4 générations pour traverser le mur

L’observation et l’écoute d’une proportion importante des jeunes d’aujourd’hui, de ces années de collapsologie, fait trop souvent froid dans le dos. Il suffit de parler avec eux en faisant du blablacar, ou d’écouter avec la compassion ordinaire que devrait avoir un humain des parents qui cherchent à savoir quoi faire. Elles-ils ne savent pas quoi faire et s’essaient sans conviction d’une activité à une autre, papillonnent, et/ou décrivent notre société comme sans attrait, et/ou ne pensent qu’à gagner beaucoup d’argent immédiatement sans avoir à se fatiguer, et/ou commencent leurs soirées de boom par l’enivrement systématique, et/ou ne restent pas dans un emploi ou sont là à ne pas maîtriser un seul geste à l’apprentissage, et/ou se flinguent les oreilles à écouter du bruit qui n’est pas de la musique au-delà de 90 décibels … d’autres traits au tableau mais tous les lecteurs ont compris car ils les rencontrent tous les jours.

Beaucoup font des tentatives de suicides, rejoignant ainsi les cohortes d’Orange, des métiers de conviction des ex-services publics, etc … les choix de la méthode étant significatifs soit d’un appel à l’aide soit d’un départ ferme dans le vide de sens. Vide de sens au cœur de tous les traits de la dite collapsologie. Certes tous ne présentent pas ces symptômes, mais proportionnellement bien trop par rapport à avant les années 80. Et parmi les autres, une proportion non négligeable de jeunes conformistes installés dans la consommation sans être curieux plus loin que le bout de leur nez. Comme l’avait si bien annoncé après-guerre le regretté Roger Bastide (1965) nous sommes dans une pathologie sociale. Bien entendu au diagnostic une part des causes sont individuelles, une autre vient des structures et histoires familiales, mais le poids déterminant de l’environnement socioéconomique et culturel est évident. Ceux qui apparaissent « sains » sont une minorité selon des traits très divers (ce qui est « normal »), mais minorité nettement insuffisante pour porter notre société lorsqu’ils seront aux manettes. Aussi il n’est pas interdit de parler d’une génération « perdue ».

Perdue ? … pas certain à 100 % car parmi ceux qui se « débrouillent » exclus des filières des « privilégiés », la plupart se sont organisés carrément à côté des modes d’organisation de notre société, … sauf que le clivage dans la prochaine génération « aux manettes » va être encore plus profond que l’actuel entre les « privilégiés » et les « débrouillards ».

Les éducateurs soit n’ont cessés de hurler l’alerte depuis ces dernières décennies, payant avec un taux de dépression énorme qui aurait dû être traité socialement en épidémiologie, soit ont docilement suivi la mode des bisounours, … surtout ne contrarier en rien « ces pauvres petits », ne pas exiger l’effort dans le travail avec l’autorité nécessaire, se voir interdits de mettre des mauvaises notes sur des échelles ne ressemblant plus à rien, … En ce sens ils ont rejoint une partie de la génération précédente de parents qui ont interprètés de façon restrictive et orientée l’apport pourtant si riche de la Grande Françoise Dolto : l’enfant a des droits et on doit systématiquement les suivre, … quand Dolto a pourtant bien expliqué que l’enfant a tout autant des devoirs que des droits et que l’expérience de la frustration est nécessaire à condition de « parler » aux enfants. Une autre partie des parents, manquant d’éducation, s’est laissée aller au quotidien du dieu plaisir (apparent) dans le petit confort de la consommation de masse devant la télévision, surtout ne pas faire l’effort de penser et du sens critique.  « On a tout de suite à crédit», donc tout va bien, circulez il n’y a rien à se casser la tête. Maintenant ils ne bouclent pas toutes les fins de mois, mais il est trop tard … pour quelques temps. La génération précédente peut donc aussi être considérée comme « perdue », celle de l’après-après guerre et reconstruction, coulée douce sur la fin de comète des soi-disant « trente glorieuses ».

Ainsi on ne compte plus, depuis quelques années, les ouvrages, articles, panels télés et radios, … qui commentent doctement que « nous allons droit dans le mur », c’est le temps de la banalisation de la collapsologie. Commence à circuler le constat partagé que « le mur, nous sommes déjà dedans et continuons de nous y enfoncer ». MAIS quelques soient les souffrances que vivent les peuples où cela s’exprime, notamment dans ce qu’on appelle l’Occident, … la société ne bouge pas. C’est l’étonnement depuis les années 90, les gens ne bougent pas, se laissent endormir par la société du spectacle du pain et des jeux. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont pas encore assez « dans la m… », parce que chacun s’accroche au petit peu de minicomfort qu’il croit posséder, et pratique les trois singes devant toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus. En effet fini le temps où des peuples entiers se privaient dans l’adversité, MAIS avec des phares qui magnifiaient la Vertu, que ces phares soient ou nom des illusions à condition qu’ils soient crédibles. Maintenant c’est l’individualisme quasi-total, numérisé, … et la résurgence-résilience de nouvelles formes de collectivités liées à des innovations n’en est qu’à ses ébauches, … avec le risque des communautarismes intégristes  prosélytes qui mènent droit à des dictatures en conflits entre elles. Donc la génération qui monte entre dans une période où tout, dont le climatique et ses conséquences, annonce qu’elle va être bien plus dure, et ce n’est pas l’argent factice de la planche à billets « à donf » qui va en adoucir les rigueurs.  Là enfin, cela va bouger, et la grande chasse d’eau va être tirée, qui va tout évacuer, … évidemment avec beaucoup de casse puisque nos gouvernances n’ont pas daigné entendre ce que tous les sachants leurs prédisaient depuis quand il était encore temps. Troisième génération de « flinguée ».

Une fois le nettoyage fait, la chasse d’eau tirée fait le vide. Alors la Nature qui ne connaît pas le vide le remplira, avec d’autres humains ? Ceux là vivront une reconstruction autrement intense et difficile (car tout y sera réinventé) que celle d’après-guerre, soit une quatrième génération.

Marie-Louise von Frantz, dans son livre « NOMBRE ET TEMPS Psychologie des profondeurs et physique moderne » (La Fontaine de Pierre 1998) décrit excellemment ce qu’il en est des 4 premiers nombres, les frontières du 4, tout dans la matérialité. Il s’agit de les faire exploser ces murs du 4, …au-delà. Il est vrai que le 5 est le Nombre de l’aventure !

Michel André Vallée 10 juillet 2019

LES CODES

Une synchronicité est un phénomène apparemment original mais bien plus fréquent que nous sommes éduqués à le percevoir : sur un court laps de temps (quelques heures à quelques jours) nous (individu ou petit collectif « animé ») percevons des actes, des gestes, des paroles, des signaux dans l’environnement, qui n’ont apparemment rien à voir au plan opératoire entre eux,  ou de sources carrément distinctes qui ne se connaissent (apparemment) pas, …ET POURTANT nous y entendons, sentons, comprenons un constat cohérent à faire !

En voici une qui visiblement m’a visée cette toute dernière semaine : LES CODES.

Plusieurs personnes autour (a l’entorn en català) ont insisté pour les commenter, en plein (elle connaissait le code) et en creux (il n’avait pas les codes), toujours à propos d’’expériences sociologiques entre ce que « l’on » appelle de plus en plus « communautés », ou aussi niveaux de statut dans la société.

Bon, s’il en est ainsi, quelles couches de notre société portent des codes distincts, du plus humble au plus « plus » :

  1. Le lumpenprolétariat. On y vit au quotidien dans l’indigence quasi-totale, sans pouvoir compter sur rien. On y est malade et meurt dans la misère. On manque quasi totalement de marges de manœuvre, sauf un apprentissage à survivre au jour le jour.
  2. Le « bas de la colline »  (allusion au film « Au nom de la rose »). On a un toit partagé avec une ou deux-trois familles, recomposée ou non, et on y mange tout les jours, voire même de temps à autre on ripaille. Les tâches sont les plus élémentaires, sans qualifications spécifique, plus ou moins bien assurées.
  3. La base de la classe ouvrière ou paysanne. S’y retrouvent les manœuvres et pour les anciens la petite promotion fin de carrière Un statut social reconnu susceptible d’assurer un revenu minimum, mais des fins de mois souvent difficiles ; toujours des emprunts sauf à se priver de tout superflu.
  4. L’aristocratie de la classe ouvrière, porteurs de qualifications, de savoir faire. Dont certains même recherchés. Au fil de la carrière des contremaîtres.  Une retraite correcte assurée, jusqu’à il y a quelques années (depuis que leur réévaluation régulières aient été gelées)
  5. La base de la petite bourgeoisie,  petits commerçants, fonctionnaires non gradés. Une partie des techniciens supérieurs. La plupart pendant les « courtes » Trente glorieuses ont construit ou acquis des pavillons …
  6. La bourgeoisie moyenne, des fonctionnaires gradés, des officiers, le reste des techniciens supérieurs et une partie des ingénieurs, jusqu’à des universitaires. Cette tranche présente des niveaux très divers de culture générale et de ressources relationnelles, sa zone « supérieure » étant floue quand aux codes avec la suivante. Il s’agit plus d’un sentiment perçu d’appartenance que d’un statut. Mais les revenus sont inférieurs à la tranche suivante.
  7. La bourgeoisie très à l’aise, totalement autonome financièrement pour pouvoir voyager longtemps si besoin, offrir à ses enfants une formation visant « l’élite », assurer aisément un exil si nécessaire … Les artistes qui ont réussis s’y retrouvent.
  8. Les dirigeants publics et privés, « aux manettes » des institutions et entreprises, des gouvernances d’État.
  9. La fortune, en partie visible et en partir discrète, la partie discrète permettant de jouer un rôle conséquent au sein du Deep power.

