De gigantesques parties de Go planétaires à venir

Elles sont en cours : le climatique et les COP successives (cette fois, fin 2019, il paraitrait que personne ne peut plus échapper aux constats et que les États vont bien devoir sortir des discours d’intention pour agir plus radicalement ?), la suite des embrasements et redistribution de cartes au Moyen-Orient (dont personne ne peut encore escompter les conséquences pour tous ?), …

Sur ce blog figure aujourd’hui un nouveau texte de fond consacré à la montée en première puissance de la Chine avec l’hypothèse que ce jeu géopolitique planétaire exceptionnel tient à la pratique, naturelle pour les chinois, du jeu de GO. Ce long texte a servi de base à conférences.

Puisque la Chine, avec notamment l’installation des nouvelles routes de la soie, installation planétaire bien au delà de sa confrontation en cours avec les States, a engagé cette globale partie de Go, c’est que les autres acteurs, dont les européens, y sont aussi engagés. Car la note sur la Chine dit bien qu’au delà de l’économique et la logistique commerciale, c’est une partie au niveau de la civilisation qui est engagée.

La Chine part sur un considérable avantage, c’est qu’elle est homogène en tant qu’acteur de la partie, alors que, nous, sommes dispersés. D’autant que la Chine a des alliés sur les bords du go-ban (le damier), notamment la Russie.

Pourquoi ne nous mettons-nous pas en ordre de bataille pour continuer la partie ? Quelles sont (et non seraient) les conditions pour restructurer nos marges de manœuvre ? Car ne l’oublions pas, dans l’esprit stratégique du Go, vers la fin d’une partie, les deux acteurs ont TOUS DEUX évolués dans leur identité. Ayant réalisé par le jeu chacun leur dessein au mieux, la configuration résultante ne correspond jamais au projet initial de chacun, … et tous l’acceptent car c’est !

Mais, là comme pour tant d’autres enjeux majeurs, les européens (la Russie de l’Ouest est en Europe) auraient besoin d’être passés d’une CE des nations exclusivement néolibérale ouverte à tous les vents à une Europe Fédérée des Régions (en fait autant d’État tout comme ceux constituant les States ou les Lands allemands par exemple). À quand la prochaine Greta pour nous dire cela en pleine figure ? Combien de morts à payer pour y aboutir ?

Car, tous les traits qui font la puissance actuellement bridée partant réduite de l’Europe (dont la Russie de l’Ouest, la Chine se chargeant déjà de la Sibérie), traits dont la gouvernance chinoise actuelle a bien compris les potentiels, ne demandent qu’à s’exprimer, refleurir. Les peuples « en ont marre » du système occidental actuel qui épuise les mondes.

Alors pourrions-nous voir la sagesse du Tao se marier à l’humanisme d’un Érasme, d’un Llull, d’un Spinoza, d’un Jung, d’une Arendt, d’une Klein, d’un Morin …? Et l’athéisme de rigueur au PCC actuel être remplacé par la laïcité d’ici, tolérante et ferme à la fois.

Michel André Vallée, 3 décembre 2019

Passages vers l’ère à venir

Cher lecteur, vous trouvez sur le côté de la page d’accueil l’accès au format pdf de l’essai que je viens de publier hier, 23 octobre 2019, avec le titre ci-dessus. Ce nouvel essai complète « Élargir notre conscience au Multivert » (publié début 2013). Le mot le plus significatif de ce titre est PASSAGES. En voici la première page, de repères, et le « programme »:

QUELQUES REPÈRES AVANT LE « PROGRAMME » DE CE TRAVAIL

Nous sommes en 2019, la cause est entendue et se confirme dorénavant  année après année, presque mois après mois : le genre humain, sur cette planète Terre, traverse une mutation de civilisation, bien au-delà d’une crise, depuis au moins les années 1990.

