NON, … DONC OUI

Tant d’acteurs disent haut et fort que la sortie de confinement doit permettre un monde qui ne sera pas « comme hier, ni avant-hier »,  …alors nos propositions :

Non à tout absolutisme

Non à toute pensée unique, qui formate avec exclusivité

Non au néolibéralisme mondialisé

Non à tout Traité international, et à tout accord commercial international, à l’évidence déséquilibré en faveur d’une entité géopolitique aux dépends d’une autre

Non à l’UE de Maastricht, du Traité de Lisbonne, et au maintien de l’économie de marché dans sa Constitution

Non à la saturation spatiale tant à objet de recherche et d’observation  ou militaire

Non aux alliances militaires  de mise en dépendance d’une entité géopolitique par une autre (OTAN, Pacte de Varsovie …)

Non à l’armée exclusivement de métier

Non aux privilèges de castes

Non aux statuts et/ou charges transmissibles d’une génération à l’autre

Non à toute forme d’esclavage, évident ou masqué

Non à tout État religieux, à toute théocratie

Non au prosélytisme religieux

Non à l’exploitation outrancière de la nature

Non à l’ingénierie climatique

Non aux pesticides, et aux usages chimiques dégradant l’environnement et l’écosystème

Non au nucléaire en tant que ressource d’énergie, et au non-traitement massif de ses déchets ou à leur utilisation masquée

Non à toute dégradation gratuite de l’écosystème ou de biens

Non à toute forme de mafia comme État providence de substitution

Non à la maximisation de la rentabilité financière court terme

Non à l’acharnement dans la réduction des coûts

Non au démarchage commercial intrusif, dont téléphonique

Non à l’usage et au commerce des drogues dures et chimiques, sauf obligation médicale (dont lutte contre la douleur)

Non au gaspillage de ressources, des énergies

Non à la chasse pour le seul plaisir

Non à la chasse sous prétexte d’approvisionnement en aphrodisiaques

Non à la pêche industrielle qui ne tienne pas compte de l’équilibre des ressources, ou à la pêche sans consommation de l’intégralité de l’animal

Non à une médecine ignorante et fermée aux autres médecines connues et pratiquées sur cette planète

Non à la vaccination obligatoire, sauf pour certains Pays dont le système de santé reste déficient

Non à la négation et pire l’anéantissement de l’herboristerie, de l’homéopathie et de l’acupuncture

Non à toute autorité gratuite

Non à l’intolérance de ce qui est différent de ce que l’on apprécie

Non à l’académisme conservateur et stérilisant des enrichissements de pensée

Non au machisme

Non à l ‘individualisme systématique

Non à l’égalitarisme systématique

Non à l’aliénation de quiconque et à l’exploitation d’autrui

Non à la vulgarité ,… sauf en cas d’humour mode chansonnier, ou au besoin du théâtre

Non à la bigoterie, tout comme non à la pornographie d’aliénation

Non à la pédophilie

Non à tout ce qui abaisse, dégrade

Non aux manipulations d’autrui

Non à la lâcheté

Non au laisser-aller, à la veulerie

Non à la non-qualité dans le travail et dans les activités

Non à l’obsolescence programmée

Non à la persistance inutile, surtout si elle nuit à autrui et résulte de l’orgueil

Non à la tromperie

… partant

Oui à l’humanisme

Oui à la connaissance partagée des autres cultures de groupes humains, … et animaux

Oui à la responsabilité sociale vers le bien commun

Oui à un statut minimum de dignité pour quiconque

Oui à la propriété et gestion publique des activités d’utilité publique

Oui à l’économie au service de l’humain, du progrès social, de l’harmonie autant que possible avec l’écosystème, … et non l’inverse

Oui à des conditions strictes d’exercice du lobbying, limité à l’information de présentation

Oui à une Europe-État Fédérée intégrant les Régions-États porteuses de leur identité culturelle, totalement hors dépendance de tout autre entité géopolitique

Oui à l’armée complétant conscription et métier, pour notre entité géopolitique intégrée au plan de l’Europe

Oui aux activités de renseignement, sous contrôle régulier des instances supérieures de l’Assemblée des représentants du peuple et de l’État, sous conditions de confidentialité bien entendu.