Bien évidemment, en ce temps de mutation de civilisation (les ouvrages et films ou vidéos abondent), les CODES semblent se mêler … néanmoins ils restent reconnaissables. Alors que les ascenseurs sociaux du XXème siècle sont détruits, … comme disent souvent les « jeunes » qui entrent dans la vie vaille que vaille, on les a ou on ne les a pas !

La progression « au mérite », un de nos anciens piliers, ne compte plus. Ce sera un critère fort à reformater pour l’avenir, … car nous allons tous avoir besoin de tous, de la tranche 1 à la tranche 9.

La Dichotomie ?

En ce temps de mutation de civilisation, marqué par les prises de conscience des complexités, de la complexité, du complexe (Edgar Morin), dont des moindres sont bien la coexistence intriquée de mondes physiques différents (Stephen Hawking) ou la multiplicité imbriquée en transformation permanente des centaines de milliards de cellules de nos cerveaux, … parmi un des constats qu’il est difficiles de penser est bien celui de la perduration de la dichotomie !

En effet, en sociologie et en économie, et donc en politique, il y a ceux qui exploitent et ceux qui sont exploités. Ceux qui exploitent sont une toute petite minorité, les vrais détenteurs de la puissance de l’argent, avec tous leurs « hommes de main » ou serviteurs plus ou moins conscients de l’être de nature très diverse ( militaires, juristes, comptables, médecins, employés, logisticiens … politiques … marrons). Ceux qui sont exploités sont tous ceux qui sont en statut de dépendance envers les premiers, qui produisent la richesse de ces derniers par leur peine même si ce qu’ils font finalement leur plaît (loin d’être le cas pour le plus grand nombre), et qui s’il n’y avait par cet accaparement seraient collectivement bien plus à l’aise par la juste répartition des fruits du travail sur la nature.

On parle d’élite. En 2019 « élite » est devenue la part de la population pensant et se comportant visiblement « hors sol », de plus en plus déconnectée de celles et ceux « qui n’en sont pas », « qui ne savent pas », « qui n’ont pas compris », … ce qui en soi est un déni collectif du pourtant simple bon sens. En effet la dichotomie s’est cristallisée à un tel point que la vraie élite disons intellectuelle s’est scindée en deux, ceux qui ont choisi « d’en être » et ceux qui ont choisi de demeurer humanistes, sociaux (encore « partageux » donc), conscients et respectueux de la nature, non déconnectés de cet ensemble « complexe » des réalités.

Pendant des siècles, au fil de l’histoire de ce temps de cette humanité (« cette » car plusieurs hypothèses sérieusement instruites qu’il en a existé d’autres « avant » les derniers grands cataclysmes), c’est développé un long temps de capitalisation, de constitution progressive de l’ensemble des connaissances disponibles, … en même temps que la construction par étapes de toutes nos infrastructures matérielles. C’est donc dégagée progressivement une part de plus en plus importante et diversifiée d’élite intellectuelle, utile et nécessaire à tous et au bien commun, … aux côtés des chefs, des dirigeants souvent issus des guerriers comme un Dumézil l’a si nettement expliqué. Certes il y a eu de nombreux tyrans et pourris, très nombreux, mais de plus en plus pondérés par cette dense élite et par l’élévation du niveau d’éducation de la masse dite populaire.

Dans d’autres zones de cette planète, il n’y a pas eu de masse mais des clans, des peuples moins nombreux qui se sont institués des rituels collectifs divers marqués par le bon sens de l’adaptation aux environnements.

Mais là, pris dans une mondialisation « décompléxée », les nervis du Deep power dominant ( ces derniers tentant de rester relativement discret), sont donc devenus « hors sol ».

Et il est devenu plus transparent que jamais qu’ « ils » sont alliés aux grands possédants conservateurs.

Il y a donc dichotomie entre :

  • d’une part  les exploitants réactionnaires, conservateurs, grands possédants, souvent machistes, voire fascistes, gravement intolérants, et tous leurs affidés dont une partie de l’ancienne élite, … et …
  • d’autres part le plus grand nombre de celles et ceux (dont l’autre partie de l’ancienne élite) humanistes et démocratiques entre eux, motivés par une vie individuelle et collective en accord avec la nature et le bon sens des réalités, attentifs à une continuité saine des progrès en sciences et en économie.

Les premiers sont imprégnés par les mafias, les autres en partie consomment les offres des « vices » (drogues …) et enrichissent là aussi les premiers.

Nous savons que le Mal tout comme le Bien sont des construits sociologiques, sous-éléments des morales. La dichotomie n’est donc pas là, … même si fonctionne encore pour beaucoup « l’opium du peuple ».

À l’heure où les matérialités rejoignent et se tissent avec les spiritualités (quantique, neurosciences, conséquences anticipées des IAs, écologismeS …) ce n’est plus le fond philosophique.

De quoi alors retourne cette dichotomie ? Comment perdure t’elle ?

Michel André Vallée 10 juillet 2019

Dépassement ou déliquescence … … d’abord déliquescence, puis Dépassement.

En Finlande, n’importe quel citoyen peut trouver facilement sur un fichier internet dédié le revenu annuel et le montant des impôts directs annuels payés par n’importe quel citoyen, … . Le système est crédible, tel que les finlandais font confiance.  C’est là une pratique qui pour eux est consubstantielle à la démocratie, et un trait de transparence. En Finlande aussi, personne ne pense un instant à remettre en cause le droit de manifester pour faire connaître au public et aux autorités un avis sur une question estimée importante, … mieux il est au programme des écoles d’entrainer les petits à manifester, aux côtés des grands … sans même penser à redouter quoi que ce soit. Transparence. En Islande, les banquiers qui ont amenés le Pays en difficulté ont été mis en prison ferme, et le gouvernement est alors remplacé par de nouvelles élections, … car tous les enjeux publics sont transparents.  Aux Pays-Bas, le referendum d’initiative populaire a été mis en place et utilisé, … puis, comme certains inconvénients ont été soulevés, le Parlement a voté son retrait, … puis actuellement, … une nouvelle démarche « populaire » (au sens complet de populaire, dont politiciens et experts adéquats), engage le processus pour le mettre en place de nouveau, amélioré. Adaptabilité, dans une passion du bien public … « posée ».

Etc…, etc…, etc…, soit des fonctionnements qu’un jeune en éveil attendrait de ce qu’on lui enseigne comme étant la démocratie, une démocratie.

Deux traits au moins à ces constats :le respect, respect des différences de ressources, de conscience, de statuts … mais toujours avec des principes des limites  qui s’imposent dans un bien commun partagé

l’adaptabilité dynamique, éclairée, instruite, aux enseignements tirés de l’expérience ; soit le contraire de l’immobilité rigide d’un construit-acquis du type « on a toujours fait comme cela et voilà ».

Nous pouvons continuer sur d’autres trais forts, simples ou complexes, qui « tirent vers le haut ».

Et à notre époque en France, et les autres Pays qui prétendent haut et fort qu’ils sont des démocraties, mais ne le sont plus, ou ne l’ont jamais vraiment été sauf pour de très courtes périodes ?

Ne reprenons pas ici ce qui est dénoncé de plus en plus en abondance ces dernières années dans tant de supports, écrits, internet, radio-télé d’orientations culturo-politiques diverses : généralisation et banalisation des incivilités, progression continue de toutes formes de violences envers les personnes et les biens, politiques « décomplexées » ou seul le rapport de force financier fait loi, phobies collectives envers ce qui s’écarte de la pensée unique à la mode, non utilisation et contournement éhontés du droit pourtant disponible, corruptions et « optimisations fiscales »  devenues banalité voire forme d’intelligence ( !), déconstruction de la laïcité républicaine et valorisation des communautarismes, dédain des plus nantis en regard des soi-disant populismes et de la masse des « riens », disparition de l’effort (ce trait là depuis les années 70), promotion de l’unique plaisir immédiat et petits conforts faciles, gaspillages même plus camouflés sans aucune vergogne, non mise en œuvre et trahison des décisions officielles en tous domaines, abandon de ce qui est simplement beau mais ne rapporte pas, argent immédiat roi et rentabilité financière court terme maximale comme seul critère économique, services publics même les plus banaux (ex : remplacer des papiers pourtant légalement nécessaires … sauf à « payer ») qui ne fonctionnent plus dans des délais corrects voire pas du tout, et en fait destruction de la notion de « public »… etc, etc, etc.

Ne parlons pas de l’éducation, ni de la santé, ni de l’éco-système. Les constats abondent.

Résultats : perte de confiance d’une large majorité de nos populations dans quasiment quoi que ce soit, recrudescence des suicides dans un monde où celles et ceux qui passent le geste ultime ne trouve plus sens et oxygène autour d’eux pour même pas vivre mais survivre, … impossibilité de gouverner avec justice et pertinence.

D’un côté, le Dépassement, car le respect et l’adaptabilité aux évolutions des environnements appellent le dépassement, les dépassements. Vers le haut.

De l’autre la déliquescence. Petit Robert : décadence complète, perte de la force, de la cohésion, décomposition, décrépitude, ruine … Vers le bas.

