PÉTROLE / VERTU ???

Le 21 septembre 2021 en soirée, dossier étonnant sur ARTE – documentaire/histoire : « Pétrole, une histoire de pouvoir », de 2020, par Andreas Sawall, en deux volets suivis de « Coup de poker sur l’essence », de 2018, par Jean Crépu. À vos replays , ne le regretterez pas.

L’histoire au travers de ces trois documents porte du premier puit de pétrole en Pennsylvanie au milieu du XIXème à nos jours, l’ensemble constituant trois heures d’un formidable effort d’objectivation, avantages et inconvénients, pourquois et comments. Bien entendu les machines consommant pétrole ou essence ont considérablement évoluées dans l’amélioration de leur rendement et la réduction de leurs coûts, MAIS en partant du constat initial que 50 litres de pétrole dégagent autant d’énergie que le travail de 1000 hommes en une journée, … d’où immédiatement la ruée sur le pétrole, l’or noir, à une époque où démarre l’accélération de l’industrialisation et où va être inventée l’automobile, … d’où l’explosion (moteurs à explosion) du couple infernal « pétrole-automobile » !Puisque, en 2021 et depuis quelques années, le genre humain devient progressivement conscient de l’impact qu’ il a eu et a, par sa « gestion du progrès » sur les cycles mêmes d’évolution de notre planète, le temps de l’anthropocène, … ces trois documentaires sur ARTE font clairement ressortir les impacts lourds de l’extraction, du transport, de la transformation, de l’exploitation du pétrole (des pétroles) dans cette écrasante responsabilité.

Des pétroles, car l’histoire « du » pétrole met en évidence qu’assez régulièrement, tous les trente ans en moyenne, géologues, exploitants et économistes déclarent que le pic de ressources est atteint avant disparition annoncée, mais de « nouvelles » techniques de recherche et d’extraction effacent ces prospectives de déclin, aussi la projection à terme des quantités disponibles semble sans fin, à hauteur de la demande (pudiquement appelée « besoins »), toujours exponentielle. Il est des pétroles d’origines et de qualité diverses, … la dernière variante étant l’extraction des gaz de schistes, drastiquement destructrice pour l’environnement tant en profondeur qu’en surface, mais que les USA ont relancé, quoiqu’il en coûte pour les habitants et environnements, …en vue de redevenir indépendants de quiconque, et se donner la chance de tenter de demeurer la première puissance mondiale. Tant pis donc pour les populations lambdas et autres « riens », ni pour l’accroissement mortelle des pollutions directes et indirectes.

Il est aisé de démontrer que les produits et usages des dérivés des pétroles saturent notre mode de vie, public et privé, où que ce soit, … mais fait sobrement, nettement, non polémique. Très difficile évidemment d’imaginer notre société sans produits dérivés des pétroles, … sauf à considérer un mode de vie encore plus sobre que celui des amischs ! Ce serait un choc civilisationnel profond, … lourdement impactant , … et pourtant !
Par les déchets à toutes les phases du processus, les pollutions sont destructrices et irrémédiables pour longtemps ; seuls les déchets du nucléaire présentent mais à plus long terme de pires inconvénients.

Aux débuts de l’histoire des pétroles, des fortunes considérables ont été rapidement accumulées. Plusieurs personnes et clans prenant habilement l’avantage. La Compagnie Standard Oil a rapidement pris de dessus, montée et dirigée par John Davison Rockefeller, premier milliardaire. À son zénith, sa fortune correspondait quand même à l’équivalent de quatre fois celle de Bill Gates aujourd’hui ! Les intérêts pour la nouvelle caste du pétrole sont tels que très vite les grands propriétaires du secteur ont été et demeurent oh combien membres de la classe dominante que nous sommes quelques-un(e)s à appeler le Deep power, avec les grands décideurs financiers, ceux du militaro-industriel, les patrons des clubs de grandes multinationales dont les Big Pharma … Là sont les vrais « marionnettistes » qui décident des parcours de leurs marionnettes, nos chefs d’État (au moins en « Occident ») ; des Institutions telles Bilderberg n’en étant que les relais d’animation.
Au moins du temps des débuts des Rockefeller & al, cette richesse, et les pouvoirs quasi absolus liés, correspondait-elle encore en dominante à de l’économie réelle. À nos débuts de XXIème, la financiarisation a mise de côté l’économie réelle et ne correspond que peu à quelque chose de concret. Moyennent quoi le pouvoir réel n’est plus que le fait des grands financiers. Les médias « à la botte » assurent l’habillage du système pour nos populations, dont les éducations générales ont été délestées des apports utiles au sens critique.

La clé du succès des usages des pétroles ? Les trois documentaires la donnent en clair à plusieurs reprises. Simplement, la vie quotidienne est devenue plus confortable, à des prix de plus en plus « démocratisés », dans le cadre d’une consommation de plaisirs faciles copiant plus ou moins la « valorisée » american way of life. Disparition, depuis l’illusion de paix de l’après-guerre, de la nécessité de l’effort pour survivre puis vivre puis gaspiller sans penser à compter.
Dans de telles conditions, qui mènent à des modes de vie sans efforts et sans travail, allant même récemment jusqu’à l’idée d’un « revenu » gratuit pour tous qui entretienne les consommations de masse, … la valeur de l’effort, l’exigence de qualité … sont devenues risibles. L’expérience sur plusieurs décennies, assez pour passer deux générations, font que même le souvenir en a disparu. La vie facile liée à l’apparente abondance a fait disparaître pour une majorité des « citoyens » en Occident », et de plus en plus en Chine, le sens de la VERTU. D’où en Chine d’ailleurs la montée des systèmes de « crédit social », puisque ce peuple vit en dominance le sens collectif quand notre civilisation est devenue en dominante individualiste ; mais obéissance au conformisme n’est pas vertu.

Courtes vues, car tel n’est pas le contexte d’autres populations, en Afrique, en Indes, en Amérique du Sud … et aussi au cœur même des civilisations dites développées. Courte vue, faiblesse de l’esprit critique, réduction et manipulations des informations de masse diffusées …

Ces puissances, ces pouvoirs, liés au pétrole, continuent en fait de générer en permanence des guerres, des assassinats, et des pratiques d’hypocrisie institutionnelle … à un point que seuls les « initiés », celles et ceux « qui en sont », peuvent imaginer. Par exemple (mais il en est d’autres), l’un des documentaires met en évidence qu’au plus fort des conflits entre Israël et Pays arabes, Israël a été en permanence alimentée en pétrole venant d’Iran et d’Irak, par intermédiaires masqués (l’homme « aux manettes » vivant comme un chef d’État). L’autonomie énergétique et la richesse liée des vrais décideurs, … d’abord. Les valeurs et idéologies, … de l’habillage.

Quand même, engagés dans l’actuelle phase de mutation de civilisation, « les lignes bougent ».
Il est en effet de plus en plus difficile et couteux d’extraire en profondeur surtout au large, et surtout dans des climats difficiles.Ces travaux en profondeur dans la croûte de notre planète comportent des risques ; souvent les pratiques de l’ingénierie climatiques et prospective (et de l’espace) ont le visage de l’apprenti sorcier.
La prise de conscience de l’état de nos écosystèmes et du climatique, leurs accélérations et urgences, arrivent à toucher « les masses », et la pratique quasi généralisée du net réduisent (à la marge certes) la possibilité de faire n’importe quoi. Quoique, avec le temps des politiques « décomplexés » ?

Un État, autonome dans ses capacités potentielles de ressources, la Russie, fait preuve d’une grande prudence, n’est jamais entré dans l’OPEP, observe, régule, et contrôle toute opposition animée et financée « de l’extérieur » sur son territoire.
Autre exemple de sagesse avec la Norvège, qui se trouve satisfaite de son niveau de développement, et gèle l’exploitation de ses ressources pétrolières. Il est vrai que le niveau d’éducation moyen de sa population est élevé (facteur premier).

Le cas de la France est particulier, puisque la poursuite de la politique gaulliste en matière d’énergie a menée ce Pays à disposer du taux de fourniture en énergie par le nucléaire le plus élevé. Mais c’est reculer pour mieux sauter, puisque les « sachants » ne savent toujours pas comment traiter les déchets qui demeurent hautement polluants et dangereux pour le vivant à long terme, … et que (comme les experts indépendants tels ceux du CRIIRAD le démontrent) « on » ne sait toujours pas démonter les centrales hors d’âge !