Des auteurs de renom en diverses disciplines, s’exprimant dans ce sens, se complètent ces récentes années : Ervin Laszlo en 2009 avec L’Expérience akashique, Joseph Stiglitz en 2010 avec Le Triomphe de la cupidité, Edgar Morin en 2011 avec La Voie, Hervé Kempf en 2013 avec Fin de l’Occident naissance du monde puis en 2017 avec Tout est prêt pour que tout empire, Naomi Klein en 2015 avec Tout peut changer, Pablo Servigne et Raphaël Stevens en 2015 avec Comment tout peut s’effondrer, Michel Onfray en 2015 avec Cosmos, puis en 2017 avec Décadence, puis en 2019 avec Sagesse, Jean_Pierre Chevènement en 2016 avec Un défi de civilisation, Paul Jorion en 2017 avec Survie,  Hubert Védrine en 2018 avec Compte à rebours, Bernard Stiegler en 2018 avec Qu’appelle-t-on panser ?, Yuval Noah Harari en 2018 avec 21 leçons pour le XXIe siècle (après Sapiens en 2015 et Home deus en 2017), Barbara Stiegler en 2019 avec Il faut s’adapter, Kai-Fu Lee en septembre 2019 avec I.A. la plus grande mutation de l’histoire, Jeremy Rifkin en octobre 2019 avec New Deal Vert mondial.

J’aurai pu remonter bien avant dans le temps. La plupart des ouvrages cités sont en langue française, mais en d’autres langues (anglais, allemand, russe, espagnol, probablement chinois), les ouvrages abondent de même, si l’on en croit plusieurs newsletters et revues. Bien entendu, si ces ouvrages ont été publiés ces dix dernières années, c’est qu’il ont été écrits avant, donc pensés et préparés encore avant, donc les constats qui les ont fait germer encore auparavant, ce qui nous mène bien aux années 1990.

En toute humilité (comparé à ces grands auteurs), l’essai Élargir notre conscience au Multivert , que j’ai publié gratuitement sur Internet début 2013, je l’ai écrit de 2007 à 2012 à partir de constats remontant à 1983, … quand une synchronicité d’évènements (dont le revirement politique en France mais simultanément d’autres bouleversements) ont générés un élargissement considérable des regards sur « les choses de la vie ».

En préface de cet essai figure un rappel du synopsis d’introduction de l’essai Multivert. Ce titre Multivert se voulait correspondre à la complémentarité des physiques reçues, ou « dures », d’avec les physiques de plus en plus subtiles qui peuvent nous mener jusqu’à l’énergie infinie primordiale. Cette complémentarité est symbolisée par une représentation de nos ancêtres celtes, qu’ils appelaient Multivert. Soit « Multi » pour les « multivers » intriqués tels que les appellent dorénavant les astrophysiciens, et « Vert » en reconnaissance et respect de la Nature dont nous sommes.

Chaque partie ou chapitre ne prétendront bien entendu pas à l’exhaustivité sur son thème ni sur les exemples cités, loin de là. À ce jour, il est impossible de trouver une source ou un auteur pertinent capable de prédire de façon instruite à quoi ressemblera la civilisation À VENIR, alors que nous venons d’entrer dans le chaos. Aussi cet essai tente de proposer une trame qui essaiera de faire sens, sens qu’y verra chacun par son tissage de fils choisis. Cette trame comprend des PASSAGES pour traverser ce temps de mutation, au moins s’y préparer.

Bien entendu, les échanges et débats auxquels il pourra ouvrir sont bienvenus. Plusieurs canaux figurent en fin d’ouvrage. On y trouvera aussi l’intégral de l’essai Multivert.

PROGRAMME    cet essai va tenter de suivre la progression suivante :

LES PRÉALABLES

Retour sur le synopsis d’introduction de Multivert  (2012-2013)

AVANT … L’EN COURS

– 2 millions d’années en arrière

– Perturbateurs endocriniens et Quotient Intellectuel (Q.I.)

– Perte de l’effort et dégradations

LE CHANGEMENT DE CIVILISATION … EN COURS

– En France, des chocs qui réveillent

– « État de la nation » (de cette planète, notre « village »)

ATTITUDES RECOMMANDÉES

– Éviter le «  bisounours », et le côté obscur de la pensée positive

– Intégrer, plutôt que (et au-delà de) réguler

 COMPRENDRE

Face à Gaïa, l’écosystème, dont climatique, seul thème global

– Au cœur du désastre, quelles sorties ?

– Violence ? , violences ?

– Rejet-haine du « juste »

– L’épisode pré-1789 et pré-1905 des Gilets Jaunes en 2018-2019

 VOULOIR

– Changement de paradigme

– Synchronicité globale de synchronicités 

 AGIR

– À quoi joue donc « l’énergie » ?