Bon, dans les Pays nordiques, il existe bien entendu des « pourris », même très durs; Millénium n’est pas venu par hasard mais à partir de réalités. Mais ils sont minoritaires.

Et dans les démocraties en déliquescence, existent et sont réalisées des milliers d’initiatives, de petites tailles, qui proposent de l’innovation ou des corrections, du beau, avec de l’espoir. Mais même si des milliers et qui tentent de se coordonner, organisant même des systèmes bancaires, elles restent minoritaires.

En effet les puissances actuellement dominantes les éliminent (plusieurs scénarios) dès que leur taille ou impact « menace » les accumulations du Deep Power ( puissances financières derrière les grands lobbies, les grandes banques, … tous les vrais Picsou), non-transparent. Même, nous assistons depuis ces derniers temps à une anticipation, avec une chasse aux sorcières des lanceurs d’alerte et journalistes d’investigation. Avant et depuis longtemps, plus discrètement et inaperçu mais ferme, il y a eu par exemple  l’enfermement de l’épidémiologie.

Actuellement, la déliquescence l’emporte et continue de s’étendre, à peine masquée. L’argument selon lequel les avancées scientifiques et technologiques permettront sous peu (les deux à trois décennies à venir) de retourner la situation sont une illusion pour la masse des gens et ne concerneront au milieu de ce XXIème siècle qu’une minorité quand la majorité sera sous contrôle, les démocraties devenues un souvenir historique.

L’UE n’est-elle pas en train de passer des ALE (Accords de Libre Échange) post-coloniaux avec la plupart des Pays d’Afrique, et le TAFTA (USA-UE) que l’on croyait mis de côté n’est-il pas en train d’être renégocié quand le CETA (Canada-UE) est déjà actif « provisoirement » ?

Dans le Pacifique-Ouest, c’est la Chine qui a pris la main, … présente aussi en Afrique durablement, installant les nouvelles routes de la soie jusqu’aux cœurs de l’Europe.

En fait, dans le dépassement de ces facteurs de déliquescence, nous savons, sinon sentons, que nous sommes entièrement engagés dans le début d’une phase de mutation globale, profonde, de civilisation. Elle nous mènera, toutes et tous,  à tout autre chose que les divers grands projets évoqués plus haut.

Il n’est pas impossible que les chinois, qui savent jouer au Go dans l’hyper-complexe, émergent déjà un bout d’oreille sur l’horizon de l’advenir, mais eux aussi seront dépassés.

Nous-autres (Occident dont UE dont France), ici et maintenant, n’y pensons même pas : nous sommes si supérieurement intelligents !

Si intelligents ?  Nous n’avons même pas su faire germer les perles qui ont tenté de se développer en notre sein. Par exemple, hier soir encore (27/04/19) sur la chaîne franco-allemande ARTE, un excellent documentaire a présenté le portrait, une des facettes de la vie, de Alexander von Humboldt (1769-1859), pionnier des explorations scientifiques, dont la synthèse des découvertes appuyées sur une multitude de constats enregistrés, tient dans : cette Terre est intégralement vivante et tout y est intimement intriqué !

Certes, cet homme a été et reste reconnu, son musée est au cœur de Berlin, mais … l’actuelle civilisation qui a forcé la mondialisation n’a pas travaillé et développé cet enseignement : tout y est vivant et intimement intriqué !!! La pensée dominante actuelle l’a réduit et détourné.

Pourtant Humbodlt, dont Darwin s’est inspiré et tant d’autres, avait remis en évidence en assurant la démonstration scientifique un fond de Connaissance disponible au fil de l’histoire des populations de cette planète depuis les plus hautes antiquités : l’intrication INTIME de toutes les dimensions de l’existant.

Or, toutes les dimensions de l’existant implique des formes les plus grossièrement évidentes à nos perceptions limités d’humains aux formes les plus subtiles, … bien au-delà donc de nos perceptions physiques basiques : vue, ouïe, toucher, odorat, gout.

Et pourtant, de Hermès Trismégiste, qui reprenait les Connaissances héritées des civilisations disparues, à Carl Gustav Jung prophète du XXème siècle de cette civilisation, des millions de femmes et hommes « de Connaissance » ont pratiqués et témoignés à l’oral et à l’écrit des dimensions de la réalité, des réalités, de notre Nature, … soit des dimensions énergétiques (tout est vivant et intriqué) bien au-delà de la matérialité réduite où notre civilisation s’est enfermée.

Le paradigme matérialisé, « positivé » …, actuel ne répond tout simplement pas à toute la réalité de la Nature dont nous faisons parti en tant que simple mammifère.

Cette année universitaire 2018-9, un séminaire à l’Université de Perpignan (TRETAI) a développé une série de constats de liens entre avancées scientifiques en neurosciences et actualisation des travaux sur les phénomènes de l’imagination. Il est d’autres initiatives de cette qualité ailleurs sur cette planète. Un exemple de l’une des milliers de dendrites d’un processus déjà engagé bien au-delà de nos capacités collectives de sapiens-sapiens (j’estime vulgairement que nous ne méritons plus le second qualificatif de sapiens), … vers le prochain paradigme de sortie de la mutation de civilisation, encore à son début.

Les avancées scientifiques en sciences dures (puisque nos dirigeants n’entendent QUE  cela) des dernières décennies, en physique quantique (attention aux médiatiques charlatans à la mode) ; en astrophysique qui reconnaît d’ores et déjà la coexistence dans le même espace-temps de plusieurs univers (qu’ils appellent « multivers »)  régis par des lois physiques DIFFÉRENTES ; en biologie et neurosciences (pour faire court) ; en archéologie et anthropologie qui nous remontent sur plusieurs sites à bien au-delà de -15000 ans ; … mettent de plus en plus en évidence, à qui à un regard transversal, … que les sciences se rapprochent des « dits » puis « écrits » (dont les très anciennes cartes) des traditions des Femmes et Hommes de Connaissance, souvent rassemblées récemment sous la catégorie des chamanismes (attention cependant aux plus ou moins gourous charlatans exploitants de la soif de sécurité d’abord qualifiée « bien –être »).

Les actuels « dirigeants », par défaut car nombreux sont celles et ceux qui s’accordent sur l’absence de dirigeants en qui porter confiance même sous conditions (là est un des signes historiques de la déliquescence), …ne tiennent pas compte dans leurs décisions des implications des avancées scientifiques. Conscients des mutations en cours, ils préservent, « tant que cela dure », les privilèges de leurs statuts, … et , tout comme sous Louis XV en France, « après nous le déluge » … Au fond, la Nature y pourvoira, … alea jacta est.

Dédain des « masses » : ils sont incapables de comprendre >> erreur funeste qui résulte d’un élitisme de l’éducation, … et d’une méconnaissance « hors sol » du bon sens « basique » des dites « masses ».

Aussi, le primat de la matérialité, réduit aux apparences, par manque d’éducation ou tout simplement par flemme, malgré les bonnes intentions de bonne foi au quotidien de milliards de gens, nous a réduit à l’impérialisme de l’argent-roi et du plaisir de consommation « vulgaire ». Triste sortie d’une si brillante évolution de la Nature sur cette planète : un cerveau de 100 MM de neurones guidés par 200 MM d’astrocytes … là où nous en sommes ici et maintenant de nos avancées , … qui ne sont pas finies (comme le chantait le Grand Pierre Bachelet).

C’est, avec un tout petit peu de recul, absurde. Comment un oiseau pourrait-il voler sans son plumage ? Comment la pierre mise en déséquilibre pourrait-elle ne pas tomber sans les basiques de physique qui l’environnent ?

Épargnons nous de multiplier les exemples … ils sont à l’infini. Comment ne pas tenir compte de tout ce que nous pouvons comprendre de l’avancée des Connaissances ?

Comment notre système d’habitation de cette Terre par les humains, au point ou ils en sont d’évolution de leurs capacités,  pourrait-il durablement fonctionner sans prendre en compte toutes les dimensions de l’existant ? Aussi ne devons nous pas nous limiter aux apparences les plus basiques de ce qui est appelé la matérialité.

Au moment où tout tourne « de travers », (sauf quelques milliers de micro-tentatives soit quasi « peanuts » même si elles reçoivent notre total respect, d’autant que certaines pourraient faire des pousses à terme), dans une violence signifiante de notre temps,…; … ou encore, dans une autre dimension au moment où plusieurs équipes d’astrophysiciens travaillent à vérifier un processus d’accélération de notre système cosmique. Nous ne parlons pas ici du phénomène connu de « perte » de une seconde par siècle (lié à notre mode de cadrage) ni évidemment à la précession des équinoxes, mais bien d’une accélération de notre temps « universel » (c’est à dire une heure cosmique d’il y a un siècle continue de devenir plus courte).

En ce moment, cette période donc, n’est-il pas temps de devenir authentiquement scientifique, … car le temps nous est compté plus qu’il ne l’a jamais été, … puisqu’il y a accélération. J’en avais déduit ainsi de mes réflexions et recherches croisées en préparant l’essai Multivert (publié début 2013), mais ne savais pas que dans la même période des travaux avérés s’attaquaient à la vérification mathématique de ce phénomène.

Si nous continuons comme « il en a toujours été ainsi », pas de salut. On ne lutte pas avec un a priori sociétal contre les évolutions physiques dont biologiques.

