Les 5 POURQUOI. Cette pratique ne fonctionne-t-elle plus ?

Nous avons souvent utilisée avec succès, pour non pas trouver « une » réponse, mais aller loin au cœur des causes d’un problème semblant difficile, la technique consistant à poser jusqu’à 5 fois de suite, question après réponse après question, le « Pourquoi ? ». Souvent, la réponse juste tombe avant le 5ème « pourquoi ? ».

Alors, ce dimanche 17 mars, au lendemain de ce samedi 16 mars, essayons.

Des milliers de Gilets jaunes continuent de manifester dans de nombreuses villes de France (mais aussi d’autres villes d’Europe) tous les samedis depuis le 17 novembre dernier (mettons à part les « casseurs » qui tentent médias à la botte à l’appui de plomber le mouvement et relèvent d’autres problématiques qu’il convient effectivement de traiter par ailleurs dont avec rigueur). 120000 personnes, en majorité catalans, se déplacent et manifestent hier à Madrid, après avoir tenu des manifestations dépassant le million d’acteurs en Catalogne toutes ces dernières années. 300000 jeunes et moins jeunes manifestent dans presque toutes les villes de France et un peu partout en Europe sur le thème prioritaire du climat. Les anglais ont voté le Brexit (et ne s’en sortent pas), et les écossais sont prêts à refaire un référendum si le Brexit est effectivement acté. Les polonais aussi sont descendus dans la rue comme on ne l’avait pas vu depuis Solidarnosc. Ect, etc, etc. POURQUOI ?

Parce que les populations n’en peuvent plus, au moins en Europe.

Elles n’en peuvent plus en France d’une chute continue qui a fait passer depuis les trois derniers mandats présidentiels du 5ème rang au 15ème à 40ème rang selon les critères d’évaluations, en même temps que les soi disantes « élites » fonctionnent « décomplexées » hors sol (= dans l’ignorance apparente des réalités de vie quotidiennes), et que toutes les conditions de vie se dégradent (croisement des analyses, ouvrages, panels à la télé … d’origines culturo-politiques diverses).

Parce que la majorité (désormais plus de la moitié) des catalans du Sud (c’est à dire au sud des Pyrénées), ne veulent plus être traités comme une colonie par une Espagne qui a trahi la Constitution « temporaire » de sortie du régime franquiste et qui est revenue sur l’autonomie mise en place au lieu de la développer, donc qui renoue avec son histoire millénaire en se voulant indépendante.

Parce qu’une proportion croissante de la jeunesse européenne, abondamment informée par internet, n’accepte plus de rester passive devant le désastre de toutes nos conditions environnementales, sait que les gouvernements pourraient avec une autre qualité de volonté et du courage faire bien plus, constate que les mesures prises sont à minima alors que toutes les connaissances utiles et nécessaires sont disponibles, donc à la fois ne croie plus aux soi-disant bienfaits de la mondialisation et ne fait plus confiance à l’ensemble des gouvernances de chaque Pays et européennes. Cette jeunesse refuse, par exemple, pour elle et ses enfants à venir, les pandémies annoncées du fait de l’inefficacité croissante des antibiotiques, … et ne croie plus que la science va « trouver » les solutions.

Parce que les anglais, dont l’intelligence « perverse » a toujours su depuis Elisabeth 1 tirer parti avantageux des failles de tous les « autruis » qui l’entourent (en Europe comme au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique orientale … si on met de côté la perte des USA devenus ensuite les « cousins »), ne savent cette fois plus où est leur avantage ! Et chez eux comme chez nous, les classes moyennes, ciments des « vraies » démocraties (il n’en est plus sauf dans de petits Pays tels l’Islande), se voient laminées et réduites au « vers le bas ».

Parce que la moitié des polonais n’acceptent pas un drastique retour en arrière culturel et la négation d’une démocratie si récente et si chèrement payée.