– Mythe du phœnix, la résilience, … et pourtant, …

– Identification de PASSAGES

– Aux plans politiques à CMT, la Chine, les intégrismes, l’Europe

– Et, juste après le moyen terme

EN LIEU ET PLACE DE CONCLUSION

– Quelques traits de la prochaine civilisation ?

– La prédiction d’un prophète du siècle dernier

– L’accélération du tempo de la musique

Présences au fil de cette vie-ci

Sources

Bibliographie succincte

ISBN 978-2-9544891-1-7

Deux messages sur mon mur de Facebook ce mardi 24 septembre 2019 : lien entre les deux ?

Premier de ces messages :

La chute de Thomas Cook … !
La presse verse des larmes de crocodiles pour les 600000 touristes à rapatrier. Certes très désagréable pour toutes celles et ceux qui sont piégés par la faillite du plus ancien voyagiste britannique (178 ans). Mais l’analyse économique de la mondialisation du tourisme aurait dû prévoir ce type d’évènement. Ce n’est que le début du renversement de l’iceberg. MAIS, quoi dire de toutes les populations sur toute cette planète qui ont tout misé sur le tourisme de masse low cost ou pas low cost pour un peu mieux vivre. Ils seront abandonnés pour la plupart, avec la non-éthique des gouvernances actuelles. C’est la mondialisation néo-libérale « décomplexée » qui une fois de plus est en cause.

Second de ces messages :

L’affaire Greta Thunberg ?

Il est des contextes dans l’histoire où un personnage inattendu sur un contexte global entendu amplifie toutes réactions, quelle qu’en soit l’orientation. En l’occurrence, toutes les diverses réactions sont plus ou moins émotionnelles, car effectivement TOUT est en jeu, et chacun est consciemment ou subconsciemment touché. Aussi les diverses réactions sont toutes intéressantes en ce sens que l’amplification explicite des signatures. C’est éclairant, et chacun peut plus aisément identifier les uns et les autres, et soi-même.

Lien entre les deux ? :

De mon point de vue bien entendu, … chacun peut y trouver autre chose. Dans les deux cas, un phénomène majeur, tant immédiat qu’à terme, ne ressort dans les grands médias, au-delà des supports spécialisés, académiques, d’historiens, de prospectivistes, qu’à l’opportunité d’un acte nettement décalé par rapport à l’habitude. C’est si souvent trop le cas, avec une si faible préparation d’esprit critique (en baisse comme on le reconnaît enfin récemment).

Dans les deux cas, l’événement se situe aux débuts de tendances lourdes, en cohérence avec le « bouquet » si chargé de tendances lourdes significatives de notre état global de déjà entrés en mutation de civilisation.

Dans les deux cas, tant aux jeunes éveillés qu’à celles et ceux des adultes qui restent sensibles, il est devenu évident qu’il n’est plus temps au discours « politiquement correct », mais qu’il est temps de la parole et de l’action directes et claires.

Pourquoi ces deux cas là, car ils sont d’actualité d’aujourd’hui et de demain.

Même s’il est tant d’autres « objets » de fond qui nous concernent toutes et tous, à propos de tous ces objets, le tryptique « Comprendre – Vouloir – Agir »  se complète avec « Échanger – Se coordonner – Se préparer ». Le courage va être nécessaire.

Michel André Vallée          

Quand même un peu d’espoir

Hier soir et cette nuit (17/09/19), les dossiers du mardi de ARTE ont donné trois documentaires hors pairs (et pourtant ces dossiers du mardi sont habituellement bons surtout dans l’objectivation).

Le premier de 20H50 à 22 H20 : “BlackRock”, soit, il semble bien, la plus grande puissance financière au monde, qui n’est pas une banque (donc nettement moins surveillée que les banques), mais gestionnaire d’actifs (6000 MM de $), des plus grands (les GAFA) aux plus petits cherchant une sécurité de placement depuis 2008. Je parle assez souvent dans mes articles du Deep power ; en voilà un, bien entendu au niveau de ses grands actionnaires ET décideurs. Cette structure, basée à New York, influence les gouvernements des principaux pays “occidentaux” et d’autres. C’est un des marionnettistes. Vaut donc vraiment la peine de visionner pour “comprendre”.

