OUI, L’1 D’OCTUBRE EST UNE DATE CLEF dans l’histoire de la Catalogne –

Billet pour la Diada du 11 septembre 2021. La Diada est la principale journée de l’identité et du souvenir pour les populations des Pays catalans.

version 3

Consultons les tout derniers éditoriaux de Vicent Partal, de la newsletter catalane quotidienne VilaWeb. Car ils sont cohérents avec tous les précédents des mois précédents (et des années précédentes en fait).

01/09 > mise en net que non seulement les indépendantistes, mais les catalans en général, « sont l’ennemi historique», vu des castillans conservateurs, cas d’évidence récents à l’appui. Vicent Partal conclue pointant que, si cet état est clair pour le Pape François (quand on sait lire entre les lignes), l’est-il aussi clair pour « nous » (le peuple catalan tant en Espagne qu’à l’extérieur) ?

31/08 > constat par un observateur « américain » présent à une manifestation publique à Barcelone que la capacité à débattre ainsi en public du fond des choses, sans peur, serait unique au monde. Pas peur de créer (là dans le débat public) sur une feuille blanche. Il s’agit d’instituer une Catalogne qui ne soit pas une Espagne en petit !

29/08 > ne pas se laisser leurrer par le piège que le conflit serait interne à la Catalogne et non international entre la Catalogne et l’Espagne, marqué depuis des décennies et siècles dans l’histoire. Vicent rappelle des séries d’assassinats politiques sans appel. On comprend que la perte de la dernière « colonie » serait, aux yeux de l’Espagne conservatrice, pire que toutes les dictatures et guerres civiles passées ! Et ce, même pour des Partis qui ne méritent plus leur nom (comme ç’est le cas aussi en France).

26/08 > le concept de frontière inamovible est absurde, mais est devenu un tabou dans les idées reçues internationales actuelles. L’histoire de la définition des frontières d’une Pays tient le plus souvent à des enjeux qui n’ont que peu à voir avec les réalités des populations,… et qui aboutissent trop souvent à des incongruités. Incongruités génératrices à terme de conflits. Légitime de reconsidérer les frontières en fonction des réalités historiques, culturelles et socio-économiques des peuples concernés.

24/08 > rappel du principe de base en démocratie de la séparation des pouvoirs dans un Pays (si le choix du peuple est effectivement la démocratie, « le moins pire des systèmes » selon Churchill). Rappel de la réalité dramatique et scandaleuse de confusion des pouvoirs dans le cas de l’Espagne (ce sur quoi cette UE se contente d’admonestations). Compte tenu de la réalité du « fait » espagnol, un fonctionnement correct du judiciaire implique donc un État de Catalogne indépendant (comme pour tant d’autres dimensions de gouvernance). Bien entendu, une phase de Constituante est, donc sera, nécessaire, sur ce champ fondamental aussi ; … entre autres y sera posée la question de l’élection ou non et comment des juges.

23/08 > à partir de propos tenu à L’Universitat Catalana d’Estiu de Prada, et ailleurs, se pose la question, essentiellement grave du sens et de la pertinence de la stratégie d’unilatéralité (soit la mise en action de fait de l’indépendance par la population et ses corps constitués, après des décennies d’offres de négociation dans la non-violence sans résultat autre que la politique systématique judiciarisée d’élimination menée depuis l’1 d’octobre 2017)..

Et là arrêtons de remonter les excellents éditoriaux quotidiens de VilaWeb, que chacun ipeut retrouvée facilement (mais en langue catalane). Car, après les questions clés de la réalité de la confrontation à l’Espagne, de la dimension non uniquement interne mais d’abord internationale de cet état des choses (clairement développé dans l’ouvrage en français d’un collectif d’auteur « La catalogne et l’Espagne Les clefs du conflit »), de la fausse inamovibilité des frontières, de la séparation des pouvoirs, … ce trait évoqué effectivement à l’UCE de cette année 2021, mais objet de débats et « jeux » désolants voire inattendus chez certains depuis des mois (allusion aux tractations de palais d’une partie des leaders de deux des Partis indépendantistes), est bien, concernant l’actualité du Mouvement Catalogne, le doute semé sur l’unilatéralité.

Dans l’environnement catalan qui m’a accueilli depuis maintenant six ans ici en Catalunya Nord, quelques-uns s’en réjouissent ( « tout va bien « ), mais d’autres n’y comprennent rien. Car pour toutes et tous celles et ceux engagés dans ce Mouvement depuis au moins le début de ce siècle, qui ont pris la peine d’étudier l’histoire ancienne comme récente, la réalité du fait castillan est évidente. Il reste pourtant utile au bien commun d’encore et encore l’expliciter. Par ailleurs si une des principales erreurs de 2017 a certes été de mésestimer les postures et attitudes de l’UE, c’est là un enseignement à intégrer sans devoir altérer le Mouvement, celui de plus de la moitié d’un peuple debout malgré les exactions, devenu exemplaire aux yeux de tant d’autres, en Europe et au-delà. Mais concernant cette UE en plusieurs Pays les regards évoluent au constat de ses égarements et insuffisances. Aussi, pardon de nous répéter, « toute négociation entre la Catalogne et l’État espagnol est (devrait être) en l’état inenvisageable, techniquement tout autant que moralement. Même si, la culture catalane étant traditionnellement conciliante, Ramon Llull n’a-t-il pas écrit au XIIIème siècle « Livre de l’Ami et de l’Aimé », l’intérêt marqué pour la lutte non-violente y est en quelque sorte naturel. Mais nous traversons une période où les stratégies non-violentes ont presque partout faillies à moyen et long terme (ainsi Gandhi a-t-il été assassiné et le KKK « tourne » toujours au Sud des États-Unis). C’est toute une transmutation des « ennemis » qui est nécessaire (principe de réalité), ce qui demande du temps.

Aussi abstenons-nous d’évoquer les engagements qui, avec l’expérience de négociations et conflits (mais ailleurs en Europe), peuvent paraître adéquats. Car, comme me l’a expliqué un ami catalan de souche d’ici qui connaît bien l’histoire et les coutumes et les enjeux, « si nous faisions cela, nous perdrions la Generalitat ».

Le mieux est probablement de reprendre les deux derniers paragraphes de l’éditorial de Vicent du 23 Août « l’indépendantisme kidman. Oui, le 1er octobre a été un jour clef.
Aussi, que la Diada du 11 septembre 2021 retrouve et dépasse cette réalité.

Michel André Vallée 3 septembre 2021, corrigé le 25.

blog : arcencielxcristal.com (le lecteur y trouvera une catégorie d’articles exclusivement consacrés à « Accompagner l’indépendance de la Catalogne » (dans la rubrique « Catégories »), et une note « Le moment Tchernobyl de l’Espagne »).

NB : ne dénier en rien qu’il est de très belles réalités en Espagne, en poésie, en musique … des contrées et villes splendides. Federico Garcia Lorca a été exécuté en Andalousie, par une caste, pas par le peuple espagnol.

NB2 : la photo a été bien entendu prise ce 11 septembre à Barcelone

PÉTROLE / VERTU ???

Le 21 septembre 2021 en soirée, dossier étonnant sur ARTE – documentaire/histoire : « Pétrole, une histoire de pouvoir », de 2020, par Andreas Sawall, en deux volets suivis de « Coup de poker sur l’essence », de 2018, par Jean Crépu. À vos replays , ne le regretterez pas.

L’histoire au travers de ces trois documents porte du premier puit de pétrole en Pennsylvanie au milieu du XIXème à nos jours, l’ensemble constituant trois heures d’un formidable effort d’objectivation, avantages et inconvénients, pourquois et comments. Bien entendu les machines consommant pétrole ou essence ont considérablement évoluées dans l’amélioration de leur rendement et la réduction de leurs coûts, MAIS en partant du constat initial que 50 litres de pétrole dégagent autant d’énergie que le travail de 1000 hommes en une journée, … d’où immédiatement la ruée sur le pétrole, l’or noir, à une époque où démarre l’accélération de l’industrialisation et où va être inventée l’automobile, … d’où l’explosion (moteurs à explosion) du couple infernal « pétrole-automobile » !Puisque, en 2021 et depuis quelques années, le genre humain devient progressivement conscient de l’impact qu’ il a eu et a, par sa « gestion du progrès » sur les cycles mêmes d’évolution de notre planète, le temps de l’anthropocène, … ces trois documentaires sur ARTE font clairement ressortir les impacts lourds de l’extraction, du transport, de la transformation, de l’exploitation du pétrole (des pétroles) dans cette écrasante responsabilité.