Second POURQUOI ? : Pourquoi donc tant en France, qu’en Espagne, qu’en Grande-Bretagne, qu’en Pologne, et dans de nombreux autres Pays d’Europe, les gouvernements avancent-ils à marche forcée à l’inverses des choix et intérêts des populations. Même en Allemagne réunifiée, pourtant apparemment devenue leader de l’UE, la Chancelière est mise en minorité et les Partis traditionnels se déchirent, quand un bon quart de la population vis en-dessous du seuil de pauvreté !

Parce que la « vieille Europe » (comme me le disait amicalement un vieux copain québécois) n’a pas réalisée l’Union politique, la Fédération réelle des Etats-Unis d’Europe, et s’est laissée dominer par les puissances financières internationales et l’utopie de la mondialisation.  Parce que dés l’époque d’un Mendès-France (années 60), elle a mis au panier le projet d’Armée unique, et c’est couchée sous l’OTAN et sous le leurre du Plan Marshal, avec lequel les Etats-Unis, et les « cousins » de Grande-Bretagne complices, ont achevé de structurer une Europe de l’Ouest colonie économique, … donc qui ne devait surtout pas redevenir la première puissance mondiale, mais « seulement » demeurer le premier marché mondial, pas plus (ce qu’elle est encore pour seulement quelques temps). Cette vielle Europe a fait l’erreur de signer Maastricht, entérinant ainsi la domination de la « valeur » argent, … non pas : « Finances ». Elle a  dénié sans vergogne les choix de quelques peuples qui ont tentés de sortir un peu du songe (référendums français et hollandais déniés à Lisbonne, etc…). En choisissant la mondialisation financière, la CE a délibérément choisi de tout mener discrètement, en contrôlant soigneusement ses médias, « vers le bas », soit la systématisation du retour sur investissement uniquement financier court terme !

Troisième POURQUOI ? : Mais pourquoi la mondialisation l’a-t-elle à ce point emporté, malgré l’existence d’une culture générale « de haut niveau » partagée par des centaines de milliers de compétences en tous domaines, et de millions de gens qui ne demandent qu’à travailler pour gagner leur vie à vivre dans la dignité ?

Dés les années 70, il était possible de commencer à constater le pouvoir sur les administrations d’États des premières grandes multinationales, et « simultanément », la domination progressive, discrète mais systématique, d’une « pensée unique », la conception (les neuroscientifiques et une partie des psychosociologues parlent de paradigme de représentations) « néolibérale » de la soi-disant réalité économique affublée d’une qualification d’universalité.  En Occident (Etats-Unis et Canada + Europe de l’Ouest puis de l’Est + Japon et Australie (mais avec quelques nuances)), tous les futurs dirigeants, publics comme privés, ont été formés à ce paradigme des sociétés de rentabilité financière court terme, … notamment marqué par la chasse aveugle à la réduction des coûts et la priorisation systématique et sans appel toléré de la rémunération du capital sur le travail et l’investissement de RD.

Bien entendu, partant de civilisations de pensée multiples (tout aussi naturelles et vitales au genre humain que l’évidente biodiversité), les mouvements alternatifs se sont multipliés mais, tout en servant de faire valoir (apparence trompeuse d’une démocratie) tant que minoritaires, leur expression a été systématiquement réduite voire chassée dés qu’ils semblaient remettre sérieusement en cause cette pensée unique gérée pour devenir dominante. À preuve la chasse aux lanceurs d’alerte (les héros de notre temps) et aux journalistes d’investigation. Depuis les années 70, en presque un demi siècle, quoique nous ayons été des centaines de milliers à faire, chacun là où il s’est trouvé, le modèle dominant s’est imposé, les investissements d’Instituts, de thinks tanks, d’administrations parallèles, de lobbies, n’ayant jamais manqué des ressources nécessaires pour contrer toutes avancées alternatives « vers le haut ». Résultats : l’éducation générale est redevenue réservée à une soi-disant « élite » (bien entendu les ascenseurs sociaux ont disparu et les jeunes diplômés démarrent endettés pour plusieurs décennies donc dépendants), les compétences de base ont été coupées en fines tranches privant les professionnels de leur rapport de force face aux détenteurs de capitaux, la santé des populations est devenue dépendante des produits des grandes multinationales pharmaceutiques, … et enfin il ressort tout récemment enfin que du fait de la pollution mondiale (terre, eau, air) le quotient intellectuel moyen baisse déjà au delà de cinq points (ce qui est énorme),etc, etc, etc

Quatrième POURQUOI ? Alors, quand on sait que toutes les connaissances pour gérer la planète et nos sociétés autrement sont connues, et que les gouvernances se trouvent devant un tel désastre déjà en cours, rien n’y fait ?

