Deux messages sur mon mur de Facebook ce mardi 24 septembre 2019 : lien entre les deux ?

Premier de ces messages :

La chute de Thomas Cook … !
La presse verse des larmes de crocodiles pour les 600000 touristes à rapatrier. Certes très désagréable pour toutes celles et ceux qui sont piégés par la faillite du plus ancien voyagiste britannique (178 ans). Mais l’analyse économique de la mondialisation du tourisme aurait dû prévoir ce type d’évènement. Ce n’est que le début du renversement de l’iceberg. MAIS, quoi dire de toutes les populations sur toute cette planète qui ont tout misé sur le tourisme de masse low cost ou pas low cost pour un peu mieux vivre. Ils seront abandonnés pour la plupart, avec la non-éthique des gouvernances actuelles. C’est la mondialisation néo-libérale « décomplexée » qui une fois de plus est en cause.

Second de ces messages :

L’affaire Greta Thunberg ?

Il est des contextes dans l’histoire où un personnage inattendu sur un contexte global entendu amplifie toutes réactions, quelle qu’en soit l’orientation. En l’occurrence, toutes les diverses réactions sont plus ou moins émotionnelles, car effectivement TOUT est en jeu, et chacun est consciemment ou subconsciemment touché. Aussi les diverses réactions sont toutes intéressantes en ce sens que l’amplification explicite des signatures. C’est éclairant, et chacun peut plus aisément identifier les uns et les autres, et soi-même.

Lien entre les deux ? :

De mon point de vue bien entendu, … chacun peut y trouver autre chose. Dans les deux cas, un phénomène majeur, tant immédiat qu’à terme, ne ressort dans les grands médias, au-delà des supports spécialisés, académiques, d’historiens, de prospectivistes, qu’à l’opportunité d’un acte nettement décalé par rapport à l’habitude. C’est si souvent trop le cas, avec une si faible préparation d’esprit critique (en baisse comme on le reconnaît enfin récemment).

Dans les deux cas, l’événement se situe aux débuts de tendances lourdes, en cohérence avec le « bouquet » si chargé de tendances lourdes significatives de notre état global de déjà entrés en mutation de civilisation.

Dans les deux cas, tant aux jeunes éveillés qu’à celles et ceux des adultes qui restent sensibles, il est devenu évident qu’il n’est plus temps au discours « politiquement correct », mais qu’il est temps de la parole et de l’action directes et claires.

Pourquoi ces deux cas là, car ils sont d’actualité d’aujourd’hui et de demain.

Même s’il est tant d’autres « objets » de fond qui nous concernent toutes et tous, à propos de tous ces objets, le tryptique « Comprendre – Vouloir – Agir »  se complète avec « Échanger – Se coordonner – Se préparer ». Le courage va être nécessaire.

Michel André Vallée          

Quand même un peu d’espoir

Hier soir et cette nuit (17/09/19), les dossiers du mardi de ARTE ont donné trois documentaires hors pairs (et pourtant ces dossiers du mardi sont habituellement bons surtout dans l’objectivation).

Le premier de 20H50 à 22 H20 : “BlackRock”, soit, il semble bien, la plus grande puissance financière au monde, qui n’est pas une banque (donc nettement moins surveillée que les banques), mais gestionnaire d’actifs (6000 MM de $), des plus grands (les GAFA) aux plus petits cherchant une sécurité de placement depuis 2008. Je parle assez souvent dans mes articles du Deep power ; en voilà un, bien entendu au niveau de ses grands actionnaires ET décideurs. Cette structure, basée à New York, influence les gouvernements des principaux pays “occidentaux” et d’autres. C’est un des marionnettistes. Vaut donc vraiment la peine de visionner pour “comprendre”.

Le second de 22 H 25 à quasiment minuit : “Sacrée croissance”, qui commente la cassure entre les décideurs politiques et une partie des populations. Il le fait en témoignant de plusieurs réalisations de productions autonomes “à la base”, “locales”, vraiment “écologiques”, de collectifs sur des territoires à Toronto, en Argentine, dans le Nordeste du Brésil, au Bhoutan, en Bavière … Ce qui frappe, c’est que ces réalisations en vrai grandeur depuis en moyenne une décennie réussissent, perdurent, à la satisfaction évidente de leurs acteurs. ET, elles ne sont pas “réduites” par le Deep power. Elles témoignent, dans des contextes très divers, qu’une tout autre pratique individuelle et collective de consommation, en décroissance, est possible. L’outrancier “il n’y a pas d’alternative” est une mystification, … et de nombreux chemins peuvent être pris.

Le troisième de 0 H 00 à 1 H 35 : “System Error”, qui déroule clairement la mise en évidence que les fameux algorithmes de nos systèmes d’IA décident eux-mêmes selon des logiques implacables, sans que nous autres humains qui les avons conçus et mis en route interviennent, … en l’occurrence en matière financière !

Le premier et le troisième dossier témoignent de l’actuelle puissance financière, quand il n’y a plus (au moins en Occident et alliés) de volonté politique consciente, des enjeux actuels globaux de notre planète et de notre humanité, assez puissante pour Agir. Peut-être la Chine, … les toutes prochaines années nous le diront. Le second film (Sacrée croissance !) permet donc quand même un peu d’espoir.

