ACTUALISATION DE L’ÉTHIQUE (OCCIDENTALE) ?

En lisant l’éditorial de Natacha Polony dans le N°1215 (22 au 28 janvier) de l’hebdomadaire Marianne, nous y retrouvons de la part de cette belle personne (même si chacun n’est bien entendu pas toujours en accord avec ce qu’elle écrit) une des facettes de ce que nous sommes de plus en plus nombreux à penser des évolutions de notre éthique.

Parlons d’éthique, et non de « morale », concept trop porteur d’obligations significatives d’une zone culturelle donnée à une époque donnée, non fondées en regard de l’état des connaissances. Regard éthique dans la lignée des Spinoza, Voltaire, Edgar Morin … entre autres. Même ainsi, j’ajoute « (OCCIDENTALE) ? », car il n’est pas évident que nos systèmes à « penser les pensées », partagés plus ou moins en Occident, fonctionnent de même au cœur de l’Afrique, en Extrême-Orient, dans le monde arabe, chez les Inuits …

De quoi s’agit-il dans cet éditorial ? Des réactions de « tollé » immédiates et intenses au dessin de Xavier Gorce dans le quotidien Le Monde, le 19 janvier, sur l’inceste ! Le dessinateur incriminé à écrit dans son dessin : « Si j’ai été abusé par le demi-frère adoptif de la compagne de mon père transgenre devenu ma mère, est-ce un inceste ? ». J’avais vu passer le dessin sur un « partage » Facebook et avait immédiatement apporté le commentaire : « OUI, car ç’est une question d’intention et d’actes », quoiqu’il en soit du jeu de dérision tant celles et ceux qui ont travaillé dans leur carrière à un moment sur les questions de l’inceste, de la pédophilie, … savent à quel point ces perversités graves sont masquées sous les prétextes les plus irrecevables ! Tollé tel, dénonçant « ce qui n’est pas de l’humour », que la direction de la rédaction du journal a présenté publiquement officiellement ses excuses, d’où la démission de Xavier Gorce ! Le journal Le Monde a de plus désactivé les commentaires !

Entendons-nous bien , il ne s’agit pas ici de défendre le dessinateur qui, comme le rappelle Natacha Polony,  a par exemple traité les Gilets jaunes de bœufs, de cons, de troupeau d’abrutis forcément antisémites, voire fascistes, … ce qui est absurde et outré dans l’insulte. J’ai été parmi les premiers à publier quinze jours avant le premier épisode « Gilets jaunes » un article confirmant que le phénomène allait effectivement se passer et pourquoi (article que l’on trouvera sur mon mur Facebook dans les rubriques « plus »). Nous sommes très nombreux à avoir alors pensé, et continuer à penser, ainsi.

Non, la question ne porte pas sur un débat politique, mais effectivement sur la nature du rire, sa « nouvelle » censure, sur la liberté d’expression, sa « nouvelle » censure.  

Nous apprenons dans cet éditorial que le 1er juillet 2019 le New York Times mettait fin à toute publication de desssins de presse, estimant que ceux-ci couraient toujours le risque de blesser quelqu’un. Grands dieux, dans quel monde d’humains fragilisés sommes-nous tombés ! Il deviendrait donc obligatoire d’éviter tout traits, tout dessin, qui de près ou de loin pourrait choquer sur les champs du racisme envers les noirs, DES antisémitismes, du genre, de l’homosexualité, des religions, … chacun complètera à son aise cette liste.

Les opprobres publiques, trop souvent masquées sur les « nouveaux » réseaux sociaux derrière des pseudonymes, pleuvent drues avec une violence qui rappelle les périodes noires du passé, … pas toujours en français correct qui plus est.

L’intransigeance sur de plus en plus de thèmes de société, objets de regards éthiques, serait-elle en train de rejoindre pas à pas la totalement inacceptable dictature des fatwas qui dénoncent par exemple un Salman Rushdie ? Relativisons, s’il n’y a pas menace de mort, il y a violente tentative de mise au ban de la société. Voltaire se retourne dans sa tombe.

Natacha Polony écrit effectivement : Le problème, finalement, n’est pas tant la liberté d’expression que le refus d’une posture religieuse qui impose à autrui les limites du Bien et du Mal. Bigoterie contemporaine. Le phénomène relève de la pensée unique, en fait de pensées uniques qui s’imposent, … car elles sont, naturellement, multiples, les pensées uniques, … pourrait-on dire autant qu’il est d’individus, de collectifs, de sectes distinctes. N’existeraient, ne seraient admissibles, que les pensées, leurs expressions, en « harmonie », et en rien contradictoires, avec MA façon de pensée, celle de MA secte. Là seulement résiderait la vertu, et il serait interdit d’en rire. L’humour est devenu réservé !

Par déficience de plus en plus sévère d’éducation générale, dont un des effets pédagogique est la construction expérience par expérience du sens de l’éthique, nos sociétés apparaissent effectivement de plus en plus fracturées. 

Une société laïque devrait aller de pair avec une éthique, et non une « morale », où la vertu émane de bon sens de la transparence sans réserve sur tout ce qui existe, où toute pensée unique finalement est signe d’une pathologie quelque part. La morale, quand à elle,  relève d’une compréhension sur le mode La Fontaine.