L’oncle Picsou, il est assis sur sa montagne d’or et continue à n’avoir pour seule idée qu’à accumuler, aux dépends de quoi que ce soit d’autre. Rappelle (pardon de me répéter) les « grands » financiers du temps de la Régence et de Louis XV qui disaient déjà « décomplexés » : « après-nous le déluge » ! Depuis une ou deux décennies, il a été bien obligé de parler et écrire sur Bilderberg, l’assemblée annuelle encore discrète où sont invités et adoubés les futurs dirigeants prometteurs du monde occidental, et qui fonctionne de pair avec la Trilatérale et la vitrine de Davos. Signalons que le Président français Macron a été le plus jeune coopté invité à Bilderberg ! J’imagine (pardon de me répéter) qu’une structure aux mêmes objectifs doit exister en Chine (déjà la nouvelle première puissance mondiale avec son alliée la Russie). Mais derrière Bidderberg & Co, dans l’ombre, sont les grandes puissances financières multinationales, dont les grands clubs de  lobbies et clans militaro-industriels ne sont que des outils, où les puissances du pétrole ne sont qu’un des volets (mais pas le moindre), où les finances mafieuses du crime jouent un rôle (de l’ordre de 20 à 25 % de la finance internationale). Ce que j’appelle le Deep Power. Pour cette micropopulation qui tient les reines, plaçant les dirigeants de nos États apparemment « aux manettes », le principal problème est devenu la surpopulation croissante, thème repris par l’ONU (le « machin » selon De Gaulle), mais sans renoncer au paradigme actuel qu’ils ont mis un demi-siècle à installer, et dont le rendement financier court terme est devenu tel qu’il semble irréversible. Et pourtant leur vitrine de Davos depuis quelques années annonce le danger de révolutions sociales, lesquelles justement émergent (début de l’article).

Alors cinquième POURQUOI ? Comment espérer passer à côté des dégradations croissantes de nos écosystèmes ?

Ben, en partant ailleurs sur d’autres planètes, et en abandonnant les multitudes de celle-ci à leur sort. Car cette caste fait confiance à la capacité de se protéger dans des zones privilégiées, par exemple en Nouvelle-Zélande ou au Kamtchatka (pourtant deux zones fortement sismiques), et disposer des ressources financières pour acheter le ticket de départ aller simple. Bien entendu c’est absurde, car dénué de toutes projections réalistes à long terme, … mais nous n’avons à faire là qu’à des jouisseurs, ni des politiques ni des philosophes de bonne tenue.

Vraiment, à ce niveau, sauf à changer radicalement de registre, il n’y a plus de cinquième question pour approfondir et enfin comprendre.

J’ai bien dis RADICALEMENT. Nous y sommes, et toutes ces populations qui se soulèvent le savent ou au moins le sentent. Le changement de pente de notre civilisation vers tout autre choses approche, est proche.

Quoi faire pour notre multitude qui va rester (et probablement eux aussi) ? Dans l’attente, cette microcaste ne dispose que d’une solution classique de classique, la guerre. Ses soi-disants dirigeants « aux manettes » s’y préparent d’ailleurs, vue les accroissements des budgets. La guerre, cela « nettoie » et garantie justement des résultats financiers court terme conséquents (destructions, réduction des populations à alimenter, reconstructions). Facile d’observer l’entretien actuel des foyers préconflictuels.

Sinon, préparons nous tous, chacun et dans les collectifs qui se présentent à nous et nous conviennent, à traverser la phase de mutation déjà engagée, sans illusions, sans dépendances archaïques, debout.

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