Le jusqu’auboutisme dans l’absurde du colonialisme castillan

Examinons les décisions prises, ces dernières semaines 21, 22 et 23 de cette année 2019, par l’Espagne envers les dirigeants « prisonniers » et exilés de l’indépendantisme catalan.

En résultats des élections aux « législatives » espagnoles du 28 Avril, quatre des principaux leaders indépendantistes « en prison » (Oriol Junqueras, Jordi Sanchez, Jordi Turull, Josep Rull) ont été élus députés et un (Raül Romeva) sénateur.

Un des premiers actes des Cortés (le Parlement espagnol) a été de suspendre par vote ces quatre députés catalans, et le Sénat espagnol a fait quelques jours après de même envers le sénateur catalan !

Rappelons que fin Mars, quarante et un sénateurs français (de tous Partis et Régions) ont formellement demandé à l’État français et à l’UE d’arrêter le désordre, le gâchis causé par l’Espagne avec sa violation des droits civiques, … entrainant immédiatement une opposition-réprobation violente tant dans les termes que la démarche diplomatique de la part de l’ambassade d’Espagne en France. En cohérence avec d’autres interventions de cette ambassade ces toutes dernières années.

Enfin, des politiques français (mais pas l’establishment aux manettes) disent, clairement tout en restant dans les cordes du « convenable », que cela a trop duré. Seuls auparavant, quelques médias et personnalités françaises avaient « osé » condamner un déni inadmissible de démocratie. Ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres de même nature ces dernières années (les constats et témoignages sont en abondance sur des supports de dorénavant quasi toutes tendances).

Suite : en résultat des européennes du 26 mai, deux leaders indépendantistes exilés sont élus au Parlement européen, Carlés Puigdemont et Toni Comin. Ce 29 mai, jour d’installation à Strasbourg des élus européens, les deux élus catalans se sont vus interdire d’entrer au palais du Parlement, donc de pouvoir commencer à exercer leur mandat, sous prétexte de conditions de sécurité, et en fait sur décision politique du Président sortant du Parlement, Antonio Tajani et de son secrétaire général, Klaus Welle, tous deux membres du PPE !

À Madrid, le procès des leaders du mouvement indépendantiste catalan « prisonniers politiques » en prison vient d’entrer cette semaine dans sa phase terminale. Toutes celles et ceux qui suivent ce « procès », dont de nombreux médias journaux et sur la toile, ont bien compris depuis son début (et même depuis l’arrestation officielle des « prisonniers politiques ») qu’il est sans fondements, et que le système judiciaire espagnol a été incapable de rassembler les preuves liés aux objets de l’accusation, tant en ce qui concerne la sédition que des malversations financières. Les faux témoignages avancés par des policiers et militaires ont même été retournés ! En fait pas étonnant compte tenu de l’option de non-violence et de négociation traditionnelle de la culture catalane.

Rappelons que depuis les suites du 1er octobre 2017, le processus judiciaire et politique engagé par l’Espagne a été formellement dénoncé et condamné en Allemagne, en Finlande, en Suisse, au Danemark, au Portugal, en Slovénie, tant en Angleterre qu’en Écosse, au Québec, … et que la semaine dernière l’ONU a demandé à l’Espagne, après une instruction sans appel contre les pratiques de l’État espagnol, la libération immédiate des « prisonniers » qui en droit ne devraient depuis le début pas en être, qu’ils soient indemnisés, et d’engager une enquête complète et indépendante des droits floués ces dernières années ! Immédiatement, l’Espagne a exigé le retrait de l’habilitation de deux des membres du groupe d’experts de l’ONU !

Rien n’y fait, ce Tribunal, sans preuves, vient cette semaine quand même de confirmer la demande de condamnations  à des 15 à 25 ans de prison !?

C’est là, sans exagérer, typique de la même rage cruelle, vindicative et perverse qui a, sous la dictature Franco, condamné à être garrotté trois ou quatre fois (si mon souvenir est correct)  le dernier des basques qui a été exécuté. Raideur extrême d’un système.

En soi, quelle monstruosité gratuite que d’utiliser le garrot pour les exécutions capitales, provoquant une très longue et douloureuse agonie !

Pendant ce temps, certes l’article (abusivement mis en œuvre) 155 a été levé après le remplacement de Mariano Rajoy (PP) par Pedro Sanchez (PSOE), mais toutes les restaurations de la privation de l’autonomie de la Generalitat de Catalunya ne sont pas encore effectives, les freins ont été poussés au bout du bout, … et les exactions et difficultés « gratuites » auprès de maires et particuliers continuent au plan local, tout juste adoucies et moins visibles depuis l’arrivée au pouvoir de Pedro Sanchez.

De tout cela, en sont complices non seulement le système de pouvoir, dont la royauté mise en place par Franco, espagnol, mais aussi de ce côté des Pyrénées le gouvernement et la partie « aux ordres » de la presse française, et plus général la CE et les Présidents tant de la Commission de Bruxelles que du Parlement de Strasbourg.

