Excusez un dérapage d’écriture dans le billet de ce matin

Oui, une des phrases du billet de ce matin 22 mars était rédigée de travers, donc difficilement compréhensible. Bien entendu, tous mes lecteurs abonnés de ce blog auront compris, … mais quand même lecture zarbie (= bizarre). Évidemment il fallait lire, dans le paragraphe dédié aux grandes multinationales :  » La façon dont le PDG de Danone (premier du CAC 40 à avoir engagé le Groupe dans une politique de RSE (Responsabilité Sociale et environnementale des Entreprises) vient d’être ce dernier mois débarqué, est parlante. »

Aussi milles excuses, d’autant que je me surprends à être coutumier ici et là de fautes d’orthographe bénignes. Pourtant, je relis systématiquement 3 fois chaque billet ou article avant de publier !

Mais comme me le rappellent mon ami Didier, qui a monté ce blog, et mon ami Bernard, correcteur de mes essais, je reste trop centré sur les contenus même quand je m’évertue à rendre la forme que je souhaite. D’ailleurs c’est toujours volontairement que la forme n’est pas toujours « orthodoxe »; du sens ou une nuance de sens en est induit.

Rassurez-vous, tous les billets (puisqu’un ami m’a pointé qu’il s’agit plus de billets que d’articles) de ce blog sont corrigés, ainsi que sur mes autres canaux de publication.

Aussi je compte sur votre générosité pour que mon image ne chute pas autant que la magnifique cascade de Karukera qui accompagne cette note, … au moins là dessus (sur le fond c’est autre chose).

Merci

LE GRAND RESET-EFFONDREMENT DE 2020-2 (SOIT 2021) A COMMENCÉ

Les failles et crevasses s’élargissent de partout, en tous domaines.

Climat. La mise en œuvre des Accords de Paris sur le climat est notoirement insuffisante, sauf l’exception de petits États qui ne peuvent faire le poids ; mais au moins leur exemplarité existe. Le pire : constats multiples et validés, ces toutes récentes années, que les dégradations se sont accélérées plus vite que les plus pessimistes pronostics des scientifiques, et qu’il n’est dorénavant plus question de revenir en arrière, simplement freiner pour s’adapter vaille que vaille.
Cela, dorénavant, presque tout le monde le sait, sauf quelques vieilles barbes réactionnaires climato-sceptiques. Ce qui va entrainer de façon imminente le grand reset-effondrement, c’est la combinaison actuelle avec d’autres crevasses.

Monnaies. Les crypto-monnaies s’institutionnalisent, les Banques Centrales les intégrant dans leurs suivis et les grandes banques acquérant des réserves. Elles ne sont pas et seront difficilement fiscalisées. Avec les paradis fiscaux, disséminés sur la planète, elles permettent aux fortunes financières d’échapper aux contraintes des solidarités publiques. Avec l’inflation qui re-émerge, elles permettent d’échapper aux remboursements de la dette, donc vont plonger le plus grand nombre dans la misère.

Grandes multinationales. Avec les grands Funds, tant par la puissance d’investissement que par le lobbying, elles-ils pèsent dorénavant plus que les États, au moins dans la sphère Occident et dépendances. La façon dont le PDG de Danone (premier du CAC 40 dans ce cas à avoir engagé le Groupe dans une politique de RSE (Responsabilité Sociale et environnementale des Entreprises), vient d’être ce dernier mois débarqué, est parlante. Apparemment les actionnaires, en fait les grands Funds, maintiennent l’attitude d’avidité, si bien décrite par l’économiste Joseph E. Stiglitz : le seul profit d’abord. Pas de changement radical d’orientation, mais un redéploiement-récupération capitalistique en trompe-l’œil de la mode du Vert. Les tenants des principes de la mondialisation imposent et défendent bec et ongles le droit international des ISDS (mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États) qui permet à une entreprise d’attaquer un État devant un simulacre de tribunal international, en fait acquis à la mondialisation, d’où des pénalités faramineuses qui freinent la mise en place par les États de leurs politiques.

États dominants. Avec l’arrivée de l’administration Biden aux USA, tous reprennent leurs marques géopolitiques. Le jeu de ping-pong violent entre Biden et Poutine et celui sur Hong-Kong avec la Chine en semaine 11 marque clairement la réactivation de la guerre bipolaire de fait. Bipolaire puisque la Chine et la Russie sont alliés. C’est toujours America first ayant l’outrecuidance de dominer le monde, envers et contre toute évidence du renouvellement multipolaire des contextes. Versus Chine, que son dirigeant reste Xi Jinping ou qu’un autre (pour « une » il faut attendre encore un peu) prenne les manettes selon une nouvelle orientation, elle ira au bout de son affirmation de fait comme première puissance Empire du Milieu. La Chine a su jouer avec ses talents millénaires de la mondialisation des occidentaux.

Europe ? Toujours le premier marché mondial, mais quasiment aucune influence, du fait de se refuser à être une Fédération de Régions, État unique se posant (soit s’imposant) d’une seule voix selon ses intérêts propres. Versus culturel, l’Europe n’est plus dominante phare de civilisation. Ce continent, qui devrait aller de l’Atlantique à l’Oural, est notoirement dispersé. Il le sera d’autant plus qu’entre 2021 et 2022 les deux « dirigeants » du tandem France-Allemagne, Merkel et Macron, devraient selon toute vraisemblance changer.
Dans cet ensemble la France, à son petit niveau passé du 5ème au 15ème à 40ème rang mondial selon les critères, n’a plus guère pour se distinguer que ses sous-marins nucléaires d’attaque, … puisqu’elle est en train de perdre le tourisme (pandémie), l’agro-alimentaire (replis généraux de la mondialisation et éparpillement local des paysans), et l’aéronautique (plusieurs causes dont la conjugaison de la pandémie avec les avancées en technologies de communication). Si l’armée « retournait les crosses » (ce qui est loin d’être impossible), quel côté choisirait-elle dans ce monde de fait multipolaire ?

