LES PEURS

Pâques 2021, c’est entendu, pour les commentateurs publics divers (médias et revues de « presque » tous bords culturels) de la pandémie en cours, les gouvernements actuellement en place bénéficient au delà de toute espérance de la PEUR de la mort. Pendant ce temps, depuis plus d’un an, … tous autres objets et sujets de contestation passent loin derrière, … la quasiment unique aspiration de beaucoup est devenue de pouvoir « sortir » avec d’autres à l’air « libre », parfois même et de plus en plus souvent « quoiqu’il en coûte ». Quelle aubaine pour les soi-disant politiques en place, au moins en « Occident ».

Quelle aubaine aussi pour la caste d’une partie encore majoritaire du corps médical qui s’est laissée mettre en dépendance des grands laboratoires et lobbys pharmaceutiques, qui tolère sans vergogne que le traitement d’autres maladies plus mortelles (mais auxquelles nous sommes habitués) soit mis « en attente ». Quand une autre partie encore minoritaire s’évertue à démontrer dans plusieurs « réseaux sociaux » que le taux de morts n’a rien d’exceptionnel, que plusieurs médications sont depuis des lustres et s’avèrent toujours efficaces pour contrer cette pandémie-là, … mais rien n’y fait tant que ces acteurs de bon sens demeurent minoritaires et ne sont surtout pas portés par les médias « de masse » inféodés.

Cette pandémie présente un « avantage », elle contribue à réduire la surpopulation, premier problème de l’ONU, de l’OMS, de notre système de civilisation. Et ce tant que la dégradation assurément bien plus létale à plus d’un titre, devenue évidente et inéluctable (« trop tard ») de nos conditions de vie, du fait des effets de notre modèle pensée unique néo-libéral mondialisé de croissance à l’infini, … ne doit surtout pas être sérieusement mis en cause et contré. L’argent valeur première, et le contrôle par les puissances en place, avant l’humain.

L’AUBAINE POLITIQUE DE LA PEUR DE LA MORT.

Et pourtant, depuis bien avant que la conscience des humains se développe et au fil de l’histoire d’abord en parle puis en écrive sur cette planète, la mort de tout ce qui est vivant est bien la première des évidences. Ce disant, il n’est pas juste de se limiter aux humains, … nous pouvons voir dans le regard d’animaux la conscience d’une mort imminente. Il s’agit bien d’une réalité simple pour tout vivant. Plus loin même, pour la pensée animiste de ce que « l’on » appelle pudiquement aujourd’hui « peuples premiers », il en est de même de tout existant. Même les paysages bougent sans cesse, insensiblement ou brutalement. Toutes les religions « révélées » se sont emparées et ont récupérées, simplifiées, ces « connaissances » qui les ont précédées.

Pourquoi avoir peur de la mort, nous interpellent tant de philosophes, puisque telle est l’évidence des réalités, de la réalité ? Cette peur n’y change rien. Tout regret à un instant de tous les instants d’avant ne change rien à ce qui est là ici et maintenant. Autant vivre intensément ce privilège d’être vivant consciemment, là ici et maintenant. Encore aujourd’hui, nous raconter-rassurer par de beaux discours que la mort donne sens à la vie n’est qu’une incommensurable manipulation dialectique, … car la conscience vécue d’être vivant EST bien un inqualifiable privilège, … tous les jours et toutes les nuits d’une vie donnée. Pas besoin d’être grand clerc pour « sentir » cela. Que de poètes, de chanteurs …, tel d’un Georges Brassens « … mais de mort lente » !

Cette peur de la mort, c’est aussi celle de la maladie, des souffrances, du vieillissement (si difficile à accepter pour tant de gens), de la réduction progressive des capacités. Le Grand Huxley l’a si nettement explicité dans « Le meilleur des mondes » (il en a donné ensuite une compréhension complémentaire dans «Retour au meilleur des mondes »).

C’est aussi la peur de tout ce que, dans notre orgueil individuel et collectif, nous ne connaissons ou ne comprenons pas, peur des monstres des autres mondes, peur des fantômes de nos inconscients, peurs de ce que nous ne voyons pas (ou au contraire imaginons) la nuit, … en bref peur de tout ce que nous ne contrôlons pas. Quelle outrecuidance, à partir du moment où nous nous sommes illusionnés devenir grands du fait de maîtriser nos sphincters ! Illusion de contrôler quand nos capacités de perception restent si limitées (vrai pour nos cinq sens et aussi les autres, proprioceptifs etc …).

Nous sommes aussi prisonniers dans la peur des erreurs, de la honte de nos capacités limitées en pensant et agissant ces erreurs, … puis de l’image que nous imaginons laisser de ce fait autour de nous.
Nous ne serons pas exhaustifs ici, mais voyons aussi la peur des confrontations (on peut s’y faire mal au corps et/ou à l’âme), … la peur de la pauvreté, de la misère, de l’indigence.

Ah, j’ai failli l’oublier et pourtant, … la peur du changement, de perdre tout ou partie de ce qui a laborieusement été obtenu, construit, constitué, appris, rassurant, qui protège … d’un système de société apparemment si confortable (dans les Pays nantis dont on sait dorénavant qu’avant le milieu de l’année ils vivent sur les privations des autres).

Mais qui n’a jamais eu peur, n’a jamais eu le trac ? Qui n’a jamais été amené à faire preuve de prudence dans l’appréhension de quelque chose d’inconnu (sauf à présenter une personnalité maladive d’inconscience) ?

La regrettée merveilleuse actrice et cantatrice Jeanne Moreau, « femme de connaissance », l’a tranquillement posé … « la peur est la peur de la peur ».

ALORS, QUOI VOIR ET QUOI FAIRE ?

Les réalités de ce monde sont nos réalités. Notre état de maturité d’humain (individuel) et d’humainS (collectif) conscient en est là où il est, en ce moment des évolutions sur cette planète. Nous n’avons pas d’autre choix que de rester en lien avec cette réalité, nos réalités. C’est le principe de réalité.

Nos connaissances sont telles, au-delà de nos capacités d’appréhension. Plus, nos systèmes actuellement dominants de civilisations ont mis de côté des mondes entiers de connaissances. Un Antonio R. Damasio en donne une toute petite idée dans « L’erreur de Descartes » (vision validée par une Marie-Louise von Frantz dans «Rêves d’hier et d’aujourd’hui »). Face à cette banale pandémie (comparée aux pestes passées) cet Occident se refuse toujours aux savoirs venant de Pays tels la Russie ou la Chine (autrement efficaces pourtant que de prétendus vaccins vendus par l’avidité de clans d’actionnaires « de  haut niveau »). Et ne parlons pas des trésors de connaissances des civilisations oubliées, ou prétendument non-scientifiques …

Rester en contact de nos connaissances des réalités, toutes nos réalités, c’est aussi sain, au mental comme au cœur, que de savoir avoir le doute. Garder le sens de douter aide à s’ouvrir à ce que l’on ne connaît pas, s’y aventurer avec juste le recul et sens critique utiles à « voir ». Faute de quoi, les lanceurs d’alerte sont bien les héros de notre temps. Et nous sommes handicapés de manque d’éthique,

Un seul remède avec la peur : apprendre à vivre avec. Elle fait partie de notre nature, et il est utopique de penser l’éradiquer. C’est exactement le même processus que pour apprendre à un enfant la frustration, … et l’accompagner ainsi, surtout en évitant de le surprotéger, à devenir autonome et adulte. De ce point de vue pédagogique, à l’autre extrême les spartiates avaient du bon. Il est formateur de se confronter, palier par palier, au dur, car la matière est résistante.

Au plan individuel, un grand tel Carl Gustav Jung a reformalisé courant du XXème siècle un processus millénaire naturel de progrès, l’individuation. Travailler sur soi avec une détermination telle que notre inconscient s’ouvre et intègre progressivement notre conscience, … Ainsi passer des paliers et nous donner la capacité de mieux connaître notre essence individuelle, parmi des trillions d’autres différentes autour de nous, … partant ce que nous pouvons tant vivre qu’apporter aux autres et à la Nature. Bien évidemment, c’est là un processus incompatible avec tout dogme religieux quel qu’il soit, … ce processus est en soi authentiquement révolutionnaire.

Au plan des collectifs, les peuples, les clans, les nations, ne cessent d’évoluer, au travers de temps de soumissions, de souveraineté, de lumières, d’ombres. Leurs différences d’être et d’intérêts les amènent à se confronter. Comme le chante un Bachelet, ce monde est loin d’être fini. Seulement en mathématiques il est possible de concevoir l’infini. Aussi, il est des temps de coopération, et il est des temps de conflit. En fait, au fil de l’histoire ces temps alternent.
Mais à l’évidence conflit implique morts, nombreux, dans les confrontations de rapports de force.

IL N’Y A PAS DE SENS À LA MORT, IL EST INUTILE D’EN AVOIR PEUR.

Facile à dire, à écrire ? Une parente m’a dit : « comprends qu’il ne veulent pas y aller ». Juste, sauf que je l’ai déjà vécu, comme tant d’autres, par conviction gratuitement avec la conscience d’être une goutte d’eau dans ce qui aurait pu être un tsunami, … et nous savions que plusieurs pourraient ne pas revenir. Aujourd’hui, avec l’âge je n’ai plus la force de courir ni de lancer un projectile. Honneur à nos mères et pères qui y sont allés pour gagner ce qui nous semble banal aujourd’hui, auquel nous ne pensons même plus, partant que nous risquerions de perdre. Même « s’il est trop tard », luttons (vivons) pour rester dignes, debout ; dans plusieurs Régions, actuellement, les plus jeunes donnent l’exemple.

Choisir le juste, le vrai, le beau.