Question, le prochain Président de ce Parlement qui va être coopté donc élu par une nouvelle majorité (encore à constituer) va t’il modifier dans le sens de la démocratie cette attitude, et jusqu’où ? Avec quelles répercutions en effet domino ?

En attendant, j’ai eu l’opportunité vendredi 24 d’emmener quelqu’un à l’aéroport international d’El Prat de Barcelone, tôt le matin. Disposant de temps, je suis rentré en France en passant par plusieurs lieux que je souhaitais revoir. Un des traits qui m’a frappé, sans parler du dynamisme évident de Barcelone, est l’activité locale dense tant industrielle qu’agricole dans tout le Pays. Les gens travaillent, ce Pays a et développe une âme spécifique, … là où dans de plus en plus d’autres Pays, dont à l’évidence la France (passée du 5ème rang mondial à entre 15ème et 40ème selon les critères), tant déplorent l’état de dégradation.

C’est le même constat à chaque déplacement que je fais « au Sud » (de la Catalogne), … et cela rejoint tant de constats d’économistes et sociologues internationaux sérieux, dont nous pouvons disposer.

Bien entendu, il est possible de comprendre au premier regard pourquoi l’Espagne actuelle (dont les constitutions des diverses « provinces » sont diverses ?) ne veut à tous prix pas « perdre » ce « territoire » ; c’est elle qui ne veut pas perdre de l’exploiter comme une de ses dernières colonies, … et non l’inverse du procès d’intention non fondé que les catalans ne veulent pas partager leur richesse.

Alors, si là est la vraie motivation de l’establishment castillan, car c’est au regard de l’histoire la culture de la Castille et de ses « conquistadors » qui a imprégné comme une sorte de pensée unique la quasi intégralité de cet establishment là, … comment la gouvernance espagnole n’a t’elle pas compris que la Catalogne indépendante pourrait être son meilleur allié économique et culturel, … au lieu de la repousser aux yeux de tout un peuple (dorénavant un 50 % réel régulièrement croissant) ?

Non, certes, la motivation économique existe, mais les motivations identitaires de fond sont autres. En 2019, en plein processus de refondation de l’Europe pour redresser la tête dans une mondialisation qui la noie, la représentation collective castillane est bien archaïque, … et absurde. No pot durar.

Et la Catalogne indépendante pourrait bien être une des entités exemplaires de reconstruction attendue de cette Europe.

Michel André Vallée 2 juin 2019

LA TRANSPARENCE … EST POSSIBLE, ELLE EXISTE.

Une des attentes, un des désirs, une des demandes marquantes de notre période de recherche de sens par certains, ou d’abandon et laissez couler par d’autres, ou de colère rentrée ou violente par d’autres encore, …, est bien la « transparence ».  Voir, savoir, comprendre, demander, exiger, goûter, en jouir, contrôler, en détenir le privilège, s’assurer …

Elle semble inatteignable, idéale, utopique, un espoir de fond derrière le cumul de constats de complexités croisées et intriquées croissantes. Impossible ? Une idée spiritualiste, voire poétique ?

Si souvent, moi-même, dans tant de débats ou d’échanges, j’ai opposé à cet appel de transparence le principe de réalité, un de mes leitmotivs.

D’autant plus que le contexte culturel, politique, sociologique, trop souvent (pas toujours) en déliquescence, est aux manipulations, batailles stériles entre « sachants », publicités abusives, mensonges politiques et techniques, intrusions diverses, fake news, … etc … au moins dans cette civilisation occidentale,…  et pour ce que nous pouvons en savoir voyons certes différemment mais guère mieux ailleurs. Même, de et dans tous les courants religieux sans exception, scandales et violences ressortent, ici et là.

Et bien j’avais tord. Nous disposons d’au moins un cas majeur, transnational, planétaire, de transparence concrète, assurée, validée. Et s’il en est un de cette dimension, il doit en être d’autres. Reconnaissons d’ailleurs qu’il en est des milliers de taille bien plus modeste au travers d’initiatives locales en de nombreux domaines, … même si elles ne font pas, « encore », le poids, pour que notre système aux abois bascule.

Ce cas fonctionne depuis 2006, soit 13 ans, et s’appelle Wikileaks. Je le connaissais mal. Mais par l’article de Juan Branco dans Le Monde diplomatique N° 782 de ce mai 2019, j’en ai découvert toute la qualité.

Wikileaks a été organisé par une équipe de militants autour de Julian Assange, australien de 48 ans. C’était jusqu’à il y a quelques semaines le réfugié politique le plus connu de la planète. Évidemment, l’équipe Wikileaks travaille au cœur d’un réseau hyperprofessionnel d’experts underground des technologies de l’information et de la communication, professionnels et organisés au point que les agences spécialisées des grandes puissances n’y peuvent mais ! Par exemple lorsque Wikileaks rend public l’arsenal numérique de la CIA, il désactive de facto l’ensemble des armes utilisées par l’Agence pour pirater ses cibles.

