se veulent) écrasantes. Une majorité d’ukrainiens se mobilisent au-delà de ce que les « occidentaux » (et il semblerait une partie du peuple russe parmi les jeunes) imaginait. La guerre physique sur les terrains, dont toutes ses horreurs comme dans toutes guerres d’intensité (concept récent dans les médias mainstream), s’accompagne d’une guerre de communications tout aussi intense où il est difficile de discerner le vrai du faut, de part comme d’autre. On prétend ne pas savoir le véritable objectif du Président Vladimir Poutine. On redoute que par le jeu de dominos, le phénomène guerre ne se propage de façon bien plus large jusqu’à mener à une troisième guerre mondiale, « comme en 14 » (1914) sauf que cette fois huit Pays (peut-être bientôt neuf avec l’Iran) disposent de l’arme nucléaire, et des vecteurs pour l’utiliser ! Le Président Volodymyr Zelensky se révèle être un chef d’État, qu’il ait figuré dans les Panamas papers ou non.

Cependant, il nous est rappelé que les États-Unis et l’OTAN n’ont pas respectés à l’Est les accords passés avec le Président Mikhaïl Gorbatchev, que Russie et Chine sont encerclés par des bases US, que lors de la Révolution orange à Kiev (berceau de la Russie impériale) l’ardeur des manifestants à l’évidence sincère était habilement manipulée par des intérêts stratégiques américains, et que depuis 10 ans l’Ukraine attaque en permanence le Donbass (14000 morts).

On a oublié plusieurs guerres permanentes horribles ailleurs depuis des années. Et on ferme plus ou moins les yeux sur l’état avancé de dégradation de notre propre société, pourtant attesté par quantité d’études et ouvrages. Mais là, puisque cela se passe à trois heures de vol de Paris et que les protagonistes sont tous européens, de couleur de peau et de culture blanches, engagement général, feux frisant souvent l’extrémisme poussés à longueur de journée par les médias, disparition du jour au lendemain du méchant phénomène Covid. Pardon, on oublie quand même la guerre civile, dure et longue et aussi horrible, en Yougoslavie, … où l’OTAN a humilié l’Europe en ne demandant pas en fait vraiment l’avis de l’Europe, a bombardée Belgrade, et a créée un nouvel État, le Kosovo, devenu notoirement gravement corrompu.

Se préoccupe -t-on suffisamment de qui est, dans ce conflit, en observation de cette nouvelle guerre en Europe, voire officiellement non-aligné, sur notre petite planète? Ose-t-on vraiment avoir une réflexion stratégique la plus objective possible sur les peuples et ressources qui pourraient être mobilisés à court ou moyen terme plutôt du côté de la Russie ? Serions-nous vraiment moralement prêts à une confrontation et embrasement général, sans même parler d’être concrètement prêts ?

Si les avis de nos meilleurs géopolitiques et diplomates (actuels ou à la retraite avec les sagesses de l’expérience) sont partagés, … tous justement ne sont pas d’un seul côté, et, heureusement pour ce qui reste de raisonnable dans notre genre humain, sont loin de relever d’une seule pensée unique. Comme le relève il y a quelques jours Edgar Morin dans un interview à propos de la sortie de son dernier livre (Réveillons-nous – Denoël) : « Il faut penser avant de s’indigner ».

Pour qui s’intéresse un peu à l’histoire (les diverses histoires), c’est un constat que lorsque la Russie s’engage, elle va jusqu’au bout. Qui a courageusement sacrifié sa capitale en y mettant le feu comme les russes l’ont fait, lorsque les armées de Napoléon Ier l’ont occupée (ce que ne sont pas arrivées à faire les armées de Hitler) ? Qui a sacrifié vague humaine après vague humaine à Stalingrad, marquant ainsi le début de la fin de la seconde guerre mondiale ? La Russie agit toujours après avoir ramassée ses forces, mais attention à ne pas la pousser à bout. Ne jamais oublier que l’âme russe, tout comme l’âme allemande, est romantique. Actuellement, elle a la Chine pour alliée, depuis des années puisque l’actuelle UE l’a repoussée (alors que l’Europe va de l’Atlantique à l’Oural), …et aussi pour alliés plusieurs autres Pays importants qui pèsent dans les équilibres mondiaux en train de se redessiner.

Il ne peut plus être dénié que les États-Unis organisent systématiquement l’attaque à l’est de l’Europe depuis la Perestroïka. Bien entendu l’URSS était économiquement à bout de souffle, … mais qui, après l’épouvante de la guerre du Vietnam, a poussé les feux en imposant la guerre des étoiles (entre autres), au lieu de contribuer parmi les autres Pays à investir dans un autre monde, espéré par tant de populations tant à l’ouest qu’à l’Est ? Qui a systématiquement écarté l’état des connaissances en matière d’environnement global (dont le climatique), pour persévérer dans le principe d’imposer à l’ensemble de cette planète « l’american way of life », partant de prétendre continuer à contrôler et régimenter ce monde ? Qui continue de traiter les Amériques du sud et centrale comme une chasse gardée, jusqu’aux outrances sanglantes de l’Opération Condor ? Qui ignore le débordement obscène des consommations sur les ressources, sauf à implémenter des régimes dans des zones où continuent de se creuser les inégalités et en fait l’esclavage économique ? Quels régimes de la vieille Europe se sont couchés, et continuent de le faire, sous les exigences d’un Pays qui a l’outrecuidance de s’appeler « américains » (les autres peuples des Amériques ne le seraient pas !) ?