Le second de 22 H 25 à quasiment minuit : “Sacrée croissance”, qui commente la cassure entre les décideurs politiques et une partie des populations. Il le fait en témoignant de plusieurs réalisations de productions autonomes “à la base”, “locales”, vraiment “écologiques”, de collectifs sur des territoires à Toronto, en Argentine, dans le Nordeste du Brésil, au Bhoutan, en Bavière … Ce qui frappe, c’est que ces réalisations en vrai grandeur depuis en moyenne une décennie réussissent, perdurent, à la satisfaction évidente de leurs acteurs. ET, elles ne sont pas “réduites” par le Deep power. Elles témoignent, dans des contextes très divers, qu’une tout autre pratique individuelle et collective de consommation, en décroissance, est possible. L’outrancier “il n’y a pas d’alternative” est une mystification, … et de nombreux chemins peuvent être pris.

Le troisième de 0 H 00 à 1 H 35 : “System Error”, qui déroule clairement la mise en évidence que les fameux algorithmes de nos systèmes d’IA décident eux-mêmes selon des logiques implacables, sans que nous autres humains qui les avons conçus et mis en route interviennent, … en l’occurrence en matière financière !

Le premier et le troisième dossier témoignent de l’actuelle puissance financière, quand il n’y a plus (au moins en Occident et alliés) de volonté politique consciente, des enjeux actuels globaux de notre planète et de notre humanité, assez puissante pour Agir. Peut-être la Chine, … les toutes prochaines années nous le diront. Le second film (Sacrée croissance !) permet donc quand même un peu d’espoir.

Alors, comme l’un des “”ploucs” qui s’exprime dans cette démonstration d’autres voies le démontre clairement : il faut arrêter de discuter, mettre en œuvre. Mais après “Comprendre”, pour “Agir”, il est indispensable de “Vouloir” !

Michel André Vallée       18 septembre 2019

4 générations pour traverser le mur

L’observation et l’écoute d’une proportion importante des jeunes d’aujourd’hui, de ces années de collapsologie, fait trop souvent froid dans le dos. Il suffit de parler avec eux en faisant du blablacar, ou d’écouter avec la compassion ordinaire que devrait avoir un humain des parents qui cherchent à savoir quoi faire. Elles-ils ne savent pas quoi faire et s’essaient sans conviction d’une activité à une autre, papillonnent, et/ou décrivent notre société comme sans attrait, et/ou ne pensent qu’à gagner beaucoup d’argent immédiatement sans avoir à se fatiguer, et/ou commencent leurs soirées de boom par l’enivrement systématique, et/ou ne restent pas dans un emploi ou sont là à ne pas maîtriser un seul geste à l’apprentissage, et/ou se flinguent les oreilles à écouter du bruit qui n’est pas de la musique au-delà de 90 décibels … d’autres traits au tableau mais tous les lecteurs ont compris car ils les rencontrent tous les jours.

Beaucoup font des tentatives de suicides, rejoignant ainsi les cohortes d’Orange, des métiers de conviction des ex-services publics, etc … les choix de la méthode étant significatifs soit d’un appel à l’aide soit d’un départ ferme dans le vide de sens. Vide de sens au cœur de tous les traits de la dite collapsologie. Certes tous ne présentent pas ces symptômes, mais proportionnellement bien trop par rapport à avant les années 80. Et parmi les autres, une proportion non négligeable de jeunes conformistes installés dans la consommation sans être curieux plus loin que le bout de leur nez. Comme l’avait si bien annoncé après-guerre le regretté Roger Bastide (1965) nous sommes dans une pathologie sociale. Bien entendu au diagnostic une part des causes sont individuelles, une autre vient des structures et histoires familiales, mais le poids déterminant de l’environnement socioéconomique et culturel est évident. Ceux qui apparaissent « sains » sont une minorité selon des traits très divers (ce qui est « normal »), mais minorité nettement insuffisante pour porter notre société lorsqu’ils seront aux manettes. Aussi il n’est pas interdit de parler d’une génération « perdue ».