Ce que je ne savais pas et qui m’a frappé dans ce cas est que les centaines de milliers d’informations hautement sensibles rendues publiques soient toujours accompagnées des références sources d’origine, validées et vérifiables, ce qui est si rare. De plus, aucune de ces centaines de milliers d’informations n’est fausse, ce qui est unique. Nombreuses y sont les révélations qui démontent de façon nette, radicale, incontournable (et quelques soient les manœuvres juridictionnelles dilatoires) finalement inéluctables, les malversations et horreurs de nos systèmes de gouvernance.

Donc, et ce de façon moulte fois répétée, actualisée, sur des champs et dans des dimensions divers, LA TRANSPARENCE EST POSSIBLE, ELLE EXISTE.

L’impact a été et est encore tel que tout a été tenté pour réduire, discréditer cette structure, ses mandants dont certains sont emprisonnés, son leader. Assange a été accusé de quasiment tout au travers de campagnes de presse massives, sans preuves.

Avec le temps, des paramètres de contexte changent ; ainsi on sait que l’Équateur après le remplacement de son Président a permis l’arrestation d’Assange dans son ambassade de Londres, et que les USA demandent son extradition. Le prix de la trahison : 10,2 milliards d’euros, hauteur de chiffre significative.

On peut se demander d’ailleurs comment il est possible que ce héros soit encore en vie en état d’agir ? Peut-être simplement qu’un accident soudain ou une maladie terrassente serait trop clairement une signature ; mais il est vrai qu’il devient de plus en plus difficile de procéder ainsi « sans risque », comme le FSB russe le sait bien, les sections action d’autres Agences aussi.

Mais, qu’il advienne un « accident » ou non à Assange, le processus est lancé et fonctionne.

D’une part il convient de prendre cet homme, qui a tenu des années dans des conditions inhumaines, droit et fidèle à lui-même, comme un héros exemplaire.

D’autre part, et plus globalement pour nous ici, la transparence tant espérée, concrète, active, pas seulement idéal éthique, est possible et existe !

Observons sa forme, sa pratique, son style, ses conditions, sa qualité… alors sur le fond le sens de son éthique.

Michel André Vallée Mai 2019

Dépassement ou déliquescence … … d’abord déliquescence, puis Dépassement.

En Finlande, n’importe quel citoyen peut trouver facilement sur un fichier internet dédié le revenu annuel et le montant des impôts directs annuels payés par n’importe quel citoyen, … . Le système est crédible, tel que les finlandais font confiance.  C’est là une pratique qui pour eux est consubstantielle à la démocratie, et un trait de transparence. En Finlande aussi, personne ne pense un instant à remettre en cause le droit de manifester pour faire connaître au public et aux autorités un avis sur une question estimée importante, … mieux il est au programme des écoles d’entrainer les petits à manifester, aux côtés des grands … sans même penser à redouter quoi que ce soit. Transparence. En Islande, les banquiers qui ont amenés le Pays en difficulté ont été mis en prison ferme, et le gouvernement est alors remplacé par de nouvelles élections, … car tous les enjeux publics sont transparents.  Aux Pays-Bas, le referendum d’initiative populaire a été mis en place et utilisé, … puis, comme certains inconvénients ont été soulevés, le Parlement a voté son retrait, … puis actuellement, … une nouvelle démarche « populaire » (au sens complet de populaire, dont politiciens et experts adéquats), engage le processus pour le mettre en place de nouveau, amélioré. Adaptabilité, dans une passion du bien public … « posée ».

Etc…, etc…, etc…, soit des fonctionnements qu’un jeune en éveil attendrait de ce qu’on lui enseigne comme étant la démocratie, une démocratie.

Deux traits au moins à ces constats :le respect, respect des différences de ressources, de conscience, de statuts … mais toujours avec des principes des limites  qui s’imposent dans un bien commun partagé

l’adaptabilité dynamique, éclairée, instruite, aux enseignements tirés de l’expérience ; soit le contraire de l’immobilité rigide d’un construit-acquis du type « on a toujours fait comme cela et voilà ».

Nous pouvons continuer sur d’autres trais forts, simples ou complexes, qui « tirent vers le haut ».

Et à notre époque en France, et les autres Pays qui prétendent haut et fort qu’ils sont des démocraties, mais ne le sont plus, ou ne l’ont jamais vraiment été sauf pour de très courtes périodes ?

Ne reprenons pas ici ce qui est dénoncé de plus en plus en abondance ces dernières années dans tant de supports, écrits, internet, radio-télé d’orientations culturo-politiques diverses : généralisation et banalisation des incivilités, progression continue de toutes formes de violences envers les personnes et les biens, politiques « décomplexées » ou seul le rapport de force financier fait loi, phobies collectives envers ce qui s’écarte de la pensée unique à la mode, non utilisation et contournement éhontés du droit pourtant disponible, corruptions et « optimisations fiscales »  devenues banalité voire forme d’intelligence ( !), déconstruction de la laïcité républicaine et valorisation des communautarismes, dédain des plus nantis en regard des soi-disant populismes et de la masse des « riens », disparition de l’effort (ce trait là depuis les années 70), promotion de l’unique plaisir immédiat et petits conforts faciles, gaspillages même plus camouflés sans aucune vergogne, non mise en œuvre et trahison des décisions officielles en tous domaines, abandon de ce qui est simplement beau mais ne rapporte pas, argent immédiat roi et rentabilité financière court terme maximale comme seul critère économique, services publics même les plus banaux (ex : remplacer des papiers pourtant légalement nécessaires … sauf à « payer ») qui ne fonctionnent plus dans des délais corrects voire pas du tout, et en fait destruction de la notion de « public »… etc, etc, etc.