Oui au respect des connaissances, à la recherche en toutes matières, et à leurs enseignements

Oui au livres et ouvrages imprimés, malgré le développement du numérique, et oui aux bibliothèques et musées  (mémoires, protection/éventuel black-out électrique)

Oui au respect des religions dans l’obligation du respect des autres religions

Oui à l’exemplarité des pratiques des croyances dans le respect de celle des autres croyances

Oui à la propriété de son logement pour tous

Oui à la chimie utile en médecine en l’absence de soins naturels disponibles

Oui au nucléaire de recherche et aux usages en médecine, en l’absence de possibilités naturelles

Oui au nucléaire militaire de défense, tant que nécessaire à la dissuasion

Oui à la protection des environnements par les sites industriels, puis à la reconstitution des sites au terme des exploitations industrielles

Oui à l’agriculture raisonnée, et/ou à l’agriculture écologique

Oui à la chasse raisonnée, dont pour se nourrir si nécessité

Oui à la pêche raisonnée, sans mettre en danger aucune espèce

Oui à la complémentarité et au nourrissage réciproques des différentes médecines connues et pratiquées sur cette planète

Oui au développement de l’homéopathie, de l’acupuncture, et de l’herboristerie

Oui à une médecine et une inspection du travail de qualité disposant des moyens d’exercer librement

Oui à l’égalité des chances et à l’ascenseur social, du plus humble au plus élevé

Oui au développement de la part collective dans l’éducation des enfants, compte tenu des connotations de tous les autres « oui »

Oui au développement des talents et dons de chacun

Oui à l’expression de soi, en soi et au service du bien commun

Oui au travail, et à l’effort qui ennoblissent

Oui à la musique, à toutes les musiques … sauf la musique-bruit

Oui à l’érotisme et à la circulation de désir dans les relations

Oui à tout ce qui grandi, magnifie

Oui à l’intelligence dans les relations avec autrui

Oui à la curiosité, à l’innovation, à la création

Oui au courage et à l’audace

Oui à l’authenticité, au respect de la vérité

Oui au respect de ses engagements, et à l’élégance de ses actes

Oui à l’autodiscipline

Oui à la générosité, et à l’hospitalité si nécessaire

Oui à savoir accepter et se satisfaire de ce que la vie nous donne

Oui au zèle et à l’application, à la qualité dans le travail et les activités

Oui à la persévérance, même dans les situations désespérées

Oui à assumer ses idées, engagements, actes et paroles

Oui aux coopérations de développement « vers le haut »

Oui à la négociation, si utile au dépassement des surcoûts d’un conflit non fondé

Oui à la beauté

 … une liste « à la Prévert » peut avoir du bon.

Mireille et Michel André Vallée                   26 avril 2020

Et oui, nous y sommes, … presque.

Le roman de science-fiction Le Successeur de pierre a été publié chez Denoël en 1999, et a obtenu en 2000 le Grand Prix de l’Imaginaire. Une métaphore frappante proche d’un dramatique devenir imaginable de nos deux sociétés, de dominance occidentale et de dominance chinoise. Il est certes bien moins connu que Solent Green ou Le Meilleur des Mondes, … mais il est utile de savoir que son auteur, Jean-Michel Truong, né en Alsace en 1950, d’abord enseignant-chercheur après des études de psychologie et de philosophie, a fondé la première société européenne d’intelligence artificielle (IA), avant de bien la revendre puis de s’installer en Chine comme conseiller d’entreprises de haute technologie.

Deux héros, un expert de l’informatique au top des meilleurs hackers, mais prisonnier comme presque tous de sa bulle dans l’une des cités pyramidales géantes où nous autres humains nous sommes laissé enfermer, … et un sauvageons libertaire, qui circule librement dans ce qu’il reste de la nature (au moins aussi dégradée que dans Solent Green), guerrier hyperdoué qui échappe aux razzias régulières des polices anti-dissidents, et qualifié de « terroriste ».