Des pétroles, car l’histoire « du » pétrole met en évidence qu’assez régulièrement, tous les trente ans en moyenne, géologues, exploitants et économistes déclarent que le pic de ressources est atteint avant disparition annoncée, mais de « nouvelles » techniques de recherche et d’extraction effacent ces prospectives de déclin, aussi la projection à terme des quantités disponibles semble sans fin, à hauteur de la demande (pudiquement appelée « besoins »), toujours exponentielle. Il est des pétroles d’origines et de qualité diverses, … la dernière variante étant l’extraction des gaz de schistes, drastiquement destructrice pour l’environnement tant en profondeur qu’en surface, mais que les USA ont relancé, quoiqu’il en coûte pour les habitants et environnements, …en vue de redevenir indépendants de quiconque, et se donner la chance de tenter de demeurer la première puissance mondiale. Tant pis donc pour les populations lambdas et autres « riens », ni pour l’accroissement mortelle des pollutions directes et indirectes.

Il est aisé de démontrer que les produits et usages des dérivés des pétroles saturent notre mode de vie, public et privé, où que ce soit, … mais fait sobrement, nettement, non polémique. Très difficile évidemment d’imaginer notre société sans produits dérivés des pétroles, … sauf à considérer un mode de vie encore plus sobre que celui des amischs ! Ce serait un choc civilisationnel profond, … lourdement impactant , … et pourtant !
Par les déchets à toutes les phases du processus, les pollutions sont destructrices et irrémédiables pour longtemps ; seuls les déchets du nucléaire présentent mais à plus long terme de pires inconvénients.

Aux débuts de l’histoire des pétroles, des fortunes considérables ont été rapidement accumulées. Plusieurs personnes et clans prenant habilement l’avantage. La Compagnie Standard Oil a rapidement pris de dessus, montée et dirigée par John Davison Rockefeller, premier milliardaire. À son zénith, sa fortune correspondait quand même à l’équivalent de quatre fois celle de Bill Gates aujourd’hui ! Les intérêts pour la nouvelle caste du pétrole sont tels que très vite les grands propriétaires du secteur ont été et demeurent oh combien membres de la classe dominante que nous sommes quelques-un(e)s à appeler le Deep power, avec les grands décideurs financiers, ceux du militaro-industriel, les patrons des clubs de grandes multinationales dont les Big Pharma … Là sont les vrais « marionnettistes » qui décident des parcours de leurs marionnettes, nos chefs d’État (au moins en « Occident ») ; des Institutions telles Bilderberg n’en étant que les relais d’animation.
Au moins du temps des débuts des Rockefeller & al, cette richesse, et les pouvoirs quasi absolus liés, correspondait-elle encore en dominante à de l’économie réelle. À nos débuts de XXIème, la financiarisation a mise de côté l’économie réelle et ne correspond que peu à quelque chose de concret. Moyennent quoi le pouvoir réel n’est plus que le fait des grands financiers. Les médias « à la botte » assurent l’habillage du système pour nos populations, dont les éducations générales ont été délestées des apports utiles au sens critique.

La clé du succès des usages des pétroles ? Les trois documentaires la donnent en clair à plusieurs reprises. Simplement, la vie quotidienne est devenue plus confortable, à des prix de plus en plus « démocratisés », dans le cadre d’une consommation de plaisirs faciles copiant plus ou moins la « valorisée » american way of life. Disparition, depuis l’illusion de paix de l’après-guerre, de la nécessité de l’effort pour survivre puis vivre puis gaspiller sans penser à compter.
Dans de telles conditions, qui mènent à des modes de vie sans efforts et sans travail, allant même récemment jusqu’à l’idée d’un « revenu » gratuit pour tous qui entretienne les consommations de masse, … la valeur de l’effort, l’exigence de qualité … sont devenues risibles. L’expérience sur plusieurs décennies, assez pour passer deux générations, font que même le souvenir en a disparu. La vie facile liée à l’apparente abondance a fait disparaître pour une majorité des « citoyens » en Occident », et de plus en plus en Chine, le sens de la VERTU. D’où en Chine d’ailleurs la montée des systèmes de « crédit social », puisque ce peuple vit en dominance le sens collectif quand notre civilisation est devenue en dominante individualiste ; mais obéissance au conformisme n’est pas vertu.

Courtes vues, car tel n’est pas le contexte d’autres populations, en Afrique, en Indes, en Amérique du Sud … et aussi au cœur même des civilisations dites développées. Courte vue, faiblesse de l’esprit critique, réduction et manipulations des informations de masse diffusées …

Ces puissances, ces pouvoirs, liés au pétrole, continuent en fait de générer en permanence des guerres, des assassinats, et des pratiques d’hypocrisie institutionnelle … à un point que seuls les « initiés », celles et ceux « qui en sont », peuvent imaginer. Par exemple (mais il en est d’autres), l’un des documentaires met en évidence qu’au plus fort des conflits entre Israël et Pays arabes, Israël a été en permanence alimentée en pétrole venant d’Iran et d’Irak, par intermédiaires masqués (l’homme « aux manettes » vivant comme un chef d’État). L’autonomie énergétique et la richesse liée des vrais décideurs, … d’abord. Les valeurs et idéologies, … de l’habillage.

Quand même, engagés dans l’actuelle phase de mutation de civilisation, « les lignes bougent ».
Il est en effet de plus en plus difficile et couteux d’extraire en profondeur surtout au large, et surtout dans des climats difficiles.Ces travaux en profondeur dans la croûte de notre planète comportent des risques ; souvent les pratiques de l’ingénierie climatiques et prospective (et de l’espace) ont le visage de l’apprenti sorcier.
La prise de conscience de l’état de nos écosystèmes et du climatique, leurs accélérations et urgences, arrivent à toucher « les masses », et la pratique quasi généralisée du net réduisent (à la marge certes) la possibilité de faire n’importe quoi. Quoique, avec le temps des politiques « décomplexés » ?

Un État, autonome dans ses capacités potentielles de ressources, la Russie, fait preuve d’une grande prudence, n’est jamais entré dans l’OPEP, observe, régule, et contrôle toute opposition animée et financée « de l’extérieur » sur son territoire.
Autre exemple de sagesse avec la Norvège, qui se trouve satisfaite de son niveau de développement, et gèle l’exploitation de ses ressources pétrolières. Il est vrai que le niveau d’éducation moyen de sa population est élevé (facteur premier).

Le cas de la France est particulier, puisque la poursuite de la politique gaulliste en matière d’énergie a menée ce Pays à disposer du taux de fourniture en énergie par le nucléaire le plus élevé. Mais c’est reculer pour mieux sauter, puisque les « sachants » ne savent toujours pas comment traiter les déchets qui demeurent hautement polluants et dangereux pour le vivant à long terme, … et que (comme les experts indépendants tels ceux du CRIIRAD le démontrent) « on » ne sait toujours pas démonter les centrales hors d’âge !

Plusieurs facteurs lourds vont changer la donne :
> le refus de plus en plus d’États « pauvres » à servir de dépotoirs à déchets, dont une vaste part résultent du pétrole. Plus le refus de nouveaux « continents » de déchets principalement plastiques tel celui au milieu du Pacifique.
> les pandémies en court et à venir, qui vont contribuer à réduire les populations, soit directement soit indirectement par les effets des politiques de santé, résolvant ainsi le premier problème de l’ONU (donc de l’OMS), d’où baisse des « besoins » en pétrole.
> comme évoqué plus haut, la tendance à la baisse du retour d’investissement du fait des surcoûts d’exploitation (plusieurs causes conjuguées).
> le passage à l’état adulte d’une jeunesse qui, avec des variantes selon les cultures, semble porter des paradigmes de projets de civilisation fortement décalés de ceux des générations actuellement aux manettes. Rien à voir avec ce que nous avons rêvés ou rejetés (deux faces de la même pièce) en 1968 !