Et tout cela pourquoi ? Pour un projet de civilisation généreux où l’espoir d’un monde meilleur se concrétiserait pas à pas, palier par palier , exploitant au mieux possible pour le plus grand nombre les avancées en connaissances ? Dans l’esprit d’une éthique humaniste ? Mais au nom de quelle morale, … quand on détruit la nature par l’extraction des gaz de schistes, et que l’on relève le taux le plus élevé de meurtres par armes à feu au quotidien, quand le taux de population sous le seuil de pauvreté est croissant aux États-Unis même, … ? Défenseur des Libertés : illusion.
En fait, pour rien de beau, de vrai, de juste, … pour reprendre les principes d’un Victor Hugo. La petite minorité qui relève l’honneur est tolérée tant qu’elle ne menace pas le système en place, tout en devant se battre quotidiennement dans un Pays quasiment dépourvu de droits sociaux.

Mais au contraire pour un mode vie de consommation individualiste de masse et de luxe orgueilleux, bien au-delà des besoins réels pour vivre dignement, dans le dédain et aux côtés d’inégalités criantes, le dédain des petits et de « ceux qui n’en sont pas » , soit tous les autres. Un mode de vie extravagant de gaspillages inutiles où, si toutes les autres populations sur cette planète faisaient de même, toutes les ressources produites seraient consommées entre mars et mai !
Un mode de vie qui détruit toutes les autres civilisations, lesquelles, tout comme la biodiversité, devraient faire la richesse et la beauté naturelle des génies du genre humain sur cette planète.

Ce mode de vie, érigé en système orienté sur le néo-libéralisme (ce qui est bien autre chose que « Les Libertés issues des Lumières »), se croit légitime a s’approprier toutes les ressources de tous les autres. Les États-Unis sont entrés deux fois en guerre mondiale toujours tard, les ont exploitées pour devenir Nation dominante, puis ont joués jusqu’au-boutiste toutes les opportunités, toutes les aubaines.
M’a souvent été opposée la chanson de Michel Sardou : « Si les ricains n’étaient pas là » ; pour ces braves qui y sont allés, juste et reconnaissance éternelle, … mais beaucoup étaient (sauf exceptions) des classes pauvres et/ou « de couleur », comme au Vietnam. Charles de Gaulle avait vu juste concernant le Deep power américain, bien placé pour le savoir.

La dernière aubaine de taille a été la chute du soviétisme, et tout a été investi pour « impérialiser » économiquement et culturellement la Russie, notamment tentant d’y injecter des modes de consommation de vie « de l’ouest ». En fait stratégie, tentative, d’accès aux richesses des sous-sol et des sols de la « Grande » Russie. Avec Eltsine, « chance » d’y parvenir ; avec Poutine, perte de contrôle pas à pas, patiemment, jusqu’à ce que ce Pays soit capable de se passer des règlements internationaux en dollars U.S., ce qu’il vient d’officialiser !
Dans le même temps, la Chine après un siècle d’épreuves et une fine intelligence de géopolitique globale, est arrivée à se redresser de la profonde humiliation subie de part les « puissances » occidentales fin du XIXème siècle, a développée les nouvelles routes de la soie vers l’Europe, a su assurer ses bases en Afrique, est présente dans l’espace, en tête en matière d’I.A. … Elle est déjà de fait la première puissance économique, progresse vite au plan militaire. Ses peuples ne présentent pas les signes navrants de dégradation de nos sociétés vautrées dans le petit confort bon marché de faux luxe collectif en fait ultra-individualisé. Dégradation qui fait d’ailleurs aisément le jeu du prosélytisme islamiste, … un des arguments de Vladimir Poutine.

Ce n’est que de ce mode de vie là que la doxa « américaine » rejette de mourir. Si, en prime, il était possible de s’emparer des ressources (notamment sous-sol et céréales …) de cette grande Ukraine, ce serait « tout bénéf ». Si encore en plus, cela garantirait la fermeture de l’ouverture des mers Noire et Méditerranée à la Russie, alors ce serait une apothéose. N’ajoutons pas en prime de prime le fait de ressusciter l’OTAN, … dont la main-mise sur l’UE et la Grande-Bretagne, quand la Chine s’est « réveillée », redevient pertinente.
Alors le spectre de la « fin de l’Empire », évoqué depuis un demi-siècle par quelques américains et européens restés éveillés, serait repoussé un peu plus tard. Mais, comme tous les Empires, le Romain et tous les autres, … il va continuer de mourir, alliés compris qui se disperseront avant l’agonie.

En attendant, avec ce mode décadent de civilisation et ses stratégies suicidaires, pour le coup la surpopulation reste le premier problème de l’ONU, … alors qu’un mode de consommation plus sobre, naturel, moins stressé, répondrait plus harmonieusement aux besoins. Mais voilà : fin des retours sur investissements maximisés court terme !

Dans l’immédiat, ce n’est que pour cela que beaucoup d’Ukrainiens se battent courageusement, dans l’honneur. Souhaitons-leur qu’ils ne finissent pas comme tous les « derniers carrés ».
Dans l’immédiat, comme un Hubert Védrine et quelques autres l’analysent, même si Vladimir Poutine « a commis une erreur historique », seule une négociation gagnant-gagnant (en aucun cas un écrasement prétention absurde) permettra de « s’en sortir « par le haut ». Seule une telle sortie sera bénéfique à l’Europe (indépendamment de l’Empire).

Michel André Vallée 15 mars 2022

Le Monde diplomatique N° 817 de Avril 2022 consacre le 1/3 de sa première page et l’intégralité de la page 21 (du rarement vu) à l’éditorial de Serge Halimi, titré « Une élection percutée ». Mais Il y objective, actualisé, les tenants et état des enjeux ici et maintenant de la guerre en Ukraine. Nous avons la satisfaction triste que ce soit en cohérence avec le billet ci-dessus. Titre sur « élections », puisqu’il y a un lien. qui nous rappelle la « Stratégie du Choc » de Naomi Klein.