Ne parlons pas de l’éducation, ni de la santé, ni de l’éco-système. Les constats abondent.

Résultats : perte de confiance d’une large majorité de nos populations dans quasiment quoi que ce soit, recrudescence des suicides dans un monde où celles et ceux qui passent le geste ultime ne trouve plus sens et oxygène autour d’eux pour même pas vivre mais survivre, … impossibilité de gouverner avec justice et pertinence.

D’un côté, le Dépassement, car le respect et l’adaptabilité aux évolutions des environnements appellent le dépassement, les dépassements. Vers le haut.

De l’autre la déliquescence. Petit Robert : décadence complète, perte de la force, de la cohésion, décomposition, décrépitude, ruine … Vers le bas.

Bon, dans les Pays nordiques, il existe bien entendu des « pourris », même très durs; Millénium n’est pas venu par hasard mais à partir de réalités. Mais ils sont minoritaires.

Et dans les démocraties en déliquescence, existent et sont réalisées des milliers d’initiatives, de petites tailles, qui proposent de l’innovation ou des corrections, du beau, avec de l’espoir. Mais même si des milliers et qui tentent de se coordonner, organisant même des systèmes bancaires, elles restent minoritaires.

En effet les puissances actuellement dominantes les éliminent (plusieurs scénarios) dès que leur taille ou impact « menace » les accumulations du Deep Power ( puissances financières derrière les grands lobbies, les grandes banques, … tous les vrais Picsou), non-transparent. Même, nous assistons depuis ces derniers temps à une anticipation, avec une chasse aux sorcières des lanceurs d’alerte et journalistes d’investigation. Avant et depuis longtemps, plus discrètement et inaperçu mais ferme, il y a eu par exemple  l’enfermement de l’épidémiologie.

Actuellement, la déliquescence l’emporte et continue de s’étendre, à peine masquée. L’argument selon lequel les avancées scientifiques et technologiques permettront sous peu (les deux à trois décennies à venir) de retourner la situation sont une illusion pour la masse des gens et ne concerneront au milieu de ce XXIème siècle qu’une minorité quand la majorité sera sous contrôle, les démocraties devenues un souvenir historique.

L’UE n’est-elle pas en train de passer des ALE (Accords de Libre Échange) post-coloniaux avec la plupart des Pays d’Afrique, et le TAFTA (USA-UE) que l’on croyait mis de côté n’est-il pas en train d’être renégocié quand le CETA (Canada-UE) est déjà actif « provisoirement » ?

Dans le Pacifique-Ouest, c’est la Chine qui a pris la main, … présente aussi en Afrique durablement, installant les nouvelles routes de la soie jusqu’aux cœurs de l’Europe.

En fait, dans le dépassement de ces facteurs de déliquescence, nous savons, sinon sentons, que nous sommes entièrement engagés dans le début d’une phase de mutation globale, profonde, de civilisation. Elle nous mènera, toutes et tous,  à tout autre chose que les divers grands projets évoqués plus haut.

Il n’est pas impossible que les chinois, qui savent jouer au Go dans l’hyper-complexe, émergent déjà un bout d’oreille sur l’horizon de l’advenir, mais eux aussi seront dépassés.

Nous-autres (Occident dont UE dont France), ici et maintenant, n’y pensons même pas : nous sommes si supérieurement intelligents !

Si intelligents ?  Nous n’avons même pas su faire germer les perles qui ont tenté de se développer en notre sein. Par exemple, hier soir encore (27/04/19) sur la chaîne franco-allemande ARTE, un excellent documentaire a présenté le portrait, une des facettes de la vie, de Alexander von Humboldt (1769-1859), pionnier des explorations scientifiques, dont la synthèse des découvertes appuyées sur une multitude de constats enregistrés, tient dans : cette Terre est intégralement vivante et tout y est intimement intriqué !

Certes, cet homme a été et reste reconnu, son musée est au cœur de Berlin, mais … l’actuelle civilisation qui a forcé la mondialisation n’a pas travaillé et développé cet enseignement : tout y est vivant et intimement intriqué !!! La pensée dominante actuelle l’a réduit et détourné.

Pourtant Humbodlt, dont Darwin s’est inspiré et tant d’autres, avait remis en évidence en assurant la démonstration scientifique un fond de Connaissance disponible au fil de l’histoire des populations de cette planète depuis les plus hautes antiquités : l’intrication INTIME de toutes les dimensions de l’existant.

Or, toutes les dimensions de l’existant implique des formes les plus grossièrement évidentes à nos perceptions limités d’humains aux formes les plus subtiles, … bien au-delà donc de nos perceptions physiques basiques : vue, ouïe, toucher, odorat, gout.