Michel André Vallée, lundi de Pâques 5 avril 2021

LE GRAND RESET-EFFONDREMENT DE 2020-2 (SOIT 2021) A COMMENCÉ

Les failles et crevasses s’élargissent de partout, en tous domaines.

Climat. La mise en œuvre des Accords de Paris sur le climat est notoirement insuffisante, sauf l’exception de petits États qui ne peuvent faire le poids ; mais au moins leur exemplarité existe. Le pire : constats multiples et validés, ces toutes récentes années, que les dégradations se sont accélérées plus vite que les plus pessimistes pronostics des scientifiques, et qu’il n’est dorénavant plus question de revenir en arrière, simplement freiner pour s’adapter vaille que vaille.
Cela, dorénavant, presque tout le monde le sait, sauf quelques vieilles barbes réactionnaires climato-sceptiques. Ce qui va entrainer de façon imminente le grand reset-effondrement, c’est la combinaison actuelle avec d’autres crevasses.

Monnaies. Les crypto-monnaies s’institutionnalisent, les Banques Centrales les intégrant dans leurs suivis et les grandes banques acquérant des réserves. Elles ne sont pas et seront difficilement fiscalisées. Avec les paradis fiscaux, disséminés sur la planète, elles permettent aux fortunes financières d’échapper aux contraintes des solidarités publiques. Avec l’inflation qui re-émerge, elles permettent d’échapper aux remboursements de la dette, donc vont plonger le plus grand nombre dans la misère.

Grandes multinationales. Avec les grands Funds, tant par la puissance d’investissement que par le lobbying, elles-ils pèsent dorénavant plus que les États, au moins dans la sphère Occident et dépendances. La façon dont le PDG de Danone (premier du CAC 40 dans ce cas à avoir engagé le Groupe dans une politique de RSE (Responsabilité Sociale et environnementale des Entreprises), vient d’être ce dernier mois débarqué, est parlante. Apparemment les actionnaires, en fait les grands Funds, maintiennent l’attitude d’avidité, si bien décrite par l’économiste Joseph E. Stiglitz : le seul profit d’abord. Pas de changement radical d’orientation, mais un redéploiement-récupération capitalistique en trompe-l’œil de la mode du Vert. Les tenants des principes de la mondialisation imposent et défendent bec et ongles le droit international des ISDS (mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États) qui permet à une entreprise d’attaquer un État devant un simulacre de tribunal international, en fait acquis à la mondialisation, d’où des pénalités faramineuses qui freinent la mise en place par les États de leurs politiques.

États dominants. Avec l’arrivée de l’administration Biden aux USA, tous reprennent leurs marques géopolitiques. Le jeu de ping-pong violent entre Biden et Poutine et celui sur Hong-Kong avec la Chine en semaine 11 marque clairement la réactivation de la guerre bipolaire de fait. Bipolaire puisque la Chine et la Russie sont alliés. C’est toujours America first ayant l’outrecuidance de dominer le monde, envers et contre toute évidence du renouvellement multipolaire des contextes. Versus Chine, que son dirigeant reste Xi Jinping ou qu’un autre (pour « une » il faut attendre encore un peu) prenne les manettes selon une nouvelle orientation, elle ira au bout de son affirmation de fait comme première puissance Empire du Milieu. La Chine a su jouer avec ses talents millénaires de la mondialisation des occidentaux.

Europe ? Toujours le premier marché mondial, mais quasiment aucune influence, du fait de se refuser à être une Fédération de Régions, État unique se posant (soit s’imposant) d’une seule voix selon ses intérêts propres. Versus culturel, l’Europe n’est plus dominante phare de civilisation. Ce continent, qui devrait aller de l’Atlantique à l’Oural, est notoirement dispersé. Il le sera d’autant plus qu’entre 2021 et 2022 les deux « dirigeants » du tandem France-Allemagne, Merkel et Macron, devraient selon toute vraisemblance changer.
Dans cet ensemble la France, à son petit niveau passé du 5ème au 15ème à 40ème rang mondial selon les critères, n’a plus guère pour se distinguer que ses sous-marins nucléaires d’attaque, … puisqu’elle est en train de perdre le tourisme (pandémie), l’agro-alimentaire (replis généraux de la mondialisation et éparpillement local des paysans), et l’aéronautique (plusieurs causes dont la conjugaison de la pandémie avec les avancées en technologies de communication). Si l’armée « retournait les crosses » (ce qui est loin d’être impossible), quel côté choisirait-elle dans ce monde de fait multipolaire ?

Plusieurs terrains propices à un nouveau conflit mondial. Les guerres, pendant que l’Europe dormait (même lors de la guerre de la Yougoslavie en son sein) n’ont cessées et continuent. Une déflagration mondiale pourrait partir de la Syrie et de la Libye, de la Turquie, de Taïwan, du Brésil (ingérence en réaction aux déforestations), d’Afrique noire (contrastes violents entre exploitations des ressources et conditions de vie) …

Ce sont trop de crevasses qui s’ouvrent simultanément, là actuellement, ces années-ci. Elles ne peuvent qu’entrer en combinaisons dynamiques selon des effets dominos sur plusieurs dimensions. Une majorité de faiseurs d’opinion s’accordent sur la pluralité et l’importance des incertitudes. La nature ne laisse jamais longtemps de vide.

La pandémie Covid-19 Sars, qui perdure et se développe par les variants, constitue là, en 2021, la « goutte » de trop. « Goutte » car les statistiques correctes témoignent d’un phénomène autrement plus bénin que les anciennes pestes et la grippe espagnole, « 2021 » car les sociétés touchées ont estimées pouvoir s’en sortir en 2020 mais il n’en est rien, « de trop » car les choix stratégiques de plusieurs gouvernements (dont celui de la France), qui jouent sur la peur de populations qui n’ont pas expérimentées directement la guerre ou des catastrophes équivalentes, … mènent à une réelle pandémie pour le coup effectivement vaste et dure.
Aveuglés par le lobbying des grands groupes pharmaceutiques et par une partie réactionnaire du corps médical (pour de multiples raisons selon les individus), la plupart des gouvernements entérinent le déni des mécanismes de défense des virus aux réactions biologiques immunitaires ; d’une part les vaccinations massives sans prendre le temps des immunisations collectives ne peut qu’entrainer la multiplication de variantes de virus plus dangereux, d’autre part la méthode par ARNm sans mise en évidence validée des effets secondaires ne peut que généraliser des mutations génétiques irréversibles. Il est vrai que ces gouvernements ne sont pas aidés par un manque de maturité navrant d’une partie des populations, … mais n’est-ce pas le résultat de cette société où l’individualisation systématique (une des plus « efficace » victoire du néo-libéralisme) a été conjuguée à la consommation futile de masse et au délitement des systèmes éducatifs orphelins de repères ?

Partant risque élevé de réduction massive et brutale de population (n’oublions pas que la surpopulation est le premier problème de l’ONU), qui justifiera la mise de côté de toutes institutions et pratiques démocratiques. Toutes manifestations de masse sur d’autres objets se trouvent occultées du fait même. Cependant plusieurs États ont pris la « précaution » de s’équiper pour casser d’éventuels mouvements populaires (ils ont été prévenus à Davos)..

L’organisation de systèmes centralisés et concentrationnaires soi-disant de protection mais en fait de contrôle absolu induit quasi-logiquement Le Successeur de pierre (lire ce roman visionnaire de Jean-Michel Truong, cité plus bas).
Et, si ce n’est Le Successeur de pierre, ce sera Mad Max (re-écouter Edgar Morin).
Nous pouvons observer déjà des ébauches de l’un comme de l’autre.

Il ne faut pas compter sur les social-démocraties, qui ont fait leur temps, et se trouvent toutes dévorées de l’intérieur pour tourner vers des régimes autoritaires. Elles sont déchirées par la multiplication des « pensées uniques » en rejet de la complexité des connaissances, et la résurgence de théocraties (même cause) qui elles ne sont pas nouvelles, … tant l’islamisme radical que les évangélismes. Le système politique optimal (et en aucun cas « idéal ») reste à élaborer.

Une certitude, les visions et projet bisounours de type New Age n’y pourront mais. Même si des milliers de belles initiatives sont courageusement mise en œuvre sur tous les continents, elles ne feront pas le poids et seront balayées, … sauf quelques-unes qui joueront le rôle refuge de la vallée perdue pendant la guerre de 30 ans. Souhaitons à ces dernières qu’elles aboutissent au renouveau de l’humanité en sortie du Grand Ragnarok qui se prépare. J’ai choisi l’image des traditions du Nord (Nor pour les cinq Pays scandinaves) car je les connais un peu, mais plusieurs traditions sont similaires venant de plusieurs continents, … et n’oublions pas qu’Apocalypse veut dire « Révélation ».

Au point où nous en sommes, seule la démarche de négociation ultime (et très risquée) du « saut de l’ange » (réussie entre Israël et l’Égypte en son temps) pourrait atténuer le jeu, … mais entre qui et qui ?

Quelques pistes bibliographiques

BRANCO Jean – Crépuscule – Au diable vauvert Massot – 2019
DIAMOND Jared – Effondrement – Gallimard – 2006
FLEURY Cynthia – Ci-gît l’amer – Gallimard – 2020
KEMPF – Fin de l’Occident, naissance du monde – Seuil – 2013 – Tout est prêt pour que tout empire – Seuil – 2017
MORIN Edgar – La Voie Pour l’avenir de l’humanité – Fayard – 2011
STIEGLER Barbara – « Il faut s’adapter » – Gallimard – 2019
STIGLITZ Joseph E. – Peuple, Pouvoir & Profits – L.L.L. – 2019
TRUONG Jean-Michel – Le Successeur de pierre – Denoël – 1999
VALLÉE Michel – Passages vers l’Ère à Venir – blog « arcencielxcristal.com « – 2019
VARGAS Fred – L’humanité en péril – Flammarion – 2019

Revue YGGDRASIL effondrement et renouveau, qui, volontairement, ne publiera que 12 numéros ! (yggdrasil-mag.com)

Michel André Vallée 22 mars 2021

DÉTRICOTONS LES AMALGAMES, … CONTRE LES ESCLAVAGISMES, … POUR L’ACT !