Plusieurs terrains propices à un nouveau conflit mondial. Les guerres, pendant que l’Europe dormait (même lors de la guerre de la Yougoslavie en son sein) n’ont cessées et continuent. Une déflagration mondiale pourrait partir de la Syrie et de la Libye, de la Turquie, de Taïwan, du Brésil (ingérence en réaction aux déforestations), d’Afrique noire (contrastes violents entre exploitations des ressources et conditions de vie) …

Ce sont trop de crevasses qui s’ouvrent simultanément, là actuellement, ces années-ci. Elles ne peuvent qu’entrer en combinaisons dynamiques selon des effets dominos sur plusieurs dimensions. Une majorité de faiseurs d’opinion s’accordent sur la pluralité et l’importance des incertitudes. La nature ne laisse jamais longtemps de vide.

La pandémie Covid-19 Sars, qui perdure et se développe par les variants, constitue là, en 2021, la « goutte » de trop. « Goutte » car les statistiques correctes témoignent d’un phénomène autrement plus bénin que les anciennes pestes et la grippe espagnole, « 2021 » car les sociétés touchées ont estimées pouvoir s’en sortir en 2020 mais il n’en est rien, « de trop » car les choix stratégiques de plusieurs gouvernements (dont celui de la France), qui jouent sur la peur de populations qui n’ont pas expérimentées directement la guerre ou des catastrophes équivalentes, … mènent à une réelle pandémie pour le coup effectivement vaste et dure.
Aveuglés par le lobbying des grands groupes pharmaceutiques et par une partie réactionnaire du corps médical (pour de multiples raisons selon les individus), la plupart des gouvernements entérinent le déni des mécanismes de défense des virus aux réactions biologiques immunitaires ; d’une part les vaccinations massives sans prendre le temps des immunisations collectives ne peut qu’entrainer la multiplication de variantes de virus plus dangereux, d’autre part la méthode par ARNm sans mise en évidence validée des effets secondaires ne peut que généraliser des mutations génétiques irréversibles. Il est vrai que ces gouvernements ne sont pas aidés par un manque de maturité navrant d’une partie des populations, … mais n’est-ce pas le résultat de cette société où l’individualisation systématique (une des plus « efficace » victoire du néo-libéralisme) a été conjuguée à la consommation futile de masse et au délitement des systèmes éducatifs orphelins de repères ?

Partant risque élevé de réduction massive et brutale de population (n’oublions pas que la surpopulation est le premier problème de l’ONU), qui justifiera la mise de côté de toutes institutions et pratiques démocratiques. Toutes manifestations de masse sur d’autres objets se trouvent occultées du fait même. Cependant plusieurs États ont pris la « précaution » de s’équiper pour casser d’éventuels mouvements populaires (ils ont été prévenus à Davos)..

L’organisation de systèmes centralisés et concentrationnaires soi-disant de protection mais en fait de contrôle absolu induit quasi-logiquement Le Successeur de pierre (lire ce roman visionnaire de Jean-Michel Truong, cité plus bas).
Et, si ce n’est Le Successeur de pierre, ce sera Mad Max (re-écouter Edgar Morin).
Nous pouvons observer déjà des ébauches de l’un comme de l’autre.

Il ne faut pas compter sur les social-démocraties, qui ont fait leur temps, et se trouvent toutes dévorées de l’intérieur pour tourner vers des régimes autoritaires. Elles sont déchirées par la multiplication des « pensées uniques » en rejet de la complexité des connaissances, et la résurgence de théocraties (même cause) qui elles ne sont pas nouvelles, … tant l’islamisme radical que les évangélismes. Le système politique optimal (et en aucun cas « idéal ») reste à élaborer.

Une certitude, les visions et projet bisounours de type New Age n’y pourront mais. Même si des milliers de belles initiatives sont courageusement mise en œuvre sur tous les continents, elles ne feront pas le poids et seront balayées, … sauf quelques-unes qui joueront le rôle refuge de la vallée perdue pendant la guerre de 30 ans. Souhaitons à ces dernières qu’elles aboutissent au renouveau de l’humanité en sortie du Grand Ragnarok qui se prépare. J’ai choisi l’image des traditions du Nord (Nor pour les cinq Pays scandinaves) car je les connais un peu, mais plusieurs traditions sont similaires venant de plusieurs continents, … et n’oublions pas qu’Apocalypse veut dire « Révélation ».

Au point où nous en sommes, seule la démarche de négociation ultime (et très risquée) du « saut de l’ange » (réussie entre Israël et l’Égypte en son temps) pourrait atténuer le jeu, … mais entre qui et qui ?

Quelques pistes bibliographiques

BRANCO Jean – Crépuscule – Au diable vauvert Massot – 2019
DIAMOND Jared – Effondrement – Gallimard – 2006
FLEURY Cynthia – Ci-gît l’amer – Gallimard – 2020
KEMPF – Fin de l’Occident, naissance du monde – Seuil – 2013 – Tout est prêt pour que tout empire – Seuil – 2017
MORIN Edgar – La Voie Pour l’avenir de l’humanité – Fayard – 2011
STIEGLER Barbara – « Il faut s’adapter » – Gallimard – 2019
STIGLITZ Joseph E. – Peuple, Pouvoir & Profits – L.L.L. – 2019
TRUONG Jean-Michel – Le Successeur de pierre – Denoël – 1999
VALLÉE Michel – Passages vers l’Ère à Venir – blog « arcencielxcristal.com « – 2019
VARGAS Fred – L’humanité en péril – Flammarion – 2019

Revue YGGDRASIL effondrement et renouveau, qui, volontairement, ne publiera que 12 numéros ! (yggdrasil-mag.com)

Michel André Vallée 22 mars 2021

DÉTRICOTONS LES AMALGAMES, … CONTRE LES ESCLAVAGISMES, … POUR L’ACT !