Et pourtant, de Hermès Trismégiste, qui reprenait les Connaissances héritées des civilisations disparues, à Carl Gustav Jung prophète du XXème siècle de cette civilisation, des millions de femmes et hommes « de Connaissance » ont pratiqués et témoignés à l’oral et à l’écrit des dimensions de la réalité, des réalités, de notre Nature, … soit des dimensions énergétiques (tout est vivant et intriqué) bien au-delà de la matérialité réduite où notre civilisation s’est enfermée.

Le paradigme matérialisé, « positivé » …, actuel ne répond tout simplement pas à toute la réalité de la Nature dont nous faisons parti en tant que simple mammifère.

Cette année universitaire 2018-9, un séminaire à l’Université de Perpignan (TRETAI) a développé une série de constats de liens entre avancées scientifiques en neurosciences et actualisation des travaux sur les phénomènes de l’imagination. Il est d’autres initiatives de cette qualité ailleurs sur cette planète. Un exemple de l’une des milliers de dendrites d’un processus déjà engagé bien au-delà de nos capacités collectives de sapiens-sapiens (j’estime vulgairement que nous ne méritons plus le second qualificatif de sapiens), … vers le prochain paradigme de sortie de la mutation de civilisation, encore à son début.

Les avancées scientifiques en sciences dures (puisque nos dirigeants n’entendent QUE  cela) des dernières décennies, en physique quantique (attention aux médiatiques charlatans à la mode) ; en astrophysique qui reconnaît d’ores et déjà la coexistence dans le même espace-temps de plusieurs univers (qu’ils appellent « multivers »)  régis par des lois physiques DIFFÉRENTES ; en biologie et neurosciences (pour faire court) ; en archéologie et anthropologie qui nous remontent sur plusieurs sites à bien au-delà de -15000 ans ; … mettent de plus en plus en évidence, à qui à un regard transversal, … que les sciences se rapprochent des « dits » puis « écrits » (dont les très anciennes cartes) des traditions des Femmes et Hommes de Connaissance, souvent rassemblées récemment sous la catégorie des chamanismes (attention cependant aux plus ou moins gourous charlatans exploitants de la soif de sécurité d’abord qualifiée « bien –être »).

Les actuels « dirigeants », par défaut car nombreux sont celles et ceux qui s’accordent sur l’absence de dirigeants en qui porter confiance même sous conditions (là est un des signes historiques de la déliquescence), …ne tiennent pas compte dans leurs décisions des implications des avancées scientifiques. Conscients des mutations en cours, ils préservent, « tant que cela dure », les privilèges de leurs statuts, … et , tout comme sous Louis XV en France, « après nous le déluge » … Au fond, la Nature y pourvoira, … alea jacta est.

Dédain des « masses » : ils sont incapables de comprendre >> erreur funeste qui résulte d’un élitisme de l’éducation, … et d’une méconnaissance « hors sol » du bon sens « basique » des dites « masses ».

Aussi, le primat de la matérialité, réduit aux apparences, par manque d’éducation ou tout simplement par flemme, malgré les bonnes intentions de bonne foi au quotidien de milliards de gens, nous a réduit à l’impérialisme de l’argent-roi et du plaisir de consommation « vulgaire ». Triste sortie d’une si brillante évolution de la Nature sur cette planète : un cerveau de 100 MM de neurones guidés par 200 MM d’astrocytes … là où nous en sommes ici et maintenant de nos avancées , … qui ne sont pas finies (comme le chantait le Grand Pierre Bachelet).

C’est, avec un tout petit peu de recul, absurde. Comment un oiseau pourrait-il voler sans son plumage ? Comment la pierre mise en déséquilibre pourrait-elle ne pas tomber sans les basiques de physique qui l’environnent ?

Épargnons nous de multiplier les exemples … ils sont à l’infini. Comment ne pas tenir compte de tout ce que nous pouvons comprendre de l’avancée des Connaissances ?

Comment notre système d’habitation de cette Terre par les humains, au point ou ils en sont d’évolution de leurs capacités,  pourrait-il durablement fonctionner sans prendre en compte toutes les dimensions de l’existant ? Aussi ne devons nous pas nous limiter aux apparences les plus basiques de ce qui est appelé la matérialité.

Au moment où tout tourne « de travers », (sauf quelques milliers de micro-tentatives soit quasi « peanuts » même si elles reçoivent notre total respect, d’autant que certaines pourraient faire des pousses à terme), dans une violence signifiante de notre temps,…; … ou encore, dans une autre dimension au moment où plusieurs équipes d’astrophysiciens travaillent à vérifier un processus d’accélération de notre système cosmique. Nous ne parlons pas ici du phénomène connu de « perte » de une seconde par siècle (lié à notre mode de cadrage) ni évidemment à la précession des équinoxes, mais bien d’une accélération de notre temps « universel » (c’est à dire une heure cosmique d’il y a un siècle continue de devenir plus courte).