Plusieurs facteurs lourds vont changer la donne :
> le refus de plus en plus d’États « pauvres » à servir de dépotoirs à déchets, dont une vaste part résultent du pétrole. Plus le refus de nouveaux « continents » de déchets principalement plastiques tel celui au milieu du Pacifique.
> les pandémies en court et à venir, qui vont contribuer à réduire les populations, soit directement soit indirectement par les effets des politiques de santé, résolvant ainsi le premier problème de l’ONU (donc de l’OMS), d’où baisse des « besoins » en pétrole.
> comme évoqué plus haut, la tendance à la baisse du retour d’investissement du fait des surcoûts d’exploitation (plusieurs causes conjuguées).
> le passage à l’état adulte d’une jeunesse qui, avec des variantes selon les cultures, semble porter des paradigmes de projets de civilisation fortement décalés de ceux des générations actuellement aux manettes. Rien à voir avec ce que nous avons rêvés ou rejetés (deux faces de la même pièce) en 1968 !

Par principe de réalité, le changement radical de nos contextes d’environnement de vie est tel que nous allons de nouveau devoir toutes et tous nous confronter à la matière (la Nature), … qui résiste. Réalité portant de nouveau l’obligation de l’effort (que de nombreuses autres populations n’ont jamais perdues), partant de nouvelles formes de VERTUS.

Sans tant de pétrole et sa financiarisation …, d’où de nouvelles donnes géopolitiques.

Michel André Vallée 23 septembre 2021

DES RÉFÉRENCES DE L’ÉTAT DE DÉGRADATION

Plusieurs commentaires au billet « Vers une révolution-réaction » (blog «  arcencielxcristal.com «  et mur Facebook et diffusion internet) du 28/07/21 m’amènent à publier cette longue liste d’ouvrages qui font références, certains plus ou moins polémiques mais tous objectivés. Probablement l’équivalent doit exister en langue anglaise, en langue allemande, en d’autres langues. Voici :
« Totalement inhumaine », de Jean-Michel Truong -2001
« Effondrement », de Jared Diamond – 2006
« La voie pour l’avenir de l’humanité », de Edgar Morin -2011, suivi de « Changeons de voie les leçons du coronavirus » en 2020
« La cause humaine », de Patrick Viveret -2012
« S’approprier les clés de la mutation », de Christine Marsan – 2013
« Fin de l’Occident naissance du monde », de Hervé Kempf -2013, suivi de « Tout est prêt pour que tout empire » en 2017 et « Que crève le capitalisme » en 2020
« Comment tout peut s’effondrer », de Pablo Servigne et Raphael Stevens – 2015
« Le dernier qui s’en va éteint la lumière », de Jean Jorion -2016
« Un défi de civilisation », de Jean-Pierre Chevènement -2016
« L’Âge de la régression », Dir. Heinrich Geiselberger -2017
« Qu’appelle-t-on panser ? L’immense régression », de Bernard Stiegler -2018, suivi de « La leçon de Greta Thunberg » en 2020
« L’humanité en péril Virons de bord, toute ! » de Fred Vargas – 2019
« Crépuscule », de Juan Branco -2019
« 21 leçons pour le XXIème siècle », de Yuval Noah Harari -2018
« Il faut s’adapter sur un nouvel impératif politique », de Barbara Stiegler -2019
« Sommes-nous encore en démocratie ? »; de Natacha Polony -2021
Que l’on me pardonne ceux que je ne connais pas. Je ne cite pas non plus dans ce billet ceux d’avant 2000, … et pourtant les premières alertes remontent aux années 60.

Quand à l’aspect cartésianisme, deux autres ouvrages, plus anciens et déjà cités plusieurs fois dans mes papiers, se complètent :
« L’erreur de Descartes », d’Antonio Damasio. Consulter les autres travaux de Damasio et de sa lignée de recherche en neuro-sciences.
« Rêves d’hier et d’aujourd’hui », de Marie-Louise von Frantz, fidèle de Carl Gustav Jung, qui a franchi le pont (arc-en-ciel ?) entre le monde académique validé par la communauté scientifique et les « mondes du double » appelés par les anthropologues et ethnologues « chamanismes » depuis Mircea Éliade, Régis Boyer, tant d’autres, et que j’ai appelé avec d’autres « monde des femmes et hommes de connaissance ». Jung, prophète de son temps, s’était abstenu alors de franchir ce Rubicon afin de préserver la reconnaissance scientifique, pourtant validée avec le physicien prix Nobel Wolfgang Pauli, et ne pas repousser celles et ceux qui allaient travailler sur ses apports. Depuis d’une part Jung a permis à ses descendants de publier « Le livre rouge », d’autre part la pensée quantique s’est développée et continue aujourd’hui bien au-delà, quand les pratiques chamaniques ancestrales sont entrées ces quinze-vingt dernières années dans le champ des expérimentations scientifiques par divers travaux de neuro-sciences (« La diagonale de la joie » de Corine Sombrun- 2021).
Ceci n’est pas une critique contre Descartes bien entendu, sachant d’autant plus à sa décharge que dans la révolution culturelle d’alors mieux valait être prudent en regard des procès des autorités politiques et culturelles : Giordano Bruno a quand même été brûlé vif à Rome ! « On » brule encore aujourd’hui en France des Montagnier, et « on » a jeté en asile psychiatrique un Fourtillan !
Quel dommage que le séminaire dirigé par le Professeur Joêl Thomas, sur imagination et neurosciences, à l’Université de Perpignan, n ‘ai pu être mené à terme du fait d’évènements.

En 2006 a eu lieu une conférence internationale du European Network for Workplace Health Promotion à Linz (Autriche). J’avais préparé un papier sur les premiers signes de réduction de l’espérance de vie depuis les années 1995 dans certains secteurs professionnels et liés plus généralement à l’état de stress. J’ai du être remplacé. Ce papier a disparu ! Considérons que le Covid et ses variants actuellement font le job …

Michel André Vallée 29 juillet 2021

VERS UNE RÉVOLUTION – RÉACTION ?

Ainsi dans l’émission connue « C… dans l’air » de lundi 26/07/21, on apprend que d’après des sondages « sérieux » 35% des français seraient contre le passe sanitaire et l’obligation de vaccination quand 53 % seraient pour ! Quand « on » considère que cette émission sous couvert de débats « objectivés » tente de passer ce que la bien-pensance au pouvoir souhaite que nous « comprenions », … « on » peut entendre que 35 % , quand même, ce n’est pas rien.
Un tiers de la population française, en soi, représente la proportion suffisante et nécessaire pour entraîner un renversement, au-delà du seuil de base de 5 % de militants engagés indispensables à toute révolution. En effet, simplement, un tiers ç’est un convaincu qui parle à un autre indécis quand le troisième reste indifférent et de toute façon regarde ailleurs (les résultats à 70 % sont toujours considérés comme victoire indéniable … s’il s’agit de l’ensemble de la population !).

Or dans la crise/politique de santé actuelle, ce tiers correspond, bonus-malus, à des gens conscients des raisons de leur » réaction ». Ils sont conscients, notamment, du refus de se voir injecter des produits dont les effets secondaires sont méconnus, potentiellement dangereux pour une proportion de vaccinés au vu du cumul (par déjà dizaines de milliers) des effets secondaires graves, soit de servir de cobayes à Big Pharma (ainsi que me l’on expliqués plusieurs médecins parmi les pour et les contre). Voire pour une partie ils sont au courant des travaux de scientifiques et médecins de renom qui démontrent, de plus en plus nombreux, la dangerosité et/ou l’inefficacité des ARNm et de leurs protéines spikes, alors que des traitements par médicaments validés de longue date auraient été adaptés, oh combien moins coûteux, et que nous ne subirions alors collectivement pas les vagues de variants.
Celles et ceux de de ce tiers sont de plus conscients de la restriction sans précédent des droits et garanties fondamentales de notre société pour lesquels nos anciens se sont battus et sacrifiés depuis deux siècles d’histoire de la France, et à d’autres périodes pour d’autres Pays.