ACT veut dire « Amélioration des Conditions de Travail » ! Point d’exclamation car, après un demi-siècle de progrès, elle est en chute libre par les esclavagismes « modernes » (« modernes » pour actuels). Dossier hier soir 9 mars sur ARTE sur les abominations de la « fast fashion » et les pratiques d’exploitations à outrance des livraisons rapides liées.

Les européens se gorgent de morale en dénonçant les traites des noirs (d’abord des arabes au travers du Sahara de l’Afrique) puis les leurs au travers de l’océan Atlantique . Ils auraient changé depuis ? … et pointent la tête haute la perduration des esclavagismes arabes aux États du Golfe !

Mais, après avoir encouragé le dumping social lié à la mondialisation, extra et intra-européen (l’UE a intégré trop vite la Roumanie par exemple), elle ferme pudiquement les yeux sur une autre forme de zone de non-droit des cités où les dealers font la loi, … les zones des ateliers de confection du fast fashion telle à Leicester en Angleterre. Leurs patrons capitalistes ont poussé la réduction des coûts systématique avec « réalisme »  de deux façons : 1) en stoppant les surcoûts des transports géants absurdes liée à cette damnée mondialisation type OMC, donc en rapatriant ici les ateliers ; 2) en y « implantant » des conditions de travail esclavagistes annihilant les efforts sociaux puis d’ACT durement gagnés pendant 1,5 siècles … puisque cela est possible dans des zones de « non-droit » ! ET, cette réduction abominable des coûts va avec la récente forme d’esclavagisme des livraisons rapides par « auto-entrepreneurs » (sur le mode ubérisation à outrance).

Il n’y a de travail que s’il y a demande directe qui vient d’une consommation de mode (évidemment de non-qualité) pouvant aller jusqu’à l’usage unique d’un produit, payé au black (un des aspects de la défiscalisation systématique) et au lance-pierre le plus possible, sans aucune garantie ni protection des plus faibles devenus esclaves totalement dépendants.

Mais qui plus est, l’écosystème (l’air et l’eau et la terre dont nous vivons) en est simultanément gravement atteint, quand on apprend par exemple que 10 % de la pollution atmosphérique vient dorénavant de ce système de livraisons !

Donc premier acte : ne plus rien acheter sur ces modes, boycott.

Il y en a marre ! Nous voulons des gouvernants certes d’abord effectivement éclairés mais aussi forts et sans peur, sans juridismes de passoire ni administrations trop lourdes et complexes qui diluent les responsabilités, … afin d’éradiquer toute cette fange et nettoyer les écuries d’Augias. L’Europe que nous voulons ne se couche pas en laminant par le bas, mais en s’affirmant par la mise en œuvre des conséquences de toutes les connaissances dans des politiques volontaires.  Tout autant réarmer les contrôles des prix et l’inspection du travail qu’appliquer systématiquement les lois déjà existantes avec des peines de travail éducatif solides … Pas d’ACT sans politique volontaire partagée.

L’ACT en est une face hurlante ; nous n’avons pas été nombreux à lui consacrer une vie entière pour jouer aujourd’hui les autruches comme des poules mouillées.

Attention, une telle attitude assainie irait avec détricoter certains amalgames. En effet haro est trop souvent porté sur l’immigration, et le lien trop vite fait avec ces fameuses zones de non-droit et leur islamisation, devenue effectivement à plus d’un titre intolérable. Mais, les européens n’ont-il pas fait de même au XIXème siècle notamment en partant massivement pour les Amériques ? Et n’avons-nous pas provoqué les immigrations (quoique actuellement le mirage européen soit effectivement en train de se dissiper au sud) ?

L’abbé Pierre, longtemps une des figues préférée des français, a bien annoncé que nous ne résisterions pas au tsunami, quelques barricades militaires que nous mettions en place.

Là le problème est dans l’assimilation, car des populations entières de polonais, espagnols, italiens … ont adoptés les codes et repères des pays qui les accueillaient, partant les ont enrichis. Pour « assimiler », là encore, des politiques volontaires par le haut pour tous, … soit ni indulgence communautariste de faiblesse politicienne, ni élitismes égoïstes hors sol.

Alors seulement, cette Europe espérée pourrait de nouveau faire, non pas de la morale, mais de l’éthique … parmi les autres pôles de civilisation.

Intégration des complexités dans la pensée politique, mais avec transparence (pas d’amalgames) ; générosités ET authenticités ;  dépassement des peurs et forces des vertus.

Michel André Vallée                        10 mars 2021

ACTUALISATION DE L’ÉTHIQUE (OCCIDENTALE) ?

En lisant l’éditorial de Natacha Polony dans le N°1215 (22 au 28 janvier) de l’hebdomadaire Marianne, nous y retrouvons de la part de cette belle personne (même si chacun n’est bien entendu pas toujours en accord avec ce qu’elle écrit) une des facettes de ce que nous sommes de plus en plus nombreux à penser des évolutions de notre éthique.