ACT veut dire « Amélioration des Conditions de Travail » ! Point d’exclamation car, après un demi-siècle de progrès, elle est en chute libre par les esclavagismes « modernes » (« modernes » pour actuels). Dossier hier soir 9 mars sur ARTE sur les abominations de la « fast fashion » et les pratiques d’exploitations à outrance des livraisons rapides liées.

Les européens se gorgent de morale en dénonçant les traites des noirs (d’abord des arabes au travers du Sahara de l’Afrique) puis les leurs au travers de l’océan Atlantique . Ils auraient changé depuis ? … et pointent la tête haute la perduration des esclavagismes arabes aux États du Golfe !

Mais, après avoir encouragé le dumping social lié à la mondialisation, extra et intra-européen (l’UE a intégré trop vite la Roumanie par exemple), elle ferme pudiquement les yeux sur une autre forme de zone de non-droit des cités où les dealers font la loi, … les zones des ateliers de confection du fast fashion telle à Leicester en Angleterre. Leurs patrons capitalistes ont poussé la réduction des coûts systématique avec « réalisme »  de deux façons : 1) en stoppant les surcoûts des transports géants absurdes liée à cette damnée mondialisation type OMC, donc en rapatriant ici les ateliers ; 2) en y « implantant » des conditions de travail esclavagistes annihilant les efforts sociaux puis d’ACT durement gagnés pendant 1,5 siècles … puisque cela est possible dans des zones de « non-droit » ! ET, cette réduction abominable des coûts va avec la récente forme d’esclavagisme des livraisons rapides par « auto-entrepreneurs » (sur le mode ubérisation à outrance).

Il n’y a de travail que s’il y a demande directe qui vient d’une consommation de mode (évidemment de non-qualité) pouvant aller jusqu’à l’usage unique d’un produit, payé au black (un des aspects de la défiscalisation systématique) et au lance-pierre le plus possible, sans aucune garantie ni protection des plus faibles devenus esclaves totalement dépendants.

Mais qui plus est, l’écosystème (l’air et l’eau et la terre dont nous vivons) en est simultanément gravement atteint, quand on apprend par exemple que 10 % de la pollution atmosphérique vient dorénavant de ce système de livraisons !

Donc premier acte : ne plus rien acheter sur ces modes, boycott.

Il y en a marre ! Nous voulons des gouvernants certes d’abord effectivement éclairés mais aussi forts et sans peur, sans juridismes de passoire ni administrations trop lourdes et complexes qui diluent les responsabilités, … afin d’éradiquer toute cette fange et nettoyer les écuries d’Augias. L’Europe que nous voulons ne se couche pas en laminant par le bas, mais en s’affirmant par la mise en œuvre des conséquences de toutes les connaissances dans des politiques volontaires.  Tout autant réarmer les contrôles des prix et l’inspection du travail qu’appliquer systématiquement les lois déjà existantes avec des peines de travail éducatif solides … Pas d’ACT sans politique volontaire partagée.

L’ACT en est une face hurlante ; nous n’avons pas été nombreux à lui consacrer une vie entière pour jouer aujourd’hui les autruches comme des poules mouillées.

Attention, une telle attitude assainie irait avec détricoter certains amalgames. En effet haro est trop souvent porté sur l’immigration, et le lien trop vite fait avec ces fameuses zones de non-droit et leur islamisation, devenue effectivement à plus d’un titre intolérable. Mais, les européens n’ont-il pas fait de même au XIXème siècle notamment en partant massivement pour les Amériques ? Et n’avons-nous pas provoqué les immigrations (quoique actuellement le mirage européen soit effectivement en train de se dissiper au sud) ?

L’abbé Pierre, longtemps une des figues préférée des français, a bien annoncé que nous ne résisterions pas au tsunami, quelques barricades militaires que nous mettions en place.

Là le problème est dans l’assimilation, car des populations entières de polonais, espagnols, italiens … ont adoptés les codes et repères des pays qui les accueillaient, partant les ont enrichis. Pour « assimiler », là encore, des politiques volontaires par le haut pour tous, … soit ni indulgence communautariste de faiblesse politicienne, ni élitismes égoïstes hors sol.

Alors seulement, cette Europe espérée pourrait de nouveau faire, non pas de la morale, mais de l’éthique … parmi les autres pôles de civilisation.

Intégration des complexités dans la pensée politique, mais avec transparence (pas d’amalgames) ; générosités ET authenticités ;  dépassement des peurs et forces des vertus.

Michel André Vallée                        10 mars 2021

LA VIOLENCE AUTHENTIQUE CRUE

Mise en scène dans « les frères SISTERS », par Audiard, donné hier soir 7 mars sur ARTE. Pas de romantisme ni patriotique du drapeau US ni spaghetti à la Leone (ce n’est là en rien une critique des chouettes westerns spaghettis surtout tournés en Europe). Rien de bisounours non plus. Du cru direct réaliste.

Les deux frères Sisters sont devenus tueurs à gage, employés par un riche dirigeant capitaliste d’alors, avec sa milice privée, avide qui tient à empêcher ou s’approprier une nouvelle technologie dans la recherche de l’or en Californie. Ils se sont trouvés « obligés » de devenir cela, amenés à la violence par un père fou dégénéré puis de fil en aiguille le frère ainé a été bien obligé d’aider son frère cadet et ils ont appris à être d’excellents guerriers tireurs (comme il se doit à l’ouest du Pecos), employés comme tels. Un rêve de phalanstère, tué dans l’œuf comme quasi toutes les tentatives tant en Europe qu’aux Amériques (Nord et Sud) aux XIXème, début et mi du XXème siècles ; j’en ai bien connu directement plusieurs avec les échecs de l’autogestion (Tito n’a pas vécu assez longtemps).

Pas une seule parole inutile, et tous sauf les deux frères vont y passer ; ces deux ne masquent pas le conflit de leurs différences, mais une fois fait « le job » rentrent se reposer à la maison, même si le cadet y a perdu la main droite (qui lui permettait de « travailler »).

La misère humaine dans le fantasme de l’amour avec la prostituée.

La confrontation à la nature sauvage violente à sa manière quand on y est baigné (cf. un autre film « In the wild »), ce que toutes et tous n’ont pas eu la chance de connaître car alors on apprend.

Un bon documentaire de psychosociologie, qui a le parfum de l’authentique, appuyé par une musique parfaitement adaptée, pour expliquer la violence.

Du juste, du vrai, du beau ? Comme l’a dit un jour à mon épouse un vrai indien du Québec employé par le beau jardin botanique de Montréal : « nous n’avons pas du faire ce qu’il fallait pour « survivre », mais juste pour « vivre ».

De magnifiques paysages, bien entendu  …  

Michel André Vallée            8 mars 2021

« IMAGINE … » UNE EUROPE ?

Sur cette planète, les frontières changent événement après événement au fil de l’histoire des humains. Dans un de ses derniers éditoriaux, Vicent Partal (de VilaWeb) explique que lorsqu’enfant à l’école, la carte de l’Espagne présentait le double de territoires en surfaces incluant ceux  alors en Afrique, et que la culture « castillane » centralisée d’alors affirmait cela comme intangible. Mais, en fait, une entité intangible de l’Espagne n’a jamais existée, depuis l’alliance-mariage de Isabelle de Castille avec Ferdinand d’Aragon pour achever de bouter les sarrasins hors de la péninsule ibérique (ces deux ensembles de territoires ont continué d’être gérés séparément encore longtemps après).

Le royaume de France, après tous les aléas ayant suivi le départ de Charlemagne, ne s’est très progressivement construit qu’à partir de l’équivalent de quatre départements actuels. D’ailleurs la puissance des vikings plusieurs siècles dans le sud-ouest face à cette entité a été radicalement masquée par les historiens, encore aujourd’hui (Joël Supéry- La saga des vikings- Autrement- 2018), jusqu’à ce que l’Angleterre prenne la relève en Angoulême d’où la guerre de cent ans ! ce n’est pas par hasard que l’un des plus importants fond documentaires sur ces grands commerçants sachant si besoin très bien se battre et naviguer est à Paris !

Cette France a d’ailleurs perdu le Québec dés Louis XV puis la Louisiane dés Napoléon Ier, … puis l’Indochine, Madagascar, l’Algérie… etc. L’ex Empire français ne relève plus guère que des eaux territoriales (Pacifique, Atlantique, Océan Indien) … et cette France est passée du 5ème  aux 15ème à 40ème rang mondial (selon les thèmes d’évaluation).… enfin ne parlons pas de la dette. D’ici peu, l’Espagne va perdre avec la Catalogne une de ses dernières colonies. Cette Catalogne indépendante proche (que sont quelques années depuis neuf siècles ?) va constituer, avec l’Écosse indépendante et l’Irlande réunifiée, …, un des ferments de la prochaine Europe. Un de ces jours, il conviendra de valoriser l’énergie des peuples en réunifiant la Catalogne, le Pays Basque, les Flandres. La Tchéquie et la Slovaquie qui se sont séparées avec douceur se portent très bien côte à côte chacune dans leurs cultures au sein de l’UE actuelle.

En fait quelle Europe ? Ainsi que Charles de Gaulle (le seul chef d’État que la majorité des français aient vraiment aimés quoiqu’ils en disent) l’avait posé dans son style unique, l’Europe va de l’Atlantique à l’Oural. Nous sommes un certain nombre qui depuis l’adolescence nous sommes sentis d’abord européen (mais pas de l’UE actuelle), et partageons cette représentation car elle fait sens, tant géographiquement que culturellement.