31 mars 2022

Ici et maintenant, voir loin

Dorénavant au cœur  de la mutation de civilisation en cours, et jetés dans les aléas absurdes parfois infâmes du chaos immédiat (qu’il puisse y avoir apparemment pire n’est pas une RAISON), il est devenu vital, pour s’aider à s’orienter vers le futur, de retrouver la sagesse des anciens (dont très anciens).

L’exemple en illustration est connu et fortement symbolique. Significatif de «  au travers du temps ».
Vrai à chacun des milliards  d’ici et maintenant qui se suivent.

Ce regard, cette attitude implique bien entendu le sens critique envers toute pensée unique, en quelque discipline que ce soit.

Le débat contradictoire éventuel qui s’en génère implique le respect, qui n’est en rien incompatible avec les rapports de force nécessaires à être soi.

Dans l’alternance conflit / coopération propre à toute évolution, il est cependant des temps de conflits et des temps de coopération. L’histoire ne cesse de démontrer que les sorties efficaces sont toujours vers le haut, … et non vers le bas.

Voir loin, non seulement dans le temps et le temps long, … mais aussi dans l’espace.

Comme l’a recommandé un Einstein (après de nombreux autres), chercher effectivement en dehors du champ la solution si on se trouve bloqué à l’intérieur. Par exemple, actuellement (début 2022), en France puisque tout semble se résumer au sanitaire (alors que tant d’autres problèmes aussi importants sont là), les solutions médicales sont à rechercher dans le meilleur de toutes les médecines : scientifique occidentale certes, mais aussi la biologie russe, les traitements ayurvédiques, chinoises, naturelles, alternatives …

La Nature s’adapte toujours, avec son épigénétique propre, aux évolutions de ses environnements, tout en gardant, si nous sommes assez ouverts pour les trouver, les mémoires des savoirs anciens.

Nous nous rapprochons du fond, de l’œuvre au noir, … restons attentifs et dans l’intention juste pour traverser et rebondir.

Alors, le mur opaque de l’illustration, dont nous avons perdu les savoir-faires de nos anciens, va devenir transparent, nous offrant au passage les clefs.

TRISTES PROSPECTIVES EN CETTE FIN 2021

Le premier problème majeur de l’ONU était et reste la surpopulation mondiale, toutes les autres préoccupations au plan planétaire, dont la question climatique, en sont fortement impactées.

Réguler la population ? Depuis Dresde et le Vietnam, l’usage du napalm est rejeté, et depuis Hiroshima et Nagasaki et les grands « incidents » de centrales nucléaires (États-Unis, URSS, Japon), l’usage de la bombe atomique (au-delà de la menace) de même. Les génocides (indiens des Amériques massacrés par les européens immigrés, populations déplacées sous Staline, arméniens par les turcs, …) restent encore plus ou moins déniés. Les « bonnes guerres », bien qu’elles se soient relayées en permanence ici et là malgré l’apparence de paix suivant 1945 en Europe (de l’Ouest), ne payent plus assez, … surtout si les guerres se pratiquent de plus en plus par technologies « de pointe » et de moins en moins avec des hommes de chairs. Les politiques de contrôle de natalité génèrent à terme des déséquilibres ingérables. Alors ?

Cela fait quelques décennies que des chercheurs stratèges annoncent les risques de pandémies, locales ou mondiales. Plusieurs pandémies ont eu lieu récemment, avec des risques sanitaires sérieux, par exemple en Afrique, « épatant » terrain d’expérimentation. Mais là encore insuffisamment fulgurantes pour « traiter » la question surpopulation.

Or voici, depuis novembre 2019, venant il semble de Chine, une série de lignées de Coronavirus qui pourraient faire l’affaire.
Après deux ans d’expérience, constats sanitaires et statistiques tant officiels que scientifiques off montrent que sa dangerosité est toute relative, … si les systèmes de santé étaient capables d’assurer en soins intensifs spécifiques les formes graves. Si la doxa en gouvernance publique de réduction des coûts n’était pas devenue un paradigme dit « systémique » de management dans la plupart des Pays de type Occident, et si les traitements connus et validés de longue date avaient été recommandés et facilités par les autorités sanitaires, … les stratégies de confinement de populations et de vaccinations de masse, sur le point de devenir obligatoires, n’auraient pas même été envisagées.

Mais la conjugaison de plusieurs facteurs ont détourné les choix politiques des castes « dirigeantes » actuelles des mesures qui auraient autrement déjà permis l’immunisation collective naturelle adaptée :
– un régime de gouvernance en RPC qui ne peut tolérer donc permettre une remise en cause exprimée au plan international. Seules les remises en cause internes à la Chine, mesurées, sont autorisées, afin d’en tirer enseignement.
– la peur de la mort, même limitée à une courte minorité (en regard d’autres sinistres), inférieure à 0,1 % des populations et sans rien à voir avec les grandes vraies pandémies de l’histoire. Cette peur est perçue comme intolérable par des occidentaux habitués, depuis « les trente glorieuses », au confort sans efforts, diminués que nous sommes devenus au rejet de supporter la souffrance. Peur de la mort liée à une « mode » culturelle d’illusion de devoir toujours, individuellement, se sentir et paraître en bonne santé générale, dans le déni des réalités des dures conditions de la vraie vie. Individuellement, … sauf qu’une majorité se comportent sur un mode conformiste obéissant à une vision dualiste et non complexe des réalités.
– une baisse du niveau moyen de culture générale, générée par des politiques d’éducation de nivellement par le bas, partant l’insuffisance de préparation au sens critique d’une majorité des gens, … facilitant l’endoctrinement d’une pensée unique néolibérale mondialisée et la fabrication du consentement.
– la puissance de pression des lobbys des grands Groupes pharmaceutiques, des Grandes multinationales des datas, des consortiums de Haute finance … sur les gouvernements des soi-disantes grandes puissances d’Occident, et de leurs aires d’influence… ce qui n’est pas le cas pour la Chine, la Russie, les Indes (qui peuvent encore se permettre de décider de leurs politiques).

