Une stratégie utopique pour l’Europe attendue ?

La CE et le Parlement européen ont donc décidé d’un investissement massif sur plusieurs années pour repartir d’un meilleur pied. MAIS deux des États membres, rejoints par un troisième, bloquent la mise en œuvre car les versements sont conditionnés au respect dans les textes et à la pratique dans les faits du minimum de l’état de droit !

Si ces trois États réussissaient, c’est à dire si la CE et le Parlement baissaient la garde, l’Europe qui n’est déjà plus la rêvée ni l’attendue, qui s’est diminuée à Maastricht puis à Lisbonne, achèverait de se coucher.

Quel trait permet à ces trois États de se comporter ainsi : la règle institutionnelle des grandes décisions devant être prises à l’unanimité ! Depuis le début cette règle, instaurée dans un esprit de naïveté qui étonne le bon sens, est absurde, car ne pouvant mener un jour qu’à la paralysie ; c’est le cas.

« On » objectera que cette règle est nécessaire à l’adhésion d’États (soit un concept différent de celui de Pays) qui restent foncièrement attachés à leur souveraineté. MAIS, outre que cette souveraineté ne correspond plus aux réalités de leurs réelles autonomies, ce trait absurde montre bien que l’Europe se refuse encore à être véritablement fédérale.

Comment sortir de l’impasse sans céder à un mauvais compromis, mauvais en regard du minimum d’état de droit, puisque nous tenons à cette valeur en voulant même plus ?

Je vais passer pour encore plus utopiste que d’aucuns ne le pensent probablement déjà. Pas grave car, concernant le projet Europe, il importe de projeter loin.

Nous nous rappelons peut-être de la façon dont la Suède, Pays membre de l’UE et qui présente de l’avis de beaucoup tant de qualités (y compris dans sa politique de gestion de la pandémie actuelle), a procédé pour changer en une nuit de système public.

L’accord de la majorité du Parlement a été nécessaire, si ma mémoire ne me trahit pas. La veille tous les contrats de travail ont été annulés, le lendemain tous ont été renouvelés avec les modifications de statut convenues. Point dont acte.

Pourquoi ne pas procéder de même et décider, à la majorité et non plus à l’unanimité :

1 – dissolution volontaire de l’UE et de la CE.

2 – entre minuit -1 minute et minuit + 1 minute, recomposition de cette UE selon les ajustements nécessaires. Pas besoin de pompes somptueuses trop coûteuses.

Ce qui permettrait d’un coup de : affirmer l’obligation de respect et de pratique d’un état de droit incluant a minima les grandes déclarations internationales sur les droits ; supprimer toute références à l’économie de marché et au néo-libéralisme (dont la nocivité létale est démontrée) ; affirmer la laïcité comme principe fondamental ; décréter l’institution d’une armée européenne intégrée (éradiquant du même coup l’OTAN devenue notoirement inutile) ; placer la BCE au service des politiques communautaires.

Les gouvernements ACTUELS de Hongrie, de Pologne, et de Slovénie ne nous offrent-ils pas cette magnifique opportunité ? Ainsi j’aurai la chance de voir une étape significative de l’Europe attendue avant de changer de monde. Significative seulement car il est d’autres changements importants à assurer, mais ce sera aux opportunités adéquates.

Michel André Vallée              26 novembre 2020

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