Par contre les 53 autres % soient gardent confiance dans les gouvernements actuels, politiques avec autorités médicales. Soit ils se sont laissés manipulés par l’exploitation de la peur de la mort (absurde en regard de l’analyse comparée par périodes des chiffres entre pathologies et Pays), soient ils sont victimes de leur attachement ou même addiction à la consommation « démocratisées» ou de luxe apparent. Avec un peu de recul historique, beaucoup parmi eux qui ne peuvent se passer de loisirs immédiats et ont renoncés depuis des décennies à l’effort soutenu ressemblent aux « bœufs » tels que les qualifiait le Général. Il convient de penser cependant au fait que beaucoup sont dans la méconnaissance de l’ensemble des données scientifiques disponibles en la matière, données pour le moins particulièrement variées.
Qu’ils en soient conscients ou non, les arguments tronqués rabâchés chaque jour (par exemple sur les chaînes d’information continue souvent avec violence et culpabilisation), par une partie du corps médical demeurant soumise à un Ordre issu du pétainisme, a beau jeu. Cette part du corps médical reste bloquée dans les « principes » de la médecine occidentale soi-disante « cartésienne » partant dans la prescription chimique, et ne veut rien entendre des riches apports de l’ensemble des champs des autres médecines (issues des cultures telles chinoises et indiennes ou biologie russe, de l’homéopathie, même de l’herboristerie, bref de l’entretien préventif des terrains, … jusqu’aux vaccins dans la tradition des Koch et Pasteur … !).

Mais d’où vient donc la violence culpabilisatrice sur les plateaux des médias de forte audience ? … de quoi a-t’on peur vraiment ? Je ne peux là que me répéter en recommandant la lecture de l’intégralité de l’excellent dossier « Vous avez dit complot ? » du Monde diplomatique N° 735 de Juin 2015 ! Ce dossier démonte, exemples pertinents à l’appui, les procès d’intention retournés de « complotisme, … de plus trop souvent dédaigneux (à tord).

L’argument de la responsabilité collective qui l’emporte sur la liberté individuelle porte, certes, mais à condition qu’il soit intégralement porteur de sens, ce qui est loin d’être le cas des affirmations péremptoires non ou trop partiellement fondées et contradictoires de manière trop répétitive depuis fin 2019 : une vraie débandade visant visiblement à imposer « avant que l’on sache ». Calcul dangereux pour leurs auteurs et conseillers car de toute façon la réalité ne pourra que ressortir au grand jour, … mais plus ou moins tard.
Par contre, le double argument de nos fondamentaux institutionnels historiques d’une part, et de l’insuffisance potentiellement létale de validation des « nouveaux » vaccins d’autre part, devraient l’emporter en toute logique, … autant que possible non émotionnelle.

Ainsi nous vivons une fracture profonde de plus des populations constituant le peuple français, quand tant de fractures nous sapent et réduisent déjà. Ne nous leurrons pas , même celles et ceux qui cèdent aux conditions du passe sanitaire par calcul et confort ou soumission savent qu’ils le font contraints. Cela aura des conséquences sociétales et politiques.

Stratégiquement, les 35 % conscients et actifs devraient agir la réaction populaire nécessaire quand les 53 % semblent majoritairement faire suiveurs (poussés par quelques hurleurs). Il est possible que la réaction déjà émergée se développe car les intérêts supérieurs de la Nation sont en jeu.
Ne parlons même plus de la situation économique, … nous savons tous que nous mettrons longtemps à en payer cher la restauration de la gabegie. Parlons du redressement de l’état de dégradation et de soumission où notre civilisation s’est laissée descendre.
Les renseignements fonctionnent, partant les pouvoirs actuellement en place savent parfaitement que le corps social, qui a perdu confiance en ses « gouvernements » et la partie de la soi-disante« élite » soumise, vit un état pré-insurrectionnel. Nous en sommes toujours, et pas seulement en France (« but l’am not the only one »), à un état pré-1789 ou pré-1905, … comme je l’expliquais dans un billet du 15 novembre 2018 (Facebook et le blog « arcencielxcristal.com «). Les Gilets jaunes ont constitués la première vague, les anti-passe sanitaire constituent la seconde vague …

Nous savons qu’une partie de l’armée (d’active et en retraite) et des forces de polices attend qu’un vrai leader se lève pour « retourner les crosses ». Ce leader pourrait émerger d’orientations culturo-politiques très différentes (ce qui importera peu s’il existe). Cependant, en l’état en France, l’extrême-gauche s’est disqualifiée (alors que tout le reste de son programme était largement apprécié y compris à l’extrême-droite)) depuis le « droit du sol » posé à Marseille; dans le même temps la « gauche de gouvernement » traditionnelle continue de sombrer, seuls quelques individus ressortent. Un des traits forts encore dénié est, quitte à être pointé (fondé ou non) de raciste, que la démographie est trop déstabilisée par les émigrations du Sud, quand les précédentes venant de Pologne, Italie, Espagne, Portugal, Indochine, ont été assimilées. « Au-dessus », l’Europe qui continue de se coucher sous les États-Unis n’apparaît plus pour une majorité d’européens comme un phare d’espérance ; TINA (le there is no alternative de Thatcher + Reagan & al) couplé au technocratisme hors-sol l’ont coulés. Personnellement, ce me sera une des plus lourde déception de cette vie-ci.

En France (ainsi que plusieurs autres Pays), un épisode autoritaire ferme apparaît aujourd’hui incontournable. Il viendra de la réaction à l’autoritarisme outré actuel, et aura des effets révolutionnaires, avec ses espérances de sortir des dégradations tout comme avec ses coûts.
Bien de la casse sera alors inévitable, toutes et tous nous vivrons les pleurs et les grincements de dents.

Aussi, soyons assez nombreux à tout faire pour préserver et actualiser nos traditions humanistes et sociales.
Nous sommes nombreux à avoir honte de l’état du monde que nous laissons à nos enfants et petits-enfants, de l’usage « vers le bas » que nous avons fait des soi-disantes « 30 glorieuses », des « consentements » qu‘une majorité aveuglée par la consommation vulgarisée a imposé à ceux qui recherchaient, au contraire, à exprimer les richesses de l’humain.
Tout cela est devenu insupportable, et il ne reste plus grand chose à perdre. On m’a déjà objecté que c’est bien autre chose dans une « vraie » guerre : ce n’est en aucun cas une raison pour détruire ce qui a été construit, laborieusement et/ou passionnément … et régresser.

Autrement dit, il convient effectivement de se préparer à traverser des temps durs et difficiles.
Développons nos capacités au mieux de leurs dimensions potentielles, dont perceptives et intuitives, pour limiter les casses des grands enjeux actuels, d’abord les dérèglements climatiques (qui trouvent aussi une partie de leurs causes dans le consumérisme effréné de masse).

Sur un autre plan au premier abord hors sujet, mais en fait inséré-masqué et parmi les prioritaires car un autre risque de dissociation des populations se dessine, développons-enrichissons nos potentialités encore inexploitées afin de nous tenir à hauteur d’équilibrer les développements, quand déshumanisés, des IA (Intelligence Artificielle), … et au contraire en tirer ouvertures et non pas esclavages.

Pour traverser le « dur », multiplions l’organisation d’interconnexions entre les multiples initiatives « éclairées ». Assurons les solidarités de nos diverses proximités.

Dans l’immédiat, puisque l’on supporte nettement moins bien les variants du Covid que la grippe espagnole ou le VIH, l’immunité collective recherchée résultera d’une saine et équilibrée alimentation, la plus naturelle et la moins industrialisée possible, comprenant une juste proportion de légumes, dans une hygiène de vie tonifiante (qui alors supporte aisément les débordements festifs seulement de temps à autres) soit au moins une pratique sportive, dans l’attention à réduire le plus possible l’exposition aux facteurs de stress (qui alors supporte aisément les évènements où il est utile de tout mobiliser en urgence), dans la pratique d’une médecine plurielle et ouverte à toutes les connaissances disponibles sur cette planète en l’état (afin d’y trouver les préventions et thérapies adaptées à chaque cas chacun étant unique), … dans l’encouragement de notre société à développer systématiquement les niveaux d’éducation générale (induit et affine le sens critique partagé).
Politiquement (au sens noble de politique), cette pandémie mondiale justifie une fois de plus la nécessité urgente de refondre tant la Constitution française que la Constitution européenne. Celles et ceux qui « lacheront prise » pour faciliter ce processus s’honoreront.