Michel André Vallée            24 janvier 2021

Mise à plat d’une facette de la domination : l’inceste

Ce billet en appui de l’éditorial de Natacha Polony pour le N° 1243 de la revue Marianne, appuyé par sa participation au « duel » de samedi 9 matin sur France-Info. En fait non pas duel mais coopération avec Corine Pelluchon. Développant une actualisation en ce début des années 2020 des « Lumières », son thème de prédilection en ce début de carrière, qui semble bien remettre les pendules de nos paradigmes à l’heure si on l’accompagne du travail sur le ressentiment de Cynthia Fleury, les « Lumières » se sont concentrées là sur l’inceste.

Cela fait longtemps que cette « affaire » lourde aurait du être mise à jour, à plat, objectivée ; l’un des N° de la revue de psychanalyse jungienne des années 2000 a été consacré explicitement à cette pathologie sociale grave et terrible de l’inceste (je n’ai plus la force de la rechercher dans mes cartons mais chacun(e) le trouvera s’il le souhaite, riche de pertinence).

Ne reprenons pas ici l’analyse de qualité de Natacha (avec laquelle je ne suis pas en accord sur tout, par exemple en désaccord avec  l’argument » civique » de se faire vacciner avec les vaccins proposés aujourd’hui contre la forme COVID19 de ce SARS. Mais cet article a la qualité de mettre en exergue la dimension domination de cette pratique « banalisée » de l’inceste, venant d’ailleurs tout autant de femmes que d’hommes, sur les plus faibles, des enfants en moyenne vers 9 ans, des adolescents. Les » coupables » (car il s’agit de coupables) dont les effets sur les « victimes » portent toute la vie, présentent une dimension de statut charismatique, ou sont de type « narcissique », ou les deux.

Enfin le profil des pervers narcissiques et/ou charismatiques ressort ces toutes dernières années. Quand je dis « ressort » c’est bien entendu au niveau des « grands » médias, toujours de quelques décennies de retard avec les avancées scientifiques (surtout pour celles et ceux qui se refusent à travailler pour apprendre ce qui dérangerait leur confort et privilèges partant se remettre en question).

Les rapports les plus récents donnent de l’ordre de 10 % de la population, ce qui semble être considéré comme énorme. Mais enfin, si nous sortons du silence, faisons-le carrément. De part la clinique de plusieurs confrères dans les  disciplines concernées au fil de mon ex-vie professionnelle, la réalité serait plus proche du tiers de nos populations ! Un tiers d’une population, en sociologie cette fois, suffit à connoter sérieusement une culture, voire la dominer.

L’inceste est une des pires caractéristiques des « secrets de famille.  Famille sacralisée dans l’inconscient collectif par des siècles de domination des 3 Livres, sacralisée par les principes de la bourgeoisie de propriété individuelle du chef de famille (qui peut être une femme). Les lignées de femmes sont, là, aussi redoutables sinon plus que les lignées de géniteurs.

Comme Natacha le pointe si justement, l’inceste n’est pas seulement l’évidence du père qui ouvre la porte de la chambre pour « faire son affaire «  avec sa fille, où de la mère qui va rejoindre son fils, c’est aussi, à minima (mais profondément aliénant), l’intimité intime « sans faille aucune » de la mère avec la fille ou du père avec son fils. Dans tous les cas, que le « coupable » en soit conscient ou non (alors cadeau de l’amener à l’admettre), la « victime » en est polluée dans tout son relationnel toute sa vie, même sortie d’un travail correct sur soi (l’impact en sera atténué).

C’est DANS la famille : « m’enfin les attouchements d’un ancien du cercle envers un petit (une petite) qui n’y peut mais, … cela se fait, ce n’est rien ». C’EST DE L’INCESTE.

Quelle outrecuidance que de prétendre obtenir un « consentement » de l’enfant !

Enfin, depuis des siècles de sacralisation non-fondée des secrets de famille et des propriétés individuelles liées, constat que dans de plus en plus de zones  le silence est écarté (d’où déchirements et ruptures). Cette réalité des faits humains semble atteindre les paliers de la conscientisation collective « reçue ». Que de souffrances auparavant !

Les « schèmes » (chercher un peu dans wikipédia et surtout au-delà) sont cousins pour la pédophilie, les incendies volontaires de forêts, etc … et autres facettes évidentes ou masquées de la domination. MAIS l’inceste est bien plus courant, soit même « banal » (au sens de Hannah Arendt), que ces maladies sociales-là.

ACTION : Éducation, Judiciarisation, Accompagnements, Culture collective …

Michel André Vallée 9 janvier 2021

MEILLEURE ANNÉE 2021 POSSIBLE !

Je souhaite sincèrement à toutes et tous non pas une bonne année, mais la meilleure année possible.

Il n’y a aucune raison pour que les tensions qui s’accumulent, se conjuguent, s’amplifient, s’accélèrent depuis toutes ces dernières années, disparaissent comme par enchantement.