L’OTAN ne devrait plus exister puisque le Traité de Varsovie a été dissout, aussi nous ne devrions pas être couchés sous les States, ni accepter leur juridiction internationale insensée. Un newyorkais ressemble t-il à un californien, hormis la langue ? La Californie, ex-mexicaine, est a elle seule la 15ème puissance mondiale. Un russe des confins de l’Oural ressemble t’il a un portugais ? Les States se sont enrichis et hissés à leur statut qui n’en fini pas de se déliter avec les deux guerres mondiales du XXème siècle ; mais là cela suffit, ils se sont bien trop rémunérés sur le dos des autres nations. Ils ne se sont maintenus après guerre que grâce a un ennemi commun soigneusement entretenu. Mais ils ont commis l’erreur de se laisser prendre par l’hubris de la puissance en croyant récupérer la Russie dans leur système après avoir coulé l’URSS. Comment côté « Occident » ne toujours pas avoir compris la réalité profondément ancrée de l’âme russe, … et se fantasmer pouvoir tout acheter avec des dollars ? Les américains ont confondu Russie et communisme, ce qui témoigne de leur courte vue puisqu’à part Cuba, le communisme n’a encore jamais été vraiment expérimenté sur cette planète (rien à voir avec le stalinisme).

L’Europe de fond réelle a, dramatiquement, actualisé son ennemi « nécessaire » avec l’islamisme intégriste radical, … que l’on ose enfin nommer et pointer. Mais c’est un Michel de Nostredame (alias Nostradamus 1503-1566) qui l’a annoncé il y a des siècles : le grand Satan du sud ne sera éradiqué que par l’alliance du Nord de toute l’Europe. N’oublions pas que ce sage a d’abord été le grand médecin qui a libéré Montpellier de la peste, soit une variante de HnNn, … et ce avec de simples mesures d’hygiène basiques et d’alimentation saine (autant que possible), … sans modifier artificiellement le génome humain ; ce dernier le fait de lui-même, à son rythme, par le processus d’épigénétisme.

L’empire du Milieu Chine a bien compris la réalité géopolitique, en investissant dans les nouvelles routes de la soie. L’Europe, en s’accrochant au néolibéralisme atlantique et en laissant la Russie s’éloigner, … se tire pour encore quelques temps un skud dans le pied.

Le grand poète Georges Brassens, dont on célèbre cette année les 100 ans théoriques (aurait-il apprécié ?) chante avec a propos « ceux qui ne sont pas de quelque part » … . « Imagine » la paix, pour reprendre un autre grand chanteur, John Lennon, inspiré par sa newyorkaise de Yoko Ono  (elle l’était bien plus que d’être japonaise) !

Michel André Vallée            6 mars 2021

POURQUOI ET COMMENT LA SCIENCE DES NOMBRES, … CELA MARCHE ?

Lorsqu’il y a plusieurs décennies, quand une relation m’a dite « tu devrais essayer la numérologie, cela t’irait bien », j’ai été étonné et l’ai regardée avec méfiance. En effet, décliner le dessin de toute une vie à partir d’une série de lettres (de notre alphabet) et de nombres (réduits de 1 à 9 qui plus est), d’une culture donnée parmi des milliers d’autres à une époque donnée, avait semblé carrément irréaliste à mon « âme » de physicien.

Mais j’ai toujours été curieux, attaché à fonder mes connaissances sur des constats et non des croyances (par contre d’une attitude ouverte quand aux constats), … partant attaché à m’informer, expérimenter. En conséquence, aux moments perdus pour les hobbies et se reposer les méninges, je suis allé écouter une conférence d’un certain Georges Guilpin (présenté comme maître en la matière) puis essayé. Et cela a marché tout de suite, avec la validation de mes retours par mes premières « victimes », immédiatement et pour certaines après quelques années ! Ce résultat après une centaine d’analyses ne s’est jamais démenti sauf une fois envers une personne avec laquelle j’étais très impliqué (normal).

Comment ce miracle est-il possible, le constat étant là, répété ? J’ai bien mis plus de trente ans à comprendre, soit jusqu’à l’écriture de mon premier essai (Multivert). Je vais tenter en quelques mots d’expliquer cela.

Les premières traces remonteraient au VIème siècle avant l’Ère Commune, où les cultures chaldéennes et hébraïques fusionnent plus ou moins.  Au-delà l’origine de ce savoir est attribuée par certains anciens historiens et philosophes des Traditions à Hermès Trismégiste, personnage mythique dans lequel seraient rassemblées plusieurs sources de sagesses très anciennes, dont une filière en Haute-Égypte.

L’hypothèse développée ici fait appel au concept d’égrégore, de nature sociologique et culturelle. Le courant de psychologie des profondeurs d’orientation jungienne (Carl Gustav Jung n’aimait pas que l’on qualifie quelque chose de « jungien ») met en évidence le fait de l’inconscient collectif.

Les individus rassemblés dans une même communauté, vivant ensemble, exprimant leur énergie sur une longue durée dans des problématiques partagées sinon communes, constituent au-delà de leur inconscient individuel un inconscient collectif. Il en est ainsi de petits groupes durables tout comme de civilisations entières le temps qu’elles durent. Au plan des énergies subtiles, se structure ainsi une entité appelée par certains courant ésotériques « égrégore », … une sorte de « cloud » correspondant à un paradigme identitaire donné portant solidement ses propres caractéristiques. Sans même s’en rendre compte, tous les individus composant ce groupe humain ou s’y reconnaissant pensent et réagissent selon ce système de représentation. Elles-ils sont de la même « grande famille ».Ce système de représentation a souvent donné les bases de la constitution d’une langue, à laquelle sont attachés toute la diaspora de ce groupe, où que les gens vivent.

En hypothèse complémentaire, des milliards de constats depuis des millénaires mettent en évidence les liens complexes mais déterminants et étroitement structurés des vibrations des astres avec les tranches successives des vies de chacun. C’est ce qui a été dans plusieures civilisations développé avec les approches astrologiques ancêtres de l’astronomie. Ce constat est violemment contredit par les courants scientifiques positivistes certes, … cependant cette fois il ne s’agit plus au premier chef de physique quantique subtile (Jung avait travaille cela avec le prix Nobel de physique Pauli), mais de probabilités en mathématiques, avec une « chance » d’erreur aux confins d’epsilon. Les dernières confirmations physiques de prévisions mathématiques, par exemple après le boson de Higgs avec les ondes gravitationnelles et les évolutions des hypothèses quand aux matières interstellaires, pourraient bien aller dans ce sens.

L’autre hypothèse complémentaire relèverait plutôt du complexe anthropologie-ethnologie avec les travaux sur les variétés de structurations des « mondes du double ». De répétitifs points communs ressortent, dont le fait que les entités des mondes de physique subtile échangent avec les humains en empruntant des formes et des signaux intelligibles par ces derniers. Là encore, statistiquement, cohérence à epsilon de chance d’erreur de millions de constats, … d’où d’ailleurs la possibilité pour chercheurs et pratiquants de communiquer entre eux. Or, venus des lointaines cultures indiennes puis arabes puis occidentales, quoi de plus partagé et significatif que les nombres (devenus vulgairement chiffres). Une nouvelle universalité n’est-elle pas d’ailleurs en train de s’imposer avec le sang (binaire) des intelligences artificielles ?

Proposons de comprendre ainsi pourquoi et comment la science des nombres, plus vulgairement appelée aujourd’hui en Occident numérologie, est efficace avec une infime « chance » d’erreur. Les influences disons galactiques, de qualité simultanément physique et mathématique, impactent sur le mode vibratoire les caractéristiques de chaque individu, selon sa place ici et maintenant dans les espaces-temps. En l’occurrence c’est le potentiel à la naissance, la vie de l’intéressé se déroulant de fait rarement ainsi du fait des modifications commandées par ses environnements et ses libre-arbitres. Mais le cumul des expériences démontre quand même que l’orientation liée aux potentiels reste déterminante (cela c’est de l’histoire). Les structures ou entités des « mondes du double » utilisent pour les membres de chaque groupe humain ce qui est compréhensible et disponible au sein de chaque égrégore constitué avec le temps par les énergies des vécus des inconscients collectifs. Il se trouve que lors des Ères qui se déroulent (et évoluent) actuellement, ce sont les Nombres, les chiffres. Les chercheurs qui ont été attentifs aux constats au fil des années en ont déduits la science des Nombres.

Comme nous autres humains sommes sensibles à tout ce qui relève des communications avec ce qui dépasse les capacités réduites de nos systèmes perceptifs (nos cinq sens), nous attribuons un caractère sacré à tout ce que nous ne comprenons pas du fait des limites de nos connaissances « officielles » , d’où la majuscule à « Nombre ».

Aujourd’hui le 3 mars 2021, ayant atteins 76 ans, j’entame une « année personnelle » 2021 + 3 + 3 = 2027 = 11 = 2. Soit (pour faire court) qui sera très réceptive et émotionnelle où développer ce qui a été lancé l’année précédente (où j’ai en effet initialisé bien des choses). Année de dualité entre harmonie ou conflit, d’associations et de ruptures … Possibilité de relations nouvelles. Cette vibration sera selon une intensité ascendante puis descendante jusqu’au 2 mars 2022.

La science des Nombres est un processus opérant comparable avec celui qui fonctionne avec les alphabets dits « sacrés » : sanskrit, hébraïque, runique, maya … Les calligraphes chinois et soufis qui s’investissent avec art en conscience dans le dessin de leurs signes opèrent dans une attitude de respect proche.

Depuis peu des travaux étudient les liens entre écriture maya et physique quantique.