Alors, comme l’un des “”ploucs” qui s’exprime dans cette démonstration d’autres voies le démontre clairement : il faut arrêter de discuter, mettre en œuvre. Mais après “Comprendre”, pour “Agir”, il est indispensable de “Vouloir” !

Michel André Vallée       18 septembre 2019

4 générations pour traverser le mur

L’observation et l’écoute d’une proportion importante des jeunes d’aujourd’hui, de ces années de collapsologie, fait trop souvent froid dans le dos. Il suffit de parler avec eux en faisant du blablacar, ou d’écouter avec la compassion ordinaire que devrait avoir un humain des parents qui cherchent à savoir quoi faire. Elles-ils ne savent pas quoi faire et s’essaient sans conviction d’une activité à une autre, papillonnent, et/ou décrivent notre société comme sans attrait, et/ou ne pensent qu’à gagner beaucoup d’argent immédiatement sans avoir à se fatiguer, et/ou commencent leurs soirées de boom par l’enivrement systématique, et/ou ne restent pas dans un emploi ou sont là à ne pas maîtriser un seul geste à l’apprentissage, et/ou se flinguent les oreilles à écouter du bruit qui n’est pas de la musique au-delà de 90 décibels … d’autres traits au tableau mais tous les lecteurs ont compris car ils les rencontrent tous les jours.

Beaucoup font des tentatives de suicides, rejoignant ainsi les cohortes d’Orange, des métiers de conviction des ex-services publics, etc … les choix de la méthode étant significatifs soit d’un appel à l’aide soit d’un départ ferme dans le vide de sens. Vide de sens au cœur de tous les traits de la dite collapsologie. Certes tous ne présentent pas ces symptômes, mais proportionnellement bien trop par rapport à avant les années 80. Et parmi les autres, une proportion non négligeable de jeunes conformistes installés dans la consommation sans être curieux plus loin que le bout de leur nez. Comme l’avait si bien annoncé après-guerre le regretté Roger Bastide (1965) nous sommes dans une pathologie sociale. Bien entendu au diagnostic une part des causes sont individuelles, une autre vient des structures et histoires familiales, mais le poids déterminant de l’environnement socioéconomique et culturel est évident. Ceux qui apparaissent « sains » sont une minorité selon des traits très divers (ce qui est « normal »), mais minorité nettement insuffisante pour porter notre société lorsqu’ils seront aux manettes. Aussi il n’est pas interdit de parler d’une génération « perdue ».

Perdue ? … pas certain à 100 % car parmi ceux qui se « débrouillent » exclus des filières des « privilégiés », la plupart se sont organisés carrément à côté des modes d’organisation de notre société, … sauf que le clivage dans la prochaine génération « aux manettes » va être encore plus profond que l’actuel entre les « privilégiés » et les « débrouillards ».

Les éducateurs soit n’ont cessés de hurler l’alerte depuis ces dernières décennies, payant avec un taux de dépression énorme qui aurait dû être traité socialement en épidémiologie, soit ont docilement suivi la mode des bisounours, … surtout ne contrarier en rien « ces pauvres petits », ne pas exiger l’effort dans le travail avec l’autorité nécessaire, se voir interdits de mettre des mauvaises notes sur des échelles ne ressemblant plus à rien, … En ce sens ils ont rejoint une partie de la génération précédente de parents qui ont interprètés de façon restrictive et orientée l’apport pourtant si riche de la Grande Françoise Dolto : l’enfant a des droits et on doit systématiquement les suivre, … quand Dolto a pourtant bien expliqué que l’enfant a tout autant des devoirs que des droits et que l’expérience de la frustration est nécessaire à condition de « parler » aux enfants. Une autre partie des parents, manquant d’éducation, s’est laissée aller au quotidien du dieu plaisir (apparent) dans le petit confort de la consommation de masse devant la télévision, surtout ne pas faire l’effort de penser et du sens critique.  « On a tout de suite à crédit», donc tout va bien, circulez il n’y a rien à se casser la tête. Maintenant ils ne bouclent pas toutes les fins de mois, mais il est trop tard … pour quelques temps. La génération précédente peut donc aussi être considérée comme « perdue », celle de l’après-après guerre et reconstruction, coulée douce sur la fin de comète des soi-disant « trente glorieuses ».

Ainsi on ne compte plus, depuis quelques années, les ouvrages, articles, panels télés et radios, … qui commentent doctement que « nous allons droit dans le mur », c’est le temps de la banalisation de la collapsologie. Commence à circuler le constat partagé que « le mur, nous sommes déjà dedans et continuons de nous y enfoncer ». MAIS quelques soient les souffrances que vivent les peuples où cela s’exprime, notamment dans ce qu’on appelle l’Occident, … la société ne bouge pas. C’est l’étonnement depuis les années 90, les gens ne bougent pas, se laissent endormir par la société du spectacle du pain et des jeux. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont pas encore assez « dans la m… », parce que chacun s’accroche au petit peu de minicomfort qu’il croit posséder, et pratique les trois singes devant toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus. En effet fini le temps où des peuples entiers se privaient dans l’adversité, MAIS avec des phares qui magnifiaient la Vertu, que ces phares soient ou nom des illusions à condition qu’ils soient crédibles. Maintenant c’est l’individualisme quasi-total, numérisé, … et la résurgence-résilience de nouvelles formes de collectivités liées à des innovations n’en est qu’à ses ébauches, … avec le risque des communautarismes intégristes  prosélytes qui mènent droit à des dictatures en conflits entre elles. Donc la génération qui monte entre dans une période où tout, dont le climatique et ses conséquences, annonce qu’elle va être bien plus dure, et ce n’est pas l’argent factice de la planche à billets « à donf » qui va en adoucir les rigueurs.  Là enfin, cela va bouger, et la grande chasse d’eau va être tirée, qui va tout évacuer, … évidemment avec beaucoup de casse puisque nos gouvernances n’ont pas daigné entendre ce que tous les sachants leurs prédisaient depuis quand il était encore temps. Troisième génération de « flinguée ».