Considérons le concept, en énergie nucléaire, de « masse critique », soit l’instant où la masse de matériaux devient telle que les réactions en chaîne s’accélèrent brutalement d’où une déflagration imparable et devenue incontrôlable, gigantesque et dévastatrice. Les ouvrages qui ont repris cet exemple en sociologie, et d’autres disciplines, ne manquent pas venant d’horizons d’orientations diverses. Cet exemple peut être aussi valable en géopolitique, si on utilise cette récente discipline non pas du seul regard des « autorités » et « experts » mais aussi bien des « masses » de gens, justement.

Dans les Pays et populations disons aisés, les restrictions « perçues » et la perte de repères rassurants (car ils ont disparus quoique les médias « positivistes » tentent d’« expliquer ») vont devenir insupportables à trop de gens, insupportables dans les faits. Bien entendu nos anciens ont connus bien pire, mais les générations devenues adultes n’ont pas connues ces conditions de vie.

Dans les Pays et populations pauvres, et dont le développement a été freiné par les politiques d’entretien de dépendance, minés par les corruptions d’une fausse-élite volontairement aveugle, tout peut arriver n’importe quand, donc va se déclencher ici et là. Attention à la masse critique, car l’étouffement du printemps arabe ne se reproduira pas ici et là et ailleurs de la même façon deux fois.

Quand aux migrants aux portes des Pays vus comme aisés, ils ne vont plus tenir.

Les catastrophes « naturelles » (eaux, vents, terres, feux…) vont bien évidemment continuer de s’intensifier, même si une proportion suffisante de gouvernements s’engageaient là ici et maintenant à des radicalisations drastiques des politiques liées au climatique et aux écosystèmes ; ils ne le font et feront pas car leurs citoyens redevenus « sujets » confits dans le confort n’en supporteraient pas les conséquences de vie quotidiennes immédiates concrètes.

Aussi, les tensions atteignant la « masse critique », en trop de lieux et de contextes, les pouvoirs en place vont se raidir, se durcir. Ce n’est pas par hasard que les budgets d’armements et de forces de sécurité n’ont cessés de croître dans tant de Pays.

Les mouvements devenus internationaux de « pensée unique », dont religieux vont eux aussi se radicaliser d’autant plus d’eux-mêmes soit pour l’emporter, soit dépendants de leurs propres courants extrémistes.

Certes, il est des milliers d’alternatives, d’orientations parfois opposées mais qui ont compris, qui se sont développées, entrent en coopérations. Mais leurs résiliences ne suffiront pas à réguler le bouillonnement des masses critiques. Elles apporteront simplement un peu de baume … et quelques zones relativement épargnées vers « la suite », bien plus tard.

C’est pourquoi, sincèrement, je nous souhaite à toutes et tous la meilleure année possible.

Pour chacune et chacun, un travail intérieur sur soi, ouvert à tout ce qu’il convient de voir, réel, profond. C’est la clé des issues individuelles et collectives durables.

Pour tous,  coordonner ce qui a du sens et peut tenir la route sur les chaos comme des radeaux reliés entre eux.

Michel André Vallée              1er janvier 2021

Avec un article Risques et troubles psychosociaux … … souhaits 2021 pour tous

« Les risques et troubles psychosociaux … sont révélateurs de la mutation de civilisation, qui est en cours » ! Voilà le dossier ajouté à ce blog (parmi ceux proposés en page d’accueil) ces derniers jours de cette terrible année 2020. Ce que sont ces RTPS, des stress aux suicides, y sont détaillés, les causes, les surcoûts pour toute la société comme pour chaque individu, comment assurer, tenter de prévenir, … dépasser. La complexité de ces états, qui nous touchent toutes et tous, de chaque cellule de notre corps biologique à l’ensemble de notre civilisation, en ressort. Chaque lecteur peut l’entrapercevoir.

C’est ce que je nous souhaite pour que 2021 amorce un virage de transformations, ébauche de dépassement de l’état de dégradation où nous sommes tous plongés, … dont la pandémie mondiale provoquée par un minuscule virus n’est que l’apparence de la partie émergée de l’iceberg. Dépassement, donc, de notre peur de la mort, peur que nos gouvernances entretiennent … pourquoi ? Car ce n’est pas la première pandémie, l’humanité en a connue bien d’autres, des pestes, et la mort est bien une des plus évidentes banalités. Probablement pour se maintenir aux manettes, … mais alors quelle utopie !

Aussi en 2021, que le plus grand nombre, à partir du travail de ce dossier ou d’autres sur d’autres objets,  car il en circule beaucoup sur les médias ou dans le grand nombre d’ouvrages publiés, apprennent mieux cette complexité, au moins soient touchés avec le goût de la comprendre.

Quand les obstinations de nos dirigeants sont devenues insupportables, partout sur cette planète, à un titre ou à un autre, aux USA, en Chine, au Brésil, en tant de Pays de l’Afrique, en Turquie, en Syrie, en Pologne, en Espagne, en France, en Angleterre … il est utile et nécessaire à nous autres d’agir. Pour agir il faut le vouloir, et pour structurer le vouloir, il faut comprendre et le partager.

Cet article, centré sur un objet, les RTPS, intéressant car nous concernant tous, pointe sur quoi bouger. C’est un exemple.

Meilleure année 2021, au cœur de la mutation en cours. Ce sera dans le dur, … mais l’espoir est là, d’une puissance potentielle à la hauteur de celle de la Nature.