Aujourd’hui, où la mutation de notre (en fait nos) civilisation est déjà engagée depuis les prémices de l’Ère du Verseau (autour des années 90), la révolution des connaissances ne vient pas des « illuminés » d’un soi-disant New Age, mais bien des porteurs des traditions des peuples anciens pour certains appelés aussi « premiers » (des Mircea Eliade, Georges Dumézil, Jacobo Grinberg-Zylberbaum, Régis Boyer, Michael J. Harner, Carlos Castaneda, Kenneth Meadows, …) et simultanément des physiciens quantiques et astrophysiciens. Ces derniers, autour d’un Stephen Hawking, explorateur de la théorie des cordes et des trous noirs, ne considèrent plus rechercher dans l’univers mais au milieu de nombreux multivers. À suivre.

Cette évidence de la mutation de civilisation en cours est d’ailleurs une de celles qui paniquent nos lamentables et criminels « puissants » du Deep Power, dont une partie sont au courant. Leur réflexe est d’accélérer l’accumulation aux dépends de tous les humains et de la Nature par avidité, … comme l’a si bien décrit en économie un Joseph E. Stiglitz ; comme quoi tout est lié. Ces assassins, dans leurs pensées uniques radicales et leur avidité, ne se rendent même pas compte qu’avec nous ils précipitent leur propre perte, … tout comme sous Louis XV la caste qui se vautrait dans le luxe plaisantait : « après nous le déluge » !

Michel André Vallée              3 mars 2021

Courte bibliographie

Von FRANTZ Marie-Louise, Nombre et temps Psychologie des profondeurs et physique moderne, La Fontaine de Pierre, 1998

GÉRARDIN Lucien, Les carrés magiques, Éditions Dangles, 1986

GUILPIN Georges, La vie au fil des chiffres, « Éditions du Dauphin, 1988

LASSALLE Pierre, La numérologie holistique, Éditions de Vecchi, 1990

NIMOSUS Christiama, Étude sur des Nombres occultes, Guy Trédaniel, 1985

QUINN AVERY Kevin, La vie secrète des chiffres, L’Étincelle, 1974

INÉLUCTABILITÉ DES DICTATURES ?

Nos sociétés, ces dernières décennies, prennent conscience de la complexité des réalités de ce monde, avec les avancées de connaissances en physiques et astrophysiques, en biologies, des diverses sciences dévoilant toujours plus finement les écosystèmes, en psychosociologies, en prospectives … Cette prise de conscience d’abord assurée par les minorités de « sachants », est en train de se « démocratiser » comme en témoignent revues de vulgarisation, panels de radios et  de télévisions …

Brutalement, la pandémie des COVIDs par la multiplication (phénomène naturel) des «variants », donc leurs conséquences des syndromes SARS, avec la mise en évidence au bout d’un an de nos faibles capacités à réguler et les doutes croissants sur l’espoir « d’en sortir », et en tout cas pas « comme avant », … cette pandémie impose à tous les Pays de cette planète l’évidence inéluctable de la complexité. Dans le même temps, devant le désordre de gouvernements s’engageant à vue et sans recul sur des stratégies si différentes alors qu’ils disposent des mêmes informations, le « système » de mondialisation néo-libéral, qui déploie tout jusqu’à l’abject pour survivre, perd de plus en plus sa crédibilité TINA (There Is No Alternative) aux yeux des masses. Gouvernements, groupes pharmaceutique, et leurs réseaux et médias à la botte, tiennent une partie des masses par la peur. Dans l’histoire la peur de populations a souvent ouvert la voie aux dictatures.

Depuis les années 80, il y a eu la chute du bloc soviétique, il y a eu et a le lent délitement de l’empire américain, il y a la régulière montée en puissance de la Chine et de l’Inde, il y a de plus en plus clairement l’échec de la tentative de fédération de la vieille Europe (qui n’est plus pour un temps que le plus grand « marché » du monde), il y a l’Afrique mal décolonisée qui n’arrive toujours pas à se poser, il y a le Moyen-Orient à feu et à sang… . Et il y a surtout, d’une part la multiplication et l’intensification des catastrophes liées au réchauffement climatique telles qu’il est trop tard pour revenir en arrière, … d’autre part la guerre religieuse et culturelle entre les islamismes de type wahhabite et tous « les autres » (y compris les autres courants musulmans).

Partant les systèmes de valeurs précédents de mode humaniste ne sont plus crédibles ni partagés par suffisamment de gens, de familles, de clans. Pour les « jeunes » générations, la disponibilité à moindre effort des données sur internet, en partie illusoire, n’encourage plus à travailler la pensée de sens critique ; et l’échec criant des anciennes générations à avoir amené un monde porteur de sens les mène « ailleurs ».

La « nouvelle » complexité est hors de portée du niveau d’éducation partant de compréhension de la majorité des populations. D’abord l’orgueil de caste (plus que de classe) depuis des lustres, … puis la pensée devenue géopolitiquement unique du néo-libéralisme mondialisé (même en Chine qui jouant au Go a su en jouer), … ont tout fait pour limiter et faire régresser le niveau d’éducation générale des masses. L’éducation, en conséquence la culture, c’est trop potentiellement révolutionnaire.

L’absence de « sens » issu des connaissances, l’incapacité pour la plupart à appréhender le complexe, le martelage d’une pensée unique consommatrice des médias de masse, … génère « naturellement » l’appétence, la recherche, la reconnaissance, de la simplexité (Alain Berthoz – La simplexité – Odile Jacob – 2009), de ce qui non pas est mais paraît simple.

Les révoltes de groupes face à ces phénomènes de masse n’y peuvent mais, … elles sont matées par les systèmes de plus en plus autoritaires en place. Quand des expériences locales en vrai grandeur sur un mode participatif voire autogéré se développent, des incidents semblent bien montés de toute pièce pour les réduire ou épuiser, voire organiser un coup d’État.

La liste de Pays actuellement en dictatures formelles ou masquée, ou qui y tendent nettement et sur un mode de plus en plus « décomplexé », est bien plus longue que celle des Pays qui se débattent avec des signes de faiblesse dans « le moins mauvais des systèmes » : Chine communiste, Inde populiste, Brésil évangéliste qui tue l’Amazonie, les USA de Trump (qui laisse un Pays profondément divisé par moitié), Russie néo-tsariste, Iran théocratique chiite, Turquie de l’AKP tendant au théocratisme islamiste sunnite pan-ottoman, Arabie saoudite et « petits » États du Golfe et leurs financement des communautarismes islamistes, Égypte, Algérie, plusieurs États de l’Afrique noire, Corée du Nord, Birmanie bouddhiste, Thaïlande, Indonésie, Venezuela de Chavez, Cuba malgré ses rangs 1 en matières de santé et éducation, … L’évolution de l’Australie qui freine à reconnaître ses aborigènes et consomme trop de charbon n’est pas évidente.

En Europe la Hongrie magyare, la Pologne catholique intégriste, l’Espagne néo-franquiste …une gouvernance de plus en plus autoritaire en France du « en même temps ». Israël où l’esprit kibboutz est réduit minoritaire avec ses ultra-orthodoxes subit aussi une dérive autoritaire.

Certains Pays subissent des alternances dures, par exemple le Chili, la Bolivie, l’Argentine et la plupart des autres États d’Amérique du Sud.

Semblent faire exception la zone Nor de l’Europe avec ses cinq États, le Canada, le Japon, la Nouvelle-Zélande, et quelques petits États tel par exemple le Costa-Rica. Le Mexique est un cas à part, où les mafias sont un État dans l’État, imposant à beaucoup des modes de vie en soumission.

De nombreuses gouvernances sont depuis quelques années structurées en décalage par rapport  aux gens « ordinaires », classes moyennes inclues. Une part finalement majoritaire des populations, ne faisant plus confiance à leurs dirigeants devenus « hors sol », ne supportant plus des conditions de vie trop altérées par des phénomènes tels la drogue, assistant par les télévisions aux inégalités criantes de modes de vie, déjà imprégnés des avantages illusoires de la mondialisation et de l’universalité apparente (oh combien fausse) des internets, éprouvées par les crises financières et l’intensité croissante des dérèglements climatiques, … ces populations donc aspirent à la prise en charge de la  complexité par leur « système politique ».

Elles veulent vivre au quotidien « en paix », en échange du renoncement aux libertés dites « fondamentales » par les démocraties théoriques.

Sur cette planète en mutation de civilisation, telles que la décrivent tant d’auteurs « sachants » et critiques dans tant d’ouvrages ces toutes dernières décennies, une majorité de gens ne trouvent plus de repères de « morale « , et n’ont surtout pas été préparés à exercer un regard « éthique ». La seule valeur qui s’impose est celle de l’argent, qu’accumulent comme jamais les nouveaux milliardaires et les grandes multinationales. Ces dernières vont jusqu’à mettre en pratique dans une logique « technique » le meurtre commandité si nécessaire, pratique autrefois réservée aux centrales de renseignement et contre-espionnages pour « raison d’État ».

Dés 1974, un haut-fonctionnaire français, sous un pseudonyme par devoir de réserve avait annoncé cela dans un roman hautement symbolique, « l’imprécateur ». Depuis, la préparation et le suivi systématique de cooptation de la haute élite a été assurée, côté Occident, par l’organisation Bilderberg ; … l’équivalent existe probablement à l’Est.

Les castes des gouvernances en place du néo-libéralisme mondialisé ont appris à maîtriser quasi-parfaitement (la perfection présente toujours des failles) la fabrication du consentement et de la théorie du complot, diffusées bien plus finement que par un Goebbels par des médias contrôlés à de l’ordre de 95 %.