La large majorité des humains survivent donc dans ces bulles d’à peu près une pièce, super-équipée en terminaisons d’une gigantesque IA, laquelle répond aux besoins divers par des services dont la qualité est instantanément adaptée à la conformité des prestations de chacun à ses exigences. Pour la nourriture, facile à imaginer ; pour les rapports sexuels, le partenaire nécessaire se reconstitue dans la cellule le temps adéquat par téléportation (moins douloureux que dans Hypérion et Endymion de Dan Simmons).

Une élite restreinte vit, quant à elle, confortablement avec toutes les prestations 5 étoiles dans une zone assez vaste pour donner l’illusion des grands espaces et des saisons, donc non seulement hors sols comme nos gouvernances d’ici et maintenant, mais carrément déconnectée, totalement sécurisée. Celles et ceux-là ont compris, savent, « en sont », partageant une pensée unique qui ne se discute pas. Ceci pour la partie sous dominance occidentale.

Dans la partie sous dominance chinoise, la majorité des citoyens sont solidaires d’un système organisé sur un mode non confiné, chacun(e) disposant de bien plus de marges de manœuvre au quotidien, dans le respect du Dirigeant Premier, un Sage ancien qui a su préserver pour son peuple cette autonomie, donc dévoués au Parti. Là, pas besoin d’une élite hors sol, elle l’est de soi, chacun à sa place.

Le lecteur a déjà saisi les parallèles avec un état sociétal où nous en sommes … presque.

La planète est en train de se restructurer selon deux grands systèmes politiques et organisationnels ; il ne manque que quelques étapes pour que nous nous réveillons, déjà dedans sans plus y pouvoir mais … ou presque. Simplement, nous ne savons pas encore de quel côté va basculer l’Europe. Pour l’Afrique, les jeux en cours semblent indiquer l’Est.

Nous sommes déjà quasiment suivis à la trace, et bientôt serons équipés avec la prochaine génération de mobiles, distribués ou quasi-gratuits s’il le faut, par laquelle toutes communications et transactions devront passer.

Le confinement, nous sommes en train de l’expérimenter avec l’épisode Covid-19. Évidemment que les sociétés d’Intelligence aidées de systèmes algorithmes observent, enregistrent, nos façons de nous adapter, apparemment « pas si mal que cela ». Pas besoin d’immeubles géants comme dans le roman, le processus peut fonctionner tout aussi bien dans les maisons individuelles, si tous les logements sont suffisamment domotisés. En France, le Linky est un exemple parlant de pré-étape de cet état.

Une part non négligeable des populations trouve d’ailleurs un certain plaisir immédiat à être quasi intégralement « pris en charge » sans effort apparent, … devenue incapable de percevoir à quel point elle est mise en dépendance ; la « flemme » présente une potentialité redoutable pour les technocrates du haut du panier. La peur du non-sécuritaire justifiera la judiciarisation des organisations adéquates.

Quant à la zone sous dominance chinoise, la culture ancestrale partagée paradoxalement porte l’adhésion collective à un Parti unique. Cette orientation saura s’adapter et évoluer pour achever de construire un système spécifique distinct du système néolibéral opposé devenu totalitaire.

Kai-Fu Lee a publié en 2018 (2019 pour la traduction française) I.A. La plus grande mutation de l’histoire, aux Éditions « les arènes ». Clair, précisément instruit, sans appel. Il a travaillé dans les meilleures structures « américaines » avant d’être un des principaux développeurs de l’I.A. en Chine.

Hier soir, dans les dossiers du mardi de ARTE, trois documentaires qui actualisent là où nous en sommes de la reconnaissance faciale, des développements actuels et attendus de l’I.A., et de la haute fréquence de la finance par les robots traders. Celui sur l’I.A. est un peu « romantisé » quant aux illustrations. MAIS il nous informe que les systèmes I.A. en cours de perfectionnement sont déjà capables de se développer par eux-mêmes et que la marge d’autonomie qui nous reste à nous humains (aux plus doués et compétents des humains) est d’orienter dans le sens de nos éthiques leur « motivation » pour continuer.