Michel André Vallée                        24 décembre 2020

Hommage à David Cornwell, alias John Le Carré

Cette période de l’automne-hiver 2020 est aussi marquée par le départ de nombreux Grands. ceux qui ont été des exemples, des maîtres, de ma génération (soit 10 à 20 ans de plus quand j’en aligne 75), sont de moins en moins nombreux de ce monde. Une des fenêtres de plus de « mon temps » qui s’éloigne.

John Le Carré, de son vrai nom David Cornwell, est de ceux-là. 89 ans, c’est déjà pas mal, chapeau, surtout ayant exercé ce métier.

Car c’est un « métier de seigneur », au propre et au figuré. Il se disait écrivain avant d’être espion. S’il n’a été espion, sous couvert de Foreign Office (classique), que « peu de temps », cela ne résulte que de la mise à jour de Philby (agent de haut vol de l’ex-KGB), lui David-John n’en a pu mais, alors qu’il a exercé sa responsabilité avec « intelligence ». Il faut être trempé, au ventre, au cœur et à l’esprit, pour exercer « comme si de rien était », et savoir avec honneur gérer « tranquillement » la peur et le trac (une des formes les plus efficace du stress). On y est engagé « au service », que cela soit d’un État-Nation, ou d’une cause. David était résolument Européen.

Écrivain donc, dans la succession de Joseph Conrad et Gilles Perrault (entre autres bons). Bon, sauf qu’il assure, en matière de renseignement et action, la riche lignée qui utilise le roman comme support documentaire, le roman permettant (encore pour quelques temps) de dire et écrire ce qui est. Tous ses romans, sauf les tous premiers policiers de jeunesse pour se faire la main, en témoignent. Pour la conscientisation du bien commun, David-John a délibérément (ses deux derniers « romans » en témoignent) explicité la réalité des enjeux internationaux et rapports de force concrets, de réelle actualité, par ce canal du roman : miracle donc de montrer le réel aux braves gens qui sont assez fins pour comprendre, … quand trop de prétendus « responsables » jouent.

Sauf que le dernier (« Retour de service ») explicite l’honneur des braves et l’honnêteté intellectuelle et éthique. Smiley vit donc bien sa retraite en Allemagne, … et son équivalent russe en Tchéquie (ce qui ne m’étonne pas).

Aucun roman de trop, tous pertinents dans la formation des agents et officiers traitants, ainsi que pour notre information générale à nous les braves gens. À preuve en regard de notre contexte de 2020, au moins deux ouvrages précurseurs (plus les deux derniers publiés) : « La constance du jardinier » pour voir clair sur Big Pharma (vaccins … pour beaucoup beaucoup d’argent sans la santé), et « Un homme très recherché » pour le terrorisme islamiste facilité d’une part par la naïveté dangereuse des bobo bisounours d’autre part la vulgarité d’analyse et d’action des « cousins » des States. Mais avec l’épisode Trump/Biden tous peuvent bien voir ce qu’ils sont.

Bien entendu je les ai tous dans ma bibliothèque, sauf un que j’ai prêté (à tord) et qui n’est jamais rentré, racontant un tailleur à Panama, apparemment farfelu mais pourtant totalement réaliste du quotidien des petites mains obscures de ce beau noble métier.

Merci, John, pour cet apport au bien commun, et à la Connaissance.

Michel André Vallée 14 décembre 2020

L’ Afrique, c’est l’Afrique … un opéra beau et politiquement correct

Le vol du Boli, hier soir sur la 5, donc le 11 décembre 2020 de cette année tristement finissante. C’est un opéra donné au théâtre du Châtelet en cette année 2020, qui, comme écrit dans l’annonce, « parle de l’Afrique noire (surtout ex-belge et ex-française), de ses œuvres sacrées, de son peuple réduit à l’esclavage … ». À vos replay, vous ne le regretterez pas.

Tout au long de la musique, de la vraie musique, toujours harmonieuse comme devrait l’être la musique, jamais dissonante, de dansante de joie de vivre à en perdre le souffle (sauf que les acteurs ne le perdent pas), à profonde et posée mais toujours douce dans la douleur individuelle et collective partagée.

Succession des périodes, d’avant l’arrivée des européens aux triangles infernaux avec les Amériques du Sud et du Nord, aux hypocrisies des décolonisations, aux exploitations qui continuent, par exemple par les conditions de travail pour nous alimenter en matières rares « indispensables « à nos supports informatiques. Beauté et sobriété de l’évocation des largages de surcharge en plein océan !

Par contre la traite par les arabes, bien antérieure à celle des blancs européens, évoquée de façon « ludique » par le belge Hergé dans « Coke en stock » mais qui avait commis auparavant « Tintin au Congo », et toujours pratiquée par exemple dans les Pays du Golfe, … cette traie là ne figure pas. C’est un opéra qui dénonce avec poésie ce qui est dorénavant reçu d’évoquer ; cet opéra est politiquement correct (aujourd’hui).

Le thème symbole de tous ces vols est celui du vol du Boli, objet sacré. Le roi qui le garde avant notre arrivée est devenu gardien de musée aujourd’hui, la … restitution étant à peine esquissée pour conclure l’opéra. Donc il s’agit du passé, du présent … et de l’avenir.