Par principe de réalité, le changement radical de nos contextes d’environnement de vie est tel que nous allons de nouveau devoir toutes et tous nous confronter à la matière (la Nature), … qui résiste. Réalité portant de nouveau l’obligation de l’effort (que de nombreuses autres populations n’ont jamais perdues), partant de nouvelles formes de VERTUS.

Sans tant de pétrole et sa financiarisation …, d’où de nouvelles donnes géopolitiques.

Michel André Vallée 23 septembre 2021

LA CHINE ET L’AFGHANISTAN, À PARTIR DE 2021, … achèvement de la chute de l’Empire

Ainsi, les talibans viennent d’achever de chasser les USA de cet Afghanistan où aucune puissance étrangère, jamais, n’a pu s’imposer, et où l’Occident n’a pas su accompagner le commandant Massoud.
Les talibans ont accéléré la prise de Kaboul avant le 11 septembre 2021, symbole des vingt ans du 11 septembre 2001, imposant leur agenda à celui de la soi-disante « première puissance du monde » ( de cette planète).
Car ce Pays, les USA, ne l’est plus, la première puissance, dont la décroissance par paliers rappelle la chute de l’Empire romain (déjà décrite par plusieurs éditorialistes américains), … comme l’hélicoptère décollant de Kaboul rappelle symboliquement celui décollant de l’ambassade des USA à Saïgon (quoiqu’en dénie l’entourage de Joe Biden).

L’Empire affirmé sur les deux grandes guerres européennes puis mondiales de 14-18 puis de 39-45 a vécu son temps.

Les USA sont déjà remplacés en Afghanistan par la Chine, qui a 90 kms de frontières communes avec, en plein sur la région ouïgour. Selon les spécialistes informés, dans l’accord Chine-Talibans, il y a la non-ingérence taliban dans la politique ouïgour (faute de qui les choses iraient évidemment très vite). La Chine est de plus l’alliée de la Russie (puisque l’Europe a délaissée cette dernière), elle aussi concrètement proche de l’Afghanistan. Les USA (et ses ex-alliés) sont mis hors- jeu de ce qui se passe dorénavant là-bas. L’Iran qui a des accords avec la Chine et la Russie va y trouver de l’oxygène. Seule l’Inde, en conflit perpétuel avec le Pakistan et en tension systémique avec la Chine, pourra réserver des surprises.

Aparté : comment le soi-disant Occident (en fait UE sous la botte US) a-t-il pu à ce point ne pas comprendre l’âme russe, et s’imaginer acheter la Russie après la mise à l’écart du Grand Gorbatchev ?

À la question : comment les USA ont-ils pu se réduire à un accord avec les talibans réduit à la non-agression de leur processus de départ, la réponse connue des géopolitologues est : le nouvel réel ennemi des USA est la Chine, devenue de fait première puissance (ne pas oublier qu’elle contrôle suffisamment de la dette américaine dans ce monde néo-libéralement « mondialisé » !).
D’une part, les USA ne peuvent pas se passer d’avoir un ennemi pour prétendre « apporter-exporter » leur civilisation, soit leurs intérêts, au reste du monde. D’autre part, ils ne peuvent plus se permettre de répéter le Vietnam (tant à l’extérieur qu’à l’intérieur). Mais ce « rêve » est terminé avec la perduration de la tension civile intérieure.

À quoi servent 10 porte-avions aux USA, avec toutes leurs armadas, s’ils sont devenus incapables de mener de front plus de deux conflits sur les terrains, ce que les dernières années ont démontré ? Qui peut faire confiance dans leur puissance militaire et financière dorénavant (Pologne et Pays Baltes ont intérêt à réviser leurs représentations) ? Pour gérer les données de leurs centrales de renseignement, ils ont besoin des clouds de sociétés privées, certes a priori américaines, mais … qui servent d’abord leurs intérêts (capitalisme oblige).

Avec quatre porte-avions plus légers, la Chine contrôle sa zone-objectif maritime. ce qui lui suffit, car sont déjà implantées les routes de la soie avec l’Europe, un contrôle déjà dominant des ressources en Afrique, ET, les routes de la soie vont pouvoir être renforcées avec les passages par l’Afghanistan.

« On » pourra objecter, à partir d’un regard « occidental », que le traitement de la zone ouïgour pose un problème éthique et quand même une incompatibilité avec les bases du terrorisme islamique radical. Mais, outre que les différents courants de l’islamisme sont en violents conflits (les impies de l’Islam sont à leurs yeux plus graves que les impies « de l’extérieur »), … ce que les occidentaux se refusent, ou sont incapables, de comprendre, est que les chinois, eux, vont intégrer leurs musulmans. Ils savent jouer au Go, et vont en prendre le temps en y investissant les moyens, … avec fermeté sans bisounourisme larmoyant, … et sans rater une seule opportunité.

Là où nous écrasons des mouches avec des tapis de bombes, maintenant des drones … EUX INTÈGRENT ! Là où nos humanités sont remplacées uniquement par l’argent et la consommation court terme, eux entretiennent des valeurs partagées.

Michel André Vallée 17 Août 2021

« L’ODYSSÉE INTERSTELLAIRE » 3/4 OU … LÀ OÙ « ILS » ONT L’INTENTION DE NOUS MENER ?

C’est un film documentaire donné par ARTE le samedi 14 août 2021 à 20 H 50, dans la rubrique Sciences et Techniques. Aussi, ce n’est pas de la science-fiction, même si la réalité « finit » si souvent par rattraper la science-fiction, et ce de plus en plus tôt et vite. Ce document de 2018 est la partie 3/4 de la série de Vincent Amouroux et Alex Barry. Il nous décrit ce qui est projeté et déjà en préparation pour l’expédition envisagée, vers la fin de ce siècle, d’exploration de la planète Minerva B (de l’étoile naine Minerva A), à 4,5 années lumières de notre Terre.

Très beau documentaire, malgré le défaut très américain de répéter plusieurs fois la même chose (pour s’assurer que nous avons bien compris ?). Les plus grands scientifiques de chaque discipline (y compris en éthique des sciences), présentent leur regard de leur domaine, … tous évidemment en lien au sein de cette communauté. L’objectif du projet est de trouver sur une planète, présentant la présence des molécules nécessaires à la vie, si diverses formes de vie y existent effectivement. Savoir que, au vu des avancées en astrophysique et autres disciplines liées quand au vivant, il est hautement probable que des milliers de planètes « d’accueil » existent au sein de notre galaxie, et probablement bien plus au-delà, avec une espérance mathématique (chance d’erreur) infime. Sur ce trait, aparté que la science-fiction de Hypérion et Endymion se rapproche !

Le vaisseau, de l’ordre de 1 km de long, sera monté en orbite avant d’être lancé dans l’espace. MAIS, et c’est un des traits à souligner, aucun humain ne l’habitera. Il sera intégralement dirigé, que dis-je, animé, par une I.A. (intelligence artificielle), telle qu’elle sera développée d’ici là, capable de tout gérer à l’optimal, s’adapter avec succès à quoi que ce soit qui soit rencontré, … jusqu’à faire réaliser les outils adéquats pour « mener à bien la mission », une fois sur le terrain.
Autant dire que des humains porteurs du maximum de Q.I. en les différentes formes d’intelligence requises ne pourraient être aussi performants ?

Si tout cela nous est présenté, c’est évidemment en cours depuis des années. Aucun débat public hormis les sphères de tous les acteurs directement concernés. Les autorités impliquées font effectivement ce qu’elles veulent, nous présentant aujourd’hui un tel projet sous le couvert de la justification de la vie.