En l’occurrence, la sagesse des anciens, pour ma part je la lis dans la combinaison de La Boétie, Voltaire et Victor Hugo … d’où mes options quand aux Covids. En matière de sagesse, en langue française, Edgar Morin qui vient de cumuler ses 100 ans, nous a proposé ces toutes dernières années les orientations politiques, réalistes car complexes.

Michel André Vallée 28 juillet 2021

QUAND LES ENFANTS NÉS EN 2021 AURONT 30 ANS

Pénurie d’eau, exodes, malnutrition, extinction d’espèces … . Le pré-rapport 2021 du GIEC, obtenu par l’AFP (source HuffPost), constate et annonce que les impacts dévastateurs du réchauffement sur la nature et l’humanité vont s’accélérer, … et devenir immédiatement palpables à tous (plus ou moins selon les zones) bien avant. Lire ce pré-rapport. Pourquoi ne pas dire continuer de s’accélérer, puisque l’accélération de ce trait majeur de l’anthropocène est déjà palpable depuis les grands incendies, la fonte de presque tous les glaciers et la pollution généralisée (terre, air, eau), soit les années 90.

Nos enfants actuellement jeunes et petits-enfants (pas plus tard) le vivront douloureusement, et nos civilisations et systèmes de société ne sont pas prêts. Le rapport n’ajoute pas, mais nous le savons, que les résistances des détenteurs de pouvoirs de retours d’investissements à court et moyen terme à deux chiffres, tout autant que les habitudes de confort et de consommation de simili-luxe des « masses » d’habitants des zones ‘nanties », se refusent à changer et s’adapter.

Or des choix radicaux de transformation des processus et des comportements à tous les niveaux (individus, communautés, entreprises, institutions, gouvernements) sont incontournables si nous voulons tous réduire ce qui est déjà inéluctable. Nous devons redéfinir de façon drastique notre mode de vie et de consommation.

Or c’est bien là que le bât blesse. Si des milliers d’initiatives de bonnes intentions sont en cours dans tous les Pays (même dans ceux en Révolution civile tel le Belarus actuellement pour citer un Pays « nanti »), toutes ces actions sont insuffisantes en regard du besoin planétaire systémique global. Quels États ont ou auront assez de clairvoyance, de détermination, et de courage face à ses populations, pour s’y engager résolument ? Les constats depuis les Accords de Paris, par exemple, sont carrément décevants, au point que des États (dont la France) commencent à être attaqués en justice pour ne pas agir assez. Une autorité solide et respectée est nécessaire.

Prenons du recul et observons les traits dominants de chaque grande puissance influente.

Une seule puissance témoigne des caractéristiques nécessaires : la Chine. C’est le seul Pays dont l’organisation politique et la culture dominante de sa population permettent des investissements volontaires et massifs à long terme.

La Chine est déjà, quoique la majorité des médias occidentaux prétendent, la première puissance mondiale. Le yuan a commencé à remplacer le dollar, la Chine est devenue l’alliée de la Russie puisque l’UE a trop repoussée cette dernière couchée qu’elle persiste à être sous les USA et l’OTAN. Mais les nouvelles routes de la soie progressent pour assurer la jonction Chine-Europe. Et le second gazoduc Russie-Allemagne vient d’être débloqué (principe de réalité qui s’impose enfin). Or l’approvisionnement en énergie, partout, est clé.

On entend et lis encore que la puissance militaire américaine reste la première et assure sa domination (qu’elle a acquise « grâce » aux deux guerres mondiales du XXème) ; c’est inexact. En effet que valent 10 porte-avions quand les USA ne sont plus en état d’assurer sur terre plus de deux conflits armés de front. Même en 1945 le front à l’ouest n’a réussi à s’imposer (à quel prix !) qu’avec les millions de soldats sacrifiés à l’est en même temps, et il a fallu les deux bombes atomiques sur le Japon pour que la Russie ne l’emporte pas de ce côté là. Les USA viennent d’abandonner la Syrie (honte historique envers le peuple kurde), l’Irak, et l’Afghanistan livrée à la barbarie des Talibans (que la CIA à l’origine a armés contre l’armée russe). Quand la Chine dispose de la première armée terrestre, bien équipée et motivée.

En Afrique, il est clair dorénavant que Chine et USA investissent (depuis longtemps) pour remplacer les français à l’Ouest. Évidemment que la Chine va l’emporter, car, comme développé dans une conférence disponible sur le blog «  arcencielxcristal.com « , la Chine joue avec excellence au jeu stratégique de Go, emblématique de sa civilisation depuis des millénaires, … et ce systématiquement sur tous les damiers, se jouant des complexités inhérentes aux réalités de l’existant. Il y a longtemps que le damier africain est travaillé, ce qui complétera les assurances d’approvisionnement tant en matières premières dont « rares » qu’en vivres. Les USA n’y pourront mais, leur stratégie de colonisations violentes n’étant pas appréciée (de même en Amériques latines dont nous reparlerons).
Une fois puissance dominante en Afrique, dont de l’Ouest, la Chine règlera méthodiquement le problème de l’intégrisme islamique, ce que nous nous révélons incapables de faire.

Le Japon et l’Australie ne pourront que passer alliances sous conditions avec la Chine : principe de réalités sur d’autres damiers.

Seule l’Inde va être en mesure de pondérer cette consolidation de la nouvelle domination mondiale. Le Pakistan sur son flanc ouest ne sera qu’un sous-problème, même dur.

Ainsi seule la Chine va être la seule en mesure d’amener les transformations drastiques nécessaires pour réduire les impacts des effets de nos insouciances sur le climat. Elle y est aussi fortement incitée de l’intérieur car elle en est aussi victime sur une large étendue de son territoire et leurs populations. Elle s’y est d’ailleurs déjà résolument engagée.

Au delà, la Chine va être et elle est déjà confrontée à une autre impérative nécessité : celle des valeurs « nouvelles » auxquelles adhérer. L’Occident continue de se déliter ayant renoncé aux valeurs qui soutenaient ses civilisations (elles étaient plurielles). Les valeurs sur lesquelles s’appuient les Pays islamistes sont de contrôle entretenant une profondeur insuffisante d’éducation générale (malgré la valeur de ses philosophes de siècles passés) ; ce qui ne résistera pas à la banalisation des nouvelles technologies de l’information. Il est d’ailleurs significatif de constater que les mouvements soufis y sont persécutés.
La Chine pourrait avoir l’intelligence et la subtilité, luttant en tête contre les dommages à cette planète, de re-développer une structure de valeurs du fait même déclinée de la redécouverte des liens de l’humain avec la nature dont il fait partie. C’est dans ses traditions, mais ce sera pour plus tard, peut-être même bien plus tard, Plus tard que quand les enfants nés en 2021 auront 30 ans ; ceux-là, que nous n’avons pas épargnés, vont devoir se battre dur, dans des systèmes de liberté totalement refondus.

Michel André Vallée 23 juin 2021

Premiers commentaires sur le mur Facebook :

  • Pascale Flavigny Intéressant ,Michel André Vallée ,mais il faudrait alors dans ce lointain futur que la Chine ne soit pas un état d’IA totalitaire. 
  • En ligneMichel André Vallée Merci pour votre intérêt. Vous avez compris que ce billet est une réflexion prospective, et non le signe d’un accord à 100 % avec le régime chinois actuel. De mon point de vue, ce régime va perdurer tant que le rétablissement historique de la Chine « au Milieu » ne sera pas complété, avec la force de motivation de la majorité des chinois, puis (le balancier lui continuant son chemin) évoluera pour s’adapter aux besoins d’équilibres de la position internationale acquise. L’IA va continuer d’être en soi totalitaire partout.
  • BillyNicolette Rigo Analyse fort intéressante et plus que probable…

100 ans, pensée claire transcende le complexe

Ainsi, hier soir 9 juin 2021, Edgar Morin, qui aura 100 ans le 8 juillet prochain, a répondu pendant 1H30 à François Busnel dans son émotion La Grande Librairie. Œuvres, vie sociale, vie personnelle. Ce que j’en ai retenu, respectant le contenu et le plus possible l’expression.

Vivre plutôt que Survivre, … d’où son engagement dans la Résistance malgré l’évident risque de mourir jeune. S’engager dans ce que l’on voit juste est Vivre, se protéger dans le confort sans risque n’est que Survivre.