En ce moment, cette période donc, n’est-il pas temps de devenir authentiquement scientifique, … car le temps nous est compté plus qu’il ne l’a jamais été, … puisqu’il y a accélération. J’en avais déduit ainsi de mes réflexions et recherches croisées en préparant l’essai Multivert (publié début 2013), mais ne savais pas que dans la même période des travaux avérés s’attaquaient à la vérification mathématique de ce phénomène.

Si nous continuons comme « il en a toujours été ainsi », pas de salut. On ne lutte pas avec un a priori sociétal contre les évolutions physiques dont biologiques.

Problème majeur (pardon de me répéter avec quelques milliers d’autres, milliers soit peanuts sans relais médiatiques conséquents) : les « autorités » politiques sont au courant des enjeux se déclinant des avancées de Connaissance, mais redoutent la panique des mouvements « de masse » si la réalité de notre état est révélée aux heures de forte écoute. Malheureusement nos « autorités » ont choisi la recette romaine (en fait radicalement inverse à l’honneur romain au sens d’un Onfray) : « du pain et des jeux » !

En cet état sociétal, sauf « miracle » (qui ne serait évidemment pas le fait d’une religion, principal processus sociétal de contrôle dans un ordre dogmatique,  résultat d’une combinaison multicritères complexe de causes), notre civilisation, qui dispose pourtant de tous les divers enseignements millénaires, ne peut en l’état de l’actuelle pensée dominante, que s’enfoncer plus avant dans la déliquescence.

Actuellement, la guerre sanglante, même si ici et là masquée, ailleurs revendiquée voire imposée, entre les extrêmismes des religions mais aussi des systèmes de pensée « apparemment » dominants (soit une forme masquée mais tout autant dogmatique de religion), a pour effet, outre le renouvellement des horreurs envers le genre humain, d’accélérer encore plus le processus de déliquescence. En 2018, croissance significative des budgets d’armements de nombreux États. Leurs dirigeants, soit ivres de pouvoir soit goutant leurs privilèges apparents, ne se rendent même pas compte qu’ils scient les branches sur lesquelles leurs « way of life » sont assises, … et, si nous sommes amenés aux politiques du pire, ce pourrait être au fond pour le moins tant mieux.

Depuis les années 90, de nombreux observateurs-acteurs de notre état de civilisation demandent : « ce qui est le plus étonnant est voir ce que les gens continuent d’encaisser, … mais quand vont-ils, allons-nous bouger ? ».

Réponse simple : les gens ont tant investi au quotidien des années (selon des modes il est vrai très divers) qu’ils s’accrochent au peu qu’ils ont. Ils se sentent bien au chaud « au bas de la colline » (revoir l’excellent film « Le nom de la Rose » qui expose si bien à plusieurs niveaux l’obscurantisme / la Connaissance), et se considèrent heureux de s’en contenter, … au lieu de vivre dans le temps si court d’une vie leur propre essence. Là est le pouvoir des exploiteurs.

Ce vécu si largement partagé ne durera qu’un temps, peu de temps, car le phénomène des migrants massifs est significatif de la limite devenue insupportable par les humains qui les subissent. Il faut des dictatures très sévères pour les contenir.

Et l’abbé Pierre a clairement prophétisé les tsunamis inéluctables. Pour l’Europe, au sud ce ne sont pas les ALEs actuellement quasi imposés qui n’y pourront mais ; à l’est le barrage payé en Turquie (qui place l’UE en dépendance) ne tiendra que le temps du pouvoir politique en place, etc …

La déliquescence en cours, tant que le mode actuel des gouvernances régie, ne peut que continuer à développer ses conséquences, tout comme l’eau qui inonde un terrain en suit le tracé sans que rien ne puisse durablement l’arrêter. C’est physique.

Soit accroissement des tensions, que nous commençons à supporter ici depuis les années 90, et risque de plus de guerres de plus en plus probable, donc en un lieu ou un autre nucléaire. En conséquence, probable (pardon de me répéter) que nous vivrons ici et là des Mad Max et /ou des PostMan.

La Planète, elle, continuera à « vivre », indépendamment de nous humains, selon les Lois physiques intégrant toutes les dimensions de la réalité, … dont les plus subtiles.

Or, les plus subtiles, en l’état des avancées de nos connaissances, signifie plusieurs jeux de Lois physiques (au sens large) qui se combinent, … comme il en a toujours été, en soi, celles des nombreux multivers (selon l’essai de 2012-3 Multivert) avec lesquels notre monde est intriqué, … intimement, … comme les Femmes et Hommes de connaissance le pratiquent depuis des millénaires.

Alors, les humains survivants, démunis, redécouvrant parce que vital à tous les vertus du collectif où chacun apporte ses ressources concrètes, n’auront plus qu’un chemin devant eux, … le Dépassement, … travaillant et pratiquant toutes les dimensions de l’humain … un peu plus évolués (Bachelet : « ce monde qui n’est pas fini »).