Le principe de réalité nous dicte que si sur une chaîne de télévision grand public, « on » nous en parle, même sur ARTE, cela signifie que c’est déjà fait, … partant que nous ne pourrons faire autrement que d’en assumer les conséquences.

La flemme de changer, c’est fini, sauf à choisir de redevenir esclaves (ex-moujiks et manants, sans-dents ou riens de tous poils) ; l’effort permanent tant individuel que collectif est devenu incontournable si nous choisissons une nouvelle forme d’autonomie en coopération avec nos robots. Kai-Fu Lee a bien choisi dans son titre le mot « mutation », comme tous les penseurs qui voient loin, des Hawking, Morin, etc …Chaque mot est pesé, … et les robots ne rigolent pas.

Sujet inspiré par Mireille Vallée

Michel André vallée              22 avril 2020

Je me suis réveillée. dans le scénario du Successeur de pierre.

La perte de liberté de se déplacer, de choisir ses compagnons, qu’il n’est même plus possible de rencontrer en chair et en os, de penser et d’inventer, même d’imaginer…

La perte de pouvoir faire, créer, donner et recevoir d’un autre humain …

Sauf par ce que le système (les quelques-uns qui profitent), veut bien nous donner en fonction de SES désidératas et de SES intérêts.

Le système nous fera disparaître le jour où nous deviendrons inintéressants.

Mireille Vallée

Réinventons l’humanité ?

Le titre de cet article est à peine modifié du titre de l’article de Evelyne Pieiller, Réinventer l’humanité …, dans le Monde diplomatique de ce mois d’Avril 2020, N° 793.

Tous les mois, habituellement, Les Amis du Monde diplomatique se réunissent dans la plupart des villes de France et de nombreuses villes à l’étranger pour commenter entre eux plusieurs articles du mensuel, ou organiser des conférences-débat sur des thèmes majeurs d’actualité ou sensibles. Dans le contexte de confinement, le groupe des Pyrénées Orientales procède cette fois par e-mail. Ce commentaire d’un des articles est publié aussi sur le blog de Michel.

Introduction par le questionnement des liens, du lien, entre les humains et la nature, que comme certains savent je préfère nommer Nature (avec un N majuscule). Il s’agit de notre rupture entre nous, l’humain, et le reste du monde, de notre rupture avec l’intégralité complexe de l’écosystème. C’est le vrai problème N°1, avant même la surpopulation pb. N° 1 pour l’ONU. La rupture avec la nature, méga-problème que nous humains avons généré, tissé depuis plus d’un siècle par notre inconscience et notre enfoncement dans la priorisation de l’argent sous couvert d’économie, et l’asservissement de nos technologies au financier (laissant la portion congrue au progrès concret partagé pour le bien commun)..

Nous avons donc ouvert une nouvelle ère, l’anthropocène, la première ère de l’histoire de cette planète qui soit générée par l’Homme. L’accélération, l’intensification, la mondialité des dérèglements climatiques, … avec toutes ces catastrophe par l’eau et le feu, sont tels que toutes celles et tous ceux qui tentaient de dénier, faire l’autruche ou les trois singes, n’y peuvent plus mais. Les « soi-disant « dirigeants » au niveau des États qui essayent de contourner, et continuent le suicide collectif sous prétexte d’économie, sont coincés. Des corps sociaux entiers n’ont plus confiance en eux et n’écoutent plus quand « ils expliquent », une nouvelle forme de mouvement du haut rejoignant le mouvement du bas est en train de prendre forme. Aussi allons-nous connaître des « crises » politiques et sociales au moins aussi sévères sinon plus que celles déjà traversées, … et pourtant nous en avons vu !

Les mouvements et démarches se multiplient, qui remettent en cause la conception occidentale de la « maîtrise » par l’homme de cette planète. Occidentale en terme de civilisation, même si Russie, Chine, Indes, Iran et presque tous les autres en ont intégré une large part. Ces démarches donc encore très diverses, dispersées, pas encore connectées. Elles ont en commun de souligner l’importance des liens au sein du vivant, entre tous les états du vivant, et interpellent les conditions de possibilité d’un avenir en commun.