De Marx à Héraclite, soit de la pensée judéo-chrétienne laïcisée MAIS qui a menée au stalinisme identique au nazisme, quand Héraclite reste la pensée humaniste intégrant vivre les contradictions, la réalité des antagonismes, le sens critique complété du doute en toutes choses. Puis, sur les dernières années, la sagesse et la convivialité de Montaigne.

Des contextes marquants : Salonique de l’enfance, l’éveil à l’action avec Les Maîtres Chanteurs (ou Le Vaisseau Fantôme), la douce et belle Toscane de la famille maternelle.
Chaque être, par sa vie, vie une aventure, … où on ne sait jamais rien à l’avance.

Cette période à ses yeux est d’ailleurs marquée par voir l’incroyable, l’apparemment impossible, devenir réel.
Ainsi l’humanité qui détruit, ravage, cette planète pourtant si équilibrée pour la vie après des milliards d’ans de structuration et adaptations.
1945 : la bombe atomique dont le risque d’anéantissement des humains et d’une bonne partie du vivant s’accroît avec la multiplication des armes et des sites.
1972 : la mise en évidence de la dégradation de la biosphère, puis son accélération, puisque rien n’y fait, … la prise de conscience restant insuffisante pour être déterminante.
1980 : l’émergence du trans-humanisme. Complété par l’intelligence artificielle (I.A.) et ses développements fulgurants, nous avons engagé notre métamorphose dans un Homme « augmenté ». Que l’évolution de l’homme continue, cela a toujours été, MAIS risque terrible qu’elle soit réservée à une élite !
1989 : le marché planétaire, le néolibéralisme s’imposant malgré les apparences sur toute cette planète, avec ses dramatiques inégalités, elles aussi croissantes. L’argent devenu valeur unique primordiale, … ce qui signifie que le but humaniste, porté depuis la plus haute antiquité, n’est pas réalisé.
Pour de nouveau continuer vers l’humanisme, un accroissement de conscience est nécessaire, … mais le vide politique est gigantesque.

Par l’individualisme systématique, dégradation des solidarités, de famille, de clan, de village, de quartier, de culture, de Pays, internationales. Quant le Je et le Nous sont à l’évidence complémentaires.

La convivialité essentielle d’Ivan Illich se complète par le besoin de reconnaissance pour tout humain de Montaigne.
Comprendre le complexe, prendre en compte toutes les diverses composantes de la réalité, être préparé à assumer le complexe.

Tout ce qui existe étonne (les oiseaux, les fleurs, les cruautés diverses de tant de gens), … étonne car on ne dispose pas de la clé de connaissance. Partant, accepter de gérer le risque d’erreurs, les illusions du savoir, toutes les illusions.

Malgré les désillusions, garder les aspirations, les espérances, même si elles ont peu de probabilités d’être réalisées.
Notre époque est régressive, et nous pouvons redouter le néo-totalitarisme, … où tout est contrôlé, soit une illusion d’UN savoir qui s’impose violemment à tous.
La prise de conscience n’est pas encore là, … d’une toute autre dimension que des bribes ici et là.

Le hasard est une impossibilité algorithmique ; on ne peut dépasser le hasard.

Vouloir une vie « réussie » n ‘a pas de sens, n’existe pas ; le bonheur ne correspond qu’à des moments « cadeaux ». Les évènements aident beaucoup aux choix d’orientation d’une vie ; nous sommes ce que nous avons rencontré.

Le monde actuel est d’une folie cruelle. L’expérience devrait donner des leçons de vie, la sagesse consistant à ne pas recommencer les mêmes erreurs.

Puis-je recommander son avant-dernier ouvrage (parmi plus de 30 autres), Les souvenirs viennent à ma rencontre, Fayard, 2019, … qui vient de sortir aussi en format Poche.

Michel André Vallée 10 juin 2021

LE GRAND RESET-EFFONDREMENT DE 2020-2 (SOIT 2021) A COMMENCÉ

Les failles et crevasses s’élargissent de partout, en tous domaines.

Climat. La mise en œuvre des Accords de Paris sur le climat est notoirement insuffisante, sauf l’exception de petits États qui ne peuvent faire le poids ; mais au moins leur exemplarité existe. Le pire : constats multiples et validés, ces toutes récentes années, que les dégradations se sont accélérées plus vite que les plus pessimistes pronostics des scientifiques, et qu’il n’est dorénavant plus question de revenir en arrière, simplement freiner pour s’adapter vaille que vaille.
Cela, dorénavant, presque tout le monde le sait, sauf quelques vieilles barbes réactionnaires climato-sceptiques. Ce qui va entrainer de façon imminente le grand reset-effondrement, c’est la combinaison actuelle avec d’autres crevasses.

Monnaies. Les crypto-monnaies s’institutionnalisent, les Banques Centrales les intégrant dans leurs suivis et les grandes banques acquérant des réserves. Elles ne sont pas et seront difficilement fiscalisées. Avec les paradis fiscaux, disséminés sur la planète, elles permettent aux fortunes financières d’échapper aux contraintes des solidarités publiques. Avec l’inflation qui re-émerge, elles permettent d’échapper aux remboursements de la dette, donc vont plonger le plus grand nombre dans la misère.

Grandes multinationales. Avec les grands Funds, tant par la puissance d’investissement que par le lobbying, elles-ils pèsent dorénavant plus que les États, au moins dans la sphère Occident et dépendances. La façon dont le PDG de Danone (premier du CAC 40 dans ce cas à avoir engagé le Groupe dans une politique de RSE (Responsabilité Sociale et environnementale des Entreprises), vient d’être ce dernier mois débarqué, est parlante. Apparemment les actionnaires, en fait les grands Funds, maintiennent l’attitude d’avidité, si bien décrite par l’économiste Joseph E. Stiglitz : le seul profit d’abord. Pas de changement radical d’orientation, mais un redéploiement-récupération capitalistique en trompe-l’œil de la mode du Vert. Les tenants des principes de la mondialisation imposent et défendent bec et ongles le droit international des ISDS (mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États) qui permet à une entreprise d’attaquer un État devant un simulacre de tribunal international, en fait acquis à la mondialisation, d’où des pénalités faramineuses qui freinent la mise en place par les États de leurs politiques.

États dominants. Avec l’arrivée de l’administration Biden aux USA, tous reprennent leurs marques géopolitiques. Le jeu de ping-pong violent entre Biden et Poutine et celui sur Hong-Kong avec la Chine en semaine 11 marque clairement la réactivation de la guerre bipolaire de fait. Bipolaire puisque la Chine et la Russie sont alliés. C’est toujours America first ayant l’outrecuidance de dominer le monde, envers et contre toute évidence du renouvellement multipolaire des contextes. Versus Chine, que son dirigeant reste Xi Jinping ou qu’un autre (pour « une » il faut attendre encore un peu) prenne les manettes selon une nouvelle orientation, elle ira au bout de son affirmation de fait comme première puissance Empire du Milieu. La Chine a su jouer avec ses talents millénaires de la mondialisation des occidentaux.

Europe ? Toujours le premier marché mondial, mais quasiment aucune influence, du fait de se refuser à être une Fédération de Régions, État unique se posant (soit s’imposant) d’une seule voix selon ses intérêts propres. Versus culturel, l’Europe n’est plus dominante phare de civilisation. Ce continent, qui devrait aller de l’Atlantique à l’Oural, est notoirement dispersé. Il le sera d’autant plus qu’entre 2021 et 2022 les deux « dirigeants » du tandem France-Allemagne, Merkel et Macron, devraient selon toute vraisemblance changer.
Dans cet ensemble la France, à son petit niveau passé du 5ème au 15ème à 40ème rang mondial selon les critères, n’a plus guère pour se distinguer que ses sous-marins nucléaires d’attaque, … puisqu’elle est en train de perdre le tourisme (pandémie), l’agro-alimentaire (replis généraux de la mondialisation et éparpillement local des paysans), et l’aéronautique (plusieurs causes dont la conjugaison de la pandémie avec les avancées en technologies de communication). Si l’armée « retournait les crosses » (ce qui est loin d’être impossible), quel côté choisirait-elle dans ce monde de fait multipolaire ?