Là nous sentons (avec la retenue adaptée à nos capacités limitées) les forces de la Macumba, rencontrée au Nordeste du Brésil, cousine proche du Vaudou (présenté un jour en cure par le responsable noir de l’animation à Molitg les Bains) pratiqué en Caraïbes mais originaire de l’Afrique Noire. Comme le met en garde une Mère des Dieux à Serge Bramly dans « Macumba Forces noires du Brésil » (Albin Michel – 1975) : « L’Afrique c’est l’Afrique, tout le continent », … soit du Maroc à l’Égypte à l’Afrique du Sud, d’où émane cette force. Mais en son centre, le Congo.

Enfin, si vous vous offrez le replay, vous constaterez que les blancs y sont à égalité avec les noirs, fraternels, présents, dans la musique, … car c’est LA réalité.

Du beau, du juste, du vrai, même si incomplet. Un opéra authentique.

Michel André Vallée  12 décembre 2020

Retrouver le sens et le goût de l’ EFFORT !

Ainsi, décembre 2020, une étude internationale menée régulièrement révèle le niveau des enfants, adolescents et jeunes adultes français en mathématiques. Depuis ces récentes décennies, ce niveau se dégrade et nous nous retrouvons avant-derniers ou derniers, selon les classes ! Information tombée ces derniers jours sur plusieurs supports, sources fiables.

Dans le même temps, et en lamentable cohérence, il n’y a presque plus de candidats pour se présenter au CAPES de mathématiques. Partant, manque d’enseignants, ce phénomène risque d’empirer.

Le même constat se fait à l’occasion, fréquemment, pour de nombreuses autres disciplines. Au global, concernant la France, c’est le niveau moyen de Q.I. (sur des échelles type Wechsler-Bellevue) qui dégringole. Je sais bien qu’il est d’autres qualités d’intelligence que le Q.I., et que beaucoup n’aime pas cet outil, mais quand même, d’autant qu’il est régulièrement re-étalonné.

Il s’agit bien de la France, car les constats sont tout autres pour les Pays nordiques et les Pays asiatiques, … par exemple.

Impossible donc de dénier les erreurs de nos systèmes éducatifs, tant d’une part importante des enseignants que des parents. Sans appel en regard des méthodes « officielles » promues par nos autorités académiques, comme l’a démontré l’échec cuisant de la méthode globale.

Les comparaisons avec les pédagogies alternatives (orientations Piaget, Montessori, Steiner …) sont sans pitié pour nos « hussards de la République ». Pourtant, beaucoup dans l’humilité ont tenté de donner le meilleur d’eux-mêmes, dans des contextes cultuels moins dégradés, et encore aujourd’hui. Ne parlons pas des rémunérations !

Des années que, tirant avec quelques autres la sonnette d’alarme, nous nous faisons descendre à vue, qualifiés d’incompétents en la matière ou de fantasmes non fondés … !

Certes quelques esprits brillants sortent quand même, en fait dans toutes les disciplines, … mais le niveau des rétributions et reconnaissances dans d’autres Pays nous les font perdre, … sauf quelques saints. Mais il s’agit alors d’individus dont les dons et motivations ne résultent pas de nos systèmes éducatifs collectifs.

Même en musique, où il suffit d’observer la composition de la plupart des orchestres.

Quel est le mal au cœur d’une telle dégringolade ? Je l’ai exprimé à mon professeur de judo, dés ma première année d’enseignement supérieur, observant alentour ; la disparition du sens et du goût de l’effort. 

Désagréable, trop demander, trop dur et difficile de faire des efforts, là au quotidien, dés tôt le matin, en ne s’accordant que les pauses utiles.

Trop d’argent de poche donnant l’illusion de toujours avoir de quoi. Illusion de l’acquis, pas besoin d’effort quand on vous donne tout, trop, trop tôt.

Recours illusoire trop confortable aux calculatrice, tablettes et autres « ressources » internet ; tout n’est pas sur internet, et encore moins l’ajustage laborieux du sens critique.

Des enseignants devenus dépendants de parents gratuitement exigeants et déniant l’autorité, piégés par le confort facile des « trente glorieuses » : tout est facile, à quoi rimerait l’effort, le plaisir d’abord … dans cette vie petit à petit de moins en moins porteuse de sens et de valeurs.

Quand ce n’est pas imposer une pensée unique, et des pratiques d’intolérance aveugle bornée, quelle qu’en soit l’origine.

Des parents ne retenant avec facilité que la partie « droits » de l’enfant dans l’apport pourtant précieux de la psychanalyste Dolto, mais oubliant la partie « devoirs », partant leur devoir d’éduquer leurs enfants sur les « devoirs ».

Des parents que la majorité des informations disponibles à la télé ou sur les tabloïds maintiennent dans l’inculture. Lire, mais inutile voyons, … trop long, trop complexe, pas assez d’images,  trop d’effort. Donc ne pas trop leur en demander, « à ces pauvres petits ». Pire, plier devant leurs exigences.

C’est toute une culture d’un Pays qu’il s’agit de redresser.