Une fois le nettoyage fait, la chasse d’eau tirée fait le vide. Alors la Nature qui ne connaît pas le vide le remplira, avec d’autres humains ? Ceux là vivront une reconstruction autrement intense et difficile (car tout y sera réinventé) que celle d’après-guerre, soit une quatrième génération.

Marie-Louise von Frantz, dans son livre « NOMBRE ET TEMPS Psychologie des profondeurs et physique moderne » (La Fontaine de Pierre 1998) décrit excellemment ce qu’il en est des 4 premiers nombres, les frontières du 4, tout dans la matérialité. Il s’agit de les faire exploser ces murs du 4, …au-delà. Il est vrai que le 5 est le Nombre de l’aventure !

Michel André Vallée 10 juillet 2019

LES CODES

Une synchronicité est un phénomène apparemment original mais bien plus fréquent que nous sommes éduqués à le percevoir : sur un court laps de temps (quelques heures à quelques jours) nous (individu ou petit collectif « animé ») percevons des actes, des gestes, des paroles, des signaux dans l’environnement, qui n’ont apparemment rien à voir au plan opératoire entre eux,  ou de sources carrément distinctes qui ne se connaissent (apparemment) pas, …ET POURTANT nous y entendons, sentons, comprenons un constat cohérent à faire !

En voici une qui visiblement m’a visée cette toute dernière semaine : LES CODES.

Plusieurs personnes autour (a l’entorn en català) ont insisté pour les commenter, en plein (elle connaissait le code) et en creux (il n’avait pas les codes), toujours à propos d’’expériences sociologiques entre ce que « l’on » appelle de plus en plus « communautés », ou aussi niveaux de statut dans la société.

Bon, s’il en est ainsi, quelles couches de notre société portent des codes distincts, du plus humble au plus « plus » :

  1. Le lumpenprolétariat. On y vit au quotidien dans l’indigence quasi-totale, sans pouvoir compter sur rien. On y est malade et meurt dans la misère. On manque quasi totalement de marges de manœuvre, sauf un apprentissage à survivre au jour le jour.
  2. Le « bas de la colline »  (allusion au film « Au nom de la rose »). On a un toit partagé avec une ou deux-trois familles, recomposée ou non, et on y mange tout les jours, voire même de temps à autre on ripaille. Les tâches sont les plus élémentaires, sans qualifications spécifique, plus ou moins bien assurées.
  3. La base de la classe ouvrière ou paysanne. S’y retrouvent les manœuvres et pour les anciens la petite promotion fin de carrière Un statut social reconnu susceptible d’assurer un revenu minimum, mais des fins de mois souvent difficiles ; toujours des emprunts sauf à se priver de tout superflu.
  4. L’aristocratie de la classe ouvrière, porteurs de qualifications, de savoir faire. Dont certains même recherchés. Au fil de la carrière des contremaîtres.  Une retraite correcte assurée, jusqu’à il y a quelques années (depuis que leur réévaluation régulières aient été gelées)
  5. La base de la petite bourgeoisie,  petits commerçants, fonctionnaires non gradés. Une partie des techniciens supérieurs. La plupart pendant les « courtes » Trente glorieuses ont construit ou acquis des pavillons …
  6. La bourgeoisie moyenne, des fonctionnaires gradés, des officiers, le reste des techniciens supérieurs et une partie des ingénieurs, jusqu’à des universitaires. Cette tranche présente des niveaux très divers de culture générale et de ressources relationnelles, sa zone « supérieure » étant floue quand aux codes avec la suivante. Il s’agit plus d’un sentiment perçu d’appartenance que d’un statut. Mais les revenus sont inférieurs à la tranche suivante.
  7. La bourgeoisie très à l’aise, totalement autonome financièrement pour pouvoir voyager longtemps si besoin, offrir à ses enfants une formation visant « l’élite », assurer aisément un exil si nécessaire … Les artistes qui ont réussis s’y retrouvent.
  8. Les dirigeants publics et privés, « aux manettes » des institutions et entreprises, des gouvernances d’État.
  9. La fortune, en partie visible et en partir discrète, la partie discrète permettant de jouer un rôle conséquent au sein du Deep power.

Bien évidemment, en ce temps de mutation de civilisation (les ouvrages et films ou vidéos abondent), les CODES semblent se mêler … néanmoins ils restent reconnaissables. Alors que les ascenseurs sociaux du XXème siècle sont détruits, … comme disent souvent les « jeunes » qui entrent dans la vie vaille que vaille, on les a ou on ne les a pas !