En cette phase donc de « mutations » de fond en toutes matières dont personne ne peut encore « pré-voir » ce qui en sortira, … les leaders et leurs Partis qui offrent un régime simple de « redressement » et d’ordre, en y prétendant assurer le confort (mais a minima) des conditions matérielles de vie au quotidien, en répondant de façon SIMPLE à toutes les interrogations, … ces leaders et leurs Partis reçoivent et agglomèrent l’accord des majorités. Sous les prétextes de « se battre » contre les maux montés en exergue par leurs médias à la botte, ces leaders et leurs Partis obtiennent le renoncement « démocratique » aux libertés et les pleins pouvoirs. Où plus directement ils imposent un régime dictatorial après avoir pris le contrôle de l’armée de leur Pays, garantissant une paix intérieure « tellement préférable au désordre et aux risques quotidiens permanents ». C’est ce qui est en train d’advenir dans de plus en plus de Pays-Nations.

Mais, les Pays-Nations étant si différents dans leurs cultures et leurs intérêts, les pressions démographiques étant ce qu’elles sont devenues, les écarts de mode vie et de richesses étant devenus si apparents avec les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication), les repères d’éthique étant inexistants ou opposés, … la confrontation des pensées uniques ne peut mener qu’à la guerre. La guerre est présente sur tous les continents (en Australie elle partirait actuellement du climatique), mers et océans inclus.

En pleine phase de dégradations, les louables expériences dites « positives » restant minoritaires et vite étouffées, une généralisation des dictatures (franches ou masquées) semble bien inéluctable.

Des guerres continueront de s’en décliner, … avant que ne se lève l’aube de la prochaine civilisation. Peut-être en d’autres lieux que cette planète (annonce du physicien Hawking rejoignant le romancier Simmons), planète qui, elle, continuera ses évolutions avant de se fondre dans son soleil.

Parmi les divers scénarios pronosticables, c’est au fond « naturellement » le pire auquel il est sage de se préparer.

Je vous épargne la riche bibliographie tant sur effondrements et changements de civilisation, que sur les éthiques (dont les totalitaires) !

Bien, mais, si nous considérons les mesures urgentes à prendre pour « simplement » stabiliser le réchauffement climatique (ce qu’à engrammée la nature est irrattrapable pour au moins les deux à trois décennies à venir) :

  • manger au moins deux-tiers moins de viande,
  • éradiquer les énergies fossiles (toutes),
  • radicalement changer les moyens de transports (mers et océans, airs, terres),
  • stopper net les déforestations

… même si bien entendu un effort massif d’éducation est indispensable pour le long terme, … dans l’immédiat seul un régime radicalement autoritaire, mondial, peut en être capable, commandant des polices de contrôle et des mesures disciplinaires sévères égales pour tous ! ALORS ?

Quand à la guerre, je vous encourage à lire, de Olivier Weber « Si je t’oublie Kurdistan » – Éditions de l’aube – 2020, combat exemplaire, saturé de sens et d’éthique, même dans les horreurs, qui dit avec authenticité « les choses », … dont pour notre honte ce que l’Europe s’est gardée de faire et laisse faire. L’honneur de la vertu guerrière, femmes et hommes côte à côte avec courage.

Michel André Vallée               7 février 2021

LE RCEP (OU PERG) EN ASIE DE L’EST, LA CHINE AU CENTRE

C’est dans le monde diplomatique de janvier 2021 N°802, page 18. Le titre « Bombe libre-échangiste en Asie » avec sous-titre « Le plus important accord commercial du monde ». L’article est de Martine Bulard.

Encore une fois, du haut de leur superbe , les occidentaux dédaignaient l’Asean (ou Anase en français), ses dix pays et ses 652 millions de personnes, … sauf qu’elle vient de signer en novembre l’accord RCEP (PERG en français) avec l’Australie, la Chine, la Corée du Sud, le Japon et la Nouvelle-Zélande ! Soit une mondialisation « locale » dont le premier ministre chinois se félicite « Une victoire du multilatéralisme et du libre-échange », avis abondé par son homologue japonais « jour historique après huit ans de négociation ».

Avec 30 % des richesses produites dans le monde, 28 % du commerce mondial et 2,2 milliards d’individus, c’est effectivement le plus important accord jamais signé. La Chine y trône, sans Washington. L’Asean a été fondée en 1967 pour faire barrage au mal = au communisme, MAIS le principe de réalité l’a pas à pas emporté, et les tensions territoriales autour de la mer de Chine n’empêchent pas l’accord économique et commercial. L’accord concerne bien entendu les droits de douane, mais aussi les normes, une partie des échanges de services, la propriété intellectuelle …

Comme l’Europe a signé des accords avec le Vietnam, la Corée du Sud, le Japon, elle sera impactée ; or il faut savoir que le PERG ne retient aucun critère environnemental, sanitaire ou social. Une fois de plus, les occidentaux ne savent pas jouer au Go ! Par contre, le PERG ne contient aucune clause donnant pouvoir aux multinationales de s’attaquer aux États quand les mesures leur déplaisent. Les orientaux joueraient donc mieux que les occidentaux aux échecs !

Les situations économiques et sociales des différents membres étant hétéroclites, les multinationales « locales » vont avoir encore plus les mains libres pour tirer profit des écarts entre les pays. Mais, compte tenu des multiples accords bilatéraux, transferts d’investissements … existant déjà, l’impact ne vise pas la « croissance » (probablement inférieure à 1 %) ; l’intérêt est stratégique, consacrant la centralité géopolitique de la Chine. C’est un tournant majeur dans l’histoire du monde ; si l’Inde (qui s’était retirée de la négociation) et les Etats-Unis (Trump a abandonné le projet Pacifique d’Obama) vont bien entendu revenir, l’extension du pouvoir économique de la Chine est posé, assuré.

Selon David P.Goldman (politiste américain), « la puissance de l’approche chinoise du monde tient  au fait qu’elle cherche à transformer l’économie par capillarité, de bas en haut, plutôt que de haut en bas ». Au Go, un pion est un pion, qu’il s’agisse d’un manœuvre ou d’un général, … il n’y a ni sans dents, ni rien, ni autre ploucs, ni roi ou reine ; … chacun et tous ont une valeur, … même les esclaves des camps de travail à l’ouest.

Les Etats-Unis continuant de jouer les gros bras (que savent-ils faire d’autre), Canberra a été tenté d’attaquer la Chine sur le Covid-19 et la 5G, … mais les mesures toniques d’équilibres en retour ont été immédiates : « Si vous faites de la Chine un ennemi, la Chine sera votre ennemi » : la Chine en a largement les moyens. Les vins, charbon, bœuf, orge de l’Australie de suite lourdement taxés, soit le petit jeu joué avec les producteurs agricoles américains, tant la pénétration de la Chine aux USA est dense.

Le PERG montre que les cartes sont radicalement redistribuées et que l’intégralité des pays de l’Asie de l’Est n’ont pas besoin pour travailler ensemble des Etats-Unis.

Ajoutons que l’Europe a besoin de travailler avec toute l’Asie de l’Est, … plus pour son énergie du gaz de la Russie (alliée de la Chine). 

Sourions lorsque les commentateurs des chaines à la botte présentent encore les USA comme première puissance de cette planète ; les dynamiques engagées ont déjà mis en place tout autre chose ;  nos orgueils vont encore prendre quelques temps pour comprendre et l’admettre. La réalité est la réalité.

Il ne reste que peu de temps à l’Europe pour poser sa carte.

Ce billet vient en commentaire de la conférence donnée fin 2019 à l’UTL de Perpignan, « La Chine devenue première puissance mondiale, … en pratiquant le jeu de GO », disponible sur le blog  «   arcencielxcristal.com  « .

Michel André Vallée                         1er février 2021

L’INDÉPENDANCE DE LA CATALOGNE, PROPOSITION DES CONDITIONS POUR GAGNER

JANVIER 2021 – Le 20, Vicent Partal, dont l’éditorial sur VilaWeb est attendu tous les matins, a publié un document véritable essai d’actualisation des conditions de l’indépendance, présenté en trois parties. Ce billet tente d’en traduire les grands traits en français, … avec deux-trois commentaires courts pour les lecteurs moins informés.

Honnêteté et simplicité d’introduire par le constat du désastre politique institutionnel dans lequel le mouvement indépendantiste catalan se trouve actuellement.

En effet, depuis octobre 2017, avec plus ou moins d’intensité par phases, tout se passe comme si la Catalogne (du Sud, « espagnole ») subissait le joug de l’article 155, soit la prise en main par Madrid du gouvernement de la Generalitat (organisation politique de la communauté autonome de Catalogne). Il n’y a pas de semaine sans qu’une exaction aux droits soit commise, sévère, ici et là partout où l’ex-autonomie pourrait être réduite, envers tant le Pays que la population et ses représentants légaux et associatifs.

La judiciarisation systématique intense de tout acte et attitude ne tient aucun compte des avis, remarques, positions, demandes, exigences, venant de l’extérieur, tout autant de Pays, d’institutions, de l’Europe que de l’ONU. Une partie des « responsables » politiques des Partis indépendantistes se dispersent, semblent tenter de collaborer, lamentablement (l’usure du temps et l’appétence du pouvoir fait son effet aux dépends de l’unité) ; la population, solide, reste portée par les grandes associations civiles, qui demeurent puissantes. Une partie des plus jeunes piaffent pour en découdre, ce qu’attendent depuis des années les autorités et la justice espagnoles.

Vicent Partal rappelle que sa tâche est d’analyser la réalité et de tenter d’aider à la comprendre.

1 – les trois clés du discours : unilatéralité, auto-affirmation et compréhension que « l’autre » est un tout indivisible.

Ces trois dernières années la scission de l’indépendantisme entre tenants de la rupture et réformistes a produit pour ces derniers, particulièrement pour plusieurs théoriciens et promoteurs d’Esquerra Republicana (un des Partis traditionnels de la gauche républicaine) de marquer la distance avec les autres, en proposant des énormités conceptuelles soit la prise en compte du cadre légal et mental espagnol, en conséquence la paralysie du projet indépendantiste. Ainsi du blâme du nationalisme (catalan), de la normalisation du castillan en tant que langue, ou de cette idée selon laquelle l’indépendance ne serait pas possible si une moitié du Pays se positionne contre, ou certaines contrées administratives, ou quelques villes.