Plusieurs terrains propices à un nouveau conflit mondial. Les guerres, pendant que l’Europe dormait (même lors de la guerre de la Yougoslavie en son sein) n’ont cessées et continuent. Une déflagration mondiale pourrait partir de la Syrie et de la Libye, de la Turquie, de Taïwan, du Brésil (ingérence en réaction aux déforestations), d’Afrique noire (contrastes violents entre exploitations des ressources et conditions de vie) …

Ce sont trop de crevasses qui s’ouvrent simultanément, là actuellement, ces années-ci. Elles ne peuvent qu’entrer en combinaisons dynamiques selon des effets dominos sur plusieurs dimensions. Une majorité de faiseurs d’opinion s’accordent sur la pluralité et l’importance des incertitudes. La nature ne laisse jamais longtemps de vide.

La pandémie Covid-19 Sars, qui perdure et se développe par les variants, constitue là, en 2021, la « goutte » de trop. « Goutte » car les statistiques correctes témoignent d’un phénomène autrement plus bénin que les anciennes pestes et la grippe espagnole, « 2021 » car les sociétés touchées ont estimées pouvoir s’en sortir en 2020 mais il n’en est rien, « de trop » car les choix stratégiques de plusieurs gouvernements (dont celui de la France), qui jouent sur la peur de populations qui n’ont pas expérimentées directement la guerre ou des catastrophes équivalentes, … mènent à une réelle pandémie pour le coup effectivement vaste et dure.
Aveuglés par le lobbying des grands groupes pharmaceutiques et par une partie réactionnaire du corps médical (pour de multiples raisons selon les individus), la plupart des gouvernements entérinent le déni des mécanismes de défense des virus aux réactions biologiques immunitaires ; d’une part les vaccinations massives sans prendre le temps des immunisations collectives ne peut qu’entrainer la multiplication de variantes de virus plus dangereux, d’autre part la méthode par ARNm sans mise en évidence validée des effets secondaires ne peut que généraliser des mutations génétiques irréversibles. Il est vrai que ces gouvernements ne sont pas aidés par un manque de maturité navrant d’une partie des populations, … mais n’est-ce pas le résultat de cette société où l’individualisation systématique (une des plus « efficace » victoire du néo-libéralisme) a été conjuguée à la consommation futile de masse et au délitement des systèmes éducatifs orphelins de repères ?

Partant risque élevé de réduction massive et brutale de population (n’oublions pas que la surpopulation est le premier problème de l’ONU), qui justifiera la mise de côté de toutes institutions et pratiques démocratiques. Toutes manifestations de masse sur d’autres objets se trouvent occultées du fait même. Cependant plusieurs États ont pris la « précaution » de s’équiper pour casser d’éventuels mouvements populaires (ils ont été prévenus à Davos)..

L’organisation de systèmes centralisés et concentrationnaires soi-disant de protection mais en fait de contrôle absolu induit quasi-logiquement Le Successeur de pierre (lire ce roman visionnaire de Jean-Michel Truong, cité plus bas).
Et, si ce n’est Le Successeur de pierre, ce sera Mad Max (re-écouter Edgar Morin).
Nous pouvons observer déjà des ébauches de l’un comme de l’autre.

Il ne faut pas compter sur les social-démocraties, qui ont fait leur temps, et se trouvent toutes dévorées de l’intérieur pour tourner vers des régimes autoritaires. Elles sont déchirées par la multiplication des « pensées uniques » en rejet de la complexité des connaissances, et la résurgence de théocraties (même cause) qui elles ne sont pas nouvelles, … tant l’islamisme radical que les évangélismes. Le système politique optimal (et en aucun cas « idéal ») reste à élaborer.

Une certitude, les visions et projet bisounours de type New Age n’y pourront mais. Même si des milliers de belles initiatives sont courageusement mise en œuvre sur tous les continents, elles ne feront pas le poids et seront balayées, … sauf quelques-unes qui joueront le rôle refuge de la vallée perdue pendant la guerre de 30 ans. Souhaitons à ces dernières qu’elles aboutissent au renouveau de l’humanité en sortie du Grand Ragnarok qui se prépare. J’ai choisi l’image des traditions du Nord (Nor pour les cinq Pays scandinaves) car je les connais un peu, mais plusieurs traditions sont similaires venant de plusieurs continents, … et n’oublions pas qu’Apocalypse veut dire « Révélation ».

Au point où nous en sommes, seule la démarche de négociation ultime (et très risquée) du « saut de l’ange » (réussie entre Israël et l’Égypte en son temps) pourrait atténuer le jeu, … mais entre qui et qui ?

Quelques pistes bibliographiques

BRANCO Jean – Crépuscule – Au diable vauvert Massot – 2019
DIAMOND Jared – Effondrement – Gallimard – 2006
FLEURY Cynthia – Ci-gît l’amer – Gallimard – 2020
KEMPF – Fin de l’Occident, naissance du monde – Seuil – 2013 – Tout est prêt pour que tout empire – Seuil – 2017
MORIN Edgar – La Voie Pour l’avenir de l’humanité – Fayard – 2011
STIEGLER Barbara – « Il faut s’adapter » – Gallimard – 2019
STIGLITZ Joseph E. – Peuple, Pouvoir & Profits – L.L.L. – 2019
TRUONG Jean-Michel – Le Successeur de pierre – Denoël – 1999
VALLÉE Michel – Passages vers l’Ère à Venir – blog « arcencielxcristal.com « – 2019
VARGAS Fred – L’humanité en péril – Flammarion – 2019

Revue YGGDRASIL effondrement et renouveau, qui, volontairement, ne publiera que 12 numéros ! (yggdrasil-mag.com)

Michel André Vallée 22 mars 2021

DÉTRICOTONS LES AMALGAMES, … CONTRE LES ESCLAVAGISMES, … POUR L’ACT !

ACT veut dire « Amélioration des Conditions de Travail » ! Point d’exclamation car, après un demi-siècle de progrès, elle est en chute libre par les esclavagismes « modernes » (« modernes » pour actuels). Dossier hier soir 9 mars sur ARTE sur les abominations de la « fast fashion » et les pratiques d’exploitations à outrance des livraisons rapides liées.

Les européens se gorgent de morale en dénonçant les traites des noirs (d’abord des arabes au travers du Sahara de l’Afrique) puis les leurs au travers de l’océan Atlantique . Ils auraient changé depuis ? … et pointent la tête haute la perduration des esclavagismes arabes aux États du Golfe !

Mais, après avoir encouragé le dumping social lié à la mondialisation, extra et intra-européen (l’UE a intégré trop vite la Roumanie par exemple), elle ferme pudiquement les yeux sur une autre forme de zone de non-droit des cités où les dealers font la loi, … les zones des ateliers de confection du fast fashion telle à Leicester en Angleterre. Leurs patrons capitalistes ont poussé la réduction des coûts systématique avec « réalisme »  de deux façons : 1) en stoppant les surcoûts des transports géants absurdes liée à cette damnée mondialisation type OMC, donc en rapatriant ici les ateliers ; 2) en y « implantant » des conditions de travail esclavagistes annihilant les efforts sociaux puis d’ACT durement gagnés pendant 1,5 siècles … puisque cela est possible dans des zones de « non-droit » ! ET, cette réduction abominable des coûts va avec la récente forme d’esclavagisme des livraisons rapides par « auto-entrepreneurs » (sur le mode ubérisation à outrance).

Il n’y a de travail que s’il y a demande directe qui vient d’une consommation de mode (évidemment de non-qualité) pouvant aller jusqu’à l’usage unique d’un produit, payé au black (un des aspects de la défiscalisation systématique) et au lance-pierre le plus possible, sans aucune garantie ni protection des plus faibles devenus esclaves totalement dépendants.

Mais qui plus est, l’écosystème (l’air et l’eau et la terre dont nous vivons) en est simultanément gravement atteint, quand on apprend par exemple que 10 % de la pollution atmosphérique vient dorénavant de ce système de livraisons !

Donc premier acte : ne plus rien acheter sur ces modes, boycott.