Perdue ? … pas certain à 100 % car parmi ceux qui se « débrouillent » exclus des filières des « privilégiés », la plupart se sont organisés carrément à côté des modes d’organisation de notre société, … sauf que le clivage dans la prochaine génération « aux manettes » va être encore plus profond que l’actuel entre les « privilégiés » et les « débrouillards ».

Les éducateurs soit n’ont cessés de hurler l’alerte depuis ces dernières décennies, payant avec un taux de dépression énorme qui aurait dû être traité socialement en épidémiologie, soit ont docilement suivi la mode des bisounours, … surtout ne contrarier en rien « ces pauvres petits », ne pas exiger l’effort dans le travail avec l’autorité nécessaire, se voir interdits de mettre des mauvaises notes sur des échelles ne ressemblant plus à rien, … En ce sens ils ont rejoint une partie de la génération précédente de parents qui ont interprètés de façon restrictive et orientée l’apport pourtant si riche de la Grande Françoise Dolto : l’enfant a des droits et on doit systématiquement les suivre, … quand Dolto a pourtant bien expliqué que l’enfant a tout autant des devoirs que des droits et que l’expérience de la frustration est nécessaire à condition de « parler » aux enfants. Une autre partie des parents, manquant d’éducation, s’est laissée aller au quotidien du dieu plaisir (apparent) dans le petit confort de la consommation de masse devant la télévision, surtout ne pas faire l’effort de penser et du sens critique.  « On a tout de suite à crédit», donc tout va bien, circulez il n’y a rien à se casser la tête. Maintenant ils ne bouclent pas toutes les fins de mois, mais il est trop tard … pour quelques temps. La génération précédente peut donc aussi être considérée comme « perdue », celle de l’après-après guerre et reconstruction, coulée douce sur la fin de comète des soi-disant « trente glorieuses ».

Ainsi on ne compte plus, depuis quelques années, les ouvrages, articles, panels télés et radios, … qui commentent doctement que « nous allons droit dans le mur », c’est le temps de la banalisation de la collapsologie. Commence à circuler le constat partagé que « le mur, nous sommes déjà dedans et continuons de nous y enfoncer ». MAIS quelques soient les souffrances que vivent les peuples où cela s’exprime, notamment dans ce qu’on appelle l’Occident, … la société ne bouge pas. C’est l’étonnement depuis les années 90, les gens ne bougent pas, se laissent endormir par la société du spectacle du pain et des jeux. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont pas encore assez « dans la m… », parce que chacun s’accroche au petit peu de minicomfort qu’il croit posséder, et pratique les trois singes devant toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus. En effet fini le temps où des peuples entiers se privaient dans l’adversité, MAIS avec des phares qui magnifiaient la Vertu, que ces phares soient ou nom des illusions à condition qu’ils soient crédibles. Maintenant c’est l’individualisme quasi-total, numérisé, … et la résurgence-résilience de nouvelles formes de collectivités liées à des innovations n’en est qu’à ses ébauches, … avec le risque des communautarismes intégristes  prosélytes qui mènent droit à des dictatures en conflits entre elles. Donc la génération qui monte entre dans une période où tout, dont le climatique et ses conséquences, annonce qu’elle va être bien plus dure, et ce n’est pas l’argent factice de la planche à billets « à donf » qui va en adoucir les rigueurs.  Là enfin, cela va bouger, et la grande chasse d’eau va être tirée, qui va tout évacuer, … évidemment avec beaucoup de casse puisque nos gouvernances n’ont pas daigné entendre ce que tous les sachants leurs prédisaient depuis quand il était encore temps. Troisième génération de « flinguée ».

Une fois le nettoyage fait, la chasse d’eau tirée fait le vide. Alors la Nature qui ne connaît pas le vide le remplira, avec d’autres humains ? Ceux là vivront une reconstruction autrement intense et difficile (car tout y sera réinventé) que celle d’après-guerre, soit une quatrième génération.

Marie-Louise von Frantz, dans son livre « NOMBRE ET TEMPS Psychologie des profondeurs et physique moderne » (La Fontaine de Pierre 1998) décrit excellemment ce qu’il en est des 4 premiers nombres, les frontières du 4, tout dans la matérialité. Il s’agit de les faire exploser ces murs du 4, …au-delà. Il est vrai que le 5 est le Nombre de l’aventure !