Depuis novembre 2021, de sources officielles (site de la DREES en semaine 45), tant pour le repérage des nouveaux cas de personnes atteintes du Virus, que pour les hospitalisations, puis les admissions en soins intensifs, enfin les décès, la courbe des personnes étant à l’origine déjà vaccinées dépasse celle des non-vaccinés !
Ce suivi officiel est cohérent avec les observations d’autres sources tout aussi sérieuses, scientifiques et/ou de journalisme d’investigation de qualité. Nous rejetons les évidentes fake news aux sources douteuses.
Dans le même temps, la courbe des effets secondaires suite aux injections des vaccins à ARNm validés en Occident, dont des formes graves et des décès, est croissante, quelque soit l’âge et la présence ou non de co-morbidités préalables. D’ailleurs la seule réserve que les « autorités » admettent est bien que ces nouveaux « vaccins » ne présentent pas le recul des vaccins type Pasteur-Koch traditionnels, … au point d’obliger ceux qui se font vacciner à signer une décharge (ce qui devrait hors peur et avec sens critique mettre en éveil) !

Aussi la pandémie des lignées de Coronavirus (l’Omicron n’est pas de la même lignée que les Deltas), malgré sa très marginale dangerosité, s’avèrerait efficace pour répondre à la « nécessité » de réduire la surpopulation.
Après deux ans d’incertitudes et d’errements, ce constat s’avère explicite, de fait, courant 2021, notamment à son dernier trimestre. Nous avons été quelques-uns à prévoir ce contexte chaotique, sur plusieurs champs, et l’annoncer autour de nous, auprès de médias, dans certains milieux scientifiques, culturels ou associatifs, dés 2017, et ce au terme d’observations croisées et croissantes remontant aux prémices de la crise (qui n’était pas que financière) de 2008, soit dés les années 1995 !
Cela passe donc par une pandémie, … qui se faisant masque par insuffisance critique de trop de médias les autres dysfonctionnements, pourtant plus lourds.

Il est dorénavant connu que nous vivons un passage de palier, d’intensification de dysfonctionnements de plus en plus chaotiques en de multiples domaines, dans la mutation de civilisation en cours. Si nous osions une métaphore alchimique, nous pourrions parler d’entrée dans l’œuvre au noir.
Il est évident à tout observateur ayant un peu de bouteille des réalités socio-économiques et culturelles que, sans cette pandémie qui constitue une formidable aubaine pour les gouvernements néolibéraux mondialisés actuellement aux manettes, des explosions-implosions socio-politiques se seraient déjà produites. C’est d’ailleurs ce qui a été exposé en plénière à Davos (vitrine de la Trilatérale et de Bilderberg) plusieurs années de suite. Nos gouvernements en sont réduits à louvoyer, et jusqu’à déformer gravement les informations disponibles, au moins pour ne pas se déjuger.
Les populations des Pays d’Occidents se sont scindées entre oligarchies et reste de la population, les élites sont partagées entre d’une part soumis à la pensée unique s’accrochant aux « responsabilités » et les autres (dont certains se trouvent contraints d’imiter Galilée). Sur les questions des vaccinations, les collectifs (familles, associations, clubs divers …) en sont presque à l’état des relations lors de l’affaire Dreyfus.

C’était un vrai plaisir sur la fin du XXème siècle de voir des progrès dans les objectivations de l’histoire, … mais tristement, depuis, dans trop de cas en ce début du XXIème des tentatives de re-écrire manipulent dans l’omission et le mensonge cette histoire.
Si l’honnête homme reste dans un recul critique, il pourrait presque diagnostiquer que nous serions aux premières batailles d’une nouvelle guerre de Trente ans. Premières batailles car il y a déjà des morts par assassinats, des territoires « occupés », …La guerre de Trente Ans qui a ravagée des zones entières de l’Europe a été une guerre de religions. Celle qui s’ouvre est aussi une guerre de religions, entre :
– les néo-libéraux alliés aux islamo-gauchistes wokistes, quoi qu’en disent la main sur le cœur les ténors de ces « courants ».
– les conservateurs de progrès alliés aux tenants de valeurs humanistes, et aux libertés fondamentales pour lesquelles nos anciens se sont sacrifiés.

L’histoire de Sir Basil Zaharoff, « Le diable qui parle toutes les langues » (2021), tend à démontrer que l’argent l’emporte toujours. Avec cette phase 2021-2 de notre mutation de civilisation, cette « vérité » populaire va-t-elle aussi muter ou une fois de plus se répéter ?

Michel André Vallée Décembre 2021, juste avant Noël.

Billet complémentaire : Les chinois, la Chine, l’emportent.