Problème majeur (pardon de me répéter avec quelques milliers d’autres, milliers soit peanuts sans relais médiatiques conséquents) : les « autorités » politiques sont au courant des enjeux se déclinant des avancées de Connaissance, mais redoutent la panique des mouvements « de masse » si la réalité de notre état est révélée aux heures de forte écoute. Malheureusement nos « autorités » ont choisi la recette romaine (en fait radicalement inverse à l’honneur romain au sens d’un Onfray) : « du pain et des jeux » !

En cet état sociétal, sauf « miracle » (qui ne serait évidemment pas le fait d’une religion, principal processus sociétal de contrôle dans un ordre dogmatique,  résultat d’une combinaison multicritères complexe de causes), notre civilisation, qui dispose pourtant de tous les divers enseignements millénaires, ne peut en l’état de l’actuelle pensée dominante, que s’enfoncer plus avant dans la déliquescence.

Actuellement, la guerre sanglante, même si ici et là masquée, ailleurs revendiquée voire imposée, entre les extrêmismes des religions mais aussi des systèmes de pensée « apparemment » dominants (soit une forme masquée mais tout autant dogmatique de religion), a pour effet, outre le renouvellement des horreurs envers le genre humain, d’accélérer encore plus le processus de déliquescence. En 2018, croissance significative des budgets d’armements de nombreux États. Leurs dirigeants, soit ivres de pouvoir soit goutant leurs privilèges apparents, ne se rendent même pas compte qu’ils scient les branches sur lesquelles leurs « way of life » sont assises, … et, si nous sommes amenés aux politiques du pire, ce pourrait être au fond pour le moins tant mieux.

Depuis les années 90, de nombreux observateurs-acteurs de notre état de civilisation demandent : « ce qui est le plus étonnant est voir ce que les gens continuent d’encaisser, … mais quand vont-ils, allons-nous bouger ? ».

Réponse simple : les gens ont tant investi au quotidien des années (selon des modes il est vrai très divers) qu’ils s’accrochent au peu qu’ils ont. Ils se sentent bien au chaud « au bas de la colline » (revoir l’excellent film « Le nom de la Rose » qui expose si bien à plusieurs niveaux l’obscurantisme / la Connaissance), et se considèrent heureux de s’en contenter, … au lieu de vivre dans le temps si court d’une vie leur propre essence. Là est le pouvoir des exploiteurs.

Ce vécu si largement partagé ne durera qu’un temps, peu de temps, car le phénomène des migrants massifs est significatif de la limite devenue insupportable par les humains qui les subissent. Il faut des dictatures très sévères pour les contenir.

Et l’abbé Pierre a clairement prophétisé les tsunamis inéluctables. Pour l’Europe, au sud ce ne sont pas les ALEs actuellement quasi imposés qui n’y pourront mais ; à l’est le barrage payé en Turquie (qui place l’UE en dépendance) ne tiendra que le temps du pouvoir politique en place, etc …

La déliquescence en cours, tant que le mode actuel des gouvernances régie, ne peut que continuer à développer ses conséquences, tout comme l’eau qui inonde un terrain en suit le tracé sans que rien ne puisse durablement l’arrêter. C’est physique.

Soit accroissement des tensions, que nous commençons à supporter ici depuis les années 90, et risque de plus de guerres de plus en plus probable, donc en un lieu ou un autre nucléaire. En conséquence, probable (pardon de me répéter) que nous vivrons ici et là des Mad Max et /ou des PostMan.

La Planète, elle, continuera à « vivre », indépendamment de nous humains, selon les Lois physiques intégrant toutes les dimensions de la réalité, … dont les plus subtiles.

Or, les plus subtiles, en l’état des avancées de nos connaissances, signifie plusieurs jeux de Lois physiques (au sens large) qui se combinent, … comme il en a toujours été, en soi, celles des nombreux multivers (selon l’essai de 2012-3 Multivert) avec lesquels notre monde est intriqué, … intimement, … comme les Femmes et Hommes de connaissance le pratiquent depuis des millénaires.

Alors, les humains survivants, démunis, redécouvrant parce que vital à tous les vertus du collectif où chacun apporte ses ressources concrètes, n’auront plus qu’un chemin devant eux, … le Dépassement, … travaillant et pratiquant toutes les dimensions de l’humain … un peu plus évolués (Bachelet : « ce monde qui n’est pas fini »).

Plusieurs traditions en témoignent. Les finlandais (introduction de cet article) ont presque tous lu le Kalevala (L’aube des peuples Gallimard – 1991), éminent livre de sagesse, leurs racines. Pour ma part, j’ai fais très attention aux traditions nordiques avec l’Edda poétique (Fayard 1992) mais aussi aux traditions amérindiennes et altaïques. Il en est de nombreuses autres, dont le Tao en Extrême-Orient.

Nos successeurs seront bien heureux, la matérialisation et le « positivisme de progrès » dépassés, de s’en inspirer. Évidemment, ils intégreront les dimensions spirituelles de la Nature et de l’humain, qui sont des dimensions simplement plus subtiles de la matérialité de ce qui Est, bien obligés de les apprendre au fil des expériences,  … « sur le tas ».

… article corrigé le 1er Mai 2019

Michel André Vallée – 28 avril 2019

Réflexion prospective un lundi de Pâques

Titre d’un article de source « novethic » (réputée professionnelle) sur Facebook ce matin (22/04/19) : Nos enfants devront émettre 8 fois moins de CO2 que leurs grands-parents dans un scénario 1,5°C (quand le GIEC annonce + 1,5° dés 2030). Pour un jeune français né en 2016 ce sera 8 fois moins que ses grands-parents et 5 fois moins que ses parents. Budget carbone limité à 0,9 tonnes par an, soit ce qu’émet aujourd’hui un Pakistanais chaque année ! Des schémas en couleur faciles à lire suivent, … et mêmes quelques pistes de réactions …

En regard de cette analyse :
– peut-on demander aux nations et/ou Pays qui visent à atteindre notre niveau de vie (disons d’Europe sans même parler de la « way of life » démesurée des States) de se stabiliser là où ils en sont et modifier « dans le bon sens » leurs consommations ? Non, ils nous ont déjà donné la réponse nette et réaffirmée lors des dernières rencontres internationales.
– pouvons-nous demander (même si c’est pour eux) à nos propres enfants et petits-enfants de réduire et adapter avec « sagesse » leurs consommations et modes de vie ? Je ne réponds pas pour eux, mais j’observe tout autour de nous aux mêmes âges. Les attitudes sont diverses, certains (rares) font effectivement des efforts d’ajustement en fonction de leurs propres réflexions, mais je n’en vois pas qui s’engagent sur des habitudes de réduction, … et bien entendu la majorité n’y pensent même pas.

Conséquences ? Les démocraties occidentales étant en processus de délitement, seuls des scénarios « fermes » liés à des politiques d’éducation massives pourraient laisser espérer limiter la casse, bien entendu pas orientés n’importe comment et en respectant les Libertés fondamentales. Or les scénarios autoritaires qui là actuellement se présentent ou se mettent en place ne vont pas du tout dans ce sens (quasiment aucun par exemple ne remet en cause la sacro-sainte « croissance »). Alors … ?

De nouveau, nous pouvons être en phase avec un Edgar Morin lorsqu’il annonçait à la télévision il y a une décennie le risque de vivre Mad Max, auquel vous pouvez ajouter Soleil Vert, PostMan, et le choix entre, sur cette planète de « Le Successeur de Pierre » (Jean-Michel Truong), ou ailleurs dans « les univers » de « Hypérion «  puis « Endymion » (Dan Simmons). Dans ces trois ouvrages existe un lien direct avec lundi de Pâques.


Rappel de Evangelisti dans le Monde Diplo « la science-fiction constitue le seul moyen … de décrire de façon adéquate le monde actuel » (p.9 de l’essai Multivert), et au-delà de se donner des images possibles du monde futur.

Les 5 POURQUOI. Cette pratique ne fonctionne-t-elle plus ?

Nous avons souvent utilisée avec succès, pour non pas trouver « une » réponse, mais aller loin au cœur des causes d’un problème semblant difficile, la technique consistant à poser jusqu’à 5 fois de suite, question après réponse après question, le « Pourquoi ? ». Souvent, la réponse juste tombe avant le 5ème « pourquoi ? ».

Alors, ce dimanche 17 mars, au lendemain de ce samedi 16 mars, essayons.

Des milliers de Gilets jaunes continuent de manifester dans de nombreuses villes de France (mais aussi d’autres villes d’Europe) tous les samedis depuis le 17 novembre dernier (mettons à part les « casseurs » qui tentent médias à la botte à l’appui de plomber le mouvement et relèvent d’autres problématiques qu’il convient effectivement de traiter par ailleurs dont avec rigueur). 120000 personnes, en majorité catalans, se déplacent et manifestent hier à Madrid, après avoir tenu des manifestations dépassant le million d’acteurs en Catalogne toutes ces dernières années. 300000 jeunes et moins jeunes manifestent dans presque toutes les villes de France et un peu partout en Europe sur le thème prioritaire du climat. Les anglais ont voté le Brexit (et ne s’en sortent pas), et les écossais sont prêts à refaire un référendum si le Brexit est effectivement acté. Les polonais aussi sont descendus dans la rue comme on ne l’avait pas vu depuis Solidarnosc. Ect, etc, etc. POURQUOI ?

Parce que les populations n’en peuvent plus, au moins en Europe.