Nous savons par expérience de la vie et principe de réalité que, dès qu’une avancée scientifique ou technique, ou de quelque domaine de connaissance que ce soit, se présente, … de toute façon elle sera, au grand jour ou dans le secret masqué, mise en œuvre. Ainsi l’I.A. sera poussée au plus loin « possible ». Nous savons aussi qu’il est indispensable de toujours expérimenter avant de généraliser (… sauf pour les vaccins anti-Covid … ?). Nous savons qu’il est nécessaire à toute politique de faire de la prospective (Napoléon a eu le tord de ne pas écouter Talleyrand pour l’Espagne puis la Russie) etc … etc … etc …

Mais là où « ils » nous laissent, en attendant, toutes et tous les non-initiés, c’est sur une planète qui continue d’être allègrement dégradée ! Osent-ils faire le pari que l’humanité s’en sortira par d’hypothétiques prochaines découvertes ? Qui, quelles castes, s’en sortiront ? Comment ?

Il est possible d’en déduire que les organisations telles la NASA font partie de ce que d’aucuns appellent le Deep Power, avec les grands financiers, les grands pétroliers, les dirigeants des clubs restreints des grandes multinationales, une petite partie des instances internationales, ceux qui tiennent les manettes du militaro-industriel …

Par contre, il est net que la démocratie n’est plus qu’une façade, … sauf quelques petites entités qui ne gênent pas, pour faire convenable.

Là où « ils » nous mènent, alors, est-ce un état entre Solent Green et le 5ème élément ? À coup sur vers « Le Successeur de pierre » (pardon de me répéter en recommandant cette lecture).
À vos replays …

Michel André Vallée 15 Août 2021

DES RÉFÉRENCES DE L’ÉTAT DE DÉGRADATION

Plusieurs commentaires au billet « Vers une révolution-réaction » (blog «  arcencielxcristal.com «  et mur Facebook et diffusion internet) du 28/07/21 m’amènent à publier cette longue liste d’ouvrages qui font références, certains plus ou moins polémiques mais tous objectivés. Probablement l’équivalent doit exister en langue anglaise, en langue allemande, en d’autres langues. Voici :
« Totalement inhumaine », de Jean-Michel Truong -2001
« Effondrement », de Jared Diamond – 2006
« La voie pour l’avenir de l’humanité », de Edgar Morin -2011, suivi de « Changeons de voie les leçons du coronavirus » en 2020
« La cause humaine », de Patrick Viveret -2012
« S’approprier les clés de la mutation », de Christine Marsan – 2013
« Fin de l’Occident naissance du monde », de Hervé Kempf -2013, suivi de « Tout est prêt pour que tout empire » en 2017 et « Que crève le capitalisme » en 2020
« Comment tout peut s’effondrer », de Pablo Servigne et Raphael Stevens – 2015
« Le dernier qui s’en va éteint la lumière », de Jean Jorion -2016
« Un défi de civilisation », de Jean-Pierre Chevènement -2016
« L’Âge de la régression », Dir. Heinrich Geiselberger -2017
« Qu’appelle-t-on panser ? L’immense régression », de Bernard Stiegler -2018, suivi de « La leçon de Greta Thunberg » en 2020
« L’humanité en péril Virons de bord, toute ! » de Fred Vargas – 2019
« Crépuscule », de Juan Branco -2019
« 21 leçons pour le XXIème siècle », de Yuval Noah Harari -2018
« Il faut s’adapter sur un nouvel impératif politique », de Barbara Stiegler -2019
« Sommes-nous encore en démocratie ? »; de Natacha Polony -2021
Que l’on me pardonne ceux que je ne connais pas. Je ne cite pas non plus dans ce billet ceux d’avant 2000, … et pourtant les premières alertes remontent aux années 60.

Quand à l’aspect cartésianisme, deux autres ouvrages, plus anciens et déjà cités plusieurs fois dans mes papiers, se complètent :
« L’erreur de Descartes », d’Antonio Damasio. Consulter les autres travaux de Damasio et de sa lignée de recherche en neuro-sciences.
« Rêves d’hier et d’aujourd’hui », de Marie-Louise von Frantz, fidèle de Carl Gustav Jung, qui a franchi le pont (arc-en-ciel ?) entre le monde académique validé par la communauté scientifique et les « mondes du double » appelés par les anthropologues et ethnologues « chamanismes » depuis Mircea Éliade, Régis Boyer, tant d’autres, et que j’ai appelé avec d’autres « monde des femmes et hommes de connaissance ». Jung, prophète de son temps, s’était abstenu alors de franchir ce Rubicon afin de préserver la reconnaissance scientifique, pourtant validée avec le physicien prix Nobel Wolfgang Pauli, et ne pas repousser celles et ceux qui allaient travailler sur ses apports. Depuis d’une part Jung a permis à ses descendants de publier « Le livre rouge », d’autre part la pensée quantique s’est développée et continue aujourd’hui bien au-delà, quand les pratiques chamaniques ancestrales sont entrées ces quinze-vingt dernières années dans le champ des expérimentations scientifiques par divers travaux de neuro-sciences (« La diagonale de la joie » de Corine Sombrun- 2021).
Ceci n’est pas une critique contre Descartes bien entendu, sachant d’autant plus à sa décharge que dans la révolution culturelle d’alors mieux valait être prudent en regard des procès des autorités politiques et culturelles : Giordano Bruno a quand même été brûlé vif à Rome ! « On » brule encore aujourd’hui en France des Montagnier, et « on » a jeté en asile psychiatrique un Fourtillan !
Quel dommage que le séminaire dirigé par le Professeur Joêl Thomas, sur imagination et neurosciences, à l’Université de Perpignan, n ‘ai pu être mené à terme du fait d’évènements.

En 2006 a eu lieu une conférence internationale du European Network for Workplace Health Promotion à Linz (Autriche). J’avais préparé un papier sur les premiers signes de réduction de l’espérance de vie depuis les années 1995 dans certains secteurs professionnels et liés plus généralement à l’état de stress. J’ai du être remplacé. Ce papier a disparu ! Considérons que le Covid et ses variants actuellement font le job …

Michel André Vallée 29 juillet 2021

VERS UNE RÉVOLUTION – RÉACTION ?

Ainsi dans l’émission connue « C… dans l’air » de lundi 26/07/21, on apprend que d’après des sondages « sérieux » 35% des français seraient contre le passe sanitaire et l’obligation de vaccination quand 53 % seraient pour ! Quand « on » considère que cette émission sous couvert de débats « objectivés » tente de passer ce que la bien-pensance au pouvoir souhaite que nous « comprenions », … « on » peut entendre que 35 % , quand même, ce n’est pas rien.
Un tiers de la population française, en soi, représente la proportion suffisante et nécessaire pour entraîner un renversement, au-delà du seuil de base de 5 % de militants engagés indispensables à toute révolution. En effet, simplement, un tiers ç’est un convaincu qui parle à un autre indécis quand le troisième reste indifférent et de toute façon regarde ailleurs (les résultats à 70 % sont toujours considérés comme victoire indéniable … s’il s’agit de l’ensemble de la population !).

Or dans la crise/politique de santé actuelle, ce tiers correspond, bonus-malus, à des gens conscients des raisons de leur » réaction ». Ils sont conscients, notamment, du refus de se voir injecter des produits dont les effets secondaires sont méconnus, potentiellement dangereux pour une proportion de vaccinés au vu du cumul (par déjà dizaines de milliers) des effets secondaires graves, soit de servir de cobayes à Big Pharma (ainsi que me l’on expliqués plusieurs médecins parmi les pour et les contre). Voire pour une partie ils sont au courant des travaux de scientifiques et médecins de renom qui démontrent, de plus en plus nombreux, la dangerosité et/ou l’inefficacité des ARNm et de leurs protéines spikes, alors que des traitements par médicaments validés de longue date auraient été adaptés, oh combien moins coûteux, et que nous ne subirions alors collectivement pas les vagues de variants.
Celles et ceux de de ce tiers sont de plus conscients de la restriction sans précédent des droits et garanties fondamentales de notre société pour lesquels nos anciens se sont battus et sacrifiés depuis deux siècles d’histoire de la France, et à d’autres périodes pour d’autres Pays.