Michel André Vallée 10 juillet 2019

LES CODES

Une synchronicité est un phénomène apparemment original mais bien plus fréquent que nous sommes éduqués à le percevoir : sur un court laps de temps (quelques heures à quelques jours) nous (individu ou petit collectif « animé ») percevons des actes, des gestes, des paroles, des signaux dans l’environnement, qui n’ont apparemment rien à voir au plan opératoire entre eux,  ou de sources carrément distinctes qui ne se connaissent (apparemment) pas, …ET POURTANT nous y entendons, sentons, comprenons un constat cohérent à faire !

En voici une qui visiblement m’a visée cette toute dernière semaine : LES CODES.

Plusieurs personnes autour (a l’entorn en català) ont insisté pour les commenter, en plein (elle connaissait le code) et en creux (il n’avait pas les codes), toujours à propos d’’expériences sociologiques entre ce que « l’on » appelle de plus en plus « communautés », ou aussi niveaux de statut dans la société.

Bon, s’il en est ainsi, quelles couches de notre société portent des codes distincts, du plus humble au plus « plus » :

  1. Le lumpenprolétariat. On y vit au quotidien dans l’indigence quasi-totale, sans pouvoir compter sur rien. On y est malade et meurt dans la misère. On manque quasi totalement de marges de manœuvre, sauf un apprentissage à survivre au jour le jour.
  2. Le « bas de la colline »  (allusion au film « Au nom de la rose »). On a un toit partagé avec une ou deux-trois familles, recomposée ou non, et on y mange tout les jours, voire même de temps à autre on ripaille. Les tâches sont les plus élémentaires, sans qualifications spécifique, plus ou moins bien assurées.
  3. La base de la classe ouvrière ou paysanne. S’y retrouvent les manœuvres et pour les anciens la petite promotion fin de carrière Un statut social reconnu susceptible d’assurer un revenu minimum, mais des fins de mois souvent difficiles ; toujours des emprunts sauf à se priver de tout superflu.
  4. L’aristocratie de la classe ouvrière, porteurs de qualifications, de savoir faire. Dont certains même recherchés. Au fil de la carrière des contremaîtres.  Une retraite correcte assurée, jusqu’à il y a quelques années (depuis que leur réévaluation régulières aient été gelées)
  5. La base de la petite bourgeoisie,  petits commerçants, fonctionnaires non gradés. Une partie des techniciens supérieurs. La plupart pendant les « courtes » Trente glorieuses ont construit ou acquis des pavillons …
  6. La bourgeoisie moyenne, des fonctionnaires gradés, des officiers, le reste des techniciens supérieurs et une partie des ingénieurs, jusqu’à des universitaires. Cette tranche présente des niveaux très divers de culture générale et de ressources relationnelles, sa zone « supérieure » étant floue quand aux codes avec la suivante. Il s’agit plus d’un sentiment perçu d’appartenance que d’un statut. Mais les revenus sont inférieurs à la tranche suivante.
  7. La bourgeoisie très à l’aise, totalement autonome financièrement pour pouvoir voyager longtemps si besoin, offrir à ses enfants une formation visant « l’élite », assurer aisément un exil si nécessaire … Les artistes qui ont réussis s’y retrouvent.
  8. Les dirigeants publics et privés, « aux manettes » des institutions et entreprises, des gouvernances d’État.
  9. La fortune, en partie visible et en partir discrète, la partie discrète permettant de jouer un rôle conséquent au sein du Deep power.

Bien évidemment, en ce temps de mutation de civilisation (les ouvrages et films ou vidéos abondent), les CODES semblent se mêler … néanmoins ils restent reconnaissables. Alors que les ascenseurs sociaux du XXème siècle sont détruits, … comme disent souvent les « jeunes » qui entrent dans la vie vaille que vaille, on les a ou on ne les a pas !

La progression « au mérite », un de nos anciens piliers, ne compte plus. Ce sera un critère fort à reformater pour l’avenir, … car nous allons tous avoir besoin de tous, de la tranche 1 à la tranche 9.

La Dichotomie ?