Retrouver le plaisir et l’enthousiasme d’atteindre le sommet de la montagne, et jeter aux loins (avec un S) son regard, reprendre son souffle, après un long et épuisant effort.

Retrouver l’enivrement de s’ouvrir à toutes les connaissances, toutes, et découvrir la satisfaction de se dépasser en sachant se  faire violence à propos.

Goûter la possibilité d’exercer son sens critique et forger sa propre opinion, … libre de tout dogme.

Apprendre à buter N et N fois avant de sortir une mélodie qui vibre d’un instrument, et devenir alors léger.

Est-il besoin d’en ajouter ?

Là aussi, c’est une révolution du bas en haut, du haut en bas, de long en large, qui est nécessaire.

Michel André Vallée            9 décembre 2020

H2O

L’eau, la vie et nous. Deux documentaires incontournables hier soir (le 28/11/20)sur ARTE : « Pulsations », puis « Civilisations, urgence ».2 H 40 certes mais bourrés d’enseignements, en prime des photos de toute beauté.

Correction des idées reçues sur les origines de l’eau, rôle des forêts massives indispensables, actualisation de l’état des eaux douces disponibles, mise à plat de nos responsabilités bien au-delà de ce que les médias d’info générale habituellement font circuler. De la désertification (connue) à nos consommations de facilités (moins connues), à une des causes premières des révoltes actuelles notamment le printemps arabe … ! Rappel : l’éruption d’un volcan islandais est une des causes de 1789 en France > les peuples bougent quand ils sont au bout.

Et quand des scientifiques ou animateurs associatifs après un travail acharné présentent les rapports aux politiques : « c’est bien » > tiroir. Nombre de mes ex-confrères et moi connaissons : dramatique.

Si le retour à des régulations pour récupérer les équilibres est dépassé, … nous pouvons toujours limiter la casse pour tous ; y compris les « pourris » de décideurs qui dénient et ne font rien (j’utilise rarement ce qualificatif, mais alors a propos car quel autre qualificatif utiliser ?) .

À vos replays.

Michel André Vallée 29 novembre 2020

Une stratégie utopique pour l’Europe attendue ?

La CE et le Parlement européen ont donc décidé d’un investissement massif sur plusieurs années pour repartir d’un meilleur pied. MAIS deux des États membres, rejoints par un troisième, bloquent la mise en œuvre car les versements sont conditionnés au respect dans les textes et à la pratique dans les faits du minimum de l’état de droit !

Si ces trois États réussissaient, c’est à dire si la CE et le Parlement baissaient la garde, l’Europe qui n’est déjà plus la rêvée ni l’attendue, qui s’est diminuée à Maastricht puis à Lisbonne, achèverait de se coucher.

Quel trait permet à ces trois États de se comporter ainsi : la règle institutionnelle des grandes décisions devant être prises à l’unanimité ! Depuis le début cette règle, instaurée dans un esprit de naïveté qui étonne le bon sens, est absurde, car ne pouvant mener un jour qu’à la paralysie ; c’est le cas.

« On » objectera que cette règle est nécessaire à l’adhésion d’États (soit un concept différent de celui de Pays) qui restent foncièrement attachés à leur souveraineté. MAIS, outre que cette souveraineté ne correspond plus aux réalités de leurs réelles autonomies, ce trait absurde montre bien que l’Europe se refuse encore à être véritablement fédérale.

Comment sortir de l’impasse sans céder à un mauvais compromis, mauvais en regard du minimum d’état de droit, puisque nous tenons à cette valeur en voulant même plus ?

Je vais passer pour encore plus utopiste que d’aucuns ne le pensent probablement déjà. Pas grave car, concernant le projet Europe, il importe de projeter loin.

Nous nous rappelons peut-être de la façon dont la Suède, Pays membre de l’UE et qui présente de l’avis de beaucoup tant de qualités (y compris dans sa politique de gestion de la pandémie actuelle), a procédé pour changer en une nuit de système public.

L’accord de la majorité du Parlement a été nécessaire, si ma mémoire ne me trahit pas. La veille tous les contrats de travail ont été annulés, le lendemain tous ont été renouvelés avec les modifications de statut convenues. Point dont acte.

Pourquoi ne pas procéder de même et décider, à la majorité et non plus à l’unanimité :

1 – dissolution volontaire de l’UE et de la CE.

2 – entre minuit -1 minute et minuit + 1 minute, recomposition de cette UE selon les ajustements nécessaires. Pas besoin de pompes somptueuses trop coûteuses.

Ce qui permettrait d’un coup de : affirmer l’obligation de respect et de pratique d’un état de droit incluant a minima les grandes déclarations internationales sur les droits ; supprimer toute références à l’économie de marché et au néo-libéralisme (dont la nocivité létale est démontrée) ; affirmer la laïcité comme principe fondamental ; décréter l’institution d’une armée européenne intégrée (éradiquant du même coup l’OTAN devenue notoirement inutile) ; placer la BCE au service des politiques communautaires.

Les gouvernements ACTUELS de Hongrie, de Pologne, et de Slovénie ne nous offrent-ils pas cette magnifique opportunité ? Ainsi j’aurai la chance de voir une étape significative de l’Europe attendue avant de changer de monde. Significative seulement car il est d’autres changements importants à assurer, mais ce sera aux opportunités adéquates.