Il ne suffira plus de critiquer, sans trop toucher à son confort, l’Homo œconomicus, partant la pensée unique qui le « porte » (et en réalité de plus en plus au fil du XXème le retour financier d’investissement court terme), mais de comprendre, inventer (réinventer ?), instituer, une nouvelle constellation de valeurs. Le lecteur a compris qu’il s’agit des tissus de coopération entre tous les être qui, sur cette planète (et les autres quand nous nous y rendrons), conditionne les possibilités du vivant, tant nous humains que tous les autres : animaux, plantes, bactéries … et pour celles et ceux qui me connaissent un peu bien au-delà (réalités de tous les existants).

La prochaine constellation de valeurs devrait donc (pourrait ?) être fortement contrastée avec l’homme prométhéen, qui domine la Nature (quel orgueil), certain de sa supériorité. La compétence coopérative de l’humain est aussi présente dans le profil de l’Homme (femmes et hommes) que la loi du plus fort. Compte tenu de nos différences qui pourraient être autant de complémentarités, c’est la conjugaison dynamique des antagonismes et des synergies qui fait sortir des crises et avancer les projets, … SI dans le dépassement. Sinon, ce sont d’abord les surcoûts défensifs puis les chaos. Edgar Morin a déjà évoqué le risque de se retrouver dans une configuration Mad Max (et voyez dans quel état la nature y est représentée). Mais dans nos zones de non-droit nous y sommes presque, alors … !

Evelyne Pieiller rassemble les sources à partir desquelles la nature humaine se définie comme un ensemble de potentialités, … y compris génétiques pour les biologistes d’aujourd’hui.

Déjà Saint-Simon (1760-1825) avait proposé d’appliquer à la société, « corps organisé dont aucun organe ne peut survivre sans les autres (notons bien cela), les lois d’association et de coopération de l’organique (le corps humain). S’en décline la solidarité, d’où les principes de la protection sociale par l’État. Toutes les doxas socio-économiques qui nous tirent en sens contraire entrainent non seulement les humains (dont les tenants aveugles de ces doctrines) mais aussi la Nature, « droit dans le mur ». Cette pensée unique là, trop darwinienne, doit donc être placée au musée comme exemple à ne pas suivre.

Il existe un mouvement de pensée et d’action, identifiable depuis le XIXème siècle (ou alors bien bien bien avant), reformulé par Pierre Kropotkine (1842- 1921) et qui a failli bouleverser dans les années 60-90 les concepts de management tant public que privé après-guerre, mouvement donc proche des recherches d’aujourd’hui, celui de l’autogestion. « Pas de compétition (au sens de la seule loi du plus fort) c’est le mot d’ordre que nous donne le buisson, la forêt, la rivière, l’océan. Unissez-vous ! Pratiquez l’entraide ! »

En dépassement des coopérations importent les interrelations, les complémentarités des marginaux séquents, une tout autre vision  des couteuses oppositions : moi-l’autre-les autres ; rationnel-irrationnel-folie ; individu-groupe-société ; moderne-archaique-ancient ; matérialité-spiritualité-inconscient …

Mais, une question dialectique clé est posée : en quoi le respect de toutes les formes de vie et des interconnexions est-il, concrètement, émancipateur ?

Car la lutte contre l’injustice sociale, contre l’exploitation, contre l’aliénation, disparaît dans la célébration des interrelations .

Dans « Passages vers l’Ère à Venir », je développe ce constat en pointant les dangers des postures « bisounours » et la mode du « positivisme » aveugle.

Dans la forte résonance de ce qui monte, dans la critique sans se lasser (en évitant la mise de côté de toute réalité) de la pensée réduite à matérialiste  … il y a potentiel de dépassement.

Et la Nature en fait nous vient en aide ; l’actuelle pandémie planétaire du coronavirus Covid19 (après les cataclysmes précédents et avant les suivants) pourrait bien nous y contraindre, tous … et pour le coup à égalité (car nous allons tous de l’autre côté à poil sans un centime). Si nos « dirigeants » et leurs marionnettistes ne comprennent pas et ne callent pas, pour leur propre survie au moins, le prochain tsunami sera un peu plus dur, et ainsi de suite. Une étude récente ne montre-t-elle pas que la fonte du permafrost libère des bactéries depuis des lustres gelées endormies ?