La progression « au mérite », un de nos anciens piliers, ne compte plus. Ce sera un critère fort à reformater pour l’avenir, … car nous allons tous avoir besoin de tous, de la tranche 1 à la tranche 9.

La Dichotomie ?

En ce temps de mutation de civilisation, marqué par les prises de conscience des complexités, de la complexité, du complexe (Edgar Morin), dont des moindres sont bien la coexistence intriquée de mondes physiques différents (Stephen Hawking) ou la multiplicité imbriquée en transformation permanente des centaines de milliards de cellules de nos cerveaux, … parmi un des constats qu’il est difficiles de penser est bien celui de la perduration de la dichotomie !

En effet, en sociologie et en économie, et donc en politique, il y a ceux qui exploitent et ceux qui sont exploités. Ceux qui exploitent sont une toute petite minorité, les vrais détenteurs de la puissance de l’argent, avec tous leurs « hommes de main » ou serviteurs plus ou moins conscients de l’être de nature très diverse ( militaires, juristes, comptables, médecins, employés, logisticiens … politiques … marrons). Ceux qui sont exploités sont tous ceux qui sont en statut de dépendance envers les premiers, qui produisent la richesse de ces derniers par leur peine même si ce qu’ils font finalement leur plaît (loin d’être le cas pour le plus grand nombre), et qui s’il n’y avait par cet accaparement seraient collectivement bien plus à l’aise par la juste répartition des fruits du travail sur la nature.

On parle d’élite. En 2019 « élite » est devenue la part de la population pensant et se comportant visiblement « hors sol », de plus en plus déconnectée de celles et ceux « qui n’en sont pas », « qui ne savent pas », « qui n’ont pas compris », … ce qui en soi est un déni collectif du pourtant simple bon sens. En effet la dichotomie s’est cristallisée à un tel point que la vraie élite disons intellectuelle s’est scindée en deux, ceux qui ont choisi « d’en être » et ceux qui ont choisi de demeurer humanistes, sociaux (encore « partageux » donc), conscients et respectueux de la nature, non déconnectés de cet ensemble « complexe » des réalités.

Pendant des siècles, au fil de l’histoire de ce temps de cette humanité (« cette » car plusieurs hypothèses sérieusement instruites qu’il en a existé d’autres « avant » les derniers grands cataclysmes), c’est développé un long temps de capitalisation, de constitution progressive de l’ensemble des connaissances disponibles, … en même temps que la construction par étapes de toutes nos infrastructures matérielles. C’est donc dégagée progressivement une part de plus en plus importante et diversifiée d’élite intellectuelle, utile et nécessaire à tous et au bien commun, … aux côtés des chefs, des dirigeants souvent issus des guerriers comme un Dumézil l’a si nettement expliqué. Certes il y a eu de nombreux tyrans et pourris, très nombreux, mais de plus en plus pondérés par cette dense élite et par l’élévation du niveau d’éducation de la masse dite populaire.

Dans d’autres zones de cette planète, il n’y a pas eu de masse mais des clans, des peuples moins nombreux qui se sont institués des rituels collectifs divers marqués par le bon sens de l’adaptation aux environnements.

Mais là, pris dans une mondialisation « décompléxée », les nervis du Deep power dominant ( ces derniers tentant de rester relativement discret), sont donc devenus « hors sol ».

Et il est devenu plus transparent que jamais qu’ « ils » sont alliés aux grands possédants conservateurs.

Il y a donc dichotomie entre :

  • d’une part  les exploitants réactionnaires, conservateurs, grands possédants, souvent machistes, voire fascistes, gravement intolérants, et tous leurs affidés dont une partie de l’ancienne élite, … et …
  • d’autres part le plus grand nombre de celles et ceux (dont l’autre partie de l’ancienne élite) humanistes et démocratiques entre eux, motivés par une vie individuelle et collective en accord avec la nature et le bon sens des réalités, attentifs à une continuité saine des progrès en sciences et en économie.

Les premiers sont imprégnés par les mafias, les autres en partie consomment les offres des « vices » (drogues …) et enrichissent là aussi les premiers.

Nous savons que le Mal tout comme le Bien sont des construits sociologiques, sous-éléments des morales. La dichotomie n’est donc pas là, … même si fonctionne encore pour beaucoup « l’opium du peuple ».

À l’heure où les matérialités rejoignent et se tissent avec les spiritualités (quantique, neurosciences, conséquences anticipées des IAs, écologismeS …) ce n’est plus le fond philosophique.

De quoi alors retourne cette dichotomie ? Comment perdure t’elle ?

Michel André Vallée 10 juillet 2019

Dépassement ou déliquescence … … d’abord déliquescence, puis Dépassement.