Par contre les 53 autres % soient gardent confiance dans les gouvernements actuels, politiques avec autorités médicales. Soit ils se sont laissés manipulés par l’exploitation de la peur de la mort (absurde en regard de l’analyse comparée par périodes des chiffres entre pathologies et Pays), soient ils sont victimes de leur attachement ou même addiction à la consommation « démocratisées» ou de luxe apparent. Avec un peu de recul historique, beaucoup parmi eux qui ne peuvent se passer de loisirs immédiats et ont renoncés depuis des décennies à l’effort soutenu ressemblent aux « bœufs » tels que les qualifiait le Général. Il convient de penser cependant au fait que beaucoup sont dans la méconnaissance de l’ensemble des données scientifiques disponibles en la matière, données pour le moins particulièrement variées.
Qu’ils en soient conscients ou non, les arguments tronqués rabâchés chaque jour (par exemple sur les chaînes d’information continue souvent avec violence et culpabilisation), par une partie du corps médical demeurant soumise à un Ordre issu du pétainisme, a beau jeu. Cette part du corps médical reste bloquée dans les « principes » de la médecine occidentale soi-disante « cartésienne » partant dans la prescription chimique, et ne veut rien entendre des riches apports de l’ensemble des champs des autres médecines (issues des cultures telles chinoises et indiennes ou biologie russe, de l’homéopathie, même de l’herboristerie, bref de l’entretien préventif des terrains, … jusqu’aux vaccins dans la tradition des Koch et Pasteur … !).

Mais d’où vient donc la violence culpabilisatrice sur les plateaux des médias de forte audience ? … de quoi a-t’on peur vraiment ? Je ne peux là que me répéter en recommandant la lecture de l’intégralité de l’excellent dossier « Vous avez dit complot ? » du Monde diplomatique N° 735 de Juin 2015 ! Ce dossier démonte, exemples pertinents à l’appui, les procès d’intention retournés de « complotisme, … de plus trop souvent dédaigneux (à tord).

L’argument de la responsabilité collective qui l’emporte sur la liberté individuelle porte, certes, mais à condition qu’il soit intégralement porteur de sens, ce qui est loin d’être le cas des affirmations péremptoires non ou trop partiellement fondées et contradictoires de manière trop répétitive depuis fin 2019 : une vraie débandade visant visiblement à imposer « avant que l’on sache ». Calcul dangereux pour leurs auteurs et conseillers car de toute façon la réalité ne pourra que ressortir au grand jour, … mais plus ou moins tard.
Par contre, le double argument de nos fondamentaux institutionnels historiques d’une part, et de l’insuffisance potentiellement létale de validation des « nouveaux » vaccins d’autre part, devraient l’emporter en toute logique, … autant que possible non émotionnelle.

Ainsi nous vivons une fracture profonde de plus des populations constituant le peuple français, quand tant de fractures nous sapent et réduisent déjà. Ne nous leurrons pas , même celles et ceux qui cèdent aux conditions du passe sanitaire par calcul et confort ou soumission savent qu’ils le font contraints. Cela aura des conséquences sociétales et politiques.

Stratégiquement, les 35 % conscients et actifs devraient agir la réaction populaire nécessaire quand les 53 % semblent majoritairement faire suiveurs (poussés par quelques hurleurs). Il est possible que la réaction déjà émergée se développe car les intérêts supérieurs de la Nation sont en jeu.
Ne parlons même plus de la situation économique, … nous savons tous que nous mettrons longtemps à en payer cher la restauration de la gabegie. Parlons du redressement de l’état de dégradation et de soumission où notre civilisation s’est laissée descendre.
Les renseignements fonctionnent, partant les pouvoirs actuellement en place savent parfaitement que le corps social, qui a perdu confiance en ses « gouvernements » et la partie de la soi-disante« élite » soumise, vit un état pré-insurrectionnel. Nous en sommes toujours, et pas seulement en France (« but l’am not the only one »), à un état pré-1789 ou pré-1905, … comme je l’expliquais dans un billet du 15 novembre 2018 (Facebook et le blog « arcencielxcristal.com «). Les Gilets jaunes ont constitués la première vague, les anti-passe sanitaire constituent la seconde vague …

Nous savons qu’une partie de l’armée (d’active et en retraite) et des forces de polices attend qu’un vrai leader se lève pour « retourner les crosses ». Ce leader pourrait émerger d’orientations culturo-politiques très différentes (ce qui importera peu s’il existe). Cependant, en l’état en France, l’extrême-gauche s’est disqualifiée (alors que tout le reste de son programme était largement apprécié y compris à l’extrême-droite)) depuis le « droit du sol » posé à Marseille; dans le même temps la « gauche de gouvernement » traditionnelle continue de sombrer, seuls quelques individus ressortent. Un des traits forts encore dénié est, quitte à être pointé (fondé ou non) de raciste, que la démographie est trop déstabilisée par les émigrations du Sud, quand les précédentes venant de Pologne, Italie, Espagne, Portugal, Indochine, ont été assimilées. « Au-dessus », l’Europe qui continue de se coucher sous les États-Unis n’apparaît plus pour une majorité d’européens comme un phare d’espérance ; TINA (le there is no alternative de Thatcher + Reagan & al) couplé au technocratisme hors-sol l’ont coulés. Personnellement, ce me sera une des plus lourde déception de cette vie-ci.

En France (ainsi que plusieurs autres Pays), un épisode autoritaire ferme apparaît aujourd’hui incontournable. Il viendra de la réaction à l’autoritarisme outré actuel, et aura des effets révolutionnaires, avec ses espérances de sortir des dégradations tout comme avec ses coûts.
Bien de la casse sera alors inévitable, toutes et tous nous vivrons les pleurs et les grincements de dents.

Aussi, soyons assez nombreux à tout faire pour préserver et actualiser nos traditions humanistes et sociales.
Nous sommes nombreux à avoir honte de l’état du monde que nous laissons à nos enfants et petits-enfants, de l’usage « vers le bas » que nous avons fait des soi-disantes « 30 glorieuses », des « consentements » qu‘une majorité aveuglée par la consommation vulgarisée a imposé à ceux qui recherchaient, au contraire, à exprimer les richesses de l’humain.
Tout cela est devenu insupportable, et il ne reste plus grand chose à perdre. On m’a déjà objecté que c’est bien autre chose dans une « vraie » guerre : ce n’est en aucun cas une raison pour détruire ce qui a été construit, laborieusement et/ou passionnément … et régresser.

Autrement dit, il convient effectivement de se préparer à traverser des temps durs et difficiles.
Développons nos capacités au mieux de leurs dimensions potentielles, dont perceptives et intuitives, pour limiter les casses des grands enjeux actuels, d’abord les dérèglements climatiques (qui trouvent aussi une partie de leurs causes dans le consumérisme effréné de masse).

Sur un autre plan au premier abord hors sujet, mais en fait inséré-masqué et parmi les prioritaires car un autre risque de dissociation des populations se dessine, développons-enrichissons nos potentialités encore inexploitées afin de nous tenir à hauteur d’équilibrer les développements, quand déshumanisés, des IA (Intelligence Artificielle), … et au contraire en tirer ouvertures et non pas esclavages.

Pour traverser le « dur », multiplions l’organisation d’interconnexions entre les multiples initiatives « éclairées ». Assurons les solidarités de nos diverses proximités.

Dans l’immédiat, puisque l’on supporte nettement moins bien les variants du Covid que la grippe espagnole ou le VIH, l’immunité collective recherchée résultera d’une saine et équilibrée alimentation, la plus naturelle et la moins industrialisée possible, comprenant une juste proportion de légumes, dans une hygiène de vie tonifiante (qui alors supporte aisément les débordements festifs seulement de temps à autres) soit au moins une pratique sportive, dans l’attention à réduire le plus possible l’exposition aux facteurs de stress (qui alors supporte aisément les évènements où il est utile de tout mobiliser en urgence), dans la pratique d’une médecine plurielle et ouverte à toutes les connaissances disponibles sur cette planète en l’état (afin d’y trouver les préventions et thérapies adaptées à chaque cas chacun étant unique), … dans l’encouragement de notre société à développer systématiquement les niveaux d’éducation générale (induit et affine le sens critique partagé).
Politiquement (au sens noble de politique), cette pandémie mondiale justifie une fois de plus la nécessité urgente de refondre tant la Constitution française que la Constitution européenne. Celles et ceux qui « lacheront prise » pour faciliter ce processus s’honoreront.