En ce temps de mutation de civilisation, marqué par les prises de conscience des complexités, de la complexité, du complexe (Edgar Morin), dont des moindres sont bien la coexistence intriquée de mondes physiques différents (Stephen Hawking) ou la multiplicité imbriquée en transformation permanente des centaines de milliards de cellules de nos cerveaux, … parmi un des constats qu’il est difficiles de penser est bien celui de la perduration de la dichotomie !

En effet, en sociologie et en économie, et donc en politique, il y a ceux qui exploitent et ceux qui sont exploités. Ceux qui exploitent sont une toute petite minorité, les vrais détenteurs de la puissance de l’argent, avec tous leurs « hommes de main » ou serviteurs plus ou moins conscients de l’être de nature très diverse ( militaires, juristes, comptables, médecins, employés, logisticiens … politiques … marrons). Ceux qui sont exploités sont tous ceux qui sont en statut de dépendance envers les premiers, qui produisent la richesse de ces derniers par leur peine même si ce qu’ils font finalement leur plaît (loin d’être le cas pour le plus grand nombre), et qui s’il n’y avait par cet accaparement seraient collectivement bien plus à l’aise par la juste répartition des fruits du travail sur la nature.

On parle d’élite. En 2019 « élite » est devenue la part de la population pensant et se comportant visiblement « hors sol », de plus en plus déconnectée de celles et ceux « qui n’en sont pas », « qui ne savent pas », « qui n’ont pas compris », … ce qui en soi est un déni collectif du pourtant simple bon sens. En effet la dichotomie s’est cristallisée à un tel point que la vraie élite disons intellectuelle s’est scindée en deux, ceux qui ont choisi « d’en être » et ceux qui ont choisi de demeurer humanistes, sociaux (encore « partageux » donc), conscients et respectueux de la nature, non déconnectés de cet ensemble « complexe » des réalités.

Pendant des siècles, au fil de l’histoire de ce temps de cette humanité (« cette » car plusieurs hypothèses sérieusement instruites qu’il en a existé d’autres « avant » les derniers grands cataclysmes), c’est développé un long temps de capitalisation, de constitution progressive de l’ensemble des connaissances disponibles, … en même temps que la construction par étapes de toutes nos infrastructures matérielles. C’est donc dégagée progressivement une part de plus en plus importante et diversifiée d’élite intellectuelle, utile et nécessaire à tous et au bien commun, … aux côtés des chefs, des dirigeants souvent issus des guerriers comme un Dumézil l’a si nettement expliqué. Certes il y a eu de nombreux tyrans et pourris, très nombreux, mais de plus en plus pondérés par cette dense élite et par l’élévation du niveau d’éducation de la masse dite populaire.

Dans d’autres zones de cette planète, il n’y a pas eu de masse mais des clans, des peuples moins nombreux qui se sont institués des rituels collectifs divers marqués par le bon sens de l’adaptation aux environnements.

Mais là, pris dans une mondialisation « décompléxée », les nervis du Deep power dominant ( ces derniers tentant de rester relativement discret), sont donc devenus « hors sol ».

Et il est devenu plus transparent que jamais qu’ « ils » sont alliés aux grands possédants conservateurs.

Il y a donc dichotomie entre :

  • d’une part  les exploitants réactionnaires, conservateurs, grands possédants, souvent machistes, voire fascistes, gravement intolérants, et tous leurs affidés dont une partie de l’ancienne élite, … et …
  • d’autres part le plus grand nombre de celles et ceux (dont l’autre partie de l’ancienne élite) humanistes et démocratiques entre eux, motivés par une vie individuelle et collective en accord avec la nature et le bon sens des réalités, attentifs à une continuité saine des progrès en sciences et en économie.

Les premiers sont imprégnés par les mafias, les autres en partie consomment les offres des « vices » (drogues …) et enrichissent là aussi les premiers.

Nous savons que le Mal tout comme le Bien sont des construits sociologiques, sous-éléments des morales. La dichotomie n’est donc pas là, … même si fonctionne encore pour beaucoup « l’opium du peuple ».

À l’heure où les matérialités rejoignent et se tissent avec les spiritualités (quantique, neurosciences, conséquences anticipées des IAs, écologismeS …) ce n’est plus le fond philosophique.

De quoi alors retourne cette dichotomie ? Comment perdure t’elle ?

Michel André Vallée 10 juillet 2019