Parlons d’éthique, et non de « morale », concept trop porteur d’obligations significatives d’une zone culturelle donnée à une époque donnée, non fondées en regard de l’état des connaissances. Regard éthique dans la lignée des Spinoza, Voltaire, Edgar Morin … entre autres. Même ainsi, j’ajoute « (OCCIDENTALE) ? », car il n’est pas évident que nos systèmes à « penser les pensées », partagés plus ou moins en Occident, fonctionnent de même au cœur de l’Afrique, en Extrême-Orient, dans le monde arabe, chez les Inuits …

De quoi s’agit-il dans cet éditorial ? Des réactions de « tollé » immédiates et intenses au dessin de Xavier Gorce dans le quotidien Le Monde, le 19 janvier, sur l’inceste ! Le dessinateur incriminé à écrit dans son dessin : « Si j’ai été abusé par le demi-frère adoptif de la compagne de mon père transgenre devenu ma mère, est-ce un inceste ? ». J’avais vu passer le dessin sur un « partage » Facebook et avait immédiatement apporté le commentaire : « OUI, car ç’est une question d’intention et d’actes », quoiqu’il en soit du jeu de dérision tant celles et ceux qui ont travaillé dans leur carrière à un moment sur les questions de l’inceste, de la pédophilie, … savent à quel point ces perversités graves sont masquées sous les prétextes les plus irrecevables ! Tollé tel, dénonçant « ce qui n’est pas de l’humour », que la direction de la rédaction du journal a présenté publiquement officiellement ses excuses, d’où la démission de Xavier Gorce ! Le journal Le Monde a de plus désactivé les commentaires !

Entendons-nous bien , il ne s’agit pas ici de défendre le dessinateur qui, comme le rappelle Natacha Polony,  a par exemple traité les Gilets jaunes de bœufs, de cons, de troupeau d’abrutis forcément antisémites, voire fascistes, … ce qui est absurde et outré dans l’insulte. J’ai été parmi les premiers à publier quinze jours avant le premier épisode « Gilets jaunes » un article confirmant que le phénomène allait effectivement se passer et pourquoi (article que l’on trouvera sur mon mur Facebook dans les rubriques « plus »). Nous sommes très nombreux à avoir alors pensé, et continuer à penser, ainsi.

Non, la question ne porte pas sur un débat politique, mais effectivement sur la nature du rire, sa « nouvelle » censure, sur la liberté d’expression, sa « nouvelle » censure.  

Nous apprenons dans cet éditorial que le 1er juillet 2019 le New York Times mettait fin à toute publication de desssins de presse, estimant que ceux-ci couraient toujours le risque de blesser quelqu’un. Grands dieux, dans quel monde d’humains fragilisés sommes-nous tombés ! Il deviendrait donc obligatoire d’éviter tout traits, tout dessin, qui de près ou de loin pourrait choquer sur les champs du racisme envers les noirs, DES antisémitismes, du genre, de l’homosexualité, des religions, … chacun complètera à son aise cette liste.

Les opprobres publiques, trop souvent masquées sur les « nouveaux » réseaux sociaux derrière des pseudonymes, pleuvent drues avec une violence qui rappelle les périodes noires du passé, … pas toujours en français correct qui plus est.

L’intransigeance sur de plus en plus de thèmes de société, objets de regards éthiques, serait-elle en train de rejoindre pas à pas la totalement inacceptable dictature des fatwas qui dénoncent par exemple un Salman Rushdie ? Relativisons, s’il n’y a pas menace de mort, il y a violente tentative de mise au ban de la société. Voltaire se retourne dans sa tombe.

Natacha Polony écrit effectivement : Le problème, finalement, n’est pas tant la liberté d’expression que le refus d’une posture religieuse qui impose à autrui les limites du Bien et du Mal. Bigoterie contemporaine. Le phénomène relève de la pensée unique, en fait de pensées uniques qui s’imposent, … car elles sont, naturellement, multiples, les pensées uniques, … pourrait-on dire autant qu’il est d’individus, de collectifs, de sectes distinctes. N’existeraient, ne seraient admissibles, que les pensées, leurs expressions, en « harmonie », et en rien contradictoires, avec MA façon de pensée, celle de MA secte. Là seulement résiderait la vertu, et il serait interdit d’en rire. L’humour est devenu réservé !

Par déficience de plus en plus sévère d’éducation générale, dont un des effets pédagogique est la construction expérience par expérience du sens de l’éthique, nos sociétés apparaissent effectivement de plus en plus fracturées. 

Une société laïque devrait aller de pair avec une éthique, et non une « morale », où la vertu émane de bon sens de la transparence sans réserve sur tout ce qui existe, où toute pensée unique finalement est signe d’une pathologie quelque part. La morale, quand à elle,  relève d’une compréhension sur le mode La Fontaine.

Michel André Vallée            24 janvier 2021

MEILLEURE ANNÉE 2021 POSSIBLE !

Je souhaite sincèrement à toutes et tous non pas une bonne année, mais la meilleure année possible.

Il n’y a aucune raison pour que les tensions qui s’accumulent, se conjuguent, s’amplifient, s’accélèrent depuis toutes ces dernières années, disparaissent comme par enchantement.

Considérons le concept, en énergie nucléaire, de « masse critique », soit l’instant où la masse de matériaux devient telle que les réactions en chaîne s’accélèrent brutalement d’où une déflagration imparable et devenue incontrôlable, gigantesque et dévastatrice. Les ouvrages qui ont repris cet exemple en sociologie, et d’autres disciplines, ne manquent pas venant d’horizons d’orientations diverses. Cet exemple peut être aussi valable en géopolitique, si on utilise cette récente discipline non pas du seul regard des « autorités » et « experts » mais aussi bien des « masses » de gens, justement.

Dans les Pays et populations disons aisés, les restrictions « perçues » et la perte de repères rassurants (car ils ont disparus quoique les médias « positivistes » tentent d’« expliquer ») vont devenir insupportables à trop de gens, insupportables dans les faits. Bien entendu nos anciens ont connus bien pire, mais les générations devenues adultes n’ont pas connues ces conditions de vie.

Dans les Pays et populations pauvres, et dont le développement a été freiné par les politiques d’entretien de dépendance, minés par les corruptions d’une fausse-élite volontairement aveugle, tout peut arriver n’importe quand, donc va se déclencher ici et là. Attention à la masse critique, car l’étouffement du printemps arabe ne se reproduira pas ici et là et ailleurs de la même façon deux fois.

Quand aux migrants aux portes des Pays vus comme aisés, ils ne vont plus tenir.