Elles n’en peuvent plus en France d’une chute continue qui a fait passer depuis les trois derniers mandats présidentiels du 5ème rang au 15ème à 40ème rang selon les critères d’évaluations, en même temps que les soi disantes « élites » fonctionnent « décomplexées » hors sol (= dans l’ignorance apparente des réalités de vie quotidiennes), et que toutes les conditions de vie se dégradent (croisement des analyses, ouvrages, panels à la télé … d’origines culturo-politiques diverses).

Parce que la majorité (désormais plus de la moitié) des catalans du Sud (c’est à dire au sud des Pyrénées), ne veulent plus être traités comme une colonie par une Espagne qui a trahi la Constitution « temporaire » de sortie du régime franquiste et qui est revenue sur l’autonomie mise en place au lieu de la développer, donc qui renoue avec son histoire millénaire en se voulant indépendante.

Parce qu’une proportion croissante de la jeunesse européenne, abondamment informée par internet, n’accepte plus de rester passive devant le désastre de toutes nos conditions environnementales, sait que les gouvernements pourraient avec une autre qualité de volonté et du courage faire bien plus, constate que les mesures prises sont à minima alors que toutes les connaissances utiles et nécessaires sont disponibles, donc à la fois ne croie plus aux soi-disant bienfaits de la mondialisation et ne fait plus confiance à l’ensemble des gouvernances de chaque Pays et européennes. Cette jeunesse refuse, par exemple, pour elle et ses enfants à venir, les pandémies annoncées du fait de l’inefficacité croissante des antibiotiques, … et ne croie plus que la science va « trouver » les solutions.

Parce que les anglais, dont l’intelligence « perverse » a toujours su depuis Elisabeth 1 tirer parti avantageux des failles de tous les « autruis » qui l’entourent (en Europe comme au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique orientale … si on met de côté la perte des USA devenus ensuite les « cousins »), ne savent cette fois plus où est leur avantage ! Et chez eux comme chez nous, les classes moyennes, ciments des « vraies » démocraties (il n’en est plus sauf dans de petits Pays tels l’Islande), se voient laminées et réduites au « vers le bas ».

Parce que la moitié des polonais n’acceptent pas un drastique retour en arrière culturel et la négation d’une démocratie si récente et si chèrement payée.

Second POURQUOI ? : Pourquoi donc tant en France, qu’en Espagne, qu’en Grande-Bretagne, qu’en Pologne, et dans de nombreux autres Pays d’Europe, les gouvernements avancent-ils à marche forcée à l’inverses des choix et intérêts des populations. Même en Allemagne réunifiée, pourtant apparemment devenue leader de l’UE, la Chancelière est mise en minorité et les Partis traditionnels se déchirent, quand un bon quart de la population vis en-dessous du seuil de pauvreté !

Parce que la « vieille Europe » (comme me le disait amicalement un vieux copain québécois) n’a pas réalisée l’Union politique, la Fédération réelle des Etats-Unis d’Europe, et s’est laissée dominer par les puissances financières internationales et l’utopie de la mondialisation.  Parce que dés l’époque d’un Mendès-France (années 60), elle a mis au panier le projet d’Armée unique, et c’est couchée sous l’OTAN et sous le leurre du Plan Marshal, avec lequel les Etats-Unis, et les « cousins » de Grande-Bretagne complices, ont achevé de structurer une Europe de l’Ouest colonie économique, … donc qui ne devait surtout pas redevenir la première puissance mondiale, mais « seulement » demeurer le premier marché mondial, pas plus (ce qu’elle est encore pour seulement quelques temps). Cette vielle Europe a fait l’erreur de signer Maastricht, entérinant ainsi la domination de la « valeur » argent, … non pas : « Finances ». Elle a  dénié sans vergogne les choix de quelques peuples qui ont tentés de sortir un peu du songe (référendums français et hollandais déniés à Lisbonne, etc…). En choisissant la mondialisation financière, la CE a délibérément choisi de tout mener discrètement, en contrôlant soigneusement ses médias, « vers le bas », soit la systématisation du retour sur investissement uniquement financier court terme !

Troisième POURQUOI ? : Mais pourquoi la mondialisation l’a-t-elle à ce point emporté, malgré l’existence d’une culture générale « de haut niveau » partagée par des centaines de milliers de compétences en tous domaines, et de millions de gens qui ne demandent qu’à travailler pour gagner leur vie à vivre dans la dignité ?

Dés les années 70, il était possible de commencer à constater le pouvoir sur les administrations d’États des premières grandes multinationales, et « simultanément », la domination progressive, discrète mais systématique, d’une « pensée unique », la conception (les neuroscientifiques et une partie des psychosociologues parlent de paradigme de représentations) « néolibérale » de la soi-disant réalité économique affublée d’une qualification d’universalité.  En Occident (Etats-Unis et Canada + Europe de l’Ouest puis de l’Est + Japon et Australie (mais avec quelques nuances)), tous les futurs dirigeants, publics comme privés, ont été formés à ce paradigme des sociétés de rentabilité financière court terme, … notamment marqué par la chasse aveugle à la réduction des coûts et la priorisation systématique et sans appel toléré de la rémunération du capital sur le travail et l’investissement de RD.

Bien entendu, partant de civilisations de pensée multiples (tout aussi naturelles et vitales au genre humain que l’évidente biodiversité), les mouvements alternatifs se sont multipliés mais, tout en servant de faire valoir (apparence trompeuse d’une démocratie) tant que minoritaires, leur expression a été systématiquement réduite voire chassée dés qu’ils semblaient remettre sérieusement en cause cette pensée unique gérée pour devenir dominante. À preuve la chasse aux lanceurs d’alerte (les héros de notre temps) et aux journalistes d’investigation. Depuis les années 70, en presque un demi siècle, quoique nous ayons été des centaines de milliers à faire, chacun là où il s’est trouvé, le modèle dominant s’est imposé, les investissements d’Instituts, de thinks tanks, d’administrations parallèles, de lobbies, n’ayant jamais manqué des ressources nécessaires pour contrer toutes avancées alternatives « vers le haut ». Résultats : l’éducation générale est redevenue réservée à une soi-disant « élite » (bien entendu les ascenseurs sociaux ont disparu et les jeunes diplômés démarrent endettés pour plusieurs décennies donc dépendants), les compétences de base ont été coupées en fines tranches privant les professionnels de leur rapport de force face aux détenteurs de capitaux, la santé des populations est devenue dépendante des produits des grandes multinationales pharmaceutiques, … et enfin il ressort tout récemment enfin que du fait de la pollution mondiale (terre, eau, air) le quotient intellectuel moyen baisse déjà au delà de cinq points (ce qui est énorme),etc, etc, etc

Quatrième POURQUOI ? Alors, quand on sait que toutes les connaissances pour gérer la planète et nos sociétés autrement sont connues, et que les gouvernances se trouvent devant un tel désastre déjà en cours, rien n’y fait ?

L’oncle Picsou, il est assis sur sa montagne d’or et continue à n’avoir pour seule idée qu’à accumuler, aux dépends de quoi que ce soit d’autre. Rappelle (pardon de me répéter) les « grands » financiers du temps de la Régence et de Louis XV qui disaient déjà « décomplexés » : « après-nous le déluge » ! Depuis une ou deux décennies, il a été bien obligé de parler et écrire sur Bilderberg, l’assemblée annuelle encore discrète où sont invités et adoubés les futurs dirigeants prometteurs du monde occidental, et qui fonctionne de pair avec la Trilatérale et la vitrine de Davos. Signalons que le Président français Macron a été le plus jeune coopté invité à Bilderberg ! J’imagine (pardon de me répéter) qu’une structure aux mêmes objectifs doit exister en Chine (déjà la nouvelle première puissance mondiale avec son alliée la Russie). Mais derrière Bidderberg & Co, dans l’ombre, sont les grandes puissances financières multinationales, dont les grands clubs de  lobbies et clans militaro-industriels ne sont que des outils, où les puissances du pétrole ne sont qu’un des volets (mais pas le moindre), où les finances mafieuses du crime jouent un rôle (de l’ordre de 20 à 25 % de la finance internationale). Ce que j’appelle le Deep Power. Pour cette micropopulation qui tient les reines, plaçant les dirigeants de nos États apparemment « aux manettes », le principal problème est devenu la surpopulation croissante, thème repris par l’ONU (le « machin » selon De Gaulle), mais sans renoncer au paradigme actuel qu’ils ont mis un demi-siècle à installer, et dont le rendement financier court terme est devenu tel qu’il semble irréversible. Et pourtant leur vitrine de Davos depuis quelques années annonce le danger de révolutions sociales, lesquelles justement émergent (début de l’article).

Alors cinquième POURQUOI ? Comment espérer passer à côté des dégradations croissantes de nos écosystèmes ?

Ben, en partant ailleurs sur d’autres planètes, et en abandonnant les multitudes de celle-ci à leur sort. Car cette caste fait confiance à la capacité de se protéger dans des zones privilégiées, par exemple en Nouvelle-Zélande ou au Kamtchatka (pourtant deux zones fortement sismiques), et disposer des ressources financières pour acheter le ticket de départ aller simple. Bien entendu c’est absurde, car dénué de toutes projections réalistes à long terme, … mais nous n’avons à faire là qu’à des jouisseurs, ni des politiques ni des philosophes de bonne tenue.

Vraiment, à ce niveau, sauf à changer radicalement de registre, il n’y a plus de cinquième question pour approfondir et enfin comprendre.