En l’occurrence, la sagesse des anciens, pour ma part je la lis dans la combinaison de La Boétie, Voltaire et Victor Hugo … d’où mes options quand aux Covids. En matière de sagesse, en langue française, Edgar Morin qui vient de cumuler ses 100 ans, nous a proposé ces toutes dernières années les orientations politiques, réalistes car complexes.

Michel André Vallée 28 juillet 2021

QUAND LES ENFANTS NÉS EN 2021 AURONT 30 ANS

Pénurie d’eau, exodes, malnutrition, extinction d’espèces … . Le pré-rapport 2021 du GIEC, obtenu par l’AFP (source HuffPost), constate et annonce que les impacts dévastateurs du réchauffement sur la nature et l’humanité vont s’accélérer, … et devenir immédiatement palpables à tous (plus ou moins selon les zones) bien avant. Lire ce pré-rapport. Pourquoi ne pas dire continuer de s’accélérer, puisque l’accélération de ce trait majeur de l’anthropocène est déjà palpable depuis les grands incendies, la fonte de presque tous les glaciers et la pollution généralisée (terre, air, eau), soit les années 90.

Nos enfants actuellement jeunes et petits-enfants (pas plus tard) le vivront douloureusement, et nos civilisations et systèmes de société ne sont pas prêts. Le rapport n’ajoute pas, mais nous le savons, que les résistances des détenteurs de pouvoirs de retours d’investissements à court et moyen terme à deux chiffres, tout autant que les habitudes de confort et de consommation de simili-luxe des « masses » d’habitants des zones ‘nanties », se refusent à changer et s’adapter.

Or des choix radicaux de transformation des processus et des comportements à tous les niveaux (individus, communautés, entreprises, institutions, gouvernements) sont incontournables si nous voulons tous réduire ce qui est déjà inéluctable. Nous devons redéfinir de façon drastique notre mode de vie et de consommation.

Or c’est bien là que le bât blesse. Si des milliers d’initiatives de bonnes intentions sont en cours dans tous les Pays (même dans ceux en Révolution civile tel le Belarus actuellement pour citer un Pays « nanti »), toutes ces actions sont insuffisantes en regard du besoin planétaire systémique global. Quels États ont ou auront assez de clairvoyance, de détermination, et de courage face à ses populations, pour s’y engager résolument ? Les constats depuis les Accords de Paris, par exemple, sont carrément décevants, au point que des États (dont la France) commencent à être attaqués en justice pour ne pas agir assez. Une autorité solide et respectée est nécessaire.

Prenons du recul et observons les traits dominants de chaque grande puissance influente.

Une seule puissance témoigne des caractéristiques nécessaires : la Chine. C’est le seul Pays dont l’organisation politique et la culture dominante de sa population permettent des investissements volontaires et massifs à long terme.

La Chine est déjà, quoique la majorité des médias occidentaux prétendent, la première puissance mondiale. Le yuan a commencé à remplacer le dollar, la Chine est devenue l’alliée de la Russie puisque l’UE a trop repoussée cette dernière couchée qu’elle persiste à être sous les USA et l’OTAN. Mais les nouvelles routes de la soie progressent pour assurer la jonction Chine-Europe. Et le second gazoduc Russie-Allemagne vient d’être débloqué (principe de réalité qui s’impose enfin). Or l’approvisionnement en énergie, partout, est clé.

On entend et lis encore que la puissance militaire américaine reste la première et assure sa domination (qu’elle a acquise « grâce » aux deux guerres mondiales du XXème) ; c’est inexact. En effet que valent 10 porte-avions quand les USA ne sont plus en état d’assurer sur terre plus de deux conflits armés de front. Même en 1945 le front à l’ouest n’a réussi à s’imposer (à quel prix !) qu’avec les millions de soldats sacrifiés à l’est en même temps, et il a fallu les deux bombes atomiques sur le Japon pour que la Russie ne l’emporte pas de ce côté là. Les USA viennent d’abandonner la Syrie (honte historique envers le peuple kurde), l’Irak, et l’Afghanistan livrée à la barbarie des Talibans (que la CIA à l’origine a armés contre l’armée russe). Quand la Chine dispose de la première armée terrestre, bien équipée et motivée.

En Afrique, il est clair dorénavant que Chine et USA investissent (depuis longtemps) pour remplacer les français à l’Ouest. Évidemment que la Chine va l’emporter, car, comme développé dans une conférence disponible sur le blog «  arcencielxcristal.com « , la Chine joue avec excellence au jeu stratégique de Go, emblématique de sa civilisation depuis des millénaires, … et ce systématiquement sur tous les damiers, se jouant des complexités inhérentes aux réalités de l’existant. Il y a longtemps que le damier africain est travaillé, ce qui complétera les assurances d’approvisionnement tant en matières premières dont « rares » qu’en vivres. Les USA n’y pourront mais, leur stratégie de colonisations violentes n’étant pas appréciée (de même en Amériques latines dont nous reparlerons).
Une fois puissance dominante en Afrique, dont de l’Ouest, la Chine règlera méthodiquement le problème de l’intégrisme islamique, ce que nous nous révélons incapables de faire.

Le Japon et l’Australie ne pourront que passer alliances sous conditions avec la Chine : principe de réalités sur d’autres damiers.

Seule l’Inde va être en mesure de pondérer cette consolidation de la nouvelle domination mondiale. Le Pakistan sur son flanc ouest ne sera qu’un sous-problème, même dur.

Ainsi seule la Chine va être la seule en mesure d’amener les transformations drastiques nécessaires pour réduire les impacts des effets de nos insouciances sur le climat. Elle y est aussi fortement incitée de l’intérieur car elle en est aussi victime sur une large étendue de son territoire et leurs populations. Elle s’y est d’ailleurs déjà résolument engagée.

Au delà, la Chine va être et elle est déjà confrontée à une autre impérative nécessité : celle des valeurs « nouvelles » auxquelles adhérer. L’Occident continue de se déliter ayant renoncé aux valeurs qui soutenaient ses civilisations (elles étaient plurielles). Les valeurs sur lesquelles s’appuient les Pays islamistes sont de contrôle entretenant une profondeur insuffisante d’éducation générale (malgré la valeur de ses philosophes de siècles passés) ; ce qui ne résistera pas à la banalisation des nouvelles technologies de l’information. Il est d’ailleurs significatif de constater que les mouvements soufis y sont persécutés.
La Chine pourrait avoir l’intelligence et la subtilité, luttant en tête contre les dommages à cette planète, de re-développer une structure de valeurs du fait même déclinée de la redécouverte des liens de l’humain avec la nature dont il fait partie. C’est dans ses traditions, mais ce sera pour plus tard, peut-être même bien plus tard, Plus tard que quand les enfants nés en 2021 auront 30 ans ; ceux-là, que nous n’avons pas épargnés, vont devoir se battre dur, dans des systèmes de liberté totalement refondus.

Michel André Vallée 23 juin 2021

Premiers commentaires sur le mur Facebook :

  • Pascale Flavigny Intéressant ,Michel André Vallée ,mais il faudrait alors dans ce lointain futur que la Chine ne soit pas un état d’IA totalitaire. 
  • En ligneMichel André Vallée Merci pour votre intérêt. Vous avez compris que ce billet est une réflexion prospective, et non le signe d’un accord à 100 % avec le régime chinois actuel. De mon point de vue, ce régime va perdurer tant que le rétablissement historique de la Chine « au Milieu » ne sera pas complété, avec la force de motivation de la majorité des chinois, puis (le balancier lui continuant son chemin) évoluera pour s’adapter aux besoins d’équilibres de la position internationale acquise. L’IA va continuer d’être en soi totalitaire partout.
  • BillyNicolette Rigo Analyse fort intéressante et plus que probable…

100 ans, pensée claire transcende le complexe

Ainsi, hier soir 9 juin 2021, Edgar Morin, qui aura 100 ans le 8 juillet prochain, a répondu pendant 1H30 à François Busnel dans son émotion La Grande Librairie. Œuvres, vie sociale, vie personnelle. Ce que j’en ai retenu, respectant le contenu et le plus possible l’expression.

