Hommage à David Cornwell, alias John Le Carré

Cette période de l’automne-hiver 2020 est aussi marquée par le départ de nombreux Grands. ceux qui ont été des exemples, des maîtres, de ma génération (soit 10 à 20 ans de plus quand j’en aligne 75), sont de moins en moins nombreux de ce monde. Une des fenêtres de plus de « mon temps » qui s’éloigne.

John Le Carré, de son vrai nom David Cornwell, est de ceux-là. 89 ans, c’est déjà pas mal, chapeau, surtout ayant exercé ce métier.

Car c’est un « métier de seigneur », au propre et au figuré. Il se disait écrivain avant d’être espion. S’il n’a été espion, sous couvert de Foreign Office (classique), que « peu de temps », cela ne résulte que de la mise à jour de Philby (agent de haut vol de l’ex-KGB), lui David-John n’en a pu mais, alors qu’il a exercé sa responsabilité avec « intelligence ». Il faut être trempé, au ventre, au cœur et à l’esprit, pour exercer « comme si de rien était », et savoir avec honneur gérer « tranquillement » la peur et le trac (une des formes les plus efficace du stress). On y est engagé « au service », que cela soit d’un État-Nation, ou d’une cause. David était résolument Européen.

Écrivain donc, dans la succession de Joseph Conrad et Gilles Perrault (entre autres bons). Bon, sauf qu’il assure, en matière de renseignement et action, la riche lignée qui utilise le roman comme support documentaire, le roman permettant (encore pour quelques temps) de dire et écrire ce qui est. Tous ses romans, sauf les tous premiers policiers de jeunesse pour se faire la main, en témoignent. Pour la conscientisation du bien commun, David-John a délibérément (ses deux derniers « romans » en témoignent) explicité la réalité des enjeux internationaux et rapports de force concrets, de réelle actualité, par ce canal du roman : miracle donc de montrer le réel aux braves gens qui sont assez fins pour comprendre, … quand trop de prétendus « responsables » jouent.

Sauf que le dernier (« Retour de service ») explicite l’honneur des braves et l’honnêteté intellectuelle et éthique. Smiley vit donc bien sa retraite en Allemagne, … et son équivalent russe en Tchéquie (ce qui ne m’étonne pas).

Aucun roman de trop, tous pertinents dans la formation des agents et officiers traitants, ainsi que pour notre information générale à nous les braves gens. À preuve en regard de notre contexte de 2020, au moins deux ouvrages précurseurs (plus les deux derniers publiés) : « La constance du jardinier » pour voir clair sur Big Pharma (vaccins … pour beaucoup beaucoup d’argent sans la santé), et « Un homme très recherché » pour le terrorisme islamiste facilité d’une part par la naïveté dangereuse des bobo bisounours d’autre part la vulgarité d’analyse et d’action des « cousins » des States. Mais avec l’épisode Trump/Biden tous peuvent bien voir ce qu’ils sont.

Bien entendu je les ai tous dans ma bibliothèque, sauf un que j’ai prêté (à tord) et qui n’est jamais rentré, racontant un tailleur à Panama, apparemment farfelu mais pourtant totalement réaliste du quotidien des petites mains obscures de ce beau noble métier.

Merci, John, pour cet apport au bien commun, et à la Connaissance.

Michel André Vallée 14 décembre 2020

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