LE DÉNI

Hier soir dimanche 1er septembre (déjà !) ARTE a donné le film « Sous le sable », de François Ozon en 2000, avec Charlotte Rampling et Bruno Crémer. À nos yeux un chef d’œuvre quand à la qualité cinématographique et au jeu des acteurs (toutes et tous), pas un cheveu de travers, mais surtout car c’est la plus exacte démonstration que j’ai encore trouvé de ce qu’est le déni. Dénier est tout autre chose que simplement nier. Nier est une simple tactique, dénier est un mécanisme construit apparemment « sincère ».

Cette femme ne peut accepter que cet homme ai disparu, et ce à un « moment » où elle n’a pas été présente, comme d’habitude au fond. Elle s’introjecte (mécanisme de défense le plus répandu après la projection) qu’il n’a pas disparu, qu’il n’est pas mort, car elle dénie la réalité de son propre jeu dans ce couple, … jeu évidemment inconscient. Nous savons que nos inconscients nous « gouvernent » bien plus que nos conscients mentalisés.

En fait, elle exprime (inconsciemment) la banalité qu’en croyant l’aimer, c’est elle qu’elle aime. Cela se passe là dans une bourgeoisie à l’aise, mais dans la réalité sociale se trouve dans tous les milieux. Et cela est un réel quasi-universel, presque tout autant que la mort est une des seules certitudes pour les vivants, et que la vie de chacun est en soi solitaire (ce qui ne contredit en rien les phénomènes de couples, de collectifs, de masses).

Cela lui coûte déjà cher à plus d’un titre dans le film, et continuera plus tard en pire dans sa vie, tant qu’elle ne sortira pas de ce double déni : il n’est pas mort + je n’y suis pour rien.

Un chef d’œuvre de film, mais aussi de psychosociologie, et de psychiatrie « ordinaire ». Partant de pédagogie pour tous.

Remarque : le déni est une pathologie non seulement pour les individus –personnes, mais aussi pour les collectifs (nous sommes les meilleurs !), pour les gouvernements des États (le vrai peuple nous aime, en tout cas la majorité, … contre tous les retours qui attestent du contraire), …

Se connaître dans les réalités, une des tâches les plus difficiles, … encore plus dans un temps de crise-mutation comme actuellement.

Et pourtant, le drame a eu lieu sur la côte atlantique au large de Mimizan, lieu de baignade connu pour être dangereux malgré les apparences, et le corps sera retrouvé avec des objets attestant l’identité du porteur.

La dernière minute du film relève du génie : bien observer la trajectoire de la course. Une fine touche des délires du déni.

Mireille et Michel André Vallée  –  1er septembre 2019

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