Plusieurs traditions en témoignent. Les finlandais (introduction de cet article) ont presque tous lu le Kalevala (L’aube des peuples Gallimard – 1991), éminent livre de sagesse, leurs racines. Pour ma part, j’ai fais très attention aux traditions nordiques avec l’Edda poétique (Fayard 1992) mais aussi aux traditions amérindiennes et altaïques. Il en est de nombreuses autres, dont le Tao en Extrême-Orient.

Nos successeurs seront bien heureux, la matérialisation et le « positivisme de progrès » dépassés, de s’en inspirer. Évidemment, ils intégreront les dimensions spirituelles de la Nature et de l’humain, qui sont des dimensions simplement plus subtiles de la matérialité de ce qui Est, bien obligés de les apprendre au fil des expériences,  … « sur le tas ».

… article corrigé le 1er Mai 2019

Michel André Vallée – 28 avril 2019

Réflexion prospective un lundi de Pâques

Titre d’un article de source « novethic » (réputée professionnelle) sur Facebook ce matin (22/04/19) : Nos enfants devront émettre 8 fois moins de CO2 que leurs grands-parents dans un scénario 1,5°C (quand le GIEC annonce + 1,5° dés 2030). Pour un jeune français né en 2016 ce sera 8 fois moins que ses grands-parents et 5 fois moins que ses parents. Budget carbone limité à 0,9 tonnes par an, soit ce qu’émet aujourd’hui un Pakistanais chaque année ! Des schémas en couleur faciles à lire suivent, … et mêmes quelques pistes de réactions …

En regard de cette analyse :
– peut-on demander aux nations et/ou Pays qui visent à atteindre notre niveau de vie (disons d’Europe sans même parler de la « way of life » démesurée des States) de se stabiliser là où ils en sont et modifier « dans le bon sens » leurs consommations ? Non, ils nous ont déjà donné la réponse nette et réaffirmée lors des dernières rencontres internationales.
– pouvons-nous demander (même si c’est pour eux) à nos propres enfants et petits-enfants de réduire et adapter avec « sagesse » leurs consommations et modes de vie ? Je ne réponds pas pour eux, mais j’observe tout autour de nous aux mêmes âges. Les attitudes sont diverses, certains (rares) font effectivement des efforts d’ajustement en fonction de leurs propres réflexions, mais je n’en vois pas qui s’engagent sur des habitudes de réduction, … et bien entendu la majorité n’y pensent même pas.

Conséquences ? Les démocraties occidentales étant en processus de délitement, seuls des scénarios « fermes » liés à des politiques d’éducation massives pourraient laisser espérer limiter la casse, bien entendu pas orientés n’importe comment et en respectant les Libertés fondamentales. Or les scénarios autoritaires qui là actuellement se présentent ou se mettent en place ne vont pas du tout dans ce sens (quasiment aucun par exemple ne remet en cause la sacro-sainte « croissance »). Alors … ?

De nouveau, nous pouvons être en phase avec un Edgar Morin lorsqu’il annonçait à la télévision il y a une décennie le risque de vivre Mad Max, auquel vous pouvez ajouter Soleil Vert, PostMan, et le choix entre, sur cette planète de « Le Successeur de Pierre » (Jean-Michel Truong), ou ailleurs dans « les univers » de « Hypérion «  puis « Endymion » (Dan Simmons). Dans ces trois ouvrages existe un lien direct avec lundi de Pâques.


Rappel de Evangelisti dans le Monde Diplo « la science-fiction constitue le seul moyen … de décrire de façon adéquate le monde actuel » (p.9 de l’essai Multivert), et au-delà de se donner des images possibles du monde futur.

Une micro-puissance des trous noirs : déchainer l’ignorance

Nous lisons dans le HuffPost du 14/04/19 : « Katie Bouman, la chercheuse derrière la photo du trou noir M87, victime de harcèlement en ligne » sur un nombre étonnant de réseaux sociaux. Savoir qu’il s ‘agit d’un harcèlement violemment agressif. C’est en fait elle qui a mené les recherches sur la création d’un nouvel algorithme permettant la détection de l’immense trou noir publiée sur les médias ces derniers jours (photo au dessus de cet article) ; information – valorisation venant du MIT s’il vous plaît. Son tord : être une femme et avoir été propulsée comme symbole de la photo du trou noir, quand plus de 200 chercheurs ont travaillés sur cette photo historique (dont environ 40 femmes). Selon le HuffPost (support correct) les femmes ne représentent que 30 % des chercheurs dans le monde, elles seraient en moyenne payées 40 % moins que les hommes. Quand c’est un homme qui dirige un projet de cette ampleur, on ne fait pas un tel raffut.

Un tel déchainement est d’une réelle obscénité en regard de l’importance de cette réalisation, une première.

Pouvons-nous comprendre que, le sexisme étant déjà identifié dans les causes d’attitudes aussi absurdes, inconsciemment existe aussi  un rejet, celui de la mise en évidence que l’univers est bien plus complexe et ouvert que ce que notre civilisation (en mutation) s’est confortablement rassurée à « voir » ? « Et pourtant, … elle tourne ». Plus de la jalousie, … une des plus dangereuses des maladies …?