Évidemment que la Chine s’est réveillée, comme l’avait « vu » Alain Peyrefitte (1973), ministre de Charles de Gaulle. La Chine a traversée le temps de son œuvre au noir avec sa révolution rouge maoïste, a leurré les « américains » par son entrée dans l’OMC, a déjà effacée son humiliation par les « puissances » de l’Occident de la fin du XIXème siècle, et consolide son rang de première puissance cette fois de toute la planète. Car elle est alliée de la Russie repoussée par la CE, a posée les routes de la soie en Asie et en Europe, maîtrise les avancées en 5G et 6G et plusieurs autres technologies essentielles, a pris sa place dans l’espace, etc.
Profitant de la pandémie de Covids avec une main de fer qui ne tremble pas sur son propre territoire, consolidant son autonomie par la reprise en main de son immense marché intérieur, elle assiste (probablement avec un fin sourire) à une Europe qui se déchire, abandonne ses valeurs, se délite. Europe soumise aux Bigs multinationales dont de Finances, et aux States qui ne supportent pas de perdre la prééminence gendarme du monde (quelle outrecuidance, pourtant auteure de multiples opérations telle Condor), …. USA qui fait tout pour reconstituer l’ennemi utile URSS qu’elle a elle-même détruit. Ce jour, si les USA, après n’avoir pas respectés la promesse de dissoudre l’OTAN en parallèle à la dissolution du Pacte de Varsovie, attaquent à l’est de l’Europe en 2022 -3, ils ne disposent pas en fait du rapport de force pour vaincre, et leur image (après le Vietnam, l’Irak et l’Afghanistan …) achèvera d’en être détruite à jamais. La Chine l’aura alors emporté. Il est à ce jour douteux que l’Europe aura posée sa place parmi les géants d’influence.

Pourquoi nos manipulateurs de manettes n’ont-ils pas l’intelligence de voir cela ? Pourquoi ne veulent-ils pas se rappeler que la Chine a toujours eu, depuis trois millénaires, une civilisation en avance sur celles de l’Occident ? Pourquoi ne prennent-ils pas les décisions, dont Constitutionnelles, nécessaire pour pouvoir parler d’égal à égal ?

La gigantesque partie de Go décrite dans une conférence donnée à Perpignan en novembre 2019 (disponible sur le blog « arcencielxcristal.com »), ressemble de plus en plus au terme de la fameuse partie décrite par Yasunari KAWABATA (« Le Maître ou le Tournoi de Go » – Albin Michel-1975), … sauf que cette fois ce sont les blancs qui l’emportent et non les noirs. Traditionnellement, les blancs sont attribués au Maître et les noirs à l’apprenti (appelé un jour à dépasser le Maître).

Bonnes fêtes de Noël, foin de se réduire à un fade « de fin d’année » comme un vil processus de soumission nous y incite depuis quelques temps. Et que ces moments se vivent entre amis ou en familles autant que vous en déciderez vous-mêmes, … à condition quand même d’assurer les « gestes barrière » puisque ces derniers sont effectivement encore nécessaires tant que l’immunité collective n’est pas constatée.
Ce 21 décembre, la plus longue nuit de l’année au-delà de laquelle les jours recommencent à grandir … mythe de l’éternel retour.

Le naufrage de « Si… »

Ce matin, sur une chaine radio de la doxa actuellement dominante (que je ne nomme pas tant le danger dans notre système de plus en plus américanisé est de se retrouver judiciarisé), tristesse d’entendre à une heure de forte écoute un éditorialiste présenté comme « de haut niveau », un « sachant » reconnu d’aujourd’hui, développer une attaque (au-delà bien plus violente qu’une simple critique) du « si «  beau poème de R. Kipling : « Si., « .

L’attaque : L’intégralité de ce texte, tous ses éléments, sont discriminants, démotivant pour les jeunes, … pourquoi ? En effet tous incite à œuvrer, s’engager « vers le haut ». Partant nuisibles pour « ces pauvres petits », enfants-rois, auquel il ne faut surtout pas demander d’efforts.

Bien entendu, si l’éducateur, l’enseignant, le parent qui assume son rôle de parent, note avec justesse (donc justice) de 0 à 20, il donne des repères sur une échelle pour progresser. Mais si par malheur le « maître » ramène tout le monde à 3 ou 5 sur 20, et que tous s’en félicitent, alors l’enfant ou l’adolescent introjecte cette évaluation, adoubement, de la façon dont il a travaillé, même pas travaillé, accepté de répondre à une demande exprimée sans aucune autorité qui puisse lui donner un cadrage aidant.

« Si…, », de Kipling, place certes sur tous les traits des choses de la vie la barre au maximum. Scandale, élitisme d’un occidental d’un temps révolu et qu’il convient d’effacer.

Alors que « Si » propose au jeune, à son fils, ou sa fille selon, d’aller « vers le haut », de mobiliser ses ressources pour donner, quoiqu’il arrive, le meilleur de lui-même.Sur ce chemin ouvert sont de nombreux paliers, sur lesquels chacun a sa place selon sa nature, son essence, ses capacités, ses handicaps, ses forces.

Celle ou celui qui peuvent être le plus heureux sont celui ou celle qui a été motivé pour réaliser l’optimal de ce qu’il porte, condition pour apporter à la société dont il participe sa juste part. C’est une question de mérite, de réaliser ce que chacune, chacun, détient en réserve, et d’atteindre la joie, … vécu intime psychosomatique qu’il est possible de partager avec ses proches.

Ce n’est pas là une question de blanc, hétérosexuel, privilégié, et que sais-le ? Car j’ai rencontré et œuvré avec des femmes et des hommes de toutes couleurs (oui, toutes les couleurs de peau présentes sur cette Terre) et de toutes origines sociales ; de celles et ceux qui tendent au meilleur, y aspirent, il en existe partout. Le devoir des parents, éducateurs, instituteurs, est de les accompagner au mieux, quelque soit leur potentiel, … et non de contribuer à l’ignoble gaspillage humain et social des politiques de lissage « en bas ».

Le paradigme suicidaire des politiques « par le bas » (qui suppose bien entendu pour une fausse élite de se ménager la facilité de manipuler), … nous sommes plus nombreux qu’il n’y parait à ne pas en vouloir (I’am not the only one); cette doxa de dégradation est une erreur civilisationnelle à éradiquer (même si cela prendra un peu de temps).