Pourquoi ainsi ? Simplement (mais c’est très complexe en soi) car dans la nature, tout est étroitement intriqué, bien au-delà des capacités des « Sapiens ».

Vous avez dit « sapiens » ?

Ce N° du Diplo est le 793. En déclinaison de la science-tradition des Nombres, 793 donne 7 + 9 + 3 = 19 = 1 + 9 = 10 = 0+ 1 = 1. D’aucuns considèrent la lecture des Nombres comme une vaste blague, mais à tord si on se renseigne un peu. En effet la tradition en remonte aux plus anciennes sources orientales et méditerranéennes. Traditions certes gravement dévoyées à notre époque par de trop multiples charlatans qui pratiquent au pied levé sur un coin de table, … lesquels d’ailleurs ont plus conscience de jouer avec des chiffres que de prendre du recul en observant les Nombres. 

Le 1 vient donc là au second degré, mais décliné du 19 soient les Nombres du début et de la fin. Derrière les nombres, les mathématiques, où les sapiens sont loin d’avoir tout mis à jour.

Ce N° du Diplo est bien, à mes yeux, d’une exceptionnelle qualité au travers de tous ses articles.

Michel André Vallée  7 avril 2020

EN ÊTRE OU NE PAS EN ÊTRE … L’ORGUEIL DE LA CASTE QUI SE VOIT « SUPÉRIEURE »

Yanis Varoufakis en avait bien témoigné, aux débuts de l’expérience Tsipras en Grèce (qui a été promptement étouffée par la finance internationale avec la violence que l’on sait).  Lors d’un échange informel autour d’un pot dans un lobby de luxe avec « un qui en est », ledit quidam (de haut niveau) le lui avait expliqué : « vous avez fait une grave erreur en vous faisant élire car on en est ou on n’en est pas, … alors que vous n’en être pas » ; ce qui voulait dire : si vous voulez en être faites ce qu’il faut. Yanis Varoufakis, Conversations entre adultes Dans les coulisses secrètes de l’Europe, LLL (Les Liens qui Libèrent), 2017. Jusqu’à aujourd’hui il ne l’a pas encore fait, … constatons que Diem 25 n’arrive pas à décoller.

C’est ce que l’on retrouve dans le roman autobiographique présenté par François Busnel il y a quelques semaines dans son excellente émission « La Grande Librairie » : Vanessa Springora, Le consentement, Grasset, 2020. En effet, quasiment tout ce qui est « rapporté » dans le roman était exprimé à l’émission, sauf un trait fort.

Celles et ceux qui pratiquent ce type de mœurs se considèrent carrément supérieurs au commun des mortels, et leurs pratiques sexuelles relèvent d’un droit de caste, pour certains même le délire d’une forme d’art, … que tous les autres, qui « n’en sont pas », ne peuvent comprendre. Ou alors s’ils y avaient accès qui feraient cela avec vulgarité, sans élégance, … considération hautaine déniant la violence intrinsèque de leurs actes qui impactent leurs victimes à vie !

En conséquence en regard de ces manants et autres , discrétion, résidence à part sécurisées, omerta.

Il est loin le temps où un Gilles de Rais, compagnon d’armes par ailleurs de Jeanne d’Arc, était convaincu de ses crimes et condamné au supplice. Il est vrai que lui faisait exécuter ses jeunes victimes.

La population des « qui en sont » est tant impliquée (pas toutes et tous mais quand même) dans ces abus, que la mise en transparence des systèmes de pédophilie n’est pas pour demain.

Michel Onfray, qui présente aussi par ailleurs quelques failles (philosophiques), est dans le juste quand il pointe clairement la valorisation outrancière et absurde du divin marquis (de Sade) dans certains milieux intellectuels qui en France pendant plusieurs décennies ont tenu le haut du pavé.

Et, plus largement, l’abus sur les enfants touche par un autre biais des tranches bien plus vaste de population, avec l’inceste, oh combien répandu quoiqu’on en dénie, comme le mouvement d’orientation jungienne (et quelques autres) l’ont si nettement démonté ; là aussi, impact à vie sur les victimes.