Vivre plutôt que Survivre, … d’où son engagement dans la Résistance malgré l’évident risque de mourir jeune. S’engager dans ce que l’on voit juste est Vivre, se protéger dans le confort sans risque n’est que Survivre.

De Marx à Héraclite, soit de la pensée judéo-chrétienne laïcisée MAIS qui a menée au stalinisme identique au nazisme, quand Héraclite reste la pensée humaniste intégrant vivre les contradictions, la réalité des antagonismes, le sens critique complété du doute en toutes choses. Puis, sur les dernières années, la sagesse et la convivialité de Montaigne.

Des contextes marquants : Salonique de l’enfance, l’éveil à l’action avec Les Maîtres Chanteurs (ou Le Vaisseau Fantôme), la douce et belle Toscane de la famille maternelle.
Chaque être, par sa vie, vie une aventure, … où on ne sait jamais rien à l’avance.

Cette période à ses yeux est d’ailleurs marquée par voir l’incroyable, l’apparemment impossible, devenir réel.
Ainsi l’humanité qui détruit, ravage, cette planète pourtant si équilibrée pour la vie après des milliards d’ans de structuration et adaptations.
1945 : la bombe atomique dont le risque d’anéantissement des humains et d’une bonne partie du vivant s’accroît avec la multiplication des armes et des sites.
1972 : la mise en évidence de la dégradation de la biosphère, puis son accélération, puisque rien n’y fait, … la prise de conscience restant insuffisante pour être déterminante.
1980 : l’émergence du trans-humanisme. Complété par l’intelligence artificielle (I.A.) et ses développements fulgurants, nous avons engagé notre métamorphose dans un Homme « augmenté ». Que l’évolution de l’homme continue, cela a toujours été, MAIS risque terrible qu’elle soit réservée à une élite !
1989 : le marché planétaire, le néolibéralisme s’imposant malgré les apparences sur toute cette planète, avec ses dramatiques inégalités, elles aussi croissantes. L’argent devenu valeur unique primordiale, … ce qui signifie que le but humaniste, porté depuis la plus haute antiquité, n’est pas réalisé.
Pour de nouveau continuer vers l’humanisme, un accroissement de conscience est nécessaire, … mais le vide politique est gigantesque.

Par l’individualisme systématique, dégradation des solidarités, de famille, de clan, de village, de quartier, de culture, de Pays, internationales. Quant le Je et le Nous sont à l’évidence complémentaires.

La convivialité essentielle d’Ivan Illich se complète par le besoin de reconnaissance pour tout humain de Montaigne.
Comprendre le complexe, prendre en compte toutes les diverses composantes de la réalité, être préparé à assumer le complexe.

Tout ce qui existe étonne (les oiseaux, les fleurs, les cruautés diverses de tant de gens), … étonne car on ne dispose pas de la clé de connaissance. Partant, accepter de gérer le risque d’erreurs, les illusions du savoir, toutes les illusions.

Malgré les désillusions, garder les aspirations, les espérances, même si elles ont peu de probabilités d’être réalisées.
Notre époque est régressive, et nous pouvons redouter le néo-totalitarisme, … où tout est contrôlé, soit une illusion d’UN savoir qui s’impose violemment à tous.
La prise de conscience n’est pas encore là, … d’une toute autre dimension que des bribes ici et là.

Le hasard est une impossibilité algorithmique ; on ne peut dépasser le hasard.

Vouloir une vie « réussie » n ‘a pas de sens, n’existe pas ; le bonheur ne correspond qu’à des moments « cadeaux ». Les évènements aident beaucoup aux choix d’orientation d’une vie ; nous sommes ce que nous avons rencontré.

Le monde actuel est d’une folie cruelle. L’expérience devrait donner des leçons de vie, la sagesse consistant à ne pas recommencer les mêmes erreurs.

Puis-je recommander son avant-dernier ouvrage (parmi plus de 30 autres), Les souvenirs viennent à ma rencontre, Fayard, 2019, … qui vient de sortir aussi en format Poche.

Michel André Vallée 10 juin 2021

CATALUNYA, POUR QUEL PROJET ET PROGRAMME ?

Les constats de fond de l’attitude espagnole sont multiples. Outre le traitement des prisonniers politiques en contradiction flagrante avec les règles internationales et l’acharnement juridictionnel envers les exilés, ce sont sur le terrain du Sud plus de 3300 personnes qui sous des prétextes divers sont harcelées depuis la déclaration d’indépendance d’octobre 2017.
Parmi ces multiples constats, j’en retiens trois suffisants, directement ou indirectement, à l’analyse :

  • les tanks inutiles en Espagne mais investis pour les fournir aux Pays baltes (qui continuent à redouter à tort la Russie) contre leur non-reconnaissance de la Catalogne,
  • le fait que la démarche de jugement des prisonniers politiques n’ait été applaudie que par un dictateur, Erdogan, … mais qui dirige actuellement un Pays membre de l’OTAN !
  • la participation des dirigeants du PSOE, Parti social-démocrate en Espagne, à la table d’organisation de la répression du 155.

C’est l’affirmation sans équivoque, depuis fin 2017 donc, qu’aucune négociation aurait pu et ne peut être même pensée. Les conditions d’une négociation n’existent pas, dont son intérêt pour une raison ou une autre dans l’esprit des deux parties, à tel point que toutes les recommandations extérieures montant jusqu’au niveau de l’ONU n’y ont fait mais … Et ne même pas y penser est bien sans appel du côté espagnol, depuis octobre 2017 (et en fait à l’évidence dès la montée en maturité du mouvement indépendantiste).
La progression des votes pour les Partis indépendantistes en Catalogne du Sud jusqu’à 52 %, malgré l’abstention mais en cohérence avec les sondages des semaines précédentes dont certains ont donné jusqu’à 56 %, confirme par le peuple que le verdict d’octobre 2019 a bien été le Tchernobyl de l’Espagne, comme Vicent Partal l’a pointé dans un éditorial de Vilaweb d’alors, et comme nous l’avons évoqué ici au Comité de solidarité de Catalunya Nord. Le peuple ne s’illusionne pas sur le colonialisme de l’Espagne envers la Catalogne, … et il est facile de voir que le système gouvernemental espagnol est en voie de dégradation. Jusqu’au verdict, il restait encore possible de considérer que l’Espagne ne voyait pas que la Catalogne indépendante pourrait être son meilleur allié en Europe. Ce scénario est définitivement exclu, confirmé par les vagues incessantes de répression.
La seule suite pertinente à l’action, en accord avec ce qu’a été contraint de démontrer Vicent, est la lutte frontale, la mise en œuvre unilatérale de l’indépendance.
Et c’est un ex-médiateur social professionnel, ayant l’expérience répétée d’accompagnement de situations difficiles et complexes, qui écrit cela.
Il m’a été pointé que dire cela est facile de ce côté-ci de la frontière (actuelle), au Nord, … mais dans cette vie-ci jusqu’à 76 ans, j’ai beaucoup donné et pris des risques, souvent, en ai assumé les conséquences, donc suis en droit de me le permettre.
Plusieurs acteurs disent depuis l’accord de ces derniers jours passé entre ERC et Junts « nous avons un accord », … NON, ce n’est qu’un arrangement « prim » pour éviter de nouvelles élections à l’évidence inutiles ; en catalan « prim » veut dire mince, maigre …
Cette mise en évidence du seul scénario possible étant posée, malheureusement plus que de besoin, … reconnaissons qu’un trait a profondément troublé après l’ 1-O. Nous n’étions pas prêts, à l’inverse de ce que plusieurs « responsables » affirmaient à la tribune en plénière de l’Universitat Catalana d’Estiu à Prades l’été précédent ! Ceux-là l’ont affirmé en plénière alors qu’Elisenda Paluzie, Présidente de l’Assemblea, avait du se contenter en fin de journée d’une salle de cours, mais bondée et du fait élargie à deux salles ; et cette dernière y avait justement développée avec réalisme les stratégies utiles.Ce constat pose question, malgré une culture de haut niveau si riche  partagée à tous niveaux ?
Si le chemin est celui de la lutte frontale, il est indispensable de savoir pour quoi. 
Il est indécent de jouer avec l’espoir des peuples., … mais il est nécessaire d’amener les conditions concrètes des négociations entre eux (car les peuples sont différents), et sinon … Il n’est pas légitime d’envoyer les gens au front comme des Marie-Jeanne (les soldats des premières lignes sacrifiés des guerres d’anciens régimes (anciens … ?).
La Catalogne ne peut être seule, elle a besoin d’alliés solides, sur un projet global de société. En Europe et au-delà, même si on ne compte plus les petits États, les Régions, les juridictions, les entités, qui appuient son processus d’indépendance ; l’UE en soi a manifesté, par son silence, son retrait de fait, évidemment du fait du poids des États français et espagnols.
Vicent Partal dans son éditorial « taulers » évoque l’hypothèse, quand l’Écosse vise l’UE, du nouveau Réseau mondial où s’inscrirait par exemple la Suisse, la Grande-Bretagne … À étudier, auquel cas cette UE n’aura plus que ses larmes pour gémir quand l’indépendance sera effective.
Quels alliés solides à l’extérieur, soit pour quel projet, projet de société, partant de gouvernement, au-delà de l’engagement dans l’avènement de la République indépendante, … au-delà de la seule communication politique.