HAUTS LES CŒURS

Michel André Vallée 30 novembre 2011

LUMIÈRES DU KRONDRAAI

Le Krondraai est un massif au panorama doux, stable au travers des âges, situé à une cinquantaine de kms de Johannesburg, en Afrique du Sud, au cœur d’une large zone d’intenses recherches archéologiques. Là, le paléoanthropologue français José Braga et son équipe de chercheurs ont découvert bien plus que le fameux « chainon manquant » des années 70, la mise en évidence scientifique des filières d’humanoïdes entre le temps des Australopithèques et celui des Homos, soit la plage jusqu’alors encore masquée (je préfère à « noire ») entre 2 et 3 millions d’ans en arrière !

C’était hier soir 25 novembre 2021 sur France 5, un documentaire de cette année. Récit du travail pour mettre (remettre) à jour les ossements de deux enfants côte à côte, l’un humain, l’autre paranthrope, soit notre hominidé le plus proche, la datation donnant de l’ordre de 2,5 millions d’années ; les récents ancêtres de – 15000, puis – 45000, etc, semblent maintenant bien plus proches, … Que dire alors de nos civilisations successives (notamment quand la notre actuelle est en mutation dans sa première phase de dégradations) !

Ce processus de découvertes va se poursuivre, grâce notamment aux comparaisons de sites dans leurs histoires en géologie ; remarquable ! Mais aussi en utilisant les plus récentes techniques d’analyses et de recomposition d’images : le futur contribue à éclairer le passé, … Nos absurdités monstrueuses actuelles (par ex en santé et en regard du climatique) n’ échapperont pa à cet éclairement. Nous sortons encore plus des hypothèses et doutes sur les origines de l’humanité ; de même plus tard (même si cela s’avérera trop tard pour nous) serons mis à jour les preuves de nos magistrales erreurs civilisationnelles.
Ne parlons même pas des enjeux politiques locaux, … minimicro moments.

Vraiment, revoir, replay. Aussi, pour ne pas répéter moins bien qu’eux les considérations de ces équipes et scientifique, et de la « communauté » d’habitude si chatouilleuse mais qui ne peut que valider et encourager à suivre, quelques remarques.

José Braga s’est obstiné, au terme de l’observation attentive des sites, sur l’investissement des recherches, … LÀ. Il en a eu l’intime intuition et conviction. Cette intuition, elle n’est pas venu comme cela, au débotté, sans effort, … mais bien entendu au terme d’une longue formation pluridisciplinaire, du recoupement éclairé de champs de données et pratiques de recherches, … complémentaires. Éloge du temps long, … mais aussi des réelles compétences, soit du mérite, partant de la méritocratie, … Foin des modes faussement égalitaristes qui mènent « vers le bas », au lieu de choisir le «vers le haut » au service de tous.
Et quand une des membres de l’équipe, œuvrant avec précaution dans l’humilité de l’esprit de cette recherche, s’est trouvée à l’approche d’une pièce clé, il l’a laissée continuer elle même, MAIS sous sa présence et son conseil, pour finalement lui en laisser-reconnaître la « paternité ».

La mise en évidence du caractère « humain » de l’un des ensembles d’ossements ne s’avère pertinente que parcequ’il s’agit de petits enfants et de bébés, ET de l’impact de la façon dont les « petits » ont été élevés et nourris. Témoin donc de l’importance de la créativité de ces humains, du fait même de la réalité de l’épigénétique (quoique encore contestée par divers conservateurs ?). Les passations de paliers dans l’évolution ne peuvent que fortement dépendre de ces traits d’innovation dans l’environnement, qui ne seront qu’ensuite reproduit quasi-systématiquement par les ADN et leurs relais ARN. Notre monde étant désormais multipolaire, les avancées dans une zone bloquées par un système politique donné, ressortiront naturellement ailleurs, … puisque telle est la réalité qui d’une façon ou autre toujours est révélée un jour. Tant pis pour les retards pris par l’humanité, … puisque « après nous le déluge »., « profitons ».

La progression non vers le paranthrope mais vers l’humain n’est pas une question de grandeur de la boîte crânienne, partant du cerveau. Ce n ‘est pas la taille du cerveau qui fait la différence ! Tout un pan d’orgueil fondé sur l’apparence qui s’effondre ! Constat en cohérence avec la mise en évidence en neurosciences que ce sont la multiplication et complexité des systèmes, à nos yeux infiniment petits, qui comptent. Plusieurs milliards de cellules selon des connexions quasi-infiniment complexes et en permanence en adaptations, ouvrent les capacités d’évolutions. Même réalité qu’en physique la complexité dans l’infiniment petit du quantique. Osons alors affirmer que les passerelles avec les fondements en physiques subtiles, en lien avec la prise en compte des synchronicités, etc, vont devenir viaducs avec de prochaines découvertes. Ce n’est pas le corpusculaire qui meut, c’est le vibratoire.

Les lumières venant du Krondraai continuent à éclairer les ombres, après et avec tant d’autres de l’infiniment grand à l’infiniment petit, du plus ancien au plus prospectif, … soit en ne regardant par du mauvais bout de la lorgnette, en ne se limitant pas à l’apparence du confort de l’immédiat, en tenant compte de toutes les connaissances disponibles et toujours dans le doute critique envers toute pensée unique, là ici et maintenant mais au sein du temps long, en ne surestimant pas notre petite personne. Peut-être joyeux de découvertes de cette qualité.

Cerveau humain, prospective à partir d’aujourd’hui ? Lisez « Face à ecaf avec son cerveau », de Stanislas Dehaene.

Michel André Vallée 26 novembre 2021

OÙ TROUVER L’ESPOIR ?