Là, ce n’est pas « hors sol », c’est « hors éthique ». Encore beaucoup de travail.

Michel André Vallée              3 avril 2020

Ara i aqui, ici et maintenant

La vie n’est pas un long fleuve tranquille.

Toute activité, pendant donc cette vie si courte, est un moment unique qui ne se reproduira jamais à vivre au mieux de soi-même, mais aussi une confrontation aux réalités, qui résistent, dont nous pouvons toujours tirer apprentissage.

Ces apprentissages servent à aiguiser, adapter, réguler … nos capacités potentielles, donc à optimiser, voire maximiser, ce que nous pouvons réaliser autour de nous (impossible de s’ennuyer).

Alors ce moment d’une vie, la nôtre de minimicro atome parmi des mégamilliards d’autres, prends au moins à nos yeux tout son sens.

L’humilité juste est d’exprimer ce que l’on est, là parmi tous les autruis, certes ni plus, mais tout autant ni moins.

Publié ce matin 19/03/20 sur mon mur Facebook, en ce temps de confinement signe de mutation – Michel André Vallée

ON A MÊME MASQUÉ LES ÉTOILES

C’était en début 2019. Déjà 3000 satellites tournaient autour de la planète Terre.  Les gouvernements des principales puissances avaient plusieurs fois réussi à renoncer à la guerre des étoiles, en fait pas encore des étoiles, encore trop loin pour les humains (humains ?), mais de porte-missiles à têtes nucléaires placés en orbites. Mais dés 1986 un auteur de science-fiction visionnaire, Dan Simmons, dans Hypérion puis Endymion, avait décrit (un peu trop tôt) comment cela allait se passer plus tard.

En attendant que, comme l’avait annoncé le Grand astrophysicien Hawking, lesdits humains ( ?) soient obligés (pour un temps) d’abandonner cette Terre, plusieurs « grandes « multinationales », plus puissantes que les États, avaient, dès 2019, commencé avec des « projets » tels Starlink, à balancer en orbite des bouquets constellations de 240 satellites à la fois.

En 2020-22 ils ont ainsi tenté d’en installer 12000 !

Bien entendu, « ils » ont aussi mis en place des stations-orbitales poubelles pour récupérer le maximum de déchets d’objets spatiaux dérivants possibles, afin de tenter de limiter les collisions.

Même, un autre projet a déployé, à partir de plusieurs de ces constellations, des publicités géantes par regroupements coordonnés de nanoparticules au moyen d’algorithmes. Impossible de les éviter. Plusieurs espèces d’animaux sont devenues folles par pertes des repérages naturels traditionnels. Les humains ( ?) ont bien été obligés de se débrouiller avec ; bien fait pour eux !

Conséquences, la densification des objets en orbite a saturé la visibilité des étoiles, déjà atténuée par l’éclairage permanent de nuit des mégapoles, villes et grands axes de communication. Il a fallu adapter les programmes de recherche en astrophysique, retardant ainsi les préparations de transferts interstellaires.

Certains experts des projets type Starlink ont expliqués que les collisions étaient auto-régulables si on équipait les satellites de micro-moteurs auto-déclenchants. Mais les mathématiciens et informaticiens « à la botte » n’étaient pas alors d’accord entre eux pour reconnaître si les algoritmes de service en étaient capables. Pourtant les « progrès » accélérés en I.A. (Intelligence Artificielle) dés les années 15 avaient donnés des machines qui commençaient à être capables de s’auto-réparer et s’auto-programmer. Évident à partir du jour où l’une d’entre elles a battu le meilleur joueur de Go.

Question donc de responsabilité en assurances en cas de collision. Mais comme en 2020 il n’existait alors pas de droit international adapté, donc ce ne sont pas les entreprises « privées » qui payaient, mais les États, autrement dits leurs citoyens-contribuables. De toute façon ces derniers en moyenne payaient jusqu’à 60 % de leurs revenus en impositions quand les grandes multinationales « n’abandonnaient » que 5 % de leurs bénéfices, pratiquant à grande échelle la fraude fiscales au moyen des nombreuses zones ou petits États  de non-fiscalité.