Les catastrophes « naturelles » (eaux, vents, terres, feux…) vont bien évidemment continuer de s’intensifier, même si une proportion suffisante de gouvernements s’engageaient là ici et maintenant à des radicalisations drastiques des politiques liées au climatique et aux écosystèmes ; ils ne le font et feront pas car leurs citoyens redevenus « sujets » confits dans le confort n’en supporteraient pas les conséquences de vie quotidiennes immédiates concrètes.

Aussi, les tensions atteignant la « masse critique », en trop de lieux et de contextes, les pouvoirs en place vont se raidir, se durcir. Ce n’est pas par hasard que les budgets d’armements et de forces de sécurité n’ont cessés de croître dans tant de Pays.

Les mouvements devenus internationaux de « pensée unique », dont religieux vont eux aussi se radicaliser d’autant plus d’eux-mêmes soit pour l’emporter, soit dépendants de leurs propres courants extrémistes.

Certes, il est des milliers d’alternatives, d’orientations parfois opposées mais qui ont compris, qui se sont développées, entrent en coopérations. Mais leurs résiliences ne suffiront pas à réguler le bouillonnement des masses critiques. Elles apporteront simplement un peu de baume … et quelques zones relativement épargnées vers « la suite », bien plus tard.

C’est pourquoi, sincèrement, je nous souhaite à toutes et tous la meilleure année possible.

Pour chacune et chacun, un travail intérieur sur soi, ouvert à tout ce qu’il convient de voir, réel, profond. C’est la clé des issues individuelles et collectives durables.

Pour tous,  coordonner ce qui a du sens et peut tenir la route sur les chaos comme des radeaux reliés entre eux.

Michel André Vallée              1er janvier 2021

Pourrions-nous décoller ?

Trois auteurs différents mais complémentaires en regard des questions de notre temps hier soir 11 septembre 2020 à l’émission La grande Librairie sur la 5, animée comme toujours par François Busnel. Préalable, au fil des émissions il est lisible que François Busnel, qui dresse quand même malgré ses efforts d’objectivation de temps à autres le bout de l’oreille, est d’orientation chrétienne. Cependant aucun prosélytisme, que de l’exemplarité de haute tenue, ce que nous sommes quelques-un(e)s à attendre de responsables en tant qu’animateurs d’une fonction collective. Cette précaution pour éviter toute réserve « orientée » à ce qui va suivre, en nos temps troublés.

Ces trois auteurs ont été Elisabeth Badinter à qui était dédiée l’émission pour plusieurs ouvrages, Pascal Picq pour Et l’évolution créa la femme chez Odile Jacob, et Cynthia Fleury pour Ci-gît l’amer chez Gallimard.

Tout le monde n’aime pas Elisabeth Badinter, pour diverses raisons qui appartiennent à chacun. MAIS, elle a tiré parti de l’échange initial avec François Busnel pour dire nettement ce qu’il est juste de comprendre et considérer quand à l’Islam en général et dans ses fondements, et à l’islamisme « en particulier » dans ses outrances criminelles considérant les niveaux de développement de nos civilisations, et dans nos États en regard du principe institutionnel de base de laïcité. L’intrusion dans nos systèmes éducatifs et nos personnels politiques va bien au-delà du tolérable, et elle a fort bien pointé les limites du concept de tolérance, … que notre société a lâchement négligées. En cela, elle rejoint le diagnostic d’un Lyautey en son temps ou d’un Safouan (2008), d’un Mahmoud Hussein (2013), d’un Benmaklouf (2015) plus récemment. Entre autres, nos voisins anglais avec les conséquences du communautarisme dont ils en sont arrivés à se mordre les doigts (les québécois aussi), et nos voisins allemands avec la pression de sa population turque, abondent les mêmes constats.

Soyons intellectuellement honnêtes, si nous comprenons enfin que le monde musulman gagnerait à revoir ses fondamentaux en intégrant les conséquences des évolutions (sans censure conservatrice) des Connaissances, nous devons agir de même envers toutes les obédiences chrétiennes quand à leurs propres fondamentaux ainsi qu’envers les pratiques prosélytes de plusieurs de leurs mouvements évangélistes, ainsi qu’envers les politiques extrémistes des ultra-religieux hébraïques, … pour les catholiques en particulier, tout semble tourner à notre époque autour des sexualités.

Au fil de cette émission hier, une sorte de nœud Moebius a été évoqué plusieurs fois autour de « l’amer », « la mère », « la mer ». Il se trouve que cela me parle, … mais c’est mon affaire.

Pascal Picq a recherché et capitalisé depuis des décennies sur les champs croisés de l’ethnologie, de l’anthropologie, de l’archéologie, de la paléoanthropo …. Là il a réalisé un travail transversal sur les évolutions des rapports de domination entre hommes et femmes, notamment en comparatif des principales filières dorénavant connues des grands singes (mais d’autres espèces animales aussi) et des humains (depuis tant Neandertal que Sapiens). Il en ressort que les origines et pratiques de domination ont relevées de tous les scénarios,… ce qui interpellera la plupart des idées reçues à la mode, … partant des mouvements devenus intolérants dont la violence actuellement s’exacerbe. Le vieu mythe de la domination masculine réaction à la domination des femmes détentrices du mystère de l’enfantement pourrait bien sauter.

Cynthia Fleury est psychiatre-psychanalyste à Sainte-Anne (où j’ai eu l’honneur étudiant de participer à des travaux dirigés par la Professeure Thérèse Lempérière), philosophe-politique et écrivaine. Dans ce dernier ouvrage, elle développe aux fins fonds tant de la sociologie que de la psychologie des profondeurs, la réalité du « ressentiment », tant donc chez presque tous les individus qu’au sein de presque tous les collectifs. Au-delà d’un sentiment apparent, il s’agit d’une structuration inconsciente (individus tout comme collectifs), qui émerge parfois par pics parfois en permanence, en permanence avec amertume et dans certains contextes avec force et violence. Cette amertume a pour objet et est dirigée contre des autruis (individus ou collectifs) mais aussi soit même, en regard de l’image « idéale » qui nous habite.