En Finlande, n’importe quel citoyen peut trouver facilement sur un fichier internet dédié le revenu annuel et le montant des impôts directs annuels payés par n’importe quel citoyen, … . Le système est crédible, tel que les finlandais font confiance.  C’est là une pratique qui pour eux est consubstantielle à la démocratie, et un trait de transparence. En Finlande aussi, personne ne pense un instant à remettre en cause le droit de manifester pour faire connaître au public et aux autorités un avis sur une question estimée importante, … mieux il est au programme des écoles d’entrainer les petits à manifester, aux côtés des grands … sans même penser à redouter quoi que ce soit. Transparence. En Islande, les banquiers qui ont amenés le Pays en difficulté ont été mis en prison ferme, et le gouvernement est alors remplacé par de nouvelles élections, … car tous les enjeux publics sont transparents.  Aux Pays-Bas, le referendum d’initiative populaire a été mis en place et utilisé, … puis, comme certains inconvénients ont été soulevés, le Parlement a voté son retrait, … puis actuellement, … une nouvelle démarche « populaire » (au sens complet de populaire, dont politiciens et experts adéquats), engage le processus pour le mettre en place de nouveau, amélioré. Adaptabilité, dans une passion du bien public … « posée ».

Etc…, etc…, etc…, soit des fonctionnements qu’un jeune en éveil attendrait de ce qu’on lui enseigne comme étant la démocratie, une démocratie.

Deux traits au moins à ces constats :le respect, respect des différences de ressources, de conscience, de statuts … mais toujours avec des principes des limites  qui s’imposent dans un bien commun partagé

l’adaptabilité dynamique, éclairée, instruite, aux enseignements tirés de l’expérience ; soit le contraire de l’immobilité rigide d’un construit-acquis du type « on a toujours fait comme cela et voilà ».

Nous pouvons continuer sur d’autres trais forts, simples ou complexes, qui « tirent vers le haut ».

Et à notre époque en France, et les autres Pays qui prétendent haut et fort qu’ils sont des démocraties, mais ne le sont plus, ou ne l’ont jamais vraiment été sauf pour de très courtes périodes ?

Ne reprenons pas ici ce qui est dénoncé de plus en plus en abondance ces dernières années dans tant de supports, écrits, internet, radio-télé d’orientations culturo-politiques diverses : généralisation et banalisation des incivilités, progression continue de toutes formes de violences envers les personnes et les biens, politiques « décomplexées » ou seul le rapport de force financier fait loi, phobies collectives envers ce qui s’écarte de la pensée unique à la mode, non utilisation et contournement éhontés du droit pourtant disponible, corruptions et « optimisations fiscales »  devenues banalité voire forme d’intelligence ( !), déconstruction de la laïcité républicaine et valorisation des communautarismes, dédain des plus nantis en regard des soi-disant populismes et de la masse des « riens », disparition de l’effort (ce trait là depuis les années 70), promotion de l’unique plaisir immédiat et petits conforts faciles, gaspillages même plus camouflés sans aucune vergogne, non mise en œuvre et trahison des décisions officielles en tous domaines, abandon de ce qui est simplement beau mais ne rapporte pas, argent immédiat roi et rentabilité financière court terme maximale comme seul critère économique, services publics même les plus banaux (ex : remplacer des papiers pourtant légalement nécessaires … sauf à « payer ») qui ne fonctionnent plus dans des délais corrects voire pas du tout, et en fait destruction de la notion de « public »… etc, etc, etc.

Ne parlons pas de l’éducation, ni de la santé, ni de l’éco-système. Les constats abondent.

Résultats : perte de confiance d’une large majorité de nos populations dans quasiment quoi que ce soit, recrudescence des suicides dans un monde où celles et ceux qui passent le geste ultime ne trouve plus sens et oxygène autour d’eux pour même pas vivre mais survivre, … impossibilité de gouverner avec justice et pertinence.

D’un côté, le Dépassement, car le respect et l’adaptabilité aux évolutions des environnements appellent le dépassement, les dépassements. Vers le haut.

De l’autre la déliquescence. Petit Robert : décadence complète, perte de la force, de la cohésion, décomposition, décrépitude, ruine … Vers le bas.

Bon, dans les Pays nordiques, il existe bien entendu des « pourris », même très durs; Millénium n’est pas venu par hasard mais à partir de réalités. Mais ils sont minoritaires.

Et dans les démocraties en déliquescence, existent et sont réalisées des milliers d’initiatives, de petites tailles, qui proposent de l’innovation ou des corrections, du beau, avec de l’espoir. Mais même si des milliers et qui tentent de se coordonner, organisant même des systèmes bancaires, elles restent minoritaires.

En effet les puissances actuellement dominantes les éliminent (plusieurs scénarios) dès que leur taille ou impact « menace » les accumulations du Deep Power ( puissances financières derrière les grands lobbies, les grandes banques, … tous les vrais Picsou), non-transparent. Même, nous assistons depuis ces derniers temps à une anticipation, avec une chasse aux sorcières des lanceurs d’alerte et journalistes d’investigation. Avant et depuis longtemps, plus discrètement et inaperçu mais ferme, il y a eu par exemple  l’enfermement de l’épidémiologie.

Actuellement, la déliquescence l’emporte et continue de s’étendre, à peine masquée. L’argument selon lequel les avancées scientifiques et technologiques permettront sous peu (les deux à trois décennies à venir) de retourner la situation sont une illusion pour la masse des gens et ne concerneront au milieu de ce XXIème siècle qu’une minorité quand la majorité sera sous contrôle, les démocraties devenues un souvenir historique.

L’UE n’est-elle pas en train de passer des ALE (Accords de Libre Échange) post-coloniaux avec la plupart des Pays d’Afrique, et le TAFTA (USA-UE) que l’on croyait mis de côté n’est-il pas en train d’être renégocié quand le CETA (Canada-UE) est déjà actif « provisoirement » ?