Mardi 26 octobre 2021 en soirée, la chaine franco-allemande ARTE donne trois dossiers remarquables et exceptionnels, le premier sur Big Pharma, les deux suivants sur le lobby climatosceptique puis la géopolitiques du climat. Soit ce qui a été mis en œuvre depuis un demi-siècle, à tous niveaux, pour contrer les prises de conscience collectives et individuelles du changement climatique global. Nous savons que ces deux thèmes sont emblématiques des affres de notre temps en pleine mutation de civilisation, tous les autres champs présentant une intensité d’enjeux comparable. Où trouver espoir ?

Dossiers remarquables, car les systèmes, volontairement structurés, de subversion et manipulation des réalités, y sont clairement démontés, sans appel. Pour les grands groupes pharmaceutiques, bien évidemment le lobbying et l’achat d’une majorité d’acteurs tant internationaux que nationaux qu’associatifs et qu’individuels. La surévaluation démente des prix en regard des coûts réels, rendue possible par les appropriations abusives mais « légales », permet cet investissement massif de corruptions sur la longue durée. Les grands noms des firmes sont cités, preuves écrites et filmées à l’appui. Et, si un propriétaire d’un produit ayant surévalué de 5000 % un médicament indispensable, sous prétexte que « la demande ne réduisait pas », avec un cynisme qu’il faut visionner pour comprendre «  l’avidité », s’est trouvé aux USA piégé comme Capone et emprisonné, c’est bien du fait d’avoir choisi de faire cavalier seul, et non d’avoir fait système avec les grands groupes. Pour ces derniers, l’illustration d’un Le Carré dans « La constance du jardinier » continue d’être pertinente.

Pour les traitements incriminés, de fait dangereux souvent mortels, il a donc fallu de 30 à 50 ans de bataille homériques, des investissements collectifs intenses de toute une vie, pour enfin nettoyer mais après des milliers de victimes, comme pour l’histoire de l’amiante ! Une telle durée d’impunité car ces Big Pharma financent des Instituts dont la mission est d’argumenter le doute tant auprès des « autorités » que des publics ; une stratégie efficace en sachant en prendre le temps. Excellente démonstration par une Naomi Oreskes, parmi d’autres héros de cette trempe, témoignage dans son ouvrage « Les marchands de doute ».
Bien entendu, le doute vise d’abord les véritables scientifiques, puis les autorités concernées, avant de subvertir les publics, d’où au passage la confirmation de l’utilité des publications « avec comités de lecture ». Mais sans renoncer ni minimiser aux autres publications et médias qui permettent de lancer et promouvoir les alertes.

Concernant le lobby climatosceptique et la géopolitique du climat, les systèmes et stratégies mis en place pour freiner, bloquer, contourner, réorienter, la prise de conscience des autorités et publics est démontée aussi nettement. Il existe bien depuis des décennies une organisation structurée des multinationales des énergies fossiles, au moins en Occident. Là aussi les principales compagnies sont citées ainsi que quelques exemples des Instituts à mission de subversion, mais, là non plus, pas les noms des responsables de fond, au cœur du « Deep power ». Sauf que ce qui est démontré, c’est bien que au moins depuis un demi-siècle l’investissement de la stratégie du doute est collectivement concertée et financée ; il n’est plus possible alors d’évoquer, en ces domaines, le complotisme. Les vrais complotistes, ce sont eux et leurs marionnettes politiques et administratives, … quand il ressort que curieusement les schémas de lobbying sont les mêmes pour les Big Pharma que pour les climatosceptiques !
On trouvera dans ces dossiers les références de l’Action Plan de l’API (un des clubs de ces structures) de 1992, repris dans la Déclaration de Leipzig (à vos replays), … sachant que cette longue démarche organisée a été initiée dés les années 50 !

« Simplement », 30 à 50 ans ont été « gagnés » pour maximiser les profits tant que l’état de conscience des masses, et de leurs représentants « élus », les rendent encore possibles. L’avidité. Peut-être même plus que 50 ans si la 26ème COP climatique, qui se réunit dans quelques jours à Glasgow, ne donne que des déclarations d’intentions sans clauses d’obligation drastiques à effet immédiat.

Pendant ces 30-50 ans, l’état de la planète Terre, qui pouvait encore éviter les dégradations trop irréversibles de l’anthropocène, a empiré de telle sorte que les humains qui l’habitent ne peuvent plus que limiter tout ce à quoi nous avons assisté ces dernières années : pollutions de l’intégralité des terres, eaux, et airs, fonte des glaciers, inondations, intensité et généralisation des feux, pollutions et dégradations des alimentations… et apparitions et intensifications des pathologies, dont les maladies à virus. À ce propos, le 3ème film propose un lien entre dégradation continue des environnements et série des pandémies (H1N1, les Covids …).

Tout cela est connu de celles et ceux qui acceptent de voir et savoir. On ne compte plus les recherches, analyses, travaux de synthèse sur chaque discipline ou croisées inter-disciplines, et ce dans toutes les langues principales, venant de cultures diverses et contrastées. Une recherche posée ouvre accès à abondance de données.

Mais quant on sait le sort réservé dans presque tous les Pays aux scientifiques qui ne se couchent pas sous une doxa ou pensée unique, par exemple de nombreux épidémiologistes (mais trop sont désormais « récupérés »), aux journalistes d’investigation compétents et intellectuellement honnêtes, aux courageux lanceurs d’alerte en tous lieux et systèmes … on s’étonne que de tels dossiers puissent sortir sur une chaine aussi connue et reconnue ? Je m’en ouvrais à un ami debout et respectueux d’autrui et de la nature, qui rappelle que seule une minorité regarde ARTE et parmi lesquels ceux qui savent déjà tout cela, et que, même si nous sommes quelques centaines de milliers probablement en Europe :
– d’une part nous comptons alors pour peanut, quand la société de consommation fonctionne sur des dizaines de millions.
– d’autre part le matraquage de désinformation de masse, lié à l’anti-éducation au sens critique assurée par l’éducation générale, a généré une écoute paradoxalement » retournée » de ce type de contenu = qui tentent d’œuvrer à diffuser les avancées de connaissance partant remettent en cause les habitudes confortables du grand nombre sont les complotistes … !
– partant que permettre la diffusion de tels documents non seulement ne présente aucun danger pour le système dominant d’aliénation-exploitation, mais au contraire accrédite l’état apparent de liberté démocratique (vous voyez bien …) ! Le Malin est malin.