Michel André Vallée              26 novembre 2020

NON VIOLENCE ? : OUI, MAIS PAS SANS PRINCIPE DE RÉALITÉ

Bien entendu, la situation des Indépendantistes de Catalogne face à l’Espagne néo-franquiste n’est pas celle des Démocrates des USA face aux trumpistes. Ce sont deux histoires, deux ensembles contextuels et d’enjeux très différents.

Mais le trumpisme, dont les outrances ont inspiré depuis ces dernières années plusieurs analyses socioéconomiques, géopolitiques, et même psychiatriques, s’avère bien être la face actuelle du conservatisme d’extrême-droite américain.

Pardon de me répéter, mais quelle outrecuidance pour les habitants des USA de s’approprier le qualificatif « américains » ; et tous les autres, des Inuits du Nord aux Mapuches du Sud ? Cependant là puisque Bolsonaro sévit au Brésil, que nous avons connu l’épisode Pinochet au Chili, le coup d’État contre Morales en Bolivie, après tant d’autres …, nous pouvons parler de la culture de l’extrême-droite américaine, depuis l’arrivée des Conquistadors du Nord comme du Sud.

En fait, la guerre de Sécession ne s’est jamais terminée, en témoignent les assassinats de citoyens considérés encore de nos jours comme « à mater » et la violence symbolique et trop souvent physique des manifestants, de ces gens qui refusent et dénient totalement toutes évolutions de la sacro-sainte « american way of life » (d’autres peuples peuvent bien être affamés pendant la durée de cette jouissance).

En Espagne, la guerre non plus ne s’est jamais terminée, comme en témoigne la continuité des exactions dures menées toutes les semaines par le régime Populaire puis soi-disant social-démocrate mais de fait néo-franquiste sur la population catalane et les intérêts de la Catalogne, considérée comme une colonie (l’ultime colonie de l’Espagne les pays Basques bénéficiant d’une Autonomie incluant la maîtrise de leur fiscalité après avoir traversés un période de conflit frontal). Non, il n’y a pas eu de réelle sincère pause dans la tête, le cœur et les reins de toute une caste de la population espagnole, après le décès du dictateur Franco, puisque les droits de la Catalogne et des catalans (incomplets dans une Constitution « provisoire ») ont été systématiquement rognés dés les premières opportunités, et que depuis le 1er octobre 2017, tous les Partis non-indépendantistes ont participé, directement ou indirectement, à la table d’application de l’article 155 !

Cette culture là lie une partie des grands possédants, une partie des classes moyennes conservatrices et réactionnaires, et une partie des classes populaires dans une identité commune. Quelles traits décrivent cette identité ? Tant de travaux pertinents là dessus, aussi contentons-nous de citer : la propriété individuelle appuyée sur l’exploitation estimée « naturelle » d’un certain nombre de gens (peu ou en grand nombre), pouvant dériver à l’esclavage ; le machisme, … souvent lié au racisme ; la pensée unique de domination ; l’ordre social raide bien au-delà du nécessaire, … souvent assuré au nom d’un dogme religieux ; le goût d’une consommation de luxe ou qui copie pour les plus humbles des symboles d’une image luxe ; la violence gratuite comme signe de virilité (même chez les femmes).

Symboliquement et pratiquement, cette violence gratuite liée au goût du sang prend aux USA la forme de la sacralisation du second amendement de la Constitution, et en Castille et Andalousie la forme de la sacralisation de la tauromachie. Ces quelques exemples suffisent à « sentir » (en français et en catalan) de quoi nous parlons.

Est-il utile de rappeler que les complexes de supériorité sont le plus souvent (pas toujours) une structuration de compensation individuelle et/ou collective aux complexes d’infériorité ?

Or, ce système profondément ancré de représentation des réalités ne peut évoluer vers une ouverture de fond « aux autres » qu’au fil de plusieurs générations. C’est au moins une question de niveau partagé et ancré d’éducation et de connaissances. Avec ce type de culture, l’histoire après de multiples cas démontre qu’il n’est pas de négociation durable possible avec les « autres » , … hormis des compromis temporaires qui ne résultent que de rapports de force. En effet l’essence du projet d’une négociation durable, qu’elle complète ou non une médiation, est bien une modification de fond durable des façon de voir et attitudes des deux « partenaires » qui étaient « antagonistes ».

Sun Tzu, en Chine, a écrit L’art de la guerre, il y a plus de trois millénaires, à partir de l’analyse critique avec recul de nombreux cas de gestion de conflits. Sa règle d’or d’investir deux tiers de l’énergie en développements et un tiers en contention relève totalement du principe de réalité. En l’occurrence contention est sérieux et ne peut qu’être ferme, doit être agie si le contexte l’exige, et peut aller jusqu’à la mise en œuvre des moyens de pression les plus durs autant que de besoin.

Aussi, aux USA l’intention annoncée par Joe Biden  de rassembler en vue de dépasser l’état actuel ne peut être entendue par la caste identitaire du trumpisme, encore moins par les leaders du Tea Party. Aussi, en Catalogne, la stratégie de non-violence  annoncée et portée par les collectifs animateurs de l’Indépendance ne peut être respectée ni même considérée par tant les leaders que les tenants de l’ « Espagne une et indivisible » ; elle est dénigrée et combattue, avec dédain, par les tenants conservateurs du néo-franquisme.