Dans le Pacifique-Ouest, c’est la Chine qui a pris la main, … présente aussi en Afrique durablement, installant les nouvelles routes de la soie jusqu’aux cœurs de l’Europe.

En fait, dans le dépassement de ces facteurs de déliquescence, nous savons, sinon sentons, que nous sommes entièrement engagés dans le début d’une phase de mutation globale, profonde, de civilisation. Elle nous mènera, toutes et tous,  à tout autre chose que les divers grands projets évoqués plus haut.

Il n’est pas impossible que les chinois, qui savent jouer au Go dans l’hyper-complexe, émergent déjà un bout d’oreille sur l’horizon de l’advenir, mais eux aussi seront dépassés.

Nous-autres (Occident dont UE dont France), ici et maintenant, n’y pensons même pas : nous sommes si supérieurement intelligents !

Si intelligents ?  Nous n’avons même pas su faire germer les perles qui ont tenté de se développer en notre sein. Par exemple, hier soir encore (27/04/19) sur la chaîne franco-allemande ARTE, un excellent documentaire a présenté le portrait, une des facettes de la vie, de Alexander von Humboldt (1769-1859), pionnier des explorations scientifiques, dont la synthèse des découvertes appuyées sur une multitude de constats enregistrés, tient dans : cette Terre est intégralement vivante et tout y est intimement intriqué !

Certes, cet homme a été et reste reconnu, son musée est au cœur de Berlin, mais … l’actuelle civilisation qui a forcé la mondialisation n’a pas travaillé et développé cet enseignement : tout y est vivant et intimement intriqué !!! La pensée dominante actuelle l’a réduit et détourné.

Pourtant Humbodlt, dont Darwin s’est inspiré et tant d’autres, avait remis en évidence en assurant la démonstration scientifique un fond de Connaissance disponible au fil de l’histoire des populations de cette planète depuis les plus hautes antiquités : l’intrication INTIME de toutes les dimensions de l’existant.

Or, toutes les dimensions de l’existant implique des formes les plus grossièrement évidentes à nos perceptions limités d’humains aux formes les plus subtiles, … bien au-delà donc de nos perceptions physiques basiques : vue, ouïe, toucher, odorat, gout.

Et pourtant, de Hermès Trismégiste, qui reprenait les Connaissances héritées des civilisations disparues, à Carl Gustav Jung prophète du XXème siècle de cette civilisation, des millions de femmes et hommes « de Connaissance » ont pratiqués et témoignés à l’oral et à l’écrit des dimensions de la réalité, des réalités, de notre Nature, … soit des dimensions énergétiques (tout est vivant et intriqué) bien au-delà de la matérialité réduite où notre civilisation s’est enfermée.

Le paradigme matérialisé, « positivé » …, actuel ne répond tout simplement pas à toute la réalité de la Nature dont nous faisons parti en tant que simple mammifère.

Cette année universitaire 2018-9, un séminaire à l’Université de Perpignan (TRETAI) a développé une série de constats de liens entre avancées scientifiques en neurosciences et actualisation des travaux sur les phénomènes de l’imagination. Il est d’autres initiatives de cette qualité ailleurs sur cette planète. Un exemple de l’une des milliers de dendrites d’un processus déjà engagé bien au-delà de nos capacités collectives de sapiens-sapiens (j’estime vulgairement que nous ne méritons plus le second qualificatif de sapiens), … vers le prochain paradigme de sortie de la mutation de civilisation, encore à son début.

Les avancées scientifiques en sciences dures (puisque nos dirigeants n’entendent QUE  cela) des dernières décennies, en physique quantique (attention aux médiatiques charlatans à la mode) ; en astrophysique qui reconnaît d’ores et déjà la coexistence dans le même espace-temps de plusieurs univers (qu’ils appellent « multivers »)  régis par des lois physiques DIFFÉRENTES ; en biologie et neurosciences (pour faire court) ; en archéologie et anthropologie qui nous remontent sur plusieurs sites à bien au-delà de -15000 ans ; … mettent de plus en plus en évidence, à qui à un regard transversal, … que les sciences se rapprochent des « dits » puis « écrits » (dont les très anciennes cartes) des traditions des Femmes et Hommes de Connaissance, souvent rassemblées récemment sous la catégorie des chamanismes (attention cependant aux plus ou moins gourous charlatans exploitants de la soif de sécurité d’abord qualifiée « bien –être »).

Les actuels « dirigeants », par défaut car nombreux sont celles et ceux qui s’accordent sur l’absence de dirigeants en qui porter confiance même sous conditions (là est un des signes historiques de la déliquescence), …ne tiennent pas compte dans leurs décisions des implications des avancées scientifiques. Conscients des mutations en cours, ils préservent, « tant que cela dure », les privilèges de leurs statuts, … et , tout comme sous Louis XV en France, « après nous le déluge » … Au fond, la Nature y pourvoira, … alea jacta est.

Dédain des « masses » : ils sont incapables de comprendre >> erreur funeste qui résulte d’un élitisme de l’éducation, … et d’une méconnaissance « hors sol » du bon sens « basique » des dites « masses ».