J’ai bien dis RADICALEMENT. Nous y sommes, et toutes ces populations qui se soulèvent le savent ou au moins le sentent. Le changement de pente de notre civilisation vers tout autre choses approche, est proche.

Quoi faire pour notre multitude qui va rester (et probablement eux aussi) ? Dans l’attente, cette microcaste ne dispose que d’une solution classique de classique, la guerre. Ses soi-disants dirigeants « aux manettes » s’y préparent d’ailleurs, vue les accroissements des budgets. La guerre, cela « nettoie » et garantie justement des résultats financiers court terme conséquents (destructions, réduction des populations à alimenter, reconstructions). Facile d’observer l’entretien actuel des foyers préconflictuels.

Sinon, préparons nous tous, chacun et dans les collectifs qui se présentent à nous et nous conviennent, à traverser la phase de mutation déjà engagée, sans illusions, sans dépendances archaïques, debout.

Méga largage en préparation, … depuis longtemps.

Il est maintenant reçu que les meilleurs récits de science-fiction présagent de prochaines découvertes scientifiques, ensuite plus ou moins vite réalisées puis industrialisées, … plus ou moins vite ou non selon, … selon quoi en fait ?

Le second document diffusé samedi 29 sur la 5, « En quête d’une nouvelle terre », a fait le point de ce qui est, ici et maintenant, « diffusable » à nos populations, mais en préparation depuis des années.

Stephen Hawking avait proposé et validé les ¾ des avancées technologiques qui ont été présentées, pour que les humains puissent sous peu quitter notre Mère la Terre, se déplacer et aller terra-former et coloniser d’autres planètes considérées d’ici comme habitables, la première ciblée étant ProximaB, à deux ans d’années lumière (et non Mars comme on nous le serine et qui ne sert qu’à faire des expérimentations préalables). La Lune ne serra qu’une banlieue de lancement, et peut-être même pas.

En effet le principal problème posé à nos « élites » dirigeantes est la surpopulation et la surconsommation qui en résulte liés à la détérioration irréversible des conditions de vie sur notre planète. Ils le savent depuis bien avant la fin du XXème siècle, … ayant utilisé les conditions climatiques du Svalbard pour stocker en quantités toutes les espèces de graines permettant de redémarrer suite à une catastrophe majeure. 

Redémarrer, ou emporter sur ProximaB et continuer l’humanité après vérification de la capacité à terra-former.

Ainsi nous sommes devenus capables de propulser des fusées géantes au moins à 20 % de la vitesse de la lumière (et nous allons évidemment progresser dans les moteurs au plasma et ultérieurs), à extraire sur le sol des planètes ciblées le sable et le transformer en matériaux de construction hyper résistants, en oxygène, en hydrogène …, d’entretenir les capacités du corps humain à supporter l’apesanteur sur de longues périodes voire plusieurs générations si nécessaire, et répondre à tous les besoins identifiés pour « partir et y aller ». Visionner si possible le documentaire en replay, il en vaut l’effort ; au minimum instructif pour actualiser les connaissances.

Il est évident que ce voyage coûtera très cher, et ne sera abordable, outre les sujets d’élite qui seront sélectionnés pour les premiers, ensuite uniquement aux très riches. Or justement, depuis à peu près la même période où l’évidence du « déplacement » est débattue entre les « plus grands », les détenteurs des puissances financières ont accéléré l’exploitation des ressources, nous masse des « riens » compris, devenant « décomplexés ». 

Les critiques économiques évoquent l’avidité sans borne des grands capitalistes, mais ces derniers ont de « bons » conseillers, et pourquoi détruiraient-ils leurs garde-manger ? Ce peut être valable pour une partie, … mais il est désormais correct de poser l’hypothèse que les plus malins rassemblent les moyens financiers de partir en abandonnant la masse des « trop-nombreux ». On peut lire dans plusieurs ouvrages de science fiction des départs massifs, … mais je n’y crois pas, tout simplement du fait que les matériaux rares nécessaires sont insuffisants ici. 

Déjà nous sommes limite pour les composants de nos sacro-saints portables « intelligents », alors…. D’ailleurs, ces portables, ne vous rappellent-ils pas le « du pain et des jeux » de l’Empire romain en décadence, soit notre situation de civilisation déjà condamnée comme tant de travaux sérieux le hurlent depuis des années ?

Michel André Vallée- 30 décembre 2018

Réalisme maintenant = guerre

Michel André Vallée·Vendredi 10 août 2018

Un « ami » Facebook vient de m’adresser une TRIBUNE, et me dit qu’il redoute pour ses petits-enfants un « monde de … », suite à un dossier paru dans la revue Libé. Comme quoi ce journal peut parfois publier d’intéressant articles, même si le lire me fait habituellement des nœuds dans la tête. 

Voici ma réponse, bien plus dure :

Non, nous ne leur laissons pas à nos enfants et petits-enfants un « monde de merde », mais d’horreurs.

Simple au delà de toutes les complexités (réelles et incontournables donc à partir desquelles il faudra bien travailler si nous voulons tenter quelque chose) :

  • d’ici 30 ans, la terre ne pourrait plus nourrir que 1 milliard de personnes > donc 6 milliards de trop ! Les « dirigeants « vont-ils se concerter pour des mesures radicales de sagesse (cf l’article de Boillot) ? La seule réponse qu’ils puissent mettre en œuvre qui agrée au Deep power, c’est une « bonne » guerre mondiale. La preuve, ils la tentent avec le cas Iran, qui pourrait, avec quelques coups de pouce, engager une déflagration entre , on the one hand les States + l’Arabie Saoudite + Israêl (qui vient de passer une Loi d’ « uniformisation » pas par hasard) &Co, and on the other hand l’Iran en 1er ligne plus la zone chiite + la Russie + la Chine & Co (dont la Turquie). L’UE est considérée côté States, mais des renversements sont possibles … d’autant que ce n’est pas du tout ce qu’à prophétisé Michel de Nostredame (je pense là très sérieusement malgré l’apparence) ?

– à force de manipulations ultra-quantiques, nos petits génie du CERN de Genève (et autres synchrocyclotrons majeurs) vont bien nous créer un accident bien plus conséquent que Tchernobyl ou autre, car susceptible de réactions en chaîne hors contrôle >> « Le poète a toujours raison qui voit plus haut que l’horizon ».

– le paramètre climatique : archi traité par ailleurs dont dans l’article de Boillot & al, je ne reprends pas.

etc … etc … etc. »

Or qu’apprends t-on ? Tension croissante entre l’Arabie Saoudite et le Canada avec chantage commercial, … puisque le Canada s’obstine à être exigeant sur les droits de l’homme. Ah bon, il ne se passe rien au Yémen ? Mais c’est bien sur, les tensions entre les States et le Canada (pourtant très américanisé) sont en même temps croissantes ; … et il paraitrait par ailleurs que le Mexique s’obstine (malgré le poids encore important de l’économie du crime) aussi à ne pas se coucher sous les States ! 

Etc … etc … etc …

En fait les lignes de failles se multiplient à qui veut se donner la peine de voir avec, oh un tout petit peu de recul.

Un peu plus de recul, et on peut poser l’hypothèse que la mondialisation commerciale néolibérale se rapproche de ses limites, en ne pouvant plus trop laminer les situations de vie des gens vers le bas et en commençant à dresser les classes moyennes qui se savent ou sentent condamnées par ce système. Même s’il reste encore largement de la marge et si les inégalités ne se sont jamais creusées autant depuis les « anciens régimes ». Mais l’alerte lancée à Davos ces dernières années sur les risques de « mouvements » de (voire par effet de domino « des ») peuples semblerait se concrétiser. Mauvais ça, donc changer de stratégie géopolitique globale ! Aussi grave, les rapprochements Chine – Indes (qui l’aurait cru il y a encore vingt ans) – Russie (dont les occidentaux continuent à se refuser de comprendre l’âme).

La multiplication des failles préparant la « légitimation » d’une Grande guerre est bien en route.

Les Amériques du Sud et les Afriques ne bougeraient que peu ? Que nenni, les failles de tensions sont proches d’explosions partout, ce sont nos médias qui éloignent les informations.

La newsletter du réseau GEAB, une des plus sérieuses agence de géopolitique en langue française, a annoncé l’été de tous les dangers, … en quelque sorte un peu « en creux » / Tribune de Boillot évoquée ci-dessus > nous y sommes presque.

Je sais, il existe des milliers d’initiatives en grandeur réelle de promotion de modes de vie « autrement », alternatifs, d’une économie de décroissance, de production-consommation vivrières non-industrialisée locale, etc, le plus souvent (mais pas toujours) de bonne foi. Ne pas se leurrer : à la fois beaucoup sont saines même si apparaissent à la marge utopiques, mais pour le système elles servent de faire –valoir au Deep power dominant, qui se contente ici ou là de coups de pattes. Que celles et ceux qui y sont continuent, mais sans illusions ; elles –ils pourraient bien constituer à l’avenir quelques foyers de survie-transition type Postman (bannière étoilée mise de côté).

Allez, ne tenez compte de la pensée unique actuelle que pour la connaître, et au fond lisez, relisez, faites lire Stiglitz, Morin, Klein, Jorion, & al … et pour les enfants éducation intensive de culture générale vers le haut ouverte.