« Déchainer l’ignorance » veut dire ici manque de sens de la relativité, méconnaissance des réalités et des symboliques des multivers (que j’appelle Multivert en égard à nos origines celtes d’ici), absence de sagesse … en cette matière comme tant d’autres.

Même les Rois des Dieux ne sont pas parfaits

Partage d’un regard certes local (France) et ponctuel (les mouvements sociaux en cours), mais est en soi une facette de bien des choses ; voici :

L’actuel Président de la République française va donc faire une déclaration présentée comme solennelle ce soir, visant à donner sa posture et ses choix de mesures à l’issue de ce qui a été présenté comme un « Grand débat ». Je fais un en-cart/ mon champ habituel de partages (sur Facebook) ici, AVANT ce soir, pour « partager » un commentaire sur un autre blog, suite à une analyse fine du cas Emmanuel Macron.

Voici :  » Selon les cas, l’ancrage à un ou des « dieux » est une métaphore ou une illusion, toujours un jeu de pouvoir. Les sympathisants de Brassens feront volontiers référence à Bacchus par exemple, mais même le sympathique prolixe Bernard Werber qui nous a pondu une trilogie « Les Dieux » s’est toujours bien gardé de s’y assimiler ; moi-même j’en apprécie quelques -unes et uns, sans les nommer ici. Mais ce Président de la République française, lui, s’est identifié à rien de moins que le suprême, Jupiter. Chacun pensera selon son système d’identification ce qu’il veut, pour ou contre un ou des dieux réels ou imaginaires, mais aucun Premier porteur de la Politique en France à ma connaissance n’a pris le risque de s’identifier à un « dieu » de ce rang ; même les Rois de l’Ancien Régime étaient certes oints mais simplement les relais avec le dieu des chrétiens (il en est d’ailleurs de nombreux autres au fil de l’histoire des civilisations de cette humanité). CAR dans l’inconscient collectif, tous savent que s’identifier à un grand Dieu brûle, c’est une démarche létale. Cet homme est en train de brûler, et, quoique fassent les maîtres des marionnettes rien n’y fera (à mon avis ils doivent déjà s’interroger sur le remplaçant).

Camarade analyste de renseignement, tu peux transmettre tel que : c’est tout bon. »

Complément de commentaire : balayant ce matin les avis sociétaux divers publiés sur internet, je constate par exemple que tant « les gaullistes libres » que ‘Reporterre » expriment sur ce fond exactement les mêmes analyses. Ce n’est pas la première fois dans les mois précédents qu’un tel phénomène sociéto-politique se produit.

Il est alors permis de penser que le regard de camps politiques si divers ne voie pas l’actuelle réalité telle qu’elle est à l’identique par hasard, foin de la manipulation communicationnelle d’État. Ce regard ne correspond pas à une opportunité politicienne de l’instant, mais au bon sens sur le fond. Il est possible que sous diverses formes il soit durable.

Rencontre avec Jordi Puig, un grand sans ses jambes

Hier j’ai donc eu l’honneur, au milieu de mes amis d’ici,  de rencontrer cet homme qui termine un parcours de plusieurs centaines de kms au travers de toute la Catalogne sur son fauteuil roulant. Parti des Baléares, il termine aujourd’hui à Salses, à la frontière Nord. Il s’était arrêté hier dans le Conflent pour visiter l’exposition de photos sur la Retirada, si nettement symbolique en montrant que les façons dont les hommes se traitent n’ont pas changé entre il y a 80 ans et aujourd’hui, dans le meilleur comme dans le pire.

Je ne rappelle pas ici pourquoi ni comment Jordi a perdu ses deux jambes, simplement que ç’est dans un geste d’honneur. Mais il nous a raconté comment il a été systématiquement toujours aidé, partout , dans les Casals, Associations, Structures solidaires diverses, et par les gens croisés sur son chemin. Il a rapporté que, là où il a été accueilli, partout en Catalogne, il a reçu le témoignage de la volonté de ce peuple à reconstruire sa Liberté (Llibertat), avec la connaissance et certitude que ce destin est inéluctable et que, malgré les obstacles conservateurs et réactionnaires, même si il n’est pas encore possible de savoir exactement comment, la voix est ouverte, là, proche, incontournable telle qu’elle se prépare. Il a aussi rapporté que, même si la démarche catalane se veut de part sa nature historique pacifique, les abus de violence de l’1-O ne se renouvelleront pas encore ainsi, car lorsque l’indépendance, qui est proclamée, sera actée, si, dans un endroit, les agresseurs entrent ainsi en force, ils ne sortiront pas ! Oser le dire avec le cœur quand le mot d’ordre du devoir de désobéissance est devenu explicite.

Le lui ai posé la question, traduite en catalan par une camarade, « Qu’est-ce qui vous meut, non dans la tête, mais venant du ventre ? ». Sa réponse : « L’amour, l’amour de la vie, l’amour de ce que nous sommes. Il est toujours si émouvant de voir, sentir, entendre les personnes que l’on rencontre savoir ce qu’elles veulent, simplement, et le partager entre elles ». Fem pais.