Il y a lieu de se défaire net de ces constructions mentales qui ne tiennent pas, et de mettre en avant trois axes clés de tout mouvement de libération que l’indépendantisme catalan a largement assumé à l’étape 2017.

Le premier axe est l’unilatéralité. La manifestation de 2010 à propos du verdict sur le statut (réduction de l’autonomie) a été convoquée sur le thème « Nous sommes une Nation nous décidons ». Et non pas « Nous sommes une Nation, nous négocions ». Et encore moins « Nous sommes une Nation, voyons si nous pouvons faire quelque chose ». L’équation doit rester claire : le mouvement démocratique catalan pour l’indépendance est l’expression de la volonté de la Nation catalane, laquelle ne se soumet à aucune autre volonté que la sienne. Ce n’est pas relatif à une estimation de pourcentage ni à une quelconque idéologie : « nous décidons de ce que nous voulons faire ».

Le second axe est l’auto-affirmation, complémentaire du premier. Aux indépendantistes de savoir avec quels éléments construire la Nation, ce qu’ils ont d’unique au monde qui les rend forts, qu’il n’est pas possible de réduire ni de diluer sans arrêter le projet,… et alors dans le drame. Vicent Partal fait tout particulièrement référence à la langue. Car c’est le catalan qui fait la Catalogne.

Le troisième axe est la compréhension que « l’autre » est un tout indivisible. Une Nation est contre une autre, les Pays catalans, la Catalogne, contre l’Espagne. Soit un dialogue d’affrontement entre Nations, soit la subordination. L’État espagnol constitue un Tout, complet, responsable comme un Tout de tout ce qu’il fait. Il n’y a pas d’une part un bon gouvernement et de méchants juges, … mais un État qui met en œuvre toutes les armes à sa portée  pour réussir son objectif politique : annihiler les indépendantistes en tant que Nation. Habituer « l’autre »  à n’entendre que ce cadre, … faute de quoi le mouvement n’aboutera à rien de plus qu’un régionalisme … espagnol. Il n’est donc pas question de traiter sur un siège de député donné, une mairie, un budget, comme s’il ne s’agissait que d’actes politiques distincts de l’objectif républicain.

Bien évidemment, cette formulation implique des actions quotidiennes, qui ne dépendent pas seulement des politiciens mais de chacun. Plus spécialement, la reconnaissance des positions anticolonialistes et de libération, ce qui va avec ne pas tenir compte des diverses initiatives d’étouffement, le devoir de ne pas respecter l’oppression, et de systématiquement agir en auto-défense.

2 – les trois principales leçons de la période 2017/2020 : les indépendantistes veulent gagner, les « autres » veulent les freiner, et le statut d’autonomie est en fait un obstacle.

Le processus d’indépendance en ces débuts du XXIè siècle suit des phases distinctes.  De 2010 à 2014 une phase de diffusion avec la validation théorique du projet. De 2014 à 2017 la phase du travail parlementaire en même temps que populaire de sa traduction institutionnelle. Et de 2017 à 2021, vaille que vaille, la phase de lutte contre la violence espagnole, le débat sur le chemin dorénavant à suivre dont la destruction, à partir des contradictions liées à la répression, de l’architecture institutionnelle de l’État espagnol y compris sa crédibilité à l’extérieur.

Plusieurs leçons importantes sont à tirer de ces trois phases, selon Vicent Partal.

La première, fondamentale, est de savoir comment gagner. Car l’indépendantisme l’a emporté en 2017. Emporté par la cohérence d’avant, l’unité, toujours à l’initiative de propositions renforçant la majorité. Emporté avec l’engagement combiné de Junts per Si (Partis indépendantistes de centre-droit) et de la CUP (Parti indépendantiste radical de gauche). Emporté en approuvant des lois logiques, bénéfiques à la grande majorité du Pays, … lois que le régime en place ne peut accepter. Emporté en détricotant le franquisme et la transition qui s’en est déclinée. Ainsi lors des remarquables sessions parlementaires des 6 et 7 septembre 2017 où les espagnols ont poussés des hurlements quand était touché le cœur de la bête, là où cela faisait mal. Emporté avec l’unité populaire du Premier Octobre (2017).

Bon : certains peuvent dire qu’aujourd’hui les indépendantistes sont plus divisés que jamais ; il y a doute là dessus. Chaque Parti étant ce qu’il est, les désunions se manifestent par des luttes de personnes comme cela se passe entre les membres d’une même famille. On en trouve l’origine notamment dans les élections européennes antérieures. Mais là où du point de vue des Partis se déroule une mauvaise expérience, ont quand même eu lieu les élections du 27 septembre 2015, le referendum d’autodétermination du Premier Octobre (2017), et la proclamation de l’indépendance.

Il est clair que l’unité a été imposée aux politiques par la rue, la décision de la population. Avec l’action de quelques « outils », surtout l’ANC (Assemblea National Catalana une des principales organisation civile qui animent le mouvement d’indépendance) ; mais il est moins évident que cette dernière soit aujourd’hui dans la capacité de renouveler une telle manœuvre. La principale erreur commise a peut-être été de freiner la mobilisation populaire en priorisant les Institutions. La différence stratégique de fond est au cœur de chacun. Là où les indépendantistes savaient qu’ils ont la capacité d’orienter les politiques, il leur semble que ces derniers s’en jouent, alors que faire ? D’abord changer cela, et que les catalans qui veulent l’indépendance en reviennent à ce qu’ils sont.

Dans le changement de cap de 2017 des réformistes, l’ajournement de l’indépendance place en priorité les pactes avec Madrid et la gestion d’une Generalitat  qui ne se maintient pas dans la ligne. C’est là une attitude qui va s’épuiser car les résultats (dans le sens de l’indépendance) sont déjà et seront nuls. Aussi il y a lieu de demander (aux électeurs) de résoudre cette situation par un vote massif le 14 février (prochain) en faveur des candidats pour la rupture. Suivre les réformistes mènerait à abandonner le projet d’indépendance. L’expérience d’une telle manœuvre a déjà été observée au Pays basque suite à une scission de l’ETA.

Les « autres » savent comment freiner le mouvement. Ils savent « diviser pour régner », en collant à cette stratégie la répression et la violence. La répression est efficace, mais sans tromper personne. Elle fatigue, lasse. Elle use, épuise. Elle trouble la vue. C’est pourquoi les espagnols la mettent en œuvre, jusqu’à en payer le prix en matière de réputation, alors qu’ils le savent ; ils savent aussi comment assumer et répondre. Ils adaptent la répression à chaque statut, prisonnier ou exilé ; amendes et exactions sous tous les prétextes. On finit par ne plus savoir si la lutte contre la répression se substitue à la lutte pour l’indépendance, et finalement la masque. Difficile de maîtriser l’émotion que chacun et tous ressentent, … mais il faut faire avec.

Dans ce contexte, Vicent Partal considère que l’on a pu voir plus clairement la perte totale de pouvoir et d’écoute politique de la Generalitat. Ainsi d’actions des Mossos (police de la Generalitat) et des dénonciations de personnes qui se mobilisent dans la rue, intolérables. Connait-on au monde un autre mouvement de libération qui tiendrait ses propres prisonniers enfermés dans ses propres prisons ?

Donc, que faire ?

3 – les trois clés du futur à court terme : instituer la République (de Catalogne), mettre l’état espagnol au pied du mur, et en obtenir le pouvoir et le territoire.

Les choses ont beaucoup changé entre 2017 et 2021, certaines en mieux, d’autres en pire. Il n’est plus possible d’appliquer mécaniquement la stratégie d’avant 2017. Vicent Partal est convaincu qu’il convient de bâtir sur trois piliers.

En 2014 « on » croyait au chemin légal, aussi la Generalitat a été l’instrument retenu pour faire l’indépendance. Dorénavant, non. La violence espagnole, l’absence de réaction démocratique de la part de l’État espagnol, laissent clairement voir que ce chemin ne pourrait être suivi qu’en espérant un miracle inimaginable. En conséquence il faut tendre dans une autre direction. Laquelle ?

Pour Vicent Partal, trois facteurs clés sont à activer le plus tôt possible :

  • l’institutionalisation  de la République proclamée (en 2017) ;
  • la poursuite de la destruction institutionnelle de l’État espagnol ;
  • en même temps que le « Consell per la Republica »  lui dispute le pouvoir, non seulement sur les réseaux numériques ou au plan culturel mais aussi physiquement, dans la rue. Consell per la Republica est l’initiative lancée en 2019 par les membres du gouvernement en exil, rassemble les tenants de la République de Catalogne (catalans ou non) au sein d’une citoyenneté autonome distincte des structures officielles ; l’institution, internationale, est actuellement intégralement structurée sur un fondement numérique,  permettant à tous les adhérents de participer rapidement à toutes les décisions importantes.

Il se trouve que toutes les projections imaginables pour le projet ont de fait été impulsées par des initiatives diverses, par exemple du Consell per la Republica ou de l’ANC. Quand même, il faut dire que ces initiatives ne semblent pas toutes prendre racine, … ne s’y inscrivent pas toutes les personnes qu’il faudrait.

Le cas du Consell est le plus net. Ce serait un des meilleurs outils de libération, mais les gens ne semblent pas tous le comprendre. Sa propre gestion des débuts, par à-coups, de part et d’autres, n’y a pas aidé. Mais maintenant il semble que soient bien engagées son institutionalisation et l’annonce des premières élections à l’assemblée constituante. Il est donc bel et bon de comprendre ce que signifie déjà deux millions de catalans qui bâtissent, en partant de la base, en totale liberté et coordonnés entre eux, un contre-pouvoir national, une autorité nationale reconnue au quotidien par une proportion plus importante de la société. Et ce sur tous les terrains, allant par exemple du suivi consommateurs de l’IBEX (indice boursier à la Bourse de Madrid) … à la représentation internationale de la Nation.