Comment le phénomène a-t-il été « pondéré » ? Simple : par la généralisation sur toute la surface de la planète de la 5 G, qui a fait brutalement chuter les coûts apparents (mais ne parlons pas de l’impact sur l’écosystème des consommations électriques), donc supprimé une partie des « intérêts » du maillage satellites intégral.

Science-fiction à portée de main ? Mais non, débat entre experts sur France Culture le mardi 4 février 2020 vers 17-18 heures (à peine enrichi avec d’autres éléments et je m’en tiens là pour ne pas faire trop long).

Décidément, pas une semaine sans une information catastrophique ; nous sommes bien complètement entrés dans la mutation de civilisation ! Car allez empêcher ces délires technocratiques, quand les puissances financières donnent le « la » aux États ?

Michel André Vallée            5 février 2020

LE VILLAGE … LES RUPTURES

Un clan entier d’anciens tient tout le village, en fait l’équivalent d’un petit bourg, prisonniers volontaires au cœur d’une forêt dense considérée comme hantée par des monstres dévoreurs. Volontaires car la présence des monstres qui de temps à autre sortent de la forêt n’est qu’une illusion entretenue par le cercle des anciens, qui détient toute l’autorité. À part cela, les règles de vie semblent saines, vivantes, même assez souvent de fêtes paysannes joyeuses, dans la vertu et le goût du bel ouvrage, des conditions de vie et décors d’entre deux guerres. Le fou du village y est toléré, … mais c’est lui qui va provoquer le drame, par le meurtre de ce qu’il perçoit comme son rival d’amour ; etc …

C’était hier soir (12 janvier 2020) sur ARTE un film de 2004 de Shyamalan. Bourré de symboles. Car au-delà de la forêt « mystérieuse », notre monde « civilisé » de maintenant, gravement dégradé, peu évoqué mais suffisamment pour que l’on comprenne un état de dictature avec un goût de 1984. ET…, si les anciens se sont réfugiés au cœur de la forêt, c’est parce que tous ont perdu dans le monde « ordinaire » un parent, ami, dans des conditions « ordinaires » de dégradations sévères de la société.

Aussi ont-ils décidés la rupture d’avec cette société gravement dénaturée en fondant un clan. Les « autorités » le savent puisque le survol de la zone en est interdit.

À peu de choses prêt, nous retrouvons des traits des « parqués » du « Meilleur des mondes » du Grand Huxley, des résistants de Solent Green, ou encore les zones de regroupement des rescapés dans « Postman » de Kevin Costner, voire dans le passé la vallée perdue (refermée sur elle-même pour éviter les pillages) des récits de la guerre de 30 ans, voire dans le futur les sauvageons du Successeur de pierre de Jean-Michel Truong ! Tous ces collectifs qui vivent selon des règles collectives auto-instituées ont fait rupture avec le système dominant. Ils font rupture pour survivre dans des conditions plus saines que ce qu’est devenu le monde, … et tenter de se préparer à un « à venir » meilleur, … entretenant l’espoir.

Toutes ces illustrations correspondent au scénario 3, celui du chaos, pages 38-39, décrit dans mon dernier essai « Passages vers l’Ère à Venir », disponible sur le blog « arcencielxcristal », dans Édition999, sur le mur Facebook de Michel André Vallée. Pessimiste, non réalités au constat accéléré de ce qui se passe là ici et maintenant : feux en Amazonie, en Australie, au Congo et en Sibérie ; crises majeures en au moins quatre zones du Moyen-Orient plus la Libye (et ailleurs), dominance des dictatures et quasi guerres civiles larvées ou masquées dans presque toutes les soi-disantes démocraties (sauf la zone Nor de l’Europe), fissures dans tous les Partis assez importants pour avoir accès aux manettes partout, été lamentable des sectarismes ou individualismes outranciers … inutile de continuer les médias, vendus ou non, s’en occupent.

Ce film apparemment poétique montre une ébauche de scénario temporaire ; … simplement les monstres ont d’autres aspects.