Aussi, le primat de la matérialité, réduit aux apparences, par manque d’éducation ou tout simplement par flemme, malgré les bonnes intentions de bonne foi au quotidien de milliards de gens, nous a réduit à l’impérialisme de l’argent-roi et du plaisir de consommation « vulgaire ». Triste sortie d’une si brillante évolution de la Nature sur cette planète : un cerveau de 100 MM de neurones guidés par 200 MM d’astrocytes … là où nous en sommes ici et maintenant de nos avancées , … qui ne sont pas finies (comme le chantait le Grand Pierre Bachelet).

C’est, avec un tout petit peu de recul, absurde. Comment un oiseau pourrait-il voler sans son plumage ? Comment la pierre mise en déséquilibre pourrait-elle ne pas tomber sans les basiques de physique qui l’environnent ?

Épargnons nous de multiplier les exemples … ils sont à l’infini. Comment ne pas tenir compte de tout ce que nous pouvons comprendre de l’avancée des Connaissances ?

Comment notre système d’habitation de cette Terre par les humains, au point ou ils en sont d’évolution de leurs capacités,  pourrait-il durablement fonctionner sans prendre en compte toutes les dimensions de l’existant ? Aussi ne devons nous pas nous limiter aux apparences les plus basiques de ce qui est appelé la matérialité.

Au moment où tout tourne « de travers », (sauf quelques milliers de micro-tentatives soit quasi « peanuts » même si elles reçoivent notre total respect, d’autant que certaines pourraient faire des pousses à terme), dans une violence signifiante de notre temps,…; … ou encore, dans une autre dimension au moment où plusieurs équipes d’astrophysiciens travaillent à vérifier un processus d’accélération de notre système cosmique. Nous ne parlons pas ici du phénomène connu de « perte » de une seconde par siècle (lié à notre mode de cadrage) ni évidemment à la précession des équinoxes, mais bien d’une accélération de notre temps « universel » (c’est à dire une heure cosmique d’il y a un siècle continue de devenir plus courte).

En ce moment, cette période donc, n’est-il pas temps de devenir authentiquement scientifique, … car le temps nous est compté plus qu’il ne l’a jamais été, … puisqu’il y a accélération. J’en avais déduit ainsi de mes réflexions et recherches croisées en préparant l’essai Multivert (publié début 2013), mais ne savais pas que dans la même période des travaux avérés s’attaquaient à la vérification mathématique de ce phénomène.

Si nous continuons comme « il en a toujours été ainsi », pas de salut. On ne lutte pas avec un a priori sociétal contre les évolutions physiques dont biologiques.

Problème majeur (pardon de me répéter avec quelques milliers d’autres, milliers soit peanuts sans relais médiatiques conséquents) : les « autorités » politiques sont au courant des enjeux se déclinant des avancées de Connaissance, mais redoutent la panique des mouvements « de masse » si la réalité de notre état est révélée aux heures de forte écoute. Malheureusement nos « autorités » ont choisi la recette romaine (en fait radicalement inverse à l’honneur romain au sens d’un Onfray) : « du pain et des jeux » !

En cet état sociétal, sauf « miracle » (qui ne serait évidemment pas le fait d’une religion, principal processus sociétal de contrôle dans un ordre dogmatique,  résultat d’une combinaison multicritères complexe de causes), notre civilisation, qui dispose pourtant de tous les divers enseignements millénaires, ne peut en l’état de l’actuelle pensée dominante, que s’enfoncer plus avant dans la déliquescence.

Actuellement, la guerre sanglante, même si ici et là masquée, ailleurs revendiquée voire imposée, entre les extrêmismes des religions mais aussi des systèmes de pensée « apparemment » dominants (soit une forme masquée mais tout autant dogmatique de religion), a pour effet, outre le renouvellement des horreurs envers le genre humain, d’accélérer encore plus le processus de déliquescence. En 2018, croissance significative des budgets d’armements de nombreux États. Leurs dirigeants, soit ivres de pouvoir soit goutant leurs privilèges apparents, ne se rendent même pas compte qu’ils scient les branches sur lesquelles leurs « way of life » sont assises, … et, si nous sommes amenés aux politiques du pire, ce pourrait être au fond pour le moins tant mieux.

Depuis les années 90, de nombreux observateurs-acteurs de notre état de civilisation demandent : « ce qui est le plus étonnant est voir ce que les gens continuent d’encaisser, … mais quand vont-ils, allons-nous bouger ? ».

Réponse simple : les gens ont tant investi au quotidien des années (selon des modes il est vrai très divers) qu’ils s’accrochent au peu qu’ils ont. Ils se sentent bien au chaud « au bas de la colline » (revoir l’excellent film « Le nom de la Rose » qui expose si bien à plusieurs niveaux l’obscurantisme / la Connaissance), et se considèrent heureux de s’en contenter, … au lieu de vivre dans le temps si court d’une vie leur propre essence. Là est le pouvoir des exploiteurs.

Ce vécu si largement partagé ne durera qu’un temps, peu de temps, car le phénomène des migrants massifs est significatif de la limite devenue insupportable par les humains qui les subissent. Il faut des dictatures très sévères pour les contenir.