Le Consell, dans son document « Préparons-nous », a proposé la bataille du pouvoir contre l’État espagnol, et c’est ainsi qu’il faut agir. C’est une bataille qui devra se faire dans la rue dés le terme de la pandémie, en se raccordant au cycle de fortes et puissantes mobilisations réalisées de octobre 1989 à février 2020.

Cette démarche doit être combinée avec le troisième facteur clé, la poursuite de la démolition de la crédibilité de l’État espagnol et de son fonctionnement institutionnel. S’il n’y a pas d’accord avec lui, et (l’expérience montre que) il n’y en aura pas, l’indépendance devra se porter en avant dans le conflit, conflit ouvert. Sa responsabilité ne relèvera pas des indépendantistes, mais de ceux qui refusent le dialogue et le vote (d’autodétermination). En regard de tout cela les indépendantistes ont à être bien conscients que la situation a considérablement changée depuis 2017. La répression sur les prisonniers politiques et les actions contre les exilés ont mis au pilori la crédibilité de la démocratie en Espagne.

La justice européenne est lente, alors que les indépendantistes sont pressés. Mais il y a lieu d’être conscients que la part la plus décisive du chemin est déjà faite. Maintenant, comme en judo, il reste à utiliser le déséquilibre de l’adversaire pour le faire tomber. Déjà il est devenu clair qu’il n’y a eu ni rébellion ni sédition ni rien de tel, mais qu’il est devenu évident  que l’Espagne a réagie non pas comme une démocratie, ni en respectant ses propres lois et son cadre institutionnel. Évident qu’il y a discrimination contre les catalans en tant que minorité nationale. Le prix final que l’Espagne paiera, tant au plan juridique que de son image, sera très élevé, … et cela ne tardera pas.

Vicent Partal termine en mettant l’accent sur l’horizon immédiat. Quand la justice européenne oblige l’Espagne à annuler son jugement (d’octobre 2019 le « moment Tchernobyl de l’Espagne »), sa réputation et sa capacité de contrôle de la situation chute très bas. La question est de savoir si ce jour là le mouvement indépendantiste sera prêt à faire le pas décisif. Le sera-t-il ou pas ? … il est sur qu’il le sera si d’ici là est institutionalisée la citoyenneté républicaine,  si déjà la bataille du pouvoir est engagée sur tous les terrains où cela est faisable, et si les indépendantistes ne renouvellent pas les erreurs qui les ont affaiblis en 2014. Il pointe notamment les brouilles partisanes, ainsi qu’une certaine faiblesse théorique, une conception trop tendre, voire angélique (difficile de traduire le mot catalan en français mais l’idée y est), de ce qu’est la Nation.

Vicent Partal reste ouvert à tout débat.

Mon premier commentaire : enfin, dans le contexte des réalités du projet d’indépendance de la Catalogne, de la part de l’un des premiers et respecté comme tel des maîtres à penser de ce mouvement, un discours de combat dans le cadre d’un conflit direct. Car, spécifiquement dans ce contexte, il n’y a pas d’autre alternative (TINA), et il aura fallu les souffrances non méritées et non choisies de tout un peuple, dont l’énergie aurait pu être si bénéfique à toute l’Europe, pour en arriver à ne pouvoir considérer autrement la situation. Et c’est un ex- négociateur et professionnel de la médiation de cas difficiles qui commente ainsi, après cinq ans d’observations. Dans un tel cas de radicalité des deux adversaires, on ne peut là envisager le choix extrême et très dangereux sur des enjeux lourds du « saut de l’ange », que par exemple des Anouar El Sadate et Moshé Dayan ont réussis (mais le premier en a été assassiné) ; car n’existent pas deux leaders de cette trempe ! Vicent Partal nous fait donc là bénéficier de son habituelle analyse acute et de son regard qui dépasse : le rebond sera acté par la base ou ne sera pas.

En l’occurrence, c’est dans le combat franc et non dans la non-violence trop systématique voire dogmatique que se prépare la résilience, … qui sera, plus tard. Si coopération va le plus souvent en alternance avec conflit, en l’état, là, c’est conflit.

Michel André Vallée              28 janvier 2021

Lire aussi, sur le site internet Col.lectiu Oliba « En quoi l’indépendance est pour la moitié de la population catalane la seule issue pertinente et acceptable ? Fondements historiques de cette conviction » – mai 2019.

ACTUALISATION DE L’ÉTHIQUE (OCCIDENTALE) ?

En lisant l’éditorial de Natacha Polony dans le N°1215 (22 au 28 janvier) de l’hebdomadaire Marianne, nous y retrouvons de la part de cette belle personne (même si chacun n’est bien entendu pas toujours en accord avec ce qu’elle écrit) une des facettes de ce que nous sommes de plus en plus nombreux à penser des évolutions de notre éthique.

Parlons d’éthique, et non de « morale », concept trop porteur d’obligations significatives d’une zone culturelle donnée à une époque donnée, non fondées en regard de l’état des connaissances. Regard éthique dans la lignée des Spinoza, Voltaire, Edgar Morin … entre autres. Même ainsi, j’ajoute « (OCCIDENTALE) ? », car il n’est pas évident que nos systèmes à « penser les pensées », partagés plus ou moins en Occident, fonctionnent de même au cœur de l’Afrique, en Extrême-Orient, dans le monde arabe, chez les Inuits …

De quoi s’agit-il dans cet éditorial ? Des réactions de « tollé » immédiates et intenses au dessin de Xavier Gorce dans le quotidien Le Monde, le 19 janvier, sur l’inceste ! Le dessinateur incriminé à écrit dans son dessin : « Si j’ai été abusé par le demi-frère adoptif de la compagne de mon père transgenre devenu ma mère, est-ce un inceste ? ». J’avais vu passer le dessin sur un « partage » Facebook et avait immédiatement apporté le commentaire : « OUI, car ç’est une question d’intention et d’actes », quoiqu’il en soit du jeu de dérision tant celles et ceux qui ont travaillé dans leur carrière à un moment sur les questions de l’inceste, de la pédophilie, … savent à quel point ces perversités graves sont masquées sous les prétextes les plus irrecevables ! Tollé tel, dénonçant « ce qui n’est pas de l’humour », que la direction de la rédaction du journal a présenté publiquement officiellement ses excuses, d’où la démission de Xavier Gorce ! Le journal Le Monde a de plus désactivé les commentaires !

Entendons-nous bien , il ne s’agit pas ici de défendre le dessinateur qui, comme le rappelle Natacha Polony,  a par exemple traité les Gilets jaunes de bœufs, de cons, de troupeau d’abrutis forcément antisémites, voire fascistes, … ce qui est absurde et outré dans l’insulte. J’ai été parmi les premiers à publier quinze jours avant le premier épisode « Gilets jaunes » un article confirmant que le phénomène allait effectivement se passer et pourquoi (article que l’on trouvera sur mon mur Facebook dans les rubriques « plus »). Nous sommes très nombreux à avoir alors pensé, et continuer à penser, ainsi.

Non, la question ne porte pas sur un débat politique, mais effectivement sur la nature du rire, sa « nouvelle » censure, sur la liberté d’expression, sa « nouvelle » censure.  

Nous apprenons dans cet éditorial que le 1er juillet 2019 le New York Times mettait fin à toute publication de desssins de presse, estimant que ceux-ci couraient toujours le risque de blesser quelqu’un. Grands dieux, dans quel monde d’humains fragilisés sommes-nous tombés ! Il deviendrait donc obligatoire d’éviter tout traits, tout dessin, qui de près ou de loin pourrait choquer sur les champs du racisme envers les noirs, DES antisémitismes, du genre, de l’homosexualité, des religions, … chacun complètera à son aise cette liste.

Les opprobres publiques, trop souvent masquées sur les « nouveaux » réseaux sociaux derrière des pseudonymes, pleuvent drues avec une violence qui rappelle les périodes noires du passé, … pas toujours en français correct qui plus est.

L’intransigeance sur de plus en plus de thèmes de société, objets de regards éthiques, serait-elle en train de rejoindre pas à pas la totalement inacceptable dictature des fatwas qui dénoncent par exemple un Salman Rushdie ? Relativisons, s’il n’y a pas menace de mort, il y a violente tentative de mise au ban de la société. Voltaire se retourne dans sa tombe.

Natacha Polony écrit effectivement : Le problème, finalement, n’est pas tant la liberté d’expression que le refus d’une posture religieuse qui impose à autrui les limites du Bien et du Mal. Bigoterie contemporaine. Le phénomène relève de la pensée unique, en fait de pensées uniques qui s’imposent, … car elles sont, naturellement, multiples, les pensées uniques, … pourrait-on dire autant qu’il est d’individus, de collectifs, de sectes distinctes. N’existeraient, ne seraient admissibles, que les pensées, leurs expressions, en « harmonie », et en rien contradictoires, avec MA façon de pensée, celle de MA secte. Là seulement résiderait la vertu, et il serait interdit d’en rire. L’humour est devenu réservé !

Par déficience de plus en plus sévère d’éducation générale, dont un des effets pédagogique est la construction expérience par expérience du sens de l’éthique, nos sociétés apparaissent effectivement de plus en plus fracturées. 

Une société laïque devrait aller de pair avec une éthique, et non une « morale », où la vertu émane de bon sens de la transparence sans réserve sur tout ce qui existe, où toute pensée unique finalement est signe d’une pathologie quelque part. La morale, quand à elle,  relève d’une compréhension sur le mode La Fontaine.

Michel André Vallée            24 janvier 2021