Il y en a marre ! Nous voulons des gouvernants certes d’abord effectivement éclairés mais aussi forts et sans peur, sans juridismes de passoire ni administrations trop lourdes et complexes qui diluent les responsabilités, … afin d’éradiquer toute cette fange et nettoyer les écuries d’Augias. L’Europe que nous voulons ne se couche pas en laminant par le bas, mais en s’affirmant par la mise en œuvre des conséquences de toutes les connaissances dans des politiques volontaires.  Tout autant réarmer les contrôles des prix et l’inspection du travail qu’appliquer systématiquement les lois déjà existantes avec des peines de travail éducatif solides … Pas d’ACT sans politique volontaire partagée.

L’ACT en est une face hurlante ; nous n’avons pas été nombreux à lui consacrer une vie entière pour jouer aujourd’hui les autruches comme des poules mouillées.

Attention, une telle attitude assainie irait avec détricoter certains amalgames. En effet haro est trop souvent porté sur l’immigration, et le lien trop vite fait avec ces fameuses zones de non-droit et leur islamisation, devenue effectivement à plus d’un titre intolérable. Mais, les européens n’ont-il pas fait de même au XIXème siècle notamment en partant massivement pour les Amériques ? Et n’avons-nous pas provoqué les immigrations (quoique actuellement le mirage européen soit effectivement en train de se dissiper au sud) ?

L’abbé Pierre, longtemps une des figues préférée des français, a bien annoncé que nous ne résisterions pas au tsunami, quelques barricades militaires que nous mettions en place.

Là le problème est dans l’assimilation, car des populations entières de polonais, espagnols, italiens … ont adoptés les codes et repères des pays qui les accueillaient, partant les ont enrichis. Pour « assimiler », là encore, des politiques volontaires par le haut pour tous, … soit ni indulgence communautariste de faiblesse politicienne, ni élitismes égoïstes hors sol.

Alors seulement, cette Europe espérée pourrait de nouveau faire, non pas de la morale, mais de l’éthique … parmi les autres pôles de civilisation.

Intégration des complexités dans la pensée politique, mais avec transparence (pas d’amalgames) ; générosités ET authenticités ;  dépassement des peurs et forces des vertus.

Michel André Vallée                        10 mars 2021

ACTUALISATION DE L’ÉTHIQUE (OCCIDENTALE) ?

En lisant l’éditorial de Natacha Polony dans le N°1215 (22 au 28 janvier) de l’hebdomadaire Marianne, nous y retrouvons de la part de cette belle personne (même si chacun n’est bien entendu pas toujours en accord avec ce qu’elle écrit) une des facettes de ce que nous sommes de plus en plus nombreux à penser des évolutions de notre éthique.

Parlons d’éthique, et non de « morale », concept trop porteur d’obligations significatives d’une zone culturelle donnée à une époque donnée, non fondées en regard de l’état des connaissances. Regard éthique dans la lignée des Spinoza, Voltaire, Edgar Morin … entre autres. Même ainsi, j’ajoute « (OCCIDENTALE) ? », car il n’est pas évident que nos systèmes à « penser les pensées », partagés plus ou moins en Occident, fonctionnent de même au cœur de l’Afrique, en Extrême-Orient, dans le monde arabe, chez les Inuits …

De quoi s’agit-il dans cet éditorial ? Des réactions de « tollé » immédiates et intenses au dessin de Xavier Gorce dans le quotidien Le Monde, le 19 janvier, sur l’inceste ! Le dessinateur incriminé à écrit dans son dessin : « Si j’ai été abusé par le demi-frère adoptif de la compagne de mon père transgenre devenu ma mère, est-ce un inceste ? ». J’avais vu passer le dessin sur un « partage » Facebook et avait immédiatement apporté le commentaire : « OUI, car ç’est une question d’intention et d’actes », quoiqu’il en soit du jeu de dérision tant celles et ceux qui ont travaillé dans leur carrière à un moment sur les questions de l’inceste, de la pédophilie, … savent à quel point ces perversités graves sont masquées sous les prétextes les plus irrecevables ! Tollé tel, dénonçant « ce qui n’est pas de l’humour », que la direction de la rédaction du journal a présenté publiquement officiellement ses excuses, d’où la démission de Xavier Gorce ! Le journal Le Monde a de plus désactivé les commentaires !

Entendons-nous bien , il ne s’agit pas ici de défendre le dessinateur qui, comme le rappelle Natacha Polony,  a par exemple traité les Gilets jaunes de bœufs, de cons, de troupeau d’abrutis forcément antisémites, voire fascistes, … ce qui est absurde et outré dans l’insulte. J’ai été parmi les premiers à publier quinze jours avant le premier épisode « Gilets jaunes » un article confirmant que le phénomène allait effectivement se passer et pourquoi (article que l’on trouvera sur mon mur Facebook dans les rubriques « plus »). Nous sommes très nombreux à avoir alors pensé, et continuer à penser, ainsi.

Non, la question ne porte pas sur un débat politique, mais effectivement sur la nature du rire, sa « nouvelle » censure, sur la liberté d’expression, sa « nouvelle » censure.  

Nous apprenons dans cet éditorial que le 1er juillet 2019 le New York Times mettait fin à toute publication de desssins de presse, estimant que ceux-ci couraient toujours le risque de blesser quelqu’un. Grands dieux, dans quel monde d’humains fragilisés sommes-nous tombés ! Il deviendrait donc obligatoire d’éviter tout traits, tout dessin, qui de près ou de loin pourrait choquer sur les champs du racisme envers les noirs, DES antisémitismes, du genre, de l’homosexualité, des religions, … chacun complètera à son aise cette liste.

Les opprobres publiques, trop souvent masquées sur les « nouveaux » réseaux sociaux derrière des pseudonymes, pleuvent drues avec une violence qui rappelle les périodes noires du passé, … pas toujours en français correct qui plus est.

L’intransigeance sur de plus en plus de thèmes de société, objets de regards éthiques, serait-elle en train de rejoindre pas à pas la totalement inacceptable dictature des fatwas qui dénoncent par exemple un Salman Rushdie ? Relativisons, s’il n’y a pas menace de mort, il y a violente tentative de mise au ban de la société. Voltaire se retourne dans sa tombe.

Natacha Polony écrit effectivement : Le problème, finalement, n’est pas tant la liberté d’expression que le refus d’une posture religieuse qui impose à autrui les limites du Bien et du Mal. Bigoterie contemporaine. Le phénomène relève de la pensée unique, en fait de pensées uniques qui s’imposent, … car elles sont, naturellement, multiples, les pensées uniques, … pourrait-on dire autant qu’il est d’individus, de collectifs, de sectes distinctes. N’existeraient, ne seraient admissibles, que les pensées, leurs expressions, en « harmonie », et en rien contradictoires, avec MA façon de pensée, celle de MA secte. Là seulement résiderait la vertu, et il serait interdit d’en rire. L’humour est devenu réservé !

Par déficience de plus en plus sévère d’éducation générale, dont un des effets pédagogique est la construction expérience par expérience du sens de l’éthique, nos sociétés apparaissent effectivement de plus en plus fracturées. 

Une société laïque devrait aller de pair avec une éthique, et non une « morale », où la vertu émane de bon sens de la transparence sans réserve sur tout ce qui existe, où toute pensée unique finalement est signe d’une pathologie quelque part. La morale, quand à elle,  relève d’une compréhension sur le mode La Fontaine.

Michel André Vallée            24 janvier 2021

MEILLEURE ANNÉE 2021 POSSIBLE !

Je souhaite sincèrement à toutes et tous non pas une bonne année, mais la meilleure année possible.

Il n’y a aucune raison pour que les tensions qui s’accumulent, se conjuguent, s’amplifient, s’accélèrent depuis toutes ces dernières années, disparaissent comme par enchantement.

Considérons le concept, en énergie nucléaire, de « masse critique », soit l’instant où la masse de matériaux devient telle que les réactions en chaîne s’accélèrent brutalement d’où une déflagration imparable et devenue incontrôlable, gigantesque et dévastatrice. Les ouvrages qui ont repris cet exemple en sociologie, et d’autres disciplines, ne manquent pas venant d’horizons d’orientations diverses. Cet exemple peut être aussi valable en géopolitique, si on utilise cette récente discipline non pas du seul regard des « autorités » et « experts » mais aussi bien des « masses » de gens, justement.

Dans les Pays et populations disons aisés, les restrictions « perçues » et la perte de repères rassurants (car ils ont disparus quoique les médias « positivistes » tentent d’« expliquer ») vont devenir insupportables à trop de gens, insupportables dans les faits. Bien entendu nos anciens ont connus bien pire, mais les générations devenues adultes n’ont pas connues ces conditions de vie.