Et l’abbé Pierre a clairement prophétisé les tsunamis inéluctables. Pour l’Europe, au sud ce ne sont pas les ALEs actuellement quasi imposés qui n’y pourront mais ; à l’est le barrage payé en Turquie (qui place l’UE en dépendance) ne tiendra que le temps du pouvoir politique en place, etc …

La déliquescence en cours, tant que le mode actuel des gouvernances régie, ne peut que continuer à développer ses conséquences, tout comme l’eau qui inonde un terrain en suit le tracé sans que rien ne puisse durablement l’arrêter. C’est physique.

Soit accroissement des tensions, que nous commençons à supporter ici depuis les années 90, et risque de plus de guerres de plus en plus probable, donc en un lieu ou un autre nucléaire. En conséquence, probable (pardon de me répéter) que nous vivrons ici et là des Mad Max et /ou des PostMan.

La Planète, elle, continuera à « vivre », indépendamment de nous humains, selon les Lois physiques intégrant toutes les dimensions de la réalité, … dont les plus subtiles.

Or, les plus subtiles, en l’état des avancées de nos connaissances, signifie plusieurs jeux de Lois physiques (au sens large) qui se combinent, … comme il en a toujours été, en soi, celles des nombreux multivers (selon l’essai de 2012-3 Multivert) avec lesquels notre monde est intriqué, … intimement, … comme les Femmes et Hommes de connaissance le pratiquent depuis des millénaires.

Alors, les humains survivants, démunis, redécouvrant parce que vital à tous les vertus du collectif où chacun apporte ses ressources concrètes, n’auront plus qu’un chemin devant eux, … le Dépassement, … travaillant et pratiquant toutes les dimensions de l’humain … un peu plus évolués (Bachelet : « ce monde qui n’est pas fini »).

Plusieurs traditions en témoignent. Les finlandais (introduction de cet article) ont presque tous lu le Kalevala (L’aube des peuples Gallimard – 1991), éminent livre de sagesse, leurs racines. Pour ma part, j’ai fais très attention aux traditions nordiques avec l’Edda poétique (Fayard 1992) mais aussi aux traditions amérindiennes et altaïques. Il en est de nombreuses autres, dont le Tao en Extrême-Orient.

Nos successeurs seront bien heureux, la matérialisation et le « positivisme de progrès » dépassés, de s’en inspirer. Évidemment, ils intégreront les dimensions spirituelles de la Nature et de l’humain, qui sont des dimensions simplement plus subtiles de la matérialité de ce qui Est, bien obligés de les apprendre au fil des expériences,  … « sur le tas ».

… article corrigé le 1er Mai 2019

Michel André Vallée – 28 avril 2019

Réflexion prospective un lundi de Pâques

Titre d’un article de source « novethic » (réputée professionnelle) sur Facebook ce matin (22/04/19) : Nos enfants devront émettre 8 fois moins de CO2 que leurs grands-parents dans un scénario 1,5°C (quand le GIEC annonce + 1,5° dés 2030). Pour un jeune français né en 2016 ce sera 8 fois moins que ses grands-parents et 5 fois moins que ses parents. Budget carbone limité à 0,9 tonnes par an, soit ce qu’émet aujourd’hui un Pakistanais chaque année ! Des schémas en couleur faciles à lire suivent, … et mêmes quelques pistes de réactions …

En regard de cette analyse :
– peut-on demander aux nations et/ou Pays qui visent à atteindre notre niveau de vie (disons d’Europe sans même parler de la « way of life » démesurée des States) de se stabiliser là où ils en sont et modifier « dans le bon sens » leurs consommations ? Non, ils nous ont déjà donné la réponse nette et réaffirmée lors des dernières rencontres internationales.
– pouvons-nous demander (même si c’est pour eux) à nos propres enfants et petits-enfants de réduire et adapter avec « sagesse » leurs consommations et modes de vie ? Je ne réponds pas pour eux, mais j’observe tout autour de nous aux mêmes âges. Les attitudes sont diverses, certains (rares) font effectivement des efforts d’ajustement en fonction de leurs propres réflexions, mais je n’en vois pas qui s’engagent sur des habitudes de réduction, … et bien entendu la majorité n’y pensent même pas.

Conséquences ? Les démocraties occidentales étant en processus de délitement, seuls des scénarios « fermes » liés à des politiques d’éducation massives pourraient laisser espérer limiter la casse, bien entendu pas orientés n’importe comment et en respectant les Libertés fondamentales. Or les scénarios autoritaires qui là actuellement se présentent ou se mettent en place ne vont pas du tout dans ce sens (quasiment aucun par exemple ne remet en cause la sacro-sainte « croissance »). Alors … ?

De nouveau, nous pouvons être en phase avec un Edgar Morin lorsqu’il annonçait à la télévision il y a une décennie le risque de vivre Mad Max, auquel vous pouvez ajouter Soleil Vert, PostMan, et le choix entre, sur cette planète de « Le Successeur de Pierre » (Jean-Michel Truong), ou ailleurs dans « les univers » de « Hypérion «  puis « Endymion » (Dan Simmons). Dans ces trois ouvrages existe un lien direct avec lundi de Pâques.


Rappel de Evangelisti dans le Monde Diplo « la science-fiction constitue le seul moyen … de décrire de façon adéquate le monde actuel » (p.9 de l’essai Multivert), et au-delà de se donner des images possibles du monde futur.