Ainsi une fois de plus dans ces dossiers comme dans tant d’autres travaux et ouvrages sérieux ces dernières années (disponibles aisément sur les réseaux et les bibliothèques) est démontré que les démocraties occidentales sont devenues incapables de répondre aux besoins de justice et de promotion de l’excellence pour le plus grand nombre, de régulation des complexités, d’investissements éclairés inter-disciplinaires pour l’avenir, d’équité à la fois intelligente et ferme, d’éthique humaniste …

Nous avons urgemment et impérativement besoin de modifier radicalement nos Institutions et nos codes de Droits (donc les Devoirs), d’y éradiquer toutes formes de pensée unique, dont bien entendu tous les terrorismes par la pratique zéro tolérance (il n’est plus temps de pédagogies douces progressives), … partant de renouveler la totalité de la caste soi-disante d’élite, de booster une véritable méritocratie. Les outrances sociétales des « wokismes » importés des States , qui accentuent les dégradations de nos mœurs et multiplient les clivages alors que nous avons besoin d’engagements solidaires, sont à juste titre déjà dénoncées et il importe là-dessus de réorienter les médias (et certains centres universitaires) … Tout cela et tant d’autres changements de salubrité, car ils constituent le contexte (« contexte » n’est pas rien tous les « communicants » vous le diront) de politiques publiques de reconstruction de nos autonomies « locales » en tous domaines, dont la réindustrialisation, la qualité de l’alimentaire … . Afin que soient appliqués immédiatement dans les « nouvelles » orientations politiques les enseignements à tirer du désastre écosystèmique.

Oui, l’Europe, encore pour quelques temps le plus important des marchés, sa seule force actuellement (mais gaspillée par la mondialisation et ses propres divisions) pourrait utiliser ce pouvoir potentiel pour donner l’exemple, avec fermeté en posant ses conditions. Pour ce faire, une Défense commune intégrée d’une Fédération des Régions-Nations, totalement libre et autonome vers l’Ouest comme vers l’Est (même si l’Europe va de l’Atlantique à l’Oural), et les Renseignements intégrés qui vont avec, est indispensable. Pas de pouvoir sans Armée puissante. Une refonte de la Constitution de cette Europe, limitée dans un premier temps aux seuls Pays qui s’y reconnaissent et engagent vraiment, est donc immédiatement nécessaire. Alors, ses peuples pourraient y adhérer, et valideraient par une série de référendums (qui ne sauraient être trahis).

Dans le cas du petit Pays qu’est devenu la France (actuellement du 15ème au 40ème rang plus ou moins selon les critères), mais qui ne compte encore que par ses sous-marins nucléaires d’attaque et son domaine maritime, plus un peu d’agro-alimentaire (mais il faut de suite complètement tout y revoir), d’aérospatiale et de tourisme de luxe …, comment là dans l’immédiat voter en 2022 ?

En regard de tout ce que nous savons, et sachant que nul ne peut être parfait, que chaque camp doit par réalisme accepter et même un temps intégrer quelques traits contraire à ses idées et intérêts, le meilleur candidat (terme qui comprend candidate foin des risques de l’écriture inclusive) s’engagera sur, comme on dit en recherche opérationnelle, le « MiniMax ». C’est le « minimum des maximum » sur l’ensemble des besoins, soit une tentative « par le haut », et non le désastreux lissage par le bas de « MaxiMin » = le maximum des minimum. En effet le lissage par le bas, par appréhension bisounours « politiquement correcte » de ce qui déplairait, est une des causes principales de notre situation d’aujourd’hui chez les politiques actuels. Celle ou celui que nous élirons devrait porter un sabre de feu et de sagesse.

Par exemple, il conviendrait, en toutes disciplines, de tenir compte de l’intégralité du message d’une Dolto = les droits ne valent que comme résultants de devoirs. Soit re trouver le sens de l’effort, … d’autant qu’il y a tant à faire, sur tous les champs.
Pour toute connaissance, utiliser tous les possibles tant des traditions que des avancées en connaissance. Ainsi en médecine (la santé individuelle et publique étant une des priorités), puisque nous vivons l’actuelle mutation de civilisation au travers des pandémies de virus, utiliser conjointement les médecines traditionnelles, occidentales modernes dont les plus avancées, chinoises, indiennes, des peuples premiers. Bien entendu, à l’évidence les principes actifs et leurs dérivés devraient appartenir au bien commun, en aucun cas à une personne ou institution.

Illusions de rêves ? NON. Pour trouver l’espoir les critères clés demeurent le vrai, le beau, le juste … pour toutes les priorités ; les éventuelles excentricités (il faut bien rire et danser) dans tout le reste …

Mercredi 27 au soir, toujours sur ARTE, le film qui raconte dans le détail le chemin de combattant du Dr. Irène Frachon, lanceur d’alerte dans l’affaire du Médiator. Illustration adaptée de ce que ci-dessus. Respect et Honneur, ainsi qu’à ceux qui l’ont accompagnés, à Brest, au Québec, « taupe » à la CNAM …, selon le premier principe éthique médical de base : « Primum non nocere » (en premier lieu ne pas nuire).

Michel André Vallée 28 octobre 2021
publié sur le blog « arcencielxcristal.com » et sur le mur Facebook