Cette géniale mise à l’évidence aide et aidera à comprendre bien des choses. À suivre donc.

Un trait commun, et qui oh combien importe, à ces trois présentations : s’en libérer et surtout le dépasser est très difficile, voire impossible ! Le palier de développement de conscientisation de l’actuelle humanité est encore insuffisant.

D’une part, si le quantique a commencé de bouleverser nos paradigmes avec le XXème, là nous passons de nouveau un palier. Ce sont toutes nos certitudes issues du XIXème, et les boites de classification côte à côte liées, qui sont devenues nettement caduques, sautent, et devraient bientôt être placées aux musées de ce qu’il convient de savoir pour dorénavant l’éviter. Newton a été utile et structurant, mais les évolutions de la nature impliquent son dépassement ; Lamarck est vengé, très tard certes … Einstein a eu des difficultés avec les ondes gravitationnelles, mais depuis le début du XXIème, c’est acquis … Freud a spolié quantités de ses soi-disantes découvertes à des anciens remontant à plusieurs millénaires, mais nombreux parmi ses successeurs (des Dolto, Groddeck, Winnicott, Marty, Tobie Nathan …) ont corrigé cette avancée et objectivés, quand C.G.Jung a ouvert les fondements de la complémentarité matérialités-spiritualités.

Autant de phares vers l’au-delà de la mutation en cours.

D’autre part, espérons simplement que la barbarie régressive qui prolifère actuellement en de multiples lieux et systèmes de cette planète ne nous étouffera pas et, si cela s’avérait, que nous laisserons des traces pour plus tard.

C’est bien d’ailleurs ce que me meut en cette dernière phase de cette vie-ci.

Michel André Vallée

DÉSOLÉ, L’HORREUR EST DÉJÀ LÀ

Documentaire terrible sur ARTE hier soir 7novembre à 22 H 25, avec pour titre : « Coup de chaud pour les rennes de Sibérie ». Derrière le titre, ce sont toutes les conséquences en cours sur l’écosystème telles qu’elles se révèlent crument là-bas qui sont présentées, sobrement, objectivement (confrontation avec d’autres sources correctes  diverses depuis déjà quelques temps), sans polémiques, un vrai documentaire, mais inédit. Bien entendu, les réalisateurs (allemands) n’y parlent pas que des rennes mais des populations, des autres animaux, des végétaux, des paysages, … et le film commence par les gigantesques fosses dans le sol du fait de la fonte du permafrost.

Nous comprenons mieux là pourquoi depuis quelques années « on » nous présente et propose de plus en plus des ossements dits préhistoriques … mais « on » ne nous commentait pas d’où ils venaient vraiment.

Nous apprécierons la protection totale des scientifiques japonais dans une des Républiques russe du centre contre les moustiques. Toutes les équipes d’intervention là-bas, dont en ethnologie et autres, le savent depuis des lustres, … mais avec l’humidification croissante des sols ils ne peuvent que se multiplier, … et bien évidemment vont saison par saison se déplacer !

Durs, mais visionnez, il nous est vital de savoir, y travailler, en débattre sans perdre de temps  ni enfermer les résultats dans des tiroirs, et agir à tous niveaux !

Pas d’illusion, ce ne sera que pour se préparer, pondérer, limiter la casse. En effet, les dégradations de cette nature de nos écosystèmes sont telles que même les clans conservateurs parmi les scientifiques reconnaissent maintenant que ces évolutions sont irréversibles, quand d’autres nous signalent objet après objet  l’accélération bien au-delà des pires prévisions.

Donc à la question « mais que va devenir tout ce qui existe là ? », la réponse est inéluctable : pour corriger les transformations de la nature en cours, c’est entre des décennies et des siècles, selon. Donc tout va disparaître en l’état, c’est plié. Simplement la matière va comme depuis toujours se transformer selon les lois physico-chimiques, … les êtres du monde du vivant passant par une transition « terre » (pour simplifier).

Un de mes enseignants dans les années 60 nous disait : « pas la peine d’aller au cinéma voir un film d’horreur, elle est chez le voisin d’à-côté » ; et bien là l’horreur n’est plus individuelle, ou in ter-individuelle … elle est globale au delà de systémique. Il y a des moments où on comprends la couleur noire de désespérance,  quand nos dirigeants savent tout ce qu’il conviendrait de faire depuis peu après-guerre et que, du fait de la domination de la cupidité court terme liée à la peur où sont entretenues les populations, … rien ne bouge !

AGIR ?

GULF STREAM ?

D’un côté.

L’épisode de tempête sur les Alpes maritimes des 1er et 2 octobre a donc été intense, provoquant de nombreuses victimes et dégâts matériels.  Le 12 octobre encore, un village demeurait isolé. Une quinzaine auparavant, un « épisode cévenol » avait été plus intense « que d’habitude ». Tous les observateurs, officiels et privés, s’accordent pour enregistrer et constater que les dérèglements climatiques, généraux et locaux, non seulement s’intensifient gravement, provoquant de nombreuses nuisances là où jusqu’à dans les décennies passées nous les traversions sans trop de dommages, mais que leur fréquence s’accélère.

L’année 2020 n’a plus eu de saisons, tant pour le chaud que pour la pluie ou le froid ; une année déréglée. Le constat est identique dans de nombreux départements et régions.

Le phénomène est net, et largement documenté, sur la façade occidentale de la totalité de l’Europe semble-t-il.

De l’autre côté.