En matière de spiritualité (que vous soyez matérialiste ou non mais en tout cas humaniste tolérant), ceux qui me connaissent ne seront pas étonnés de me voir une fois de plus conseiller un vrai effort avec Carl Gustav Jung, prophète du XXème siècle qui avait « vu » venir la Grande de 14-18, et qui est bien plus collectif qu’il n’y paraît derrière la poussée de l’individuation, … de même qu’un Onfray est bien plus spiritualiste de l’ensemble du genre humain qu’il n’y paraît, sur un mode énergie, derrière la nécessité de laïciser-objectiviser sur le fond l’histoire et la capacité de penser les choses de la vie.

Matrix

Michel André Vallée·mardi 5 septembre 2017

Hier soir, la 8 (trop de publicités débiles et de variétés tout aussi débiles typiques de “du pain et des jeux”) a donné le film Matrix, sorti en 1999 soit il y a 20 ans si on compte le tournage et la préparation. Rappel : la pratique du pain et des jeux annonce toujours la chute d’un Empire !

Là aujourd’hui il est évident, pour ceux qui ne l’auraient pas vu ainsi, que c’était (c’est toujours) un film visionnaire, tout autant que “Le meilleur des mondes” du Grand Aldous, “Le successeur de Pierre” de Truong, etc. Autrement dit, nous y sommes.

J’exagère ? Les progrès en IA (Intelligence Artificielle), annoncés dans Matrix, ont été fulgurants, … évidemment. En effet, nos Big Datas viennent de “réussir” la capacité pour des ensembles electroinformatiques d’autoaméliorer leur(s) propre(s) programmation(s) ce qui, compte tenu des systèmes connectés en place sur l’ensemble de cette planète (satellites compris) ne pourra plus être arrêté.

En effet aussi, une élite internationale constituant ce qu’il convient d’appeler le Deep Power, comprenant toutes les puissances qui ont les moyens de tirer les ficelles derrière les instances telles les Bilderberg et équivalents russes et chinois (et indiens ?) ainsi que l’ONU, développent la future structuration de la mondialisation. La plupart des gouvernements leurs sont affidés après avoir été cooptés, et jouent devant les médias la vraisemblance pour l’opinion publique. Les intellectuels, entités scientifiques et structures de gouvernance dépendent des budgets décidés et contrôlés par cette collectivité d’en-haut. Cependant il est nécessaire d’entretenir l’illusion, aussi effectivement on laisse la bride sur le cou aux milliers d’initiatives et d’expérimentations concrétisées de type humaniste, participatif, écologique, ou autres tant qu’ils ne représentant pas un danger pour la rentabilité financière globale de l’exploitation des énergies humaines sur les énergies de la planète. Dés que l’une ou l’autre devient quand même trop gènant, il lui arrive quelque chose ; déjà Richelieu avait fait éliminer les trop trublions de la construction du pouvoir absolu, et bien d’autres gouvernants avant lui et depuis. Actuellement ce sont les lanceurs d’alerte qui se mettent en danger.

En effet aussi, des gouvernants qui devraient relever de la psychiatrie réactivent le risque nucléaire (et pas uniquement ceux auxquels on pense aujourd’hui immédiatement). Mais bien plus redoutable que le nucléaire est la surpopulation confrontée aux limitations des ressources de notre Terre, le prochain déficit en eau potable générateur de conflits, etc … Des René Dumont, visionnaire d’un autre genre, l’avaient annoncé. Des Edgar Morin reformulent aujourd’hui.

Alors il sera incontournable de protéger les survivants dans des zones, et Soylent Grenn rejoint Aldous et Truong.

Ce qui laisse un espoir ?, … le complexe, la réalité des réalités de la complexité de la Nature, dont notre monde n’est qu’un étroitement intriqué aux autres mondes , … un peu à l’image des “cordes” d’un Hawking. Ainsi que la réalité de l’Énergie, totalité du vibratoire, … le bloc d’énergie dans Hypérion n’en étant qu’une illustration, ainsi que le bloc dans “2001 L’Odyssée de l’Espace” d’ailleurs. L’Histoire nous a démontré que la science-fiction est (presque) toujours rattrapée par nos gesticulations d’humains sapiens sapiens et autres.

Nous venons de passer des seuils qualitatifs significatifs. Nous y sommes.

Publié dans FB, forum AltEco, i altres

Élargir notre conscience au Multivert – Décembre 2012

En guise de synopsis,  l’ INTRODUCTION

Le fil rouge de ce livre

Que nous vivions une crise profonde et durable n’échappe plus à personne. Si la crise apparaît d’abord financière, et économique, beaucoup s’accordent pour la voir ou la ressentir en tous domaines, des incivilités graves à la dégradation létale de notre écosystème. Les débats télévisés, films, études, livres, expressions artistiques liées à LA crise se sont multipliés. 

Certains espèrent« en sortir » en trois à cinq ans, quelques-uns la dénient, d’autres parlent de mutation et peuvent faire peur ou ne sont pas entendus. Ce qui apparaît moins mais est constaté par une part croissante de la communauté scientifique, c’est une accélération des découvertes qui refondent notre compréhension du monde et des mises en œuvre technologiques qui transforment radicalement nos conditions de vie. 

Les plus grands penseurs considèrent désormais que tout retour à l’état antérieur est illusoire, et que les années immédiates à venir sont et vont être exceptionnellement difficiles,sans aucune idée de la vie vers laquelle nous allons ensuite. L’état des dégradations est tel que nos anciens équilibres naturels sont durablement bouleversés. 

En fait si ces deux derniers siècles ont vu une accélération des changements et des découvertes,des avancées comme des dégradations, ce qui est en cours ces trois dernières décennies est une accélération de cette accélération. Elle est telle que le sentiment de perte des repères et de perte de sens s’est répandu avec la première décennie du XXIème siècle. Il s’agit bien d’une rupture de civilisation qui n’en est pas encore à son paroxysme. Les bouleversements vont s’intensifier et un chaos global est aux yeux de nombreux observateurs le scénario le plus probable, … car l’humanité et les gouvernants ne sont pas en état d’avoir la sagesse de mettre en œuvre d’urgence et en priorité les mesures qui sont pourtant connues et décrites depuis des années. 

Les gouvernements sont informés, mais … soit ils jouent à « après nous le déluge » et font semblant de tenter des actions insuffisantes en regard des enjeux réels, soit ils sont désarmés par la peur de la panique générale des populations s’ils validaient la réalité de notre situation, soit ils sont déconnectés de la réalité des terrains ou dépassés. 

Nous sommes actuellement en train de changer d’Ère. 

Actuellement les humains sont, individuellement et collectivement, concrètement devant le choix entre se laisser aller, ce qui signifiera assez vite mal « mourir » en quelques générations, ou travailler sur soi et son environnement avec assez d’engagement et d’intensité pour « muter » dans d’autres capacités de conscience, individuellement et collectivement, et devenir capables d’entrer dans la nouvelle Ère, laquelle est déjà là.

Cet ouvrage tente de comprendre cet état de Mutation en rappelant une partie des dégradations de nos systèmes, mais simultanément des exemples significatifs d’avancées technologiques et d’ouvertures vers un nouveau paradigme de structure et de fonctionnement de nos civilisations. Il s’appuie aussi sur des exemples mythologiques du passé et d’annonces de l’avenir pour aider à voir la hauteur de ce qui est en cours et en tirer enseignement. L’observation de nombreux processus de transformation permet de poser l’hypothèse que l’accélération atteint un point critique où une inflexion, un peu comme dans une « courbe en S », introduira une décélération vers l’état à venir. Ainsi l’échéance tant médiatisée de « 2012 » n’indique pas l’absurdité de « la fin du monde » mais pourrait correspondre au point d’inflexion, marqué par des ruptures importantes, vers l’Ère à venir. Ensuite pourrait s’engager une décélération.

Un signe de passage de paradigme qui ne trompe pas en histoire des civilisations : nous utilisons simultanément des technologies à investissement lourd et d’autres à investissement nettement plus léger.

Nous nous considérons désarmés devant cette situation de transformation en partie du fait de la complexification apparente de nos connaissances et de nos sociétés. Depuis pas mal d’années, probablement avant-guerre, plus aucun humain n’est capable seul d’une vision globale. Alors que nous ne pouvons mieux réguler les choses que par un métissage transversal des cultures et des talents, nos civilisations pratiquent plus l’exclusion que la coopération, en tous domaines. Dans notre situation de Mutation, les exclusions constituent un incommensurable gaspillage qui nous empêche de voir ensemble comment se préparer et s’en sortir. Il nous faut donc apprendre à dépasser cela pour y remédier. De tous temps de nos mémoires, les exclusions les plus dangereuses sont celles d’idées et de croyances, et parmi celles-ci particulièrement l’opposition entre matérialistes et spiritualistes, les systèmes de valeur qui discernent et séparent le Bien et le Mal. 

Dans ce livre ces exclusions sont décrites « sans être politiquement correct » car il est utile quitte à choquer de nettement les identifier pour les dépasser, …sans remettre en cause en rien pour autant le dévouement aux autres et au monde de millions d’adeptes quand ils ont été ou sont « de bonne foi » et sans prosélytisme. C’est être dans le respect envers ces femmes et ces hommes que d’expliciter ce que l’on peut comprendre aujourd’hui.

Or nous disposons dès maintenant de toutes les connaissances, outils et pratiques, depuis bien plus longtemps qu’il n’y paraît, pour construire ensemble notre entrée dans un état d’humanité (parmi les autres espèces de vivants), et dans une civilisation radicalement nouvelle, … combien plus pertinente et motivante vues les perspectives qu’elle pourrait offrir.