Dans les Pays et populations pauvres, et dont le développement a été freiné par les politiques d’entretien de dépendance, minés par les corruptions d’une fausse-élite volontairement aveugle, tout peut arriver n’importe quand, donc va se déclencher ici et là. Attention à la masse critique, car l’étouffement du printemps arabe ne se reproduira pas ici et là et ailleurs de la même façon deux fois.

Quand aux migrants aux portes des Pays vus comme aisés, ils ne vont plus tenir.

Les catastrophes « naturelles » (eaux, vents, terres, feux…) vont bien évidemment continuer de s’intensifier, même si une proportion suffisante de gouvernements s’engageaient là ici et maintenant à des radicalisations drastiques des politiques liées au climatique et aux écosystèmes ; ils ne le font et feront pas car leurs citoyens redevenus « sujets » confits dans le confort n’en supporteraient pas les conséquences de vie quotidiennes immédiates concrètes.

Aussi, les tensions atteignant la « masse critique », en trop de lieux et de contextes, les pouvoirs en place vont se raidir, se durcir. Ce n’est pas par hasard que les budgets d’armements et de forces de sécurité n’ont cessés de croître dans tant de Pays.

Les mouvements devenus internationaux de « pensée unique », dont religieux vont eux aussi se radicaliser d’autant plus d’eux-mêmes soit pour l’emporter, soit dépendants de leurs propres courants extrémistes.

Certes, il est des milliers d’alternatives, d’orientations parfois opposées mais qui ont compris, qui se sont développées, entrent en coopérations. Mais leurs résiliences ne suffiront pas à réguler le bouillonnement des masses critiques. Elles apporteront simplement un peu de baume … et quelques zones relativement épargnées vers « la suite », bien plus tard.

C’est pourquoi, sincèrement, je nous souhaite à toutes et tous la meilleure année possible.

Pour chacune et chacun, un travail intérieur sur soi, ouvert à tout ce qu’il convient de voir, réel, profond. C’est la clé des issues individuelles et collectives durables.

Pour tous,  coordonner ce qui a du sens et peut tenir la route sur les chaos comme des radeaux reliés entre eux.

Michel André Vallée              1er janvier 2021

Pourrions-nous décoller ?

Trois auteurs différents mais complémentaires en regard des questions de notre temps hier soir 11 septembre 2020 à l’émission La grande Librairie sur la 5, animée comme toujours par François Busnel. Préalable, au fil des émissions il est lisible que François Busnel, qui dresse quand même malgré ses efforts d’objectivation de temps à autres le bout de l’oreille, est d’orientation chrétienne. Cependant aucun prosélytisme, que de l’exemplarité de haute tenue, ce que nous sommes quelques-un(e)s à attendre de responsables en tant qu’animateurs d’une fonction collective. Cette précaution pour éviter toute réserve « orientée » à ce qui va suivre, en nos temps troublés.

Ces trois auteurs ont été Elisabeth Badinter à qui était dédiée l’émission pour plusieurs ouvrages, Pascal Picq pour Et l’évolution créa la femme chez Odile Jacob, et Cynthia Fleury pour Ci-gît l’amer chez Gallimard.

Tout le monde n’aime pas Elisabeth Badinter, pour diverses raisons qui appartiennent à chacun. MAIS, elle a tiré parti de l’échange initial avec François Busnel pour dire nettement ce qu’il est juste de comprendre et considérer quand à l’Islam en général et dans ses fondements, et à l’islamisme « en particulier » dans ses outrances criminelles considérant les niveaux de développement de nos civilisations, et dans nos États en regard du principe institutionnel de base de laïcité. L’intrusion dans nos systèmes éducatifs et nos personnels politiques va bien au-delà du tolérable, et elle a fort bien pointé les limites du concept de tolérance, … que notre société a lâchement négligées. En cela, elle rejoint le diagnostic d’un Lyautey en son temps ou d’un Safouan (2008), d’un Mahmoud Hussein (2013), d’un Benmaklouf (2015) plus récemment. Entre autres, nos voisins anglais avec les conséquences du communautarisme dont ils en sont arrivés à se mordre les doigts (les québécois aussi), et nos voisins allemands avec la pression de sa population turque, abondent les mêmes constats.

Soyons intellectuellement honnêtes, si nous comprenons enfin que le monde musulman gagnerait à revoir ses fondamentaux en intégrant les conséquences des évolutions (sans censure conservatrice) des Connaissances, nous devons agir de même envers toutes les obédiences chrétiennes quand à leurs propres fondamentaux ainsi qu’envers les pratiques prosélytes de plusieurs de leurs mouvements évangélistes, ainsi qu’envers les politiques extrémistes des ultra-religieux hébraïques, … pour les catholiques en particulier, tout semble tourner à notre époque autour des sexualités.

Au fil de cette émission hier, une sorte de nœud Moebius a été évoqué plusieurs fois autour de « l’amer », « la mère », « la mer ». Il se trouve que cela me parle, … mais c’est mon affaire.

Pascal Picq a recherché et capitalisé depuis des décennies sur les champs croisés de l’ethnologie, de l’anthropologie, de l’archéologie, de la paléoanthropo …. Là il a réalisé un travail transversal sur les évolutions des rapports de domination entre hommes et femmes, notamment en comparatif des principales filières dorénavant connues des grands singes (mais d’autres espèces animales aussi) et des humains (depuis tant Neandertal que Sapiens). Il en ressort que les origines et pratiques de domination ont relevées de tous les scénarios,… ce qui interpellera la plupart des idées reçues à la mode, … partant des mouvements devenus intolérants dont la violence actuellement s’exacerbe. Le vieu mythe de la domination masculine réaction à la domination des femmes détentrices du mystère de l’enfantement pourrait bien sauter.

Cynthia Fleury est psychiatre-psychanalyste à Sainte-Anne (où j’ai eu l’honneur étudiant de participer à des travaux dirigés par la Professeure Thérèse Lempérière), philosophe-politique et écrivaine. Dans ce dernier ouvrage, elle développe aux fins fonds tant de la sociologie que de la psychologie des profondeurs, la réalité du « ressentiment », tant donc chez presque tous les individus qu’au sein de presque tous les collectifs. Au-delà d’un sentiment apparent, il s’agit d’une structuration inconsciente (individus tout comme collectifs), qui émerge parfois par pics parfois en permanence, en permanence avec amertume et dans certains contextes avec force et violence. Cette amertume a pour objet et est dirigée contre des autruis (individus ou collectifs) mais aussi soit même, en regard de l’image « idéale » qui nous habite.

Cette géniale mise à l’évidence aide et aidera à comprendre bien des choses. À suivre donc.

Un trait commun, et qui oh combien importe, à ces trois présentations : s’en libérer et surtout le dépasser est très difficile, voire impossible ! Le palier de développement de conscientisation de l’actuelle humanité est encore insuffisant.

D’une part, si le quantique a commencé de bouleverser nos paradigmes avec le XXème, là nous passons de nouveau un palier. Ce sont toutes nos certitudes issues du XIXème, et les boites de classification côte à côte liées, qui sont devenues nettement caduques, sautent, et devraient bientôt être placées aux musées de ce qu’il convient de savoir pour dorénavant l’éviter. Newton a été utile et structurant, mais les évolutions de la nature impliquent son dépassement ; Lamarck est vengé, très tard certes … Einstein a eu des difficultés avec les ondes gravitationnelles, mais depuis le début du XXIème, c’est acquis … Freud a spolié quantités de ses soi-disantes découvertes à des anciens remontant à plusieurs millénaires, mais nombreux parmi ses successeurs (des Dolto, Groddeck, Winnicott, Marty, Tobie Nathan …) ont corrigé cette avancée et objectivés, quand C.G.Jung a ouvert les fondements de la complémentarité matérialités-spiritualités.

Autant de phares vers l’au-delà de la mutation en cours.

D’autre part, espérons simplement que la barbarie régressive qui prolifère actuellement en de multiples lieux et systèmes de cette planète ne nous étouffera pas et, si cela s’avérait, que nous laisserons des traces pour plus tard.

C’est bien d’ailleurs ce que me meut en cette dernière phase de cette vie-ci.

Michel André Vallée