Tout le monde aura lu, ou au moins pris connaissance, ou entendu parlé par les médias, de l’impact du réchauffement climatique sur le Gulf Stream. En effet, avec la fonte des glaces, des glaciers européens (comptons l’Islande en Europe) et de ceux du Groenland (qui jusqu’à nouvel ordre est toujours lié au Danemark malgré les tentatives répétées des Etats-Unis pour se l’approprier), le taux de salinité baisse progressivement avec cet immense apport d’eau douce. Aucun rapport n’ose exposer le contraire ; tous sont là-dessus en cohérence.

Si les observations scientifiques continues le mettent en évidence, c’est bien que le phénomène est engagé depuis des décennies. C’est une réalité physico-chimique qui est instantanée et n’attend pas les rapports (s’il y a constat c’est déjà évidemment en cours).

Depuis des millénaires le Gulf Stream fait la boucle de l’Atlantique Nord, et remonte sur la façade occidentale de l’Europe les eaux réchauffées depuis l’équateur, d’où les climats tempérés dont nous bénéficions jusqu’au-delà de notre portion de cercle arctique. Ensuite, refroidi, il redescend, d’où les hivers autrement plus durs que les nôtres au Québec.

Or avec une salinité différente, la masse d’eau « chaude » du Gulf Stream s’enfonce. Les spécialistes depuis longtemps annoncent pour toute la façade occidentale de l’Europe une nouvelle ère glacière, comme il s’en est produit régulièrement dans les ères passées. Ce n’est pas par hasard qu’il a été mis en évidence que de nos ancêtres de l’âge de pierre ont longé la côte de la calotte depuis la Dordogne jusqu’aux Etats-Unis, participant ainsi au peuplement (qui n’est pas uniquement venu que du Détroit de Béring depuis l’Asie).

S’il n’y avait pas accélération des phases d’évolution de notre Mère la Terre, il serait plus aisé à la nature, dont les végétaux et animaux, dont les humains, de très progressivement s’adapter. Le problème est qu’il y a accélération des processus, dont du réchauffement, conséquence du fait anthropocène. Problème aggravé par les accélérations bien plus rapides que ne l’avaient prévu les observateurs scientifiques. Il y a accélérations des accélérations ; aussi il nous est bien plus difficile de nous adapter au changement.

Hypothèse … et conséquences

Peut-on comprendre, donc considérer, que les intensifications et accélérations de fréquence de nos dérèglements climatiques apparemment locaux (un Pays comme la France, et a fortiori une Région, relève du « local ») sont des conséquences du phénomène plus large d’enfoncement du Gulf Stream lié à la fonte des glaciers, lui-même lié au réchauffement climatique global ?

En conséquence, sommes-nous déjà entrés dans les prémices de la nouvelle ère glacière de la façade occidentale de l’Europe, avec toutes ses conséquences en matière de modes de vie, d’activités, d’habitats, d’aménagements ?

Si l’hypothèse est pertinente, alors il convient :

– de la travailler jusqu’au bout, sans censure de type politiquement correcte d’où qu’elle vienne, et sans délai puisque nous en aurions alors déjà tant perdu. Le temps perdu, ce sont des surcoûts lourds à terme.

– de traiter les populations en adultes, capables de recevoir l’information, partant de comprendre les participations à ce qui doit être engagé (modes de vie…).

Sauf à exprimer comme sous Louis XV : « après nous le déluge ». Mais alors que personne ne pleure quand le déluge arrive.

Mireille et Michel André Vallée        octobre 2020

ESSENCES

Le 19 septembre un troisième essai a été publié sur ce blog, annoncé deux jours avant.

Le titre en est Pourquoi ? Dynamiques de l’essence des commentS (avec un S majuscule à comment). Il complète les deux essais précédents Élargir notre conscience au Multivert publié en 2013, puis Passages vers l’Ère à Venir publié en 2019. Il ne fait que 69 pages, quand le premier en faisait 307 avec son complément de 2014, et le second 109 !

Les trois constituent un triptyque avec pour titre global Essences.

Mais son ambition en est encore plus folle, comme annoncé dés la page 2, puisqu’il s’agit de tenter de comprendre l’intention des dynamiques de l’essence au cœur même des matérialités-spiritualités qui constituent le Tout de ce qui existe.

Ce Tout, je l’appelle « Énergie infinie », le Sens des multiples commentS (d’où le S majuscule).  Nous sommes nombreux à voir qu’une majorité de nos maux de société, et/ou individuels, relèvent d’un délitement apparent de ce qui fait sens.

Aussi dans cet essai, je tente de nous approcher de ce qu’il en est au cœur de cette Énergie infinie, simultanément corpusculaire et vibratoire. Probablement plusieurs lecteurs vont croire que je parle là de Dieu, après tant d’autres, d’autant que j’y parle de l’âme. En rien, nous y restons fidèle à une âme de physicien et de sociologue ; d’autant que, tout comme dans les deux essais précédents, les religions y sont démontées et tout prosélytisme rejeté.

Par contre, je prends le risque encore un peu plus de me voir écarté par les matérialistes « purs et durs » tout autant que par les spiritualistes « purs et durs », puisqu’il y s’agit des paliers progressifs vers l’intrication à l’infini de la matière et de l’esprit. Encouragé par la continuité des avancées simultanées entre les regards, les représentations, tant des Femmes et Hommes de Connaissance depuis des millénaires que des physiciens quantiques et astrophysiciens depuis le début du XXème siècle dernier.

Ce risque m’importe peu, à 75 ans. Un de mes Maîtres de ce monde-ci, le regretté Renaud Sainsaulieu, me disait « Michel, pour se permettre de dire et écrire ce que l’on sait et pense il faut attendre patiemment d’avoir atteint un statut d’autorité académique, avant tu es contraint de faire semblant de suivre la doxa jusqu’alors dominante ». Je me contente de l’âge, et comme les anciens vikings de ce que ceux qui me connaissent un peu pourront dire de ce que j’aurai laissé après mon départ.