Fondamentalement, contre des « idées reçues » encore dominantes, il y a toujours eu continuité physique entre matière et esprit, mais avec ces dernières années les matériaux qui en témoignent sont de plus en plus pertinents et diversifiés, … et peuvent être vus en cohérence entre eux. Le livre en tente la démonstration par une sélection de données en astrophysique, en physique des particules, en biologie moléculaire, en psychosomatique, en psychosociologie, en anthropologie, en psychologie des profondeurs … , et parmi les nouvelles technologies. C’est une attitude pluridisciplinaire, sans prétention pour autant mais nécessaire pour comprendre, vouloir, et agir.

C’est comme si, et l’auteur en a fait le pari depuis de nombreuses années, une trame de fils rouges faisait la continuité du plus dense des trous noirs au plus subtil des états psychiques. Cette continuité ne peut être que matérielle, ce qui ne remet aucunement en cause la réalité des plus spirituels de nos états, … ni bien entendu la réalité bien concrète de la matière (dans tous ses états).

Tout ce qui existe, tout ce qui est vécu par des vivants (les pierres et particules d’atomes vivent), EST, et la continuité concerne tout ce qui est. Il en est ainsi de tous les phénomènes qualifiés de « conscience non ordinaire ». La continuité du corpusculaire au vibratoire est un des chaînons essentiels, expérimentée par des « personnes de connaissance » depuis des millénaires et redécouverte par les physiciens depuis un peu plus d’un siècle ; elle nous permet des communications avec les divers mondes qui coexistent selon des systèmes d’espace-temps différents.Si on ne s’occulte pas les sens par trop de rationalisme défensif, tout se passe comme si la réalité des univers était constituée de paquets de fibres de nature distincte, mais entrelacés, parfois même intriqués, … d’où les phénomènes de synchronicité. Dans ce livre nous appelons Multivert l’ensemble des univers, réutilisant dans les contextes d’aujourd’hui un ancien concept celtique, … mais proche du « multivers » des astrophysiciens d’aujourd’hui.

Au centre de ces continuités de trames, au moins dans notre monde d’humains (et plus généralement d’animaux), le maillon psychosomatique (autre chaînon essentiel)revêt pour l’instant une importance capitale, car la séparation non fondée entre « soma » et « psyché » nous prive de la capacité à traverser la Mutation et à entrer dans l’Ère qui s’annonce en disposant de tous nos moyens. « Pour l’instant » car, si nous devenions capable de dépasser nos vieilles représentations, cette séparation serait perçue comme un archaïsme de musée. L’approche psychosomatique est holistique et pluricausale.Elle intègre, outre le soma et la psyché, le social, le socioculturel,l’ethnologique, l’économique. Une représentation partagée en ce sens encouragerait des systèmes d’éducation qui pourraient contribuer à la dissolution de la majorité des névroses tant dans la vie intime que familiale,au travail, en société. D’où le poids relatif de ce thème dans ce livre.

En avançant sur les fils rouges des trames vers le suprasubtil, par la psychologie des profondeurs développée au siècle dernier, complétée avec les pratiques de« voyages » chamaniques menées depuis des millénaires mais souvent combattues et récemment mieux reconnues, des ponts (en fait des autoroutes) sont là, disponibles, pour élargir et enrichir de façon significative nos états et capacités de conscience. Nous pouvons mieux disposer de l’énergie subtile des« esprits » qui nous animent, et obtenir un élargissement d’informations considérable par la communication avec une partie des êtres des mondes « complémentaires » au nôtre, lesquels sont parmi les entités que les humains appellent encore « dieux ». Simplement nous pourrons les qualifier autrement lorsque nos avancées « validées » au plan scientifique les reconnaîtront.

Il n’y a pas lieu ici de substituer une « pensée magique » à « savoir penser »,encore moins à se perdre dans les fantasmes de pouvoir qui pourraient être générés. Avoir une âme de physicien est compatible avec la compréhension que dénier« esprits » et « dieux » (eux aussi matière) n’a pas de sens. Nous avons à tirer profit de connaissances capitalisées depuis de longues lignées pour dépasser nos représentations, développer notre sensibilité et nos capacités,  … partant« enrichir » notre pensée avec ouverture et tolérance, en conséquence notre action, … quand nous en avons tant besoin.

Dans ce livre nous osons le saut, au-delà des limites de notre perception, de considérer que les matérialités intègrent les dimensions dites spirituelles, et ouvrons des esquisses au « comment ».

Ce livre explique pourquoi nos compagnons que nous appelons « dieux » ont besoin des humains mortels au fil de nos cycles « vie / mort / vie », et propose une idée du « boulot » respectif de chacun dans l’évolution du Multivert. Il propose aussi comment, en sachant élargir avec « eux » nos consciences individuelles et collectives, travailler à entrer dans de meilleures conditions de vie dans l’Ère qui s’annonce par toutes ces dures transformations en cours. 

Dans le « comment »,la qualité de l’intention importe, sans que la perfection, qui n’existe pas, ne soit donc pour autant nécessaire.

Tout étant matière, les Lois qui régissent chacun des divers mondes sont, comme toutes lois physiques,incontournables, inéluctables, … en fait impitoyables. De plus tout phénomène est impermanent. Les morales traditionnelles de nos sociétés n’y sont pas adaptées et n’ont en fait pas ou peu de sens. La culpabilité n’a pas de sens en physique, par contre tout acte entraîne des conséquences, et nous sommes responsables (mais non coupables) des conséquences de tous nos actes. Nous les portons. Ce livre démonte donc nos anciens concepts de Bien et de Mal, qui nous pénalisent et inhibent tant, et propose un premier jet de règles sociales éthiques a priori adapté à ce que pourrait être notre prochain monde partagé, … à co-construire.

Aucun modèle n’est à rejeter, et aucun ne s’impose. La matière, qu’elle soit ultradense ou suprasubtile, étant énergie, tout est question d’énergie. La réalité de la matière « dans tous ses états » ouvre à l’infini. Nos sciences vont loin dans le « comment », mais n’atteignent encore pas l’essence des « pourquoi de fond ». Peut-on espérer atteindre ce palier de conscience partagée avec la nouvelle Ère ?

L’auteur se fonde sur un demi-siècle d’activité d’accompagnement tant professionnel qu’associatif de changements dans de nombreuses organisations et institutions, partant l’écoute de milliers de personnes, et sur sa participation active à plusieurs groupes de recherche-action en France et en Europe. Ce qu’il propose dans cet ouvrage tient certes compte de sa propre capitalisation de toutes ces observations, mais surtout d’un regard croisé de travaux validés dans le monde des sciences et technologies dites dures, d’avancées en anthropologie, en psychologie des profondeurs, en philosophie, enrichis des projections dans l’avenir de poètes, romanciers, essayistes et auteurs de science-fiction qui lui « parlent ». La science-fiction constitue, selon Valerio Evangelisti, correspondant du Monde diplomatique, « le seul moyen du point de vue littéraire de décrire de façon adéquate le monde actuel ». 

Les premiers chapitres sont consacrés à dépasser le discours général ambiant de « crise » et considérer la Mutation radicale de notre civilisation, partant à accepter la complexité de notre monde en dépassant les vieilles exclusions entre conceptions de la vie et de la société.

S’en déduisent dans les chapitres suivants des recommandations pour revoir nos représentations des choses, compte tenu de la réalité de la continuité de la matière physique. Puis le regard sur notre matière physique est poussé du plus dense au plus subtil,jusque dans des dimensions que nous n’avons pas encore les moyens de percevoir.Les plus récentes avancées en sciences dures frôlent, pourraient être en lien,avec cette compréhension du réel. D’où l’abord de mondes « complémentaires » au nôtre, ainsi que les ponts vers ces mondes. 

Ce qui permet d’aborder,parmi ces ponts, la voie spécifique des « personnes de connaissance »empruntant aux chamanismes traditionnels dans leur version actualisée,notamment la pratique du « voyage ». Une pratique simplifiée de« pont », à la portée de tous, est proposée.

Compte tenu de l’ensemble de ces approches, les derniers chapitres exposent une vision des enrichissements et élargissements de conscience nécessaires pour traverser notre époque et se préparer à l’Ère à venir, d’où vers quelle éthique se reconstruire. Le chapitre neuf formule quelques bases à l’espoir vers le nouvel Âge, selon quel type de Lois universelles, … pour « ne pas »terminer  avec quelques repères géopolitiques et politiques en Europe,mais pertinents partout,  dans les années immédiates à venir.

Cet ouvrage de transition d’Ère ne peut déboucher sur une conclusion. Simplement quelques mots parlent de musique.

En fin d’ouvrage, le lecteur trouvera un glossaire, … qui n’en a pas tout à fait la fonction habituelle. Les définitions n’en sont pas toujours « orthodoxes »,mais développées dans la pensée de cet ouvrage. Aussi peut-il en prendre connaissance au fil de la lecture, mais tout aussi bien avant de commencer.

Dans les notes de bas de page, les parties en italiques ouvrent à des commentaires et des pistes de développements complémentaires à l’objet principal de ce livre. Si chaque chapitre se termine par un résumé, l’appropriation de ce que propose ce livre nécessite de prendre connaissance de l’intégralité du texte,  de la richesse de ses arborescences.

Ouvrage déposé à la Société des Gens de Lettres  – ISBN  978-2-9544891-0-0