Un jour, j’ai déclaré à un petit collectif de confrères allemands, avec lequel nous partagions une démarche disons « de développement » : « depuis 1945, deux générations ont passées, et la nature des actes posés montre bien que vous n’avez plus à porter la culpabilité de la génération qui a permis le nazisme, même si certains tentent de continuer à tirer profit de cette responsabilité passée ».

Aujourd’hui, en regard du trumpisme issu du sudisme esclavagiste tout comme du néofranquisme issu de l’orgueil  de l’Espagne d’antan, il faudra bien plus que deux générations. Le niveau médian de conscientisation de l’actuelle humanité, d’autres situations aussi et plus dramatiques perdurant sur cette planète, étant ce que nous savons, peut-être même le seul espoir réside-t-il dans la mutation globale de civilisation qui est en cours ?

D’ici là, avec et face à de telles cultures, qui se croient toujours puissantes donc s’imposent (tant que cela marche et après nous le déluge), seuls des rapports de force crus et durs peuvent permettre de dégager suffisamment d’espaces de liberté pour respirer et avancer.

Que l’on ne se méprenne pas, et me faire dire ce que je n’ai pas écris. L’option de la lutte non-violente est belle, signe d’humanité, porteuse de mouvements de fond vers une élévation du niveau de conscientisation collective, … MAIS n’est adaptée qu’aux contextes appropriés.

Sinon, le principe de réalité, fondamental, mène directement à la confrontation frontale, … en sachant choisir ses moyens et son moment lorsque le rapport de force se présente favorable ou, pire, que l’ennemi l’impose (Churchill).

Dans le sud des States, l’acte pour une jeune femme noire de refuser de se lever d’un siège réservé aux blancs était soigneusement préparé en mobilisations et logistique par le mouvement des droits civiques, non violent. Dont acte. Démarche intelligente et courageuse, et certes la législation US a ensuite évoluée, … mais les attentats perpétués en public aux yeux de tous continuent ! Revoir le dossier Ku Klux Klan une histoire américaine de ARTE Éditions – 2020, qui va de la sortie de la guerre de Sécession au trumpisme d’aujourd’hui. Exemple d’objectivation.

Quand au Grand Gandhi, s’il a réussi à libérer les Indes de l’Angleterre, il a été assassiné. Depuis, Indes et Pakistan sont en conflit frontal permanent. Les castes n’y sont pas disparues.

La Catalogne finira par réaliser son Indépendance, compte tenu de ce qu’Elle est (histoire millénaire partagée, langue, culture, territoires, économie,…). De multiples signes : la Catalogne ne manque pas d’appuis au plan international, dont européens. Des acteurs qui comptent en Écosse, en Finlande, au Danemark, de plusieurs Lands allemands, en Suisse, au Portugal, des Régions de Belgique, au Québec,  …, à l’ONU,  ont réitérés explicitement leur appui. Plusieurs grandes entreprises, notamment actrices d’innovation, continuent d’y investir.

La Catalogne ne peut que se libérer de cet état de colonie d’une Espagne qui est en train de se démanteler, ce que la Communauté Européenne se refuse encore à voir de même qu’elle ferme les yeux sur les transgressions graves et inlassablement répétées à l’état de droit ! Comment tenir la contradiction entre les attitudes envers la Biélorussie, la Hongrie, a Pologne d’une part, et par rapport à la Catalogne d’autre part ?

Malheureusement, ce destin hautement probable ne se concrétisera pas sans encore un ou plusieurs épisodes de confrontation frontale. Ils exigeront un grand courage de la part de la population et des collectifs de la société civile engagés, au-delà de la non-violence. De courage, la gent n’en manque pas, en témoigne la capacité de continuer à vivre collectivement tel que l’on est, malgré le harcèlement permanent des exactions. Lorsque des centaines de catalans venaient volontairement se déclarer avoir participé au référendum du 1er octobre pour recevoir la condamnation de leurs leaders, ils rappellent ceux qui aux Indes continuaient d’avancer les mains nues sachant qu’ils seraient matraqués certains à mort. Ce faisant, ils saturaient le système judiciaire, pointant une régime qui a choisi l’arme de la judiciarisation ; mais ce système joue le temps, et continue son rouleau compresseur de procédures, inchangé !

Les populations et les associations civiles catalanes qui restent ancrées dans la réalité ont aussi à pâtir de clivages oh combien dommageables d’une partie des partis politiques, tout comme les citoyens des USA qui espéraient dans une autre société plus humaniste, sociale et soucieuse des écosystèmes ont payées cher les conceptions « hors-sol » des états-majors démocrates il y a quatre ans et depuis. Quels surcoûts !

Pour toutes les autres considérations, Vicent Partal, fondateur et animateur de l’excellent journal internet Villaweb, commente chaque jour avec objectivité et pertinence, certes en catalan, ce qu’il convient.

Cet article est-il utile ? Tous ces traits sont connus, repris et repris, … mais peut-être pas ainsi ?

Michel André Vallée  novembre 2020