Dans cet essai,  en plein dans la rubrique mutation de civilisation de ce blog, inutile de redire ce qu’ont déjà écrit en mieux des Edgar Morin, Noam Chomsky, Naomi Klein, Yuval Noah Harari, Jean-Pierre Chevènement, Paul Jorion, Pablo Servigne, Hervé Kempf, Bernard Stiegler, Barbara Stiegler, … parmi les plus récents qui font vraiment concrètement de la prospective. Que les plus anciens qui les ont précédés, certains depuis des siècles, me pardonnent. Peut-être pourquoi l’essai ne fait que 69 pages ?

Je viens d’entendre le discours d’orientation générale sur l’État de l’Union de l’Europe de la nouvelle Présidente de la CE, Ursula von der Leyden. Enfin, l’intention officiellement annoncée de revenir sur cette règle absurde et paralysante de l’unanimité, l’intégration des réalités écologiques, le principe de fermeté envers tout État et partenaire extérieur allant jusqu’à l’ébauche des capacités à l’interventionnisme pour motifs éthiques, le rappel du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, un fédéralisme qui fasse sens. Quelque part, elle me fait penser à l’avertissement de Sainsaulieu ; pourvu qu’elle ne soit pas lâchement poignardée dans le dos comme Spinoza. Un peu d’espoir donc ?

Michel André Vallée,            le 19 septembre 2020

QUE VA-T-IL SE PASSER ?

Nous sommes le vendredi 11 septembre à l’aube, … avant que le gouvernement français n’exprime un nouveau train de règles qui a pourtant été annoncé par le « conseil scientifique » comme devant être difficiles.

Dans le même temps, circule sur internet une pétition  « STOP à l’interdiction de porter les masques dans la rue », dans l’esprit stop de porter les masques en général.

De nouveau des manifestations des Gilets jaunes sont annoncées pour demain samedi, et sur plusieurs panels des médias habituellement relais du pouvoir en place plusieurs journalistes d’opinions reconnaissent que les »autorités » ont peur », dans l’incertitude de maîtriser la rentrée.

En parlant et écoutant les avis des gens autour de soi, on se rend bien compte qu’une moitié des français insistent pour porter ces masques et croient dans les pronostics des médecins pro-mesures de distanciation sociale, quand l’autre moitié dénonce ces mesures et la politique de confinement suivi de dé-confinement suivie de relance de mesures de confinement menées.

En fait les médecins eux-mêmes sont partagés, et les études et démonstrations des deux logiques opposées se multiplient.

Un collectif de médecins (appelons-les légitimistes) vient de demander officiellement au Conseil de l’Ordre d’engager contre le Professeur Raoult de Marseille une procédure de condamnation voire d’exclusion, quand plusieurs campagnes de défense de Raoult se mobilisent et mettent en place.

N’oublions pas que ce Conseil de l’Ordre, comme plusieurs autres du même type, ont été institués par le gouvernement Pétain, pendant l’occupation nazie, pour renforcer le contrôle de la société.

En fait, les clivages dominants ne sont effectivement plus entre droite et gauche, quand la droite traditionnelle intègre les orientations sociales de la gauche traditionnelle, souvent au-delà des positions participatives des ex-gaullistes de gauche, et quand la gauche traditionnelle est incapable de convenir d’une unité et se tire un skud dans le pied en niant les communautarismes contre l’avis devenu dominant de la population.

Toutes les cartes et tous les repères sont brouillés.

Et le ton monte, les gestes d’agressivité, d’incivilités, deviennent de plus en plus banaux et intenses. Les violences au quotidien, de plus en plus proches de l’acte gratuit, sont amplifiées en boucle par les médias de sensation, qui ressemblent de plus en plus aux tabloids anglais.

Il était sociologiquement devenu évident que la majorité de la population, qu’elle l’exprime en clair ou non, ne fait plus en rien confiance aux gouvernances. Ce sont dorénavant les « élites » instituées, les autorités académiques (dont médicales) qui sont clivées d’une proportion majoritaire de la population, y compris d’une part importante des élites au sens général du terme.

Dans la police et dans l’armée des mouvements de contestation circulent. La  « justice » est de plus en plus pointée, les pratiques vues comme permissives dénoncées.

Le ton continue à monter, de toutes parts ; ainsi un des leaders de l’écologie en France vient-il de publier, au Seuil s’il vous plait, Que crève le capitalisme ce sera lui ou nous. Articles, analyses, ouvrages, venant d’auteurs identifiés tant à ex-droite qu’à ex-centre qu’à ex-gauche, abondent dans le même sens depuis des années.

Ce qui se passe en France se passe aussi avec quelques variantes dans de nombreux autres Pays, quand les Étas-Unis sont en état de pré-guerre civile, que l’infâme Président en place soit réélu ou non, et où l’armée s’interroge pour intervenir.

La Turquie d’Erdogan s’en rapproche, la perte des villes d’Ankara et d’Istambul pour le Parti de ce dernier le menant à exacerber les pressions extérieures. Or la Turquie est la seconde armée de l’OTAN, sur l’avenir duquel la CE est partagée.

La révolte ouverte continue en Algérie et en Biélorussie, mais la guerre à l’est de l’Ukraine « discrètement » aussi (la Russie ne lâchera pas).

L’Afrique sub-saharienne continue de s’embraser. Et le Brésil …!

Etc … etc … etc …

Que va-il-se passer ? … Dans quels sens ?

S’il ne se passe rien, ou presque, nous continuons à aller tout droit vers « Le Successeur de pierre » du visionnaire Jean-Michel Truong (1999). Lisez-le vite si vous ne l’avez déjà fait.

Et ici et maintenant ? Arrêtez de dormir dans vos chaumières. Exprimez et débattez de ce que vous croyez vrai, juste, beau, partout où cela vous est possible. Le reste suivra alors peut-être.

Michel André Vallée