Michel André Vallée, … prise de parole le 20 mai 2021, à l’hora solidaria.

I’INCONTOURNABLE GUERRE

Toutes et tous s’accordent qu’il conviendrait d’appeler « un chat … « un chat », soit voir et dire les réalités d’ici et maintenant telles qu’elles sont.
Hormis les « médias à la botte », que quasiment toutes et tous ont depuis longtemps identifiées, il est début 2021 couramment reçu que nous sommes (toute cette planète) depuis la fin du XXè siècle engagés dans un processus complexe de mutation de civilisations.

Certes la Chine va achever d’ici peu le dépassement de ses humiliations par l’Occident au XIXè (siècle), et ne peut qu’être reconnue première puissance mondiale ( ce qu’elle est en fondements déjà). Mais, à moyen terme, son « système » de contrôle de la société ne pourra durer tel, … ne serait-ce que parce que les jeunes générations se sentent moins concernées que leurs ainées par l’histoire passée toute la durée du XXè siècle..

Certes l’islamisme radical va continuer quelques temps de séduire des populations que l’on aura pris soin d’éloigner d’une culture générale correcte des histoires de cette planète, et l’un ou l’autre « Consul » vont encore tenter de jouer le rôle du Sauveur, mais l’évolution des technologies est si rapide que plus aucun contrôle dictatorial ne demeure durablement possible. Nasser a échoué (ce n’était pourtant pas un mauvais bougre), Erdogan échouera (celui-la n’arrive pas à la semelle de Nasser).

Un Biden qui a eu l’intelligence stratégique de replacer en deuxième cercle les mouvements progressistes de son Parti et ainsi obtenu la confiance des électeurs des States afin d’engager ensuite un New Deal version 2021, joue très gros en escomptant repositionner les rapports de force planétaires. Il peut obtenir des résultats temporaires en sortant de l’absurde « pensée unique » TINA » (le there is no alternative de Thatcher et Reagan)), … mais il est trop tard, les manettes ne reviendront plus aux seuls USA (même si le dollar US perdure un peu).

Quand à l’Europe, tristes nous sommes toutes celles et ceux qui, conscients des acquis terribles de l’histoire, y ont crus. Les structures dominantes, au fond avec du recul sur le temps, ont en fait toujours été « hors sol » soit décalées de leurs peuples et ont sabotées l’élan magnifique d’après-guerre. Les mentors d’éthique ont été, avec toutes leurs énergies, mais rien n’y a fait. Le couple tracteur franco-allemand, qui avait entraîné toutes les autres cultures, est en train de se délier ; … les lobbyes des multinationales l’ont emporté, … ce qui disqualifie Bruxelles aux yeux « des peuples ». De partout, on ne peut que sourire avec condescendance des gestes bisounours et minimalistes de ce semblant d’Europe, encore trop « couchée » sous les States, … paralysée par des règles absurdes telle l’unanimité des voix des États pour les engagements importants.

Il va lui falloir encore plusieurs crises violentes (car les rapaces cupides s’accrochent), avant qu’Europe ne prenne sa place, de l’Atlantique à l’Oural, … Alors la menace des intégrismes du Sud passera dans l’histoire, … mais que de sang et de larmes d’ici là !

Les deux continents du Sud, Afrique et Amérique latine, montent droit vers leurs identités spécifiques. Mais au travers de quelles séries de violences, de dictatures alternatives plus ou moins masquées, des effets de résidus d’exploitations ! Les ex-dominants du Nord seront surpris quand ces identités s’exprimeront ouvertement. La nouvelle DG de l’OMC est une femme nigériane (d’une pierre deux coups), elle est loin d’être seule aux manettes.

À court voire moyen terme, presque toutes les « démocraties » traversent des crises de fracturations internes profondes, dépourvues de logiques de critères suffisamment partagées, qui laissent présager des états de guerre civile. Appels à la désobéissance civile « non-violente » contre réactions de « zéro tolérance », toutes deux contre les outrances de populations de fait hors état de droit.

Tout cela imprégnera-t-il dans nos sociétés un peu de sagesse à temps avant que la destruction « non-stoppée où à la marge » des écosystèmes de notre Terre ne soit devenue inéluctable ? Ceux qui critiquent avec condescendance la jeune autiste (en l’occurrence surdouée) Greta nous font tristement sourire. La densité en CO2 enregistrée en altitude à Hawaï continue de grimper et nous ramène 15 millions d’années en arrière. Une partie importante de cette planète ne sera plus vivable avant la fin de ce siècle.

En l’état des « paliers » de conscience moyens des populations ( tristes résultats en partie des « efforts » d’éducation insuffisants de nos « gouvernements »), la confrontation aux enjeux apparents par trop de médias à la botte (qui ne méritent plus la qualification de « journalistes »), les appels au conflit guerrier sont omniprésents.
En effet, de nouveau, Est – Russie / Ouest – « Occidentaux » au plan européen (Pologne et Baltes et Ukrainiens et Biélorusses s’y activent) ; au Moyen-Orient (poudrière encore brulante) Iran et Israël et Arabie Saoudite et Turquie … et les autres; plus à l’Est, Chine face à Taïwan et au Japon et quelques autres Nations.
Pardon de ne pas toutes les évoquer. Les déclencheurs partiront de n’importe où . Le vrai seul problème premier « reçu » de celles et ceux « qui en sont » est la surpopulation mondiale. Les pandémies ne vont pas « suffire » à « faire le job ». Et là, « ceux qui en sont » sont prêts à tout, … sous-prétexte de bonne compréhension des vrais enjeux entre initiés. Juste ensuite, la projection de voir se rapprocher le délitement des privilèges.

À certains qui pourraient réagir en mode « pensée unique de gouvernance » en pointant dans ces propos une attitude complotiste, … recommandons la lecture dans Le Monde diplomatique N° 735 de Juin 2015 de l’excellent dossier sous la direction de Fréderic Lordon « Vous avez dit complot ? ». Ce dossier démonte ce procès d’intention trop facile.

Certes, les initiatives « autrement » depuis ces dernière décennies se multiplient, et présentent déjà des résultats encourageants, dont en terme socio-économique. MAIS les castes qui se considèrent, où que ce soit sur cette planète, « au-dessus des masses » ne peuvent les considérer, ni avec humilité en tirer enseignements, expérimenter et généraliser.

Aussi, terriblement, OUI, une guerre de dimension mondiale ou plusieurs guerres terriblement dévastatrices simultanément, semblent incontournables. La guerre a toujours été une « solution » dure mais mentalement facile depuis des millénaires pour l’engeance des humains, toujours sous prétexte de « meilleur ».
En théories des conflits, on parle d’abord « tensions », antagonistes et synergiques, selon des dynamiques complémentaires. En l’état cela fait longtemps un peu partout que les simples tensions sont dépassées, et les négociations engagées pour la plupart inopérantes voire irrecevables.
Là, en mai 2021, la guerre est et peut se déployer partout sur cette planète, n’importe où !

Michel André